Jordi Pujol

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Jordi Pujol
Image illustrative de l'article Jordi Pujol
Fonctions
126e président de la Généralité de Catalogne
24 avril 198020 décembre 2003
Prédécesseur Josep Tarradellas i Joan
Successeur Pasqual Maragall
Biographie
Date de naissance 9 juin 1930 (84 ans)
Lieu de naissance Barcelone, Catalogne
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne
Parti politique Convergence démocratique de Catalogne
Profession Médecin
Chef d'entreprise

Jordi Pujol
Présidents de la Généralité de Catalogne

Jordi Pujol i Soley (né le 9 juin 1930 à Barcelone), est un homme politique catalan, personnalité importante du catalanisme. Il fut président de la Generalitat de Catalogne entre 1980 et 2003.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jordi Pujol obtient une licence en médecine de l'Université de Barcelone.

Il milite pour le nationalisme catalan dès son plus jeune âge. En 1960, il est accusé d’être l’auteur d’un pamphlet antifranquiste, Us presentem el general Franco (« Nous vous présentons le général Franco »), et d’être l’instigateur des incidents survenus le 19 mai 1960 au Palau de la Música de Barcelone, au cours desquels le public chanta le Cant de la senyera (chant patriotique catalan), en présence de plusieurs ministres du franquisme lors d’une cérémonie de commémoration d’un centenaire de la naissance du poète Joan Maragall. Il est condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire[1].

Fondateur en 1974 du parti politique Convergència Democràtica de Catalunya (C.D.C.), il en assure le Secrétariat général. Il veut promouvoir l'esprit national des catalans et créer des structures économiques et financières suffisantes pour assurer le développement de son "pays". Lors des élections générales de mars 1979, à la tête de la fédération centriste et autonomiste, CiU (« Convergència i Unió ») (Convergence et Union), il est élu ministre (conseller) de la Généralité de Catalogne. En mai 1980, il devient le président de la Généralité de Catalogne, chef du gouvernement autonome de la région.

Il sera élu président par le Parlement de Catalogne à 6 reprises, d'abord à la majorité absolue des sièges en 1984, 1988 et 1992, puis lors des élections anticipées de 1995 et 1999 à la majorité simple. Après 23 ans au pouvoir, il se retire progressivement de la vie politique après les élections de 2003, qui voient l'accession du socialiste Pasqual Maragall à la présidence catalane.

Fin juillet 2014, après qu'il a reconnu une fraude fiscale, les médias espagnols font état des enquètes de la justice sur la famille Pujol et de sommes dépassant les 100 millions d'euros se trouvant dans treize pays différents. Cet argent serait le résultat de « 23 à 30 ans de commissions sur des travaux publics ». Confronté à ces révélations, il doit renoncer à son poste de président honorifique du parti Convergence démocratique de Catalogne[2].

Banca Catalana[modifier | modifier le code]

Le père de Jordi Pujol fonde la Banca Catalana en 1958. Elle fera faillite en 1982 dans des circonstances peu claires[3], laissant un un trou de 1,6 milliard d'euros[4] payé par le contribuable espagnol[5]. En 1984, le procureur général déposera une plainte contre Jordi Pujol et vingt anciens administrateurs de Banca Catalana pour des crimes présumés de détournement et de complot[6]. Jordi Pujol parle alors de manœuvre de Madrid contre la Catalogne. En novembre 1986, la session plénière extraordinaire de la Cour territoriale de Barcelone (composé de 42 juges) estimera que la preuve était insuffisante pour poursuivre le président de la Generalitat[7].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Il a été décoré par de nombreuses institutions internationales, dont celles du Québec (Ordre national du Québec), de la République française (Légion d'honneur), de la Couronne de Belgique (Grand-croix de l'ordre de la Couronne), de la République italienne (Chevalier de Grand-Croix) et de l'Institut culturel de Bretagne (ordre de l'Hermine) en 1992.

Jordi Pujol est docteur honoris causa de plusieurs universités francophones : Lumière Lyon-II, Paris VIII, Toulouse et catholique de Bruxelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francisco Campuzano, La transition espagnole : entre réforme et rupture (1975-1986), Paris, PUF,‎ 2011, 1e éd., 180 p. (ISBN 978-2-13-059119-1), p. 42
  2. La descente aux enfers de Jordi Pujol, ancien président de la Catalogne, lemonde.fr, 29 juillet 2014
  3. Catalogne : la sécession et le pognon, bvoltaire.fr, Javier Portella, bvoltaire.fr, 4 août 2014
  4. Les adieux de Jordi Pujol, lesechos.fr, 14 novembre 2003
  5. Catalogne, tensions avec Madrid, monde-diplomatique.fr, juillet 1984
  6. (es) Treinta años de la querella de Banca Catalana, Víctor Saura, eldiario.es, 14 mai 2014
  7. (es) Treinta años de la querella de Banca Catalana, Víctor Saura, eldiario.es, 14 mai 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : Història d'una convicció (1930-1980),‎ 2012
  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : Temps de construir (1980-1993),‎ 2010
  • (ca) Jordi Pujol, Memòries : De la bonança a un repte nou (1993-2011), Barcelone, Proa,‎ 2012, 1e éd., 330 p. (ISBN 978-84-7588-258-1)

Lien externe[modifier | modifier le code]