Brigitte Engerer

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Brigitte Engerer

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Brigitte Engerer lors de la Folle Journée 2009

Naissance
Tunis, Tunisie
Décès (à 59 ans)
Paris, France
Activité principale pianiste
Années d'activité 1969 - 2012
Maîtres Lucette Descaves, Stanislas Neuhaus
Élèves Rémi Geniet, Samuel Parent, Véra Tsybakov, Varduhi Yeritsyan…
Descendants Léonore Queffelec et Harold Fourteau

Brigitte Engerer, née à Tunis le et morte à Paris le [1], est une pianiste française. Elle a été mariée à l'écrivain Yann Queffélec, avec lequel elle a eu une fille. Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 11e division.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant commencé la musique à cinq ans, elle entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Lucette Descaves. Elle y obtient en 1968 à 15 ans, un premier prix de piano, première nommée à l'unanimité[2]. En 1969, elle est lauréate du Concours international Marguerite Long-Jacques Thibaud à la suite duquel elle est invitée pour se perfectionner au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où elle rejoint la classe de Stanislas Neuhaus, fils de Heinrich Neuhaus. Elle y restera 9 ans.

À 17 ans, cette native de Tunis quitte Paris à l’invitation du Conservatoire de Moscou et part étudier en URSS. D'après Stanislas Neuhaus qui a été son professeur pendant cinq ans : « Brigitte Engerer est l’une des pianistes les plus brillantes et les plus originales de sa génération. Son jeu se caractérise par son sens artistique, son esprit romantique, son ampleur, la perfection de sa technique, ainsi que par une science innée d’établir le contact avec l’auditoire »[3]. Les leçons de ce grand maître et magnifique pianiste la marquent de façon indélébile et influencent toute sa carrière et sa pensée musicale. Une partie d’elle-même est devenue russe à jamais.

Brigitte Engerer a joué avec les plus grands : à l’âge de 25 ans, Herbert von Karajan l’invite à jouer avec l’Orchestre philharmonique de Berlin puis à participer aux fêtes du centenaire de l’orchestre[4] (elle dit : « c'était alors le meilleur orchestre du monde »). Par la suite, elle fera ses débuts avec l’Orchestre de Paris sous la baguette de Daniel Barenboïm, puis avec le New York Philharmonic Orchestra sous la direction de Zubin Mehta. Sa carrière internationale la mènera dans toutes les plus grandes villes du monde, avec les orchestres les plus renommés, et sous la baguette de prestigieux chefs d’orchestres, dans les plus prestigieuses salles de concert et les plus grands festivals.

Mais elle aimait aussi partager, et ne concevait pas sa vie de pianiste sans la musique de chambre avec ses amis de toujours : Boris Berezovsky, Michel Béroff, Gérard Caussé, Olivier Charlier, Henri Demarquette, David Geringas, Alexandre Kniazev, Oleg Maisenberg, Hélène Mercier, Dimitri Sitkovetsky, ou encore Laurence Equilbey et le Chœur Accentus… Tout au long de sa carrière, elle a gravé de nombreux disques dans de prestigieuses maisons comme Philips, Denon, Warner, Harmonia Mundi, Mirare, Naive ou Decca/Universal. Une inlassable quête de la vérité musicale à laquelle elle apporta la somme de ses talents : infaillibilité des doigts, sensibilité, instabilité des sentiments, pôles entre lesquels Brigitte Engerer joua les équilibristes.

«... Infaillible dans sa technique, héroïque dans sa prouesse, Brigitte Engerer s’offre tout entière aux spectateurs et à l’orchestre, son corps et ses doigts dansent avec délicatesse sur le clavier, chaque son vibre au plus profond, le raffinement de son jeu et sa présence puissante coupent le souffle à la salle suspendue aux notes d’une virtuosité non démonstrative… » (Bérénice Clerc – 13 juin 2012).

À partir de 1992, Brigitte Engerer enseigne au Conservatoire de Paris. Chevalier de l'Ordre National de la Légion d'honneur et Commandeur de l'ordre National du Mérite, Commandeur de l'Ordre National des Arts et Lettres, elle reçoit en 2011 une Victoire de la Musique récompensant l'ensemble de sa carrière[5].

Le , au Théâtre des Champs-Élysées et aux côtés de l'Orchestre de chambre de Paris, Brigitte Engerer interprète le concerto de Schumann qui fut son dernier concert, délivrant un ultime message poignant à son public en relevant tous les défis. L'audition eut lieu dans la même salle où 50 ans plus tôt, elle avait donné son premier concert à l'âge de 9 ans[6].

Elle s'éteint le 23 juin 2012 à Paris des suites d'un cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs années.

Un hommage lui est rendu lors du festival international de la Roque-d'Anthéron, le 31 juillet suivant, dans un concert donné par l'Orchestre régional de Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur, sous la direction de Philippe Bender, et deux pianistes invités : Anne Queffélec, jouant le concerto no 1 de Chopin et Boris Berezovsky interprêtant le concerto de Tchaïkovsky[7].

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Des images de Brigitte Engerer apparaissent à plusieurs reprises dans le film Je te mangerais de Sophie Laloy (sorti le 11 mars 2009), dans lequel elle est admirée par Marie, le principal personnage[8]. Elle est également l'interprète des pièces classiques pour piano utilisées dans le film.
  • Benjamin Bleton, « Brigitte Engerer intime », documentaire France 2, 2012, 55 minutes, diffusé sur France 2 le 26 novembre 2012

Prix internationaux et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de la pianiste française Brigitte Engerer », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ 23 juin 2012 (lire en ligne)
  2. [1]
  3. La pianiste Brigitte Engerer est morte Le Monde, 25 juin 2012
  4. [2]
  5. Brigitte Engerer est morte Qobuz, 25 juin 2012
  6. La pianiste Brigitte Engerer est morte Le Point, 23 juin 2012
  7. Aurore Busser, « L'hommage de l'Orcpaca et Bender à Brigitte Engerer », dans Nice-Matin, 7 août 2012
  8. (en) Brigitte Engerer sur l’Internet Movie Database
  9. Décret du 13 mai 2011 portant promotion et élévation

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]