Magdala (Israël)

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32° 50′ 21″ N 35° 30′ 27″ E / 32.83917, 35.5075 ()

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Magdala est le nom d´une ancienne ville de Galilée cité dans le Talmud et dans les Evangiles. La tradition chrétienne associe à cette ville le personnage de Marie Madeleine. Cette ville est identifiée à un village palestinien du nom d'Al-Majdal détruit en 1948 et remplacé par la localité israélienne Migdal.


La ville antique[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs langues proche-orientales et en égyptien, le terme Migdol apparaît soit comme toponyme soit comme substantif. Dans le Pentateuque le terme apparaît 37 fois en tant que substantif[1].

Localisation disputée[modifier | modifier le code]

Parmi les évangiles, seul celui de Mathieu donne une indication géographique de la ville. Si la tradition chrétienne a retenu la graphie Magdala, les manuscrits des évangiles les plus anciens donnent Magadan. Tandis que certain érudits identifient les deux villes d'autres les distinguent.

Le Talmud Babylonien connaît deux Magdala, Magdala Gadar dans l'est, et Magdala Nunayya/Nunayah /Nunya/nounaya. Le nom de cette dernière, "Magdala des poissons" ayant été rapproché de celui de Tarichae, "poissons salés", certains chercheurs en ont tiré argument pour faire de Migdal Nunaya et Tarichae une seule et même ville. Le Talmud de Jérusalem connaît Migdal Seb'iya/Sebayah la « tour des teinturiers » que la tradition a identifié à Magdala. Certains chercheurs ont résolu cette difficulté en faisant de Migdal Nunya « tour des poissons » et Migdal Sebayah « tour des teinturiers » une seule et même ville.

Le nom de Tarichae apparaît également dans les œuvres de Strabon, de Pline et de Suétone et surtout de Flavius Josèphe[2]. Les archéologues situent Magdala/Tarichées tantôt au sud de Tibériade à Khirbet Kerak (un des sites du Bronze les plus remarquables de la Palestine), tantôt au nord de Tibériade à Medjdel (prononcé Mjedel par les habitants de la région )[3].

Pline l'Ancien, qui rappelle que la mer de Galilée se nommait aussi " mer de Tarichée " — ce qui atteste de l'importance de cette ville — situe Tarichée au sud du lac de Tibériade. Flavius Josèphe dit avoir établi son quartier général dans la ville de Taricheai /Tarichae/ Tarichée, signifiant en grec "poissons salés". Il y signale la présence d'un hippodrome qu'il faut plutôt envisager comme un champ de course dénué de construction monumentale. Si Josèphe ne donne pas le nom hébreu de cette ville, plusieurs auteurs l'ont identifié à Magdala. Josèphe rapporte la bataille navale qui eut lieu en 67 près de la cité et à laquelle 230 bateaux de Tarichée prirent part. En septembre 67 la ville tombe aux mains des troupes de Vespasien et de Titus.

Situé près de la fourche formée par la route venant de Tibériade qui longe la mer de Galilée et celle descendant des collines de l’O., ce lieu occupait une position stratégique. Les ruines d’une tour relativement récente qu’on y a découvertes indiquent que Medjdel gardait autrefois l’entrée sud de la plaine de Gennésareth. Medjdel et Magdala (forme de l’hébreu mighdal) signifient “ Tour ”. Cet endroit est souvent considéré comme la patrie de Marie la Magdalène.

Magadân pourrait être le même lieu que Magdala, car des manuscrits plus récents mettent en Matthieu 15:39 “ Magdala ” à la place de “ Magadân ”. On ne connaît aujourd’hui aucun endroit appelé Magadân dans les environs de la mer de Galilée. Marc (8:10) appela le même territoire “ Dalmanoutha ”. Peut-être que Dalmanoutha était simplement un autre nom de Magdala, à moins que ce ne fût un endroit proche dont le nom, bien que peu utilisé ou peu connu, a néanmoins été préservé dans l’Évangile de Marc.

Fondée probablement par Alexandre Jannée, la ville, distribuée autour de quatre grandes rues principales, disposait d'un château d'eau pouvant distribuer l'eau aux maisons voisines.

Magdala était réputée pour ses conserveries de poissons. Cette industrie était certainement pratique et rentable parce que la pêche dans cette partie du lac était abondante. Depuis le IIe siècle avant notre ère, les Grecs désignaient la ville du nom de Tarichae (poissons salés).

Archéologie[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques ont été réalisées par des franciscains sur le site en 1971 et en 1975. Elles ont mis au jour des bâtiments publics datant de l'époque romaine et byzantine du Ier au IVe siècle. Lors des fouilles ultérieures, on a découvert les restes d'un port antique[4] doté d'une des plus longues digues du lac ainsi qu'une construction qui pourrait avoir été un phare [5]. Un bateau fut aussi découvert en 1986 ; il est aujourd’hui exposé dans le kibboutz Guinossar.

En 2009, des archéologues israéliens mirent au jour les restes d'une synagogue datant de la période du Second Temple. C'est une découverte exceptionnelle : on n'a retrouvé que six autres synagogues de cette époque[6],[7].

Marie-Madeleine et la cité de Magdala[modifier | modifier le code]

Chacun des quatre évangiles fait référence à une disciple de Jésus nommée Marie Madeleine, Marie de Magdala, sans jamais préciser si Magdala est son lieu de naissance ou de résidence. La qualification de Magdala comme lieu de naissance de Marie Madeleine n'est pas attestée avant le VIe siècle. Du VIIIe au Xe siècle, des sources chrétiennes signalent à Magdala une église dédiée à la sainte, qui aurait également été sa maison. Des témoins plus tardifs ne font mention d'aucune église. La Custodie Franciscaine de Terre Sainte fut présente sur les lieux.

La Migdal contemporaine[modifier | modifier le code]

Cette localité se situe au bord du lac de Tibériade, à environ 6 km au nord de la ville de Tibériade.

Source[modifier | modifier le code]

The Macmillan Bible Atlas

Magdala: le rivage
Magdala: la côte

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joffrey Seguin, Le Migdol - Du Proche-Orient à l'Égypte, 2007, PU Paris-Sorbonne, collection Les institutions dans l'Égypte, ISBN 978-2-84050-521-1
  2. Uzi Leibner, Settlement and History in Hellenistic, Roman and Byzantine Galilee, An Archaeological Survey of the Eastern Galilee, 2009, ISBN 978-3-16-149871-8
  3. Emil Schürer et allii, The History of the Jewish People in the Age of Jesus Christ, T.& T.Clark Ltd, édition révisée de 1973, p. 494 et 495
  4. http://www.antiquities.org.il/article_Item_eng.asp?module_id=&sec_id=7&subj_id=104&id=94
  5. http://www.antiquities.org.il/article_Item_eng.asp?module_id=&sec_id=7&subj_id=107&id=98
  6. http://www.antiquities.org.il/article_Item_eng.asp?sec_id=25&subj_id=240&id=1601&module_id=#as
  7. http://fr.ejpress.org/article/nouvelles_hors_d%E2%80%99europe/34111

Voir aussi[modifier | modifier le code]