Megaupload

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Megaupload logo.gif
Logo de Megaupload
URL www.megaupload.com
Slogan Le leader en services de stockage et de livraison de fichiers en ligne.
Commercial  Oui
Type de site Site d'hébergement de fichiers en un clic
Langue(s) Multilingue (20 langues)
Inscription Facultative
Siège social Hong Kong
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Propriétaire Kim Schmitz
Lancement 21 mars 2005
État actuel Arrêté 19 janvier 2012

Megaupload (MU) est un site web, fondé en 2005 et fermé en 2012, qui proposait un service d'hébergement de fichiers en un clic. Le site, basé à Hong Kong, possédait des serveurs aux États-UnisAshburn et à Washington), aux Pays-Bas et au Canada[1].

Megaupload permettait à un internaute de mettre en ligne n'importe quel type de fichier dans la limite de 1 Go pour les utilisateurs libres, et sans limite pour les utilisateurs Premium. Le fichier était alors disponible à n'importe quel internaute au moyen d'un lien qui était attribué au fichier. Les utilisateurs non Premium ne pouvaient pas télécharger des fichiers de plus de 1 Go. Megaupload ne possédait pas de système de recherche de fichier interne.

Accusé d'avoir violé les lois anti-piratage[2],[3], le site a été fermé le 19 janvier 2012 par le département de la Justice des États-Unis[4]. Cette version des faits est cependant controversée, certaines sources affirmant que la vraie raison de la fermeture était principalement due aux lobbys de l'industrie musicale, par crainte de la concurrence d'un système de téléchargement gratuit et légal que Megaupload se serait apprêtée à mettre en place[5],[6].

Sommaire

[modifier] Limitations

L'utilisation des pleines capacités du serveur nécessitait la souscription à un abonnement payant. Sa version gratuite était notamment caractérisée par :

  1. La possibilité de ne télécharger qu'un fichier à la fois ;
  2. Un espace de stockage de 200 Go[7] est attribué pour les inscrits, et illimité pour ses utilisateurs « Premium » ;
  3. Le téléchargement peut être plus lent étant donné que le site donne la priorité à ses utilisateurs « Premium » ;
  4. Le site proposait un système de bonus à ses utilisateurs : un point est donné à l'utilisateur dont le contenu est téléchargé et inférieur à 100 Mo.

[modifier] Services et sites Web

Les services proposés par Megaupload incluaient :

  • Megaupload.com, un service d'hébergement en un clic ;
  • Megapix.com, un service d'hébergement d'images ;
  • Megavideo.com and Megalive.com, des services d'hébergement de vidéos ;
  • Megabox.com, un service d'hébergement musical ;
  • Cum.com, un site d'hébergement de contenu pornographique (anciennement Megaporn, Megarotic et Sexuploader).

Megaupload proposait aussi des services financiers (Megafund, Megapay) et de publicité (Megaclick, Megakey). Deux services supplémentaires, Megabackup et Megamovie, étaient en développement quand les sites furent fermés.

[modifier] Mega Manager

Megaupload fourni Mega Manager, un gestionnaire de téléchargement qui comporte un contrôleur de liens pour des liens du site comme des options pour contrôler les fichiers téléchargés, et pour accéder à la boîte de commande en ligne qui est également sur le site Megaupload. Mega Manager permet de reprendre les téléchargements interrompus.

L'utilisation de la barre d’outils de Megaupload est controversée par certains utilisateurs, ces derniers suspectant que la barre renvoie vers des sites contenant des logiciels espions, ou ayant des fonctions susceptibles de suivre les habitudes de l'internaute sur le web[réf. nécessaire].

[modifier] Détection des doublons et contrôle MD5

Megaupload utilise le MD5 pour éviter de stocker plusieurs fois les mêmes fichiers. Un serveur stocke les clefs MD5 des fichiers accompagnées de leur numéro de serveur. Lorsqu'un fichier possède la même clef MD5 qu'un autre déjà présent sur le serveur, seul l'ancien est conservé. Afin d'optimiser la bande passante, un contrôle est fait à l'aide de clefs partielles sur les données déjà transférées. Le téléchargement peut ainsi être arrêté prématurément.

L'exploitation de ce système est connu sous le nom de Metaupload dans la communauté du streaming francophone[8],[9].

[modifier] Happy hours

Le site propose aux utilisateurs qui utilisent la version gratuite deux heures d’happy hour sans limite de bande passante ni attente, tous les jours entre h et 14 h (UTC). Cette option est disponible seulement si l'utilisateur a installé la barre d'outils de Megaupload.

[modifier] Récompenses

Afin de fidéliser ses utilisateurs, Megaupload a mis en place un système de points de récompense. Chaque fois qu'un fichier est téléchargé, la personne ayant posté ce fichier sur les serveurs de Megaupload peut recevoir un point de récompense sous certaines conditions. Le fait de regarder une vidéo sur Megavideo dans son intégralité rapporte également un point de récompense à la personne qui a proposé le fichier. Les points de récompense ainsi assimilés peuvent être convertis en récompense selon le nombre de points acquis[10].

Les gains non-numéraires (gain d'un mois de compte Premium par exemple) sont automatiquement attribués aussitôt la demande effectuée. Seules les personnes ayant achetées un compte Premium via le service de paiement en ligne Paypal peuvent prétendre à une récompense en numéraire. Les paiements sont versés directement sur leur compte Paypal sous un délai de 60 jours.

L'attribution des points se fait selon certaines conditions :

  • Le fichier téléchargé doit faire moins de 100 Mo.
  • Seuls les téléchargements effectués depuis certains pays sont comptabilisés[11].
  • Un seul téléchargement par fichier par adresse IP et par jour est comptabilisé.
  • Une vidéo doit être vue dans son intégralité (jusqu'au message « terminé ») afin de rapporter un point.

De nouveaux sites[12] ont vu le jour afin de faciliter le gain des points de récompense sur Megaupload.

Le système de récompense est désactivé de façon temporaire depuis fin juillet 2011. Le motif invoqué est une refonte du programme de récompenses.

[modifier] Fronde de l'industrie du cinéma

Fin novembre 2011, les syndicats du cinéma américain et les distributeurs de la vidéo ont décidé de s'attaquer au téléchargement illégal. Ainsi, les opérateurs français sont assignés pour bloquer « les sites de streaming et de téléchargement direct illicites ».

L'industrie du cinéma semble, à partir de cette date, décidée à mettre en pièce le streaming. En cause, la fronde lancée par les syndicats du cinéma et des distributeurs de vidéo américains aux opérateurs français. Google France et Orange confirment la réception d'une telle demande. « Nous avons bien reçu le document d'une centaine de pages, nos juristes sont en train de l'éplucher et nous ne commentons pas pour l'instant », relate l'opérateur Orange à la presse. Un document que tous les autres acteurs (Bouygues, France Telecom ou encore SFR) ont également reçu et par lequel ils sont invités à bloquer les sites de référencement de contenus illégaux.

Si l'industrie du cinéma a depuis quelques années entrepris cette chasse aux sorcières et cherche une solution alternative, les sites de ce type n'ont pas pour autant cessé d'exploiter un trafic estimé à 21 milliards de visites par an. En outre, de nombreux sites semblables ont vu le jour et la possibilité est offerte aux utilisateurs d'ajouter des fichiers qui ont précédemment fait l'objet d'une suppression. Les Majors pourraient cette fois trouver un appui de taille en la personne du gouvernement français. Ce dernier a fait de la lutte contre le streaming illégal son cheval de bataille.

Le Président Nicolas Sarkozy estime mi-novembre que « sur les sites de streaming, l'idéologique du partage, c'est l'idéologie de l'argent : je vole d'un côté, je vends de l'autre »[13].

[modifier] Fermeture

Bannière apparaissant sur la page du site à la suite de sa fermeture

Depuis le jeudi 19 janvier 2012, le site est inaccessible[2],[3], ayant été fermé par le département de la Justice des États-Unis[4].

[modifier] Réactions

En réponse, le mouvement Anonymous lance l'opération de protestation #OpMegaupload un quart d'heure après l'annonce officielle émanant du gouvernement américain. L'attaque par déni de service bloque l'accès aux sites internet de la justice américaine, d'Universal Music, de la Recording Industry Association of America, de la Motion Picture Association of America, de l'U.S. Copyright Office, de l'Hadopi, de l'Utah Chiefs Of Police Association, de la Broadcast Music Incorporated, de la Warner Music Group, du FBI et de Sony[14],[15],[16].

De nombreux internautes à travers le monde expriment leur désaccord, notamment sur les réseaux sociaux : par exemple, des internautes tunisiens postent ainsi des milliers de messages de protestation sur la page Facebook du FBI[17].

Nicolas Sarkozy salue la fermeture du site et « invite les ministres concernés ainsi que la Hadopi, qui vient d'engager une consultation à ce sujet, à étudier rapidement l'utilité de compléter [la] législation [française] par de nouvelles dispositions[18]». En représailles, il est alors révélé que le site Internet de l'Élysée serait menacé par le mouvement Anonymous[19]. Cette menace est mise à exécution[20] : le vendredi soir 20 janvier, le site Internet de l'Élysée est brièvement indisponible tandis que les sites Internet du Ministère de la Justice et de l'Hadopi sont bloqués[21].

Pour la députée UMP Muriel Marland-Militello, « C'est grâce aux initiatives de notre Président de la République Nicolas Sarkozy que la communauté internationale s'est décidée à ne plus céder à un certain fatalisme qui pouvait exister en la matière. Cette décision de justice en est une illustration. […] L'Histoire de la culture se souviendra de Nicolas Sarkozy comme de l'homme qui a dit non[22]. »

La Commission européenne désapprouve la fermeture de Megaupload : « La réglementation sur l'internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d'un réseau ouvert », a déclaré Neelie Kroes commissaire européenne en charge des nouvelles technologies[23].

Pour Eva Joly, « la fermeture de Megaupload et l'arrestation de ses dirigeants est un symptôme supplémentaire de l'incapacité des pouvoirs publics à se projeter au XXIe siècle et à concevoir un projet global éthique associant rémunération des auteurs et fluidité de la culture sur Internet. Faute de stratégie publique intelligente et de réflexion internationale indépendante des lobbies, on continuera à assister à une guerre de l'industrie du copyright face aux créatures qu'elle a engendrées[23]».

Pour le directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique, « c'est un signal très fort à tous ceux qui pensent se jouer de la justice », car cela montre qu' « Internet n'est pas un espace de non-droit[23]».

Certaines associations soulignent la mainmise américaine sur Internet : selon Loïc Damilaville, directeur général adjoint de l'Afnic, « Les autorités américaines ont clairement la mainmise sur toutes les extensions numériques qui sont gérées par des prestataires américains ou situés aux États-Unis ». Jérémie Zimmermann, co-fondateur de La Quadrature du Net, affirme que « les États-Unis font clairement de l'ingérence dans l'architecture d'Internet pour aller jusque dans d'autres pays[24] » ; il explique aussi que le FBI a pu facilement mener son enquête parce que les mails de Megaupload étaient hébergés sur un site américain[25].

À la suite de cette fermeture, des sites similaires à Megaupload, comme Fileserve (en), Filesonic, Uploaded.to, suppriment la rémunération des uploaders et le partage des fichiers, purgent leurs serveurs de tout fichier soupçonné d'illégalité, bloquent des comptes ou encore bloquent l'accès au téléchargement pour les États-Unis[26],[27]. En revanche, RapidShare n'envisage aucun changement dans ses activités[28]. En France, Allostreaming.com décide d'arrêter définitivement ses services le 20 janvier 2012[29]. Les premières estimations évoquent la disparition de 20% du trafic Internet en 3 jours[30].

Le site Internet de Vivendi Universal est également bloqué par les Anonymous.

[modifier] Victimes collatérales

De nombreux cinéphiles et mélomanes qui diffusaient, parfois avec l'accord des artistes, des œuvres introuvables dans le commerce ou tombées dans l'oubli, décident de fermer leurs sites spécialisés, le plus souvent des blogues, suite à la suppression d'une grande partie du contenu vers lequel ils redirigeaient (fichiers vidéos et audio stockés sur Megaupload)[31]. En France, certains de ces sites ferment également par crainte d'une action gouvernementale similaire à celle des Américains[32].

[modifier] Suppression des données des utilisateurs

Le 30 janvier, le ministère public américain annonce que toutes les données des utilisateurs seront bientôt supprimées, les autorités américaines ayant copiées les données auxquelles leur mandat permettait d'accèder[33].

[modifier] Controverses

Certaines sources affirment que l'infraction à la propriété intellectuelle n'est pas la principale raison de la fermeture de megaupload. Ainsi, reproduisant l'interview d'un développeur du site, le site contrepoints.org affirme que ce seraient les lobbys des majors de l'industrie musicale qui auraient fait fermer le site afin d'éliminer la potentielle concurrence d'un système prévu par Megaupload permettant de télécharger gratuitement et légalement de la musique sans compromettre la rémunération des artistes[5]. En effet, dans une interview[6], Emmanuel Gadaix (responsable technique de Megaupload) affirme que ce projet musical appelé Megabox aurait dû être accessible pour l'anniversaire de Kim DotCom (soit le lendemain de son arrestation).

[modifier] Notes et références

[modifier] Références

  1. (en)Justice Department Charges Leaders of Megaupload with Widespread Online Copyright Infringement
  2. a et b (fr)Annonce de la fermeture, article de Clubic
  3. a et b (en)Megaupload file-sharing site shut down, article de la BBC
  4. a et b (fr)contrepoints.org, « Interview d'un développeur de megaupload ». Consulté le 27.01.2012
  5. a et b MegaUpload : entretien exclusif avec le responsable technique du site fermé par le FBI
  6. Service Premium
  7. Metaupload : Get more from MV and MU
  8. Stream Actu : Megaupload Duplicator : upload en 30 secondes
  9. Récompenses sur le site MegaUpload
  10. Megaupload : Liste des Pays éligibles
  11. Easyrewards : Gagner facilement des points de récompense
  12. 7sur7.be
  13. Laurent Checola, « Comment Anonymous riposte à la mise hors ligne de Megaupload » sur ww.lemonde.fr. Mis en ligne le 20/01/2012, consulté le 20/01/2012.
  14. 20minutes.fr
  15. RT.com
  16. Les tunisiens s’attaquent au FBI après la fermeture de megaupload.
  17. Droits d'auteur : Sarkozy salue la fermeture du site Megaupload.com.
  18. Melty.fr
  19. Lefigaro.fr
  20. Megaupload : Anonymous attaque l’Élysée, le site piraté ?.
  21. Pour Marland-Militello, l'arrêt de Megaupload est dû à Nicolas Sarkozy.
  22. a, b et c Liberation.fr
  23. Lepoint.fr.
  24. Fermeture de Megaupload: «Pour un site qui ferme, quinze rouvrent» selon Jérémie Zimmermann
  25. Vent de panique chez les concurrents de Megaupload.
  26. Affaire Megaupload : mesures préventives chez Filesonic, VideoBB, FileServe.
  27. MegaUpload : décryptage de l’affaire et des accusations
  28. Après l'arrêt de Megaupload, Allostreaming choisit de fermer
  29. Après la fermeture de Megaupload, d'autres services restreignent leurs activités.
  30. Megaupload : la casse aux trésors.
  31. Les sites de cinéphiles passionnés, vraies victimes de la fermeture de Megaupload.
  32. Les données de Megaupload bientôt définitivement effacées.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens externes

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