Winrich von Kniprode

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Winrich von Kniprode
Statue de Winrich von Kniprode à Marienbourg
Statue de Winrich von Kniprode à Marienbourg
Titre
22e Grand maître de l'ordre Teutonique Blason ordre teutonique 2.svg
13511382
Prédécesseur Heinrich Dusemer von Arfberg
Successeur Konrad Zöllner von Rotenstein
Biographie
Date de naissance 1310
Lieu de naissance Environs de Monheim am Rhein
Date de décès 24 juin 1382
Lieu de décès Environs de Marienbourg

Winrich von Kniprode
Cénotaphe de Winrich von Knirode à Monheim am Rhein

Winrich von Kniprode (° vers 1310 dans les environs de Monheim am Rhein, † 24 juin 1382 près de Marienbourg) fut le 22e grand maître de l’ordre Teutonique, charge qu'il exerça de 1351 à 1382. Son mandat coïncide avec l’âge d'or de la chevalerie et l’apogée de l’État teutonique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Winrich von Kniprode est issu d'une famille de chevaliers rhénans. On ignore la date exacte de son admission dans l'Ordre, mais il est évoqué une première fois en 1334 comme adjoint du commissaire de Preussisch-Holland. En 1338, Winrich von Kniprode devient commandeur de Dantzig, puis 1342 commandeur de Balga (de). Sous le mandat du grand maître Ludolf König von Wattzau, il est promu en 1341 grand maréchal de l'Ordre et commandeur de Kœnigsberg.

Son prédécesseur, Heinrich Dusemer von Arfberg, le nomme en 1346 grand commandeur de l'Ordre teutonique. À ce titre, il combat aux côtés du grand maréchal Othon von Danfeld et repousse victorieusement par la bataille de la Strėva à l'hiver 1348 l’offensive du grand-duc de Lithuanie Kęstutis au sud-est de Kaunas.

Par suite de l'abdication d’Heinrich Dusemer, malade, Winrich von Kniprode est élu grand-maître de l'ordre le 14 septembre 1351. Il conservera cette charge jusqu'à sa mort en 1382 et exerce par là le plus long mandat à la tête des chevaliers teutoniques, lequel marque aussi l’apogée de l’État teutonique. Dans la tradition des Croisades, la noblesse allemande de ce temps part régulièrement en guerre contre les Lithuaniens. Winrich parvint à subordonner les ambitions individuelles des seigneurs rhénans au service de l’Ordre teutonique. parvenant même à s'imposer à l'occasion comme négociateur entre les seigneurs lithuaniens (par ex. lors du Traité de Dovydiškės (en) de mai 1380, où il soutient les revendications du grand-duc Jogaila, le futur roi de Pologne Ladislas II, contre son oncle et rival Kęstutis).

Il modernise l'administration de l’État teutonique et encourage le commerce en dotant l'Ordre d'une organisation commerciale inédite, à la tête de laquelle office un haut commis, interlocuteur exclusif de la Hanse, qui par son statut de seigneur endosse en son nom propre les droits acquis comme par exemple le monopole de l’ambre, qui s'avère fort lucratif. La germanisation de la vallée de la Vistule et le défrichement du « Sassenland » (cette forêt primaire de conifères qui sépare les terres de l'Ordre du grand-duché de Lithuanie) sont méthodiquement poursuivis. L'élevage des moutons, l'apiculture et la viticulture connaissent une expansion remarquable. Les prêteurs sur gage se voient imposer une diminution du taux d’usure maximum, de 12,5 % à 10 %. Parallèlement de nouvelles monnaies d'argent sont introduites[1]

Au cours des croisades baltes menées contre la Lithuanie, les chevaliers teutoniques, menés par le grand maréchal Henning Schindekopf (de), infligent à leurs ennemis une défaite décisive à la bataille de Rudau (en) (au nord de Kœnigsberg), le 17 février 1370.

Sous le règne de Winrich von Kniprode, l’exercice du pouvoir temporel connait une faveur croissante chez les chevaliers teutoniques. Winrich tente de s'y opposer en imposant la rotation des charges intermédiaires et supérieures au sein de l'Ordre, en instaurant une plus grande transparence dans les nominations et en dépêchant des tournées d'inspections dans les commanderies isolées. Des mesures disciplinaires sont prises pour rappeler à leurs vœux les chevaliers, comme par exemple l'adoption d'un uniforme plus dépouillé en réaction aux extravagances vestimentaires de certains dignitaires. Les milices bourgeoises bénéficient d'un entraînement systématique. Quelques écoles voient le jour, ainsi qu'un séminaire destiné à la formation supérieure des dignitaires de l'Ordre à Marienbourg.

En 1366, Kniprode, en tant que premier commandeur de Marienbourg apporte sa voix au candidat au trône de Pologne Casimir III. Il seconde la Hanse dans sa lutte contre les Danois, qui se conclut victorieusement par le Traité de Stralsund. Il poursuit la construction du Mittelschloss de Marienbourg et fait édifier les remparts de la ville.

Winrich von Kniprode meurt le 24 juin 1382 . Il est inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de la Forteresse teutonique de Marienbourg.

Postérité[modifier | modifier le code]

Par sa longévité, ainsi que par la prospérité économique et la stabilité militaire qui ont marqué son règne, Winrich von Kniprode demeure, avec Hermann von Salza, le grand maître de l'ordre Teutonique le plus illustre. Dans les années 1930, un vapeur fut baptisé d'après son nom. Plusieurs grandes villes d'Allemagne lui ont dédié une rue, comme Wilhelmshaven ou le quartier berlinois de Prenzlauer Berg. À Monheim am Rhein, une école catholique porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le schilling valant 12 pfennig, la demi-rouble valant 16 pfennig et le vierchen, 4 pfennig. Le système monétaire prussien se stabilisa finalement comme suit : 1 mark prussien = 60 schilling = 720 pfennig.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Winrich von Kniprode » (voir la liste des auteurs)
  • Hans Prutz: Die Ritterorden. Bechermünz Verlag, Berlin 1908
  • Wolfgang Sonthofen: Der Deutsche Orden. Weltbild Verlag, Augsburg 1995
  • Dieter Zimmerling: Der Deutsche Ritterorden. ECON Verlag, München 1998
  • Friedrich Borchert: Die Hochmeister des Deutschen Ordens in Preußen erschienen in der "Preußischen Allgemeinen Zeitung" am 27. Oktober 2001.

Lien externe[modifier | modifier le code]