Jordi Pujol

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pujol.
Jordi Pujol
Image illustrative de l'article Jordi Pujol
Fonctions
126e président de la Généralité de Catalogne
24 avril 198020 décembre 2003
(23 ans, 7 mois et 26 jours)
Gouvernement Pujol I, II, III, IV, V et VI
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve
et Ve
Coalition CiU
Prédécesseur Josep Tarradellas
Successeur Pasqual Maragall
Biographie
Nom de naissance Jordi Pujol i Soley
Date de naissance 9 juin 1930 (84 ans)
Lieu de naissance Barcelone (Espagne)
Parti politique CDC
Diplômé de Université de Barcelone
Profession Médecin
Chef d'entreprise

Jordi Pujol
Présidents de la Généralité de Catalogne

Jordi Pujol i Soley, né le 9 juin 1930 à Barcelone, est un homme politique espagnol membre de la Convergence démocratique de Catalogne (CDC). Il est président de la Généralité de Catalogne entre 1980 et 2003.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jordi Pujol obtient une licence en médecine de l'université de Barcelone.

Militant nationaliste sous le franquisme[modifier | modifier le code]

Il milite pour le nationalisme catalan dès son plus jeune âge.

En 1960, il est accusé d’être l’auteur d’un pamphlet antifranquiste, Us presentem el general Franco (« Nous vous présentons le général Franco »), et d’être l’instigateur des incidents survenus le 19 mai 1960 au Palau de la Música de Barcelone, au cours desquels le public chanta le Cant de la senyera, en présence de plusieurs ministres du franquisme lors d’une cérémonie de commémoration du centenaire de la naissance du poète Joan Maragall. Il est condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire[1].

Fondateur de la CDC[modifier | modifier le code]

Il fonde en 1974 la Convergence démocratique de Catalogne (CDC), un parti catalaniste, libéral et centriste. Il en devient alors secrétaire général.

Lors des élections constituantes du 15 juin 1977, il est tête de liste de la coalition Pacte démocratique pour la Catalogne (PDPC) dans la province de Barcelone et se fait élire au Congrès des députés. Il est nommé, le 5 décembre, conseiller sans portefeuille de la Généralité de Catalogne.

En septembre 1978, il associe la CDC à l'Union démocratique de Catalogne (UDC), une formation chrétienne démocrate, en créant une coalition baptisée Convergence et Union (CiU). Il en conduit la liste dans la province de Barcelone aux élections du 1er mars 1979 et conserve son mandat parlementaire.

Président de la Généralité pendant 23 ans[modifier | modifier le code]

Pour l'élection régionale du 20 mars 1980, il est choisi comme chef de file de la coalition nationaliste. Il est principalement opposé au socialiste Joan Raventós, au communiste Josep Benet et au centriste Anton Cañellas. Ce scrutin voit la victoire de CiU, avec une majorité très relative de 43 députés sur 135 au Parlement de Catalogne. Il obtient néanmoins l'appui des Centristes de Catalogne-UCD et de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) lors du second tour du vote d'investiture.

Avec 75 voix contre 59 le 24 avril 1980, Jordi Pujol est investi président de la Généralité de Catalogne et entame ainsi plus de vingt-trois ans et six mois de pouvoir dans la communauté autonome. Les élections de 1984, 1988 et 1992 lui permettent même de disposer d'une majorité parlementaire absolue. Il renonce en 1989 au secrétariat général de la CDC pour en devenir président.

Le scrutin de 1995 voit CiU ne plus disposer que d'une forte majorité relative, mais il s'assure l'appui du Parti populaire de Catalogne (PPC), qu'il soutient à Madrid entre 1996 et 2000. En 2001, la coalition se transforme en fédération de partis, dont il prend la présidence.

À l'approche de l'élection du 16 novembre 2003, il choisit de ne pas postuler à un septième mandat et laisse en première ligne le secrétaire général de la CDC et numéro deux du gouvernement régional, Artur Mas. Celui-ci ne peut maintenir la suprématie du centre-droit et le socialiste Pasqual Maragall prend la succession de Pujol. Ce dernier laisse Mas prendre la présidence de CiU en 2004.

Scandale fiscal[modifier | modifier le code]

Fin juillet 2014, après qu'il a reconnu une fraude fiscale, les médias espagnols font état des enquêtes de la justice sur la famille Pujol et de sommes dépassant les 100 millions d'euros se trouvant dans treize pays différents. Cet argent serait le résultat de « 23 à 30 ans de commissions sur des travaux publics ». Confronté à ces révélations, il doit renoncer à son poste de président honorifique du parti Convergence démocratique de Catalogne[2].

Banca Catalana[modifier | modifier le code]

Le père de Jordi Pujol fonde la Banca Catalana en 1958. Elle fera faillite en 1982 dans des circonstances peu claires[3], laissant un un trou de 1,6 milliard d'euros[4] payé par le contribuable espagnol[5]. En 1984, le procureur général déposera une plainte contre Jordi Pujol et vingt anciens administrateurs de Banca Catalana pour des crimes présumés de détournement et de complot[6]. Jordi Pujol parle alors de manœuvre de Madrid contre la Catalogne. En novembre 1986, la session plénière extraordinaire de la Cour territoriale de Barcelone (composé de 42 juges) estimera que la preuve était insuffisante pour poursuivre le président de la Generalitat[7].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Il a été décoré par de nombreuses institutions internationales, dont celles du Québec (Ordre national du Québec), de la République française (Légion d'honneur), de la Couronne de Belgique (Grand-croix de l'ordre de la Couronne), de la République italienne (Chevalier de Grand-Croix) et de l'Institut culturel de Bretagne (ordre de l'Hermine) en 1992.

Jordi Pujol est docteur honoris causa de plusieurs universités francophones : Lumière Lyon-II, Paris VIII, Toulouse et catholique de Bruxelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francisco Campuzano, La transition espagnole : entre réforme et rupture (1975-1986), Paris, PUF,‎ 2011, 1e éd., 180 p. (ISBN 978-2-13-059119-1), p. 42
  2. La descente aux enfers de Jordi Pujol, ancien président de la Catalogne, lemonde.fr, 29 juillet 2014
  3. Catalogne : la sécession et le pognon, bvoltaire.fr, Javier Portella, bvoltaire.fr, 4 août 2014
  4. Les adieux de Jordi Pujol, lesechos.fr, 14 novembre 2003
  5. Catalogne, tensions avec Madrid, monde-diplomatique.fr, juillet 1984
  6. (es) Treinta años de la querella de Banca Catalana, Víctor Saura, eldiario.es, 14 mai 2014
  7. (es) Treinta años de la querella de Banca Catalana, Víctor Saura, eldiario.es, 14 mai 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : Història d'una convicció (1930-1980),‎ 2012
  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : Temps de construir (1980-1993),‎ 2010
  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : De la bonança a un repte nou (1993-2011), Barcelone, Proa,‎ 2012, 1e éd., 330 p. (ISBN 978-84-7588-258-1)

Lien externe[modifier | modifier le code]