Kim Dotcom

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Kim Dotcom

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Kim Schmitz en 1996

Nom de naissance Kim Schmitz
Naissance 21 janvier 1974 (40 ans)
Kiel (Allemagne)
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemand
Drapeau de Finlande Finlandais
Profession Homme d'affaires
Activité principale PDG de Mega
Fondateur de Megaupload

Kim Schmitz (né le 21 janvier 1974, Kiel, en Allemagne) alias Kim Dotcom, Kimble ou Kim Tim Jim Vestor, est un homme d'affaires germano-finlandais. Il est connu pour avoir été le PDG et propriétaire de Megaupload. Il ouvre le 19 janvier 2013 le site Mega, successeur du site Megaupload.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Kim Schmitz est né d'un père allemand et d'une mère finlandaise. Il grandit dans la ville portuaire de Kiel, dans le nord de l'Allemagne[1]. Il est scolarisé dans un établissement d'enseignement professionnel (vocational school), la Heinrich-Harms-Hauptschule, située à Plön, mais en sort sans diplôme[2]. Peu intéressé par les études, il découvre l'informatique durant son enfance et convainc sa mère de lui acheter son premier ordinateur, un Commodore 16. Il dispose d'un modem 2 400 bauds pour accéder aux réseaux utilisant le protocole X.25 et pénètre les autocommutateurs (PBX) d'entreprises américaines[3]. Schmitz vend à ses amis des jeux vidéo qu'il pirate[4]. L'adolescent se fait connaître dans le milieu hacking sous le pseudonyme « Kimble »[3]. Il s'installe à Berlin dans les années 1990 et intègre le Chaos Computer Club (CCC). À cette époque il est présenté comme « l'un des hackers les plus célèbres de son pays » (one of the most celebrated hackers in his country) dans un article du magazine Forbes[4]. Il est qualifié de « superhacker » par l'hebdomadaire britannique The Sunday Telegraph, pourtant sa réputation laisse perplexe les hackers qui le considèrent plutôt comme un « script kiddie »[5]. Dirk Engling, du CCC, d'où Schmitz a été exclu, affirme qu'il n'avait « aucune compétence technique et profitait du savoir des autres afin de s'attribuer les attaques qu'ils menaient à bien » (Not having some real skills of his own, he was always using other people's inventions to attack systems and then claim he did it.)[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Premières startups et démêlés judiciaires (1994 à 2001)[modifier | modifier le code]

Profitant de son aura médiatique de « hacker », Schmitz fonde en 1994 la société de sécurité informatique Data Protect.

En 1998, Kim Schmitz est condamné pour une escroquerie reposant sur la vente de numéros de cartes téléphoniques volées[1],[7].

En 2000, il revend 80 % des parts à l'organisme de certification Technischer Überwachungs-Verein (TÜV) Rheinland. Découvrant l'état réel de la société et accusant Schmitz d'être responsable des problèmes financiers rencontrés par Data Protect, TÜV souhaite la mettre en faillite et l'intégrer dans sa division de service de sécurité informatique[1],[8]. Il est également le fondateur de Monkey AG, une entreprise développant un moyen de paiement pour téléphone mobile. La société allemande de capital-investissement BMP prend une participation de 35 % dans Monkey AG, qui partage avec Data Protect son siège social et la plupart de ses employés. Schmitz fonde également MegaCar, société qui commercialise un système de connectivité Internet haut débit pour véhicules, puis au début des années 2000 la holding Kimvestor AG fédérant les différentes sociétés qu'il a créées[8]. Elle est évaluée à 200 millions $.

En 2001, Schmitz acquiert deux millions d'actions du site d'achat groupé Letsbuyit pour 375 000 [9]. Il déclare à la presse qu'il compte investir dans cette société, qui rencontre des difficultés financières, et affirme qu'elle atteindra le seuil de rentabilité, ce qui rassure les investisseurs et déclenche la hausse du cours de l'action de 220 %[10]. Schmitz revend alors ses parts pour 1 500 000 €. Recherché par la justice allemande, il quitte le pays pour s'installer en Thaïlande, mais est extradé et comparait devant un tribunal de Munich[6],[7]. Il est détenu durant cinq mois en attente de jugement[11], puis est condamné l'année suivante à 20 mois de prison avec sursis et 100 000  d'amende pour délit d'initié et manipulation des cours[6],[7]. Au moment des faits, il s'agit de la plus grosse affaire de délit d'initié jamais traitée par la justice allemande[11].

En 2001, sa société Monkey AG accorde à sa holding Kimvestor AG un prêt non garanti (unsecured loan) d'un montant de 280 000 €. Accusé de détournement de fonds, il plaide coupable et est condamné en 2003 à une nouvelle peine de prison avec sursis[12],[13].

Il est connu pour avoir un style de vie flamboyant, voir un peu kitsch. Il aime les belles voitures et les bateaux. Une fois, il a dépensé 1 million $ pour assister au Grand Prix de Monaco en 2000 sur son yacht de 240 pieds. Il y organise trois énormes fêtes avec des invités comme le Prince Rainier. Selon les autorités officielles, il possède 18 voitures de luxe, incluant une Cadillac rose de 1959. En 2001, il participe au rallye Gumball 3000 avec la voiture de Megacar et arrive premier. Le rallye est couvert par l'émission Jackass de MTV[14].

YIHAT (2001)[modifier | modifier le code]

Après les attentats du 11 septembre 2001, Kim Schmitz fonde YIHAT : Young Intelligent Hackers Against Terror (littéralement Les jeunes hackers intelligents contre la terreur). Le groupe, qui rassemble une trentaine de personnes, affirme que l'un de ses buts est de récupérer des informations sur les actifs financiers des proches d'Oussama ben Laden et de les transmettre au FBI. Comme l'ont fait plusieurs organisations gouvernementales, Schmitz offre une récompense de 10 000 000 $ pour tout renseignement permettant l'arrestation de Ben Laden[8],[12]. Kill.net, le site de YIHAT, et le site personnel de Schmitz, Kimble.org, sont défacés par Fluffy Bunny[12].

Megaupload (2005 à 2012)[modifier | modifier le code]

En 2005, Schmitz fonde Megaupload Limited. La société est implantée à Hong Kong, où elle bénéficie d'une fiscalité favorable[15],[16].

En 2010, Kim Schmitz émigre en Nouvelle-Zélande, où il aurait officiellement et légalement changé son nom en Kim Dotcom (littéralement Kim « .com (point com) »).

En 2011, à l'occasion du jour de l'an, Kim Dotcom offre à la capitale de la Nouvelle-Zélande un important feu d'artifice (500 000 $ selon Kim)[17]. Il suivra ce feu d'artifice avec sa femme, à bord d'un hélicoptère, à 200 mètres des explosions[17].

En décembre 2011 sort un spot publicitaire Megaupload Mega Song[18] surnommé « MegaSong » avec Kanye West, Will.i.am, Jamie Foxx, Puff Daddy, Alicia Keys, The Game et Chris Brown. La vidéo sera censurée sur YouTube par Universal Music Group pour contrefaçon de copyright[19]. Kim affirme avoir tous les droits et porte plainte contre Universal Music Group. Dans une lettre à TorrentFreak, Kim Dotcom explique qu'il s'agit sans doute d'un malentendu, car dans un premier temps il a voulu utiliser la voix de Gin Wigmore[20]. Cette dernière ayant un contrat exclusif avec Universal Music Group, il l'a remplacée par Macy Gray. Kim indique que le commentaire de la Megaupload Mega Song précise bien le nom des interprètes : Printz Board, Kim Dotcom et Macy Gray. La censure aura donc fait bien plus parler de la vidéo que la publication de la vidéo en elle-même.

Les coûts de production sont estimés à 3 000 000 $, selon le magazine Wired.

Contrairement à ce qu'affirmaient ses dirigeants, Megaupload ne représentait que 66 millions d'utilisateurs au lieu des 180 millions annoncés dans la Mega-Song[21].

Le 19 janvier 2012, le site MegaUpload est fermé par le FBI. Kim Dotcom, ainsi que six autres personnes sont inculpés pour association de malfaiteurs (en anglais « conspiracy ») en vue d'activité économique illégale (en anglais « racket » au sens large), de contrefaçon de copyright et de blanchiment d'argent. Les deux sociétés MegaUpload et Vestor Limited sont elles aussi visées par la justice. Les accusés encourent jusqu'à 60 ans de prison pour l'ensemble des chefs d'inculpation[22].

À la date de son arrestation, il est père de trois enfants, et son épouse, Mona, originaire des Philippines, est enceinte de jumeaux[23].

Un mois plus tard, le 22 février 2012, Kim Dotcom est libéré sous caution. Le juge lui a imposé plusieurs conditions : aucun hélicoptère ne peut atterrir sur le terrain de son manoir, il doit rester dans un périmètre de 80 kilomètres autour de sa maison et prévenir les autorités au moins 24 heures avant tout déplacement en dehors de sa propriété, sauf urgence médicale, et finalement il n'a pas accès à internet[24].

Le 21 avril 2012, Kim Dotcom publie sur sa chaîne YouTube une vidéo[25] le montrant avec un ancien dirigeant de Megaupload Finn Batato ainsi que Kimi Räikkönen, dont il est fan[26]. À bord de trois Mercedes AMG CLK DTM, les trois hommes s'illustrent sur la Nordschleife (littéralement « boucle du nord ») du Nürburgring, célèbre boucle en Allemagne réputée pour sa longueur et ayant accueilli la Formule 1 jusqu'en 1976.

Le 1er novembre 2012, Kim Schmitz annonce le lancement prévu pour 20 janvier 2013, soit un an après son arrestation, d'un nouveau service de téléchargement baptisé Mega. Doté d'une interface de programmation (API) ouverte aux développeurs, il doit permettre le chiffrement des fichiers transférés par les utilisateurs avant leur stockage[27]. Il demande l'aide par ailleurs de potentiels investisseurs et hébergeurs, afin de maintenir la gratuité du site[28].

L'arrestation de 2012[modifier | modifier le code]

Le matin du vendredi 20 janvier 2012, Kim Dotcom et trois autres dirigeants de Megaupload (Finn Batato, Mathias Ortmann, Bram van der Kolk), sont arrêtés à Auckland[29]. 18 sites web du groupe sont saisis et fermés[30]. Le lundi 23 janvier, deux employés (Sven Echternach et Andrus Nomm) sont arrêtés en Europe[31],[32]. Un autre employé, Július Benčko (en), n'a pas pu être retrouvé.

L'acte d'accusation fait référence à plusieurs courriels semblant montrer que les dirigeants avaient connaissance du caractère illégal de la diffusion des fichiers stockés sur leurs serveurs, et suggère que le groupe n'était pas suffisamment diligent à retirer les œuvres protégées par le droit d'auteur[33].

En réaction à la fermeture de MegaUpload (72e site le plus visité d'Internet[34]), le groupe Anonymous s'est attaqué par DDOS à Justice.gov, fbi.gov, RIAA.org, MPAA.org, UniversalMusic.com et Hadopi.fr[35], entre autres.

Le 25 janvier 2012, un juge refuse de libérer sous caution Kim Dotcom. Le juge estime que Kim Dotcom présente de forts risques de vouloir se soustraire à la justice : trois passeports et trente cartes de crédits sous plusieurs de ses noms ont été retrouvés à son domicile, et il a déjà tenté de fuir la justice allemande par le passé[36].

Le 22 février 2012, il est libéré sous caution. Cependant, il doit rester à sa résidence de Coatesville. Il est privé de réseau internet, et il ne peut pas se déplacer en hélicoptère. Cette fois le juge estime que l'ensemble des comptes à l'étranger de Kim ont largement eu le temps d'être saisis, et qu'il appartient à l'accusation de prouver qu'il en existe d'autres et non à la défense de prouver qu'il n'y en a plus d'autres. Le 2 mars 2012, Les États-Unis déposent leur dossier d'extradition, à la date limite où ils pouvaient le faire[37]. Le procès de l'extradition commença le 20 août 2012 et aura duré trois semaines[38].

Après l'arrestation (2012 et après)[modifier | modifier le code]

Le 2 avril 2012, Kim Dotcom a eu droit à un assouplissement de sa liberté conditionnelle. Il peut se connecter à Internet une heure par semaine et il prépare un album avec des artistes internationaux comme Alicia Keys, Puff Daddy, Will.i.am, Snoop Dogg, Estelle, Chris Brown, Kanye West, Lil' Jon ou encore Mary J. Blige[39].

Le « procès de la piraterie » pourrait bien ne jamais avoir lieu. Un juge néo-zélandais a annoncé samedi 21 avril 2012 au FBI que la justice de Nouvelle-Zélande risque de devoir bientôt restituer ses biens à Kim Dotcom suite à une série d'irrégularités commises lors de son arrestation.

Il publie une vidéo en mai 2012 visant le maire d'Auckland, John Banks, ayant reçu de larges donations de sa société[40].

Le 28 juin 2012, une juge de la Haute cour de Nouvelle-Zélande estime que la perquisition policière au sein de son manoir était illégale[41]. Le 24 septembre 2012, le Premier ministre néo-zélandais a reconnu que la police de son pays avait placé Kim Dotcom sur écoute illégale[42].

Le 14 janvier 2014, il annonce sur son twitter qu'il va créer son propre parti politique, appelé " Internet Party ".

Le 20 janvier 2014, 2 ans jour pour jour après son arrestation, il lance une version "soft" de son futur service web "Baboom". Il en profite pour dévoiler son premier album de musique électronique "Good Times".

Le 13 mai 2014, sa femme Mona, qui était officiellement l'actionnaire majoritaire de Mega, est évincée de son poste de direction après avoir vendu une partie de ses parts à un Hongkongais.

Le 17 mai 2014, Kim Dotcom annonce officiellement sa séparation avec Mona Dotcom[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Sean Gallagher, « Mega-man: The fast, fabulous, fraudulent life of Megaupload's Kim Dotcom », Ars Technica,‎ 25 janvier 2012
  2. (en) Bryan Gruley, David Fickling et Cornelius Rahn, « Kim Dotcom, Pirate King », BusinessWeek,‎ 15 février 2012
  3. a et b (en) Charles Graeber, « Inside the Mansion—and Mind— of Kim Dotcom, the Most Wanted Man on the Net », Wired,‎ 18 octobre 2012
  4. a et b (en) Daniel Miller, Matthew Belloni, « Megaupload's Kim Dotcom: Inside the Wild Life and Dramatic Fall of the Nerd Who Burned Hollywood », The Hollywood Reporter,‎ 2 mai 2012
  5. (de) Ricarda Stiller, « Eine Art Ein-Mann-Dschungelcamp », Stuttgarter Zeitung,‎ 26 janvier 2012
  6. a, b et c (en) Nick Perry, « A wild online ride hits the digital piracy wall », Associated Press,‎ 25 février 2012
  7. a, b et c Marie Lechner, « Kim Schmitz, la frime multinationale », Libération,‎ 21 janvier 2012
  8. a, b et c « Les cyber-terroristes au secours de l'anti-terrorisme ? », Le Journal du Net,‎ 10 décembre 2001
  9. (de) « Haftstrafe für Schmitz? », Der Spiegel,‎ 28 janvier 2002
  10. (en) John Cassy, Julia Snoddy, « The world of Kim Schmitz », The Guardian,‎ 26 janvier 2001
  11. a et b (en) Jack Ewing, « Luring German Investors Back Into The Pool », BusinessWeek,‎ 11 avril 2004
  12. a, b et c (en) Sean Gallagher, « The Fast, Fabulous, Allegedly Fraudulent Life of Megaupload’s Kim Dotcom », Wired,‎ 26 janvier 2012
  13. (de) « Kim Schmitz: "Alle haben mit Geld um sich geworfen" », Manager Magazin (de),‎ 11 novembre 2003
  14. Gumball-3000.com
  15. « Kim Schmitz, alias Dotcom, le mégalo qui dirigeait Megaupload », Le Monde,‎ 20 janvier 2012
  16. Benoit Le Corre, « Dans le secret de MegaUpload », OWNI,‎ 14 décembre 2011
  17. a et b Vidéo du feu d'artifice sur Youtube.com, l'hélicoptère de Kim est entouré vers 2 min 40
  18. Kim Dotcom - Megaupload Song sur Youtube.com
  19. La campagne de megaupload tourne à l'affrontement avec Universal, sur Challenges.fr
  20. La méga contre attaque de Megaupload, sur Liberation.fr
  21. Zebulon.fr
  22. Megaupload founder's extradition sought by U.S.
  23. Megaupload : Kim Dotcom demande sa libération sur Lefigaro.fr, consulté le 02 novembre 2012
  24. Megaupload : Kim Dotcom libéré, audience d’extradition dès août 2012 sur pcinpact.com, consulté le 02 novembre 2012
  25. « Kim Dotcom on the Ring! », Youtube.com
  26. Vidéo - Kim Dotcom emmène Räikkönen sur le Ring sur toilef1.com, consulté le 02 novembre 2012
  27. Laurent Checola, Guénaël Pépin, « Avec "Mega", Kim Dotcom veut faire son "come-back" », Le Monde,‎ 1er novembre 2012
  28. Mega is looking for investors, sur me.ga, consulté le 02 novembre 2012
  29. Numerama.com
  30. PCInpact
  31. Megaupload : la justice refuse de libérer Kim Dotcom
  32. Affaire Megaupload : deux nouvelles arrestations
  33. Numerama.com
  34. Statistics Summary for megaupload.com, consulté le 23 janvier 2012
  35. Numerama.com
  36. Numerama.com
  37. Torrentfreak.com
  38. MegaUpload : Kim Dotcom libéré mais privé d'internet sur numerama.com, consulté le 02 novembre 2012
  39. http://www.numerama.com/magazine/22215-le-fondateur-de-megaupload-prepare-un-album.html
  40. Ecrans.fr
  41. MegaUpload : une perquisition illégale, Le Figaro, 28 juin 2012.
  42. [1]
  43. https://twitter.com/KimDotcom/status/467597196406190080

Lien externe[modifier | modifier le code]