Dassault Mystère IV

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Mystère IV
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Dassault Mystère IV A au musée de l'air du Bourget
Dassault Mystère IV A au musée de l'air du Bourget

Constructeur Drapeau : France Dassault Aviation
Rôle Avion de chasse
Premier vol 28 septembre 1952
Mise en service 1955
Date de retrait 1982
Nombre construits 410
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Hispano-Suiza Verdon 350
Nombre 1
Type turboréacteur
Poussée unitaire 3400 kg de poussée
Dimensions
Envergure 11 12 m
Longueur 12 85 m
Hauteur 4 46 m
Surface alaire 32 m2
Masses
À vide 5 850 kg
Avec armement (avion lisse) 7 750 kg
Maximale 10 400 kg
Performances
Vitesse maximale au niveau de la mer 1 120 km/h (Mach 0,98)
Plafond 15 000 m
Rayon d'action 1 310 km
Armement
Interne 2 canons DEFA 551 de 30 mm
Externe 907 kg de charges réparties sur 4 points d'emports (12 roquettes de 105 mm, 2 bombes de 250/500 kg ou 4 de 70 kg ou 2 réservoirs supplémentaires)

Le Dassault MD-454 Mystère IV est un chasseur de jour français des années 1950 qui connut une longue carrière en France, où il resta en service jusqu'en 1982. De nombreux exemplaires ont été exportés en Inde et Israël.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 2 août 1951, la société Dassault Aviation signe un marché avec le Service technique de l'aéronautique pour la réalisation d'un prototype plus évolué que le chasseur Mystère II et pouvant atteindre Mach 1 en piqué, mais sans que soit envisagée une production en série. Une nouvelle voilure est dessinée pour l'appareil nommé MD-454 Mystère IV. Par rapport à l'aile du Mystère II, elle est dotée d’un profil biconvexe, d'une plus forte flèche (38° contre 30°) et plus mince (7,5 % au lieu de 9 %). Le fuselage, plus affiné, de section circulaire dans ses parties avant et arrière, a une partie centrale de section piriforme à large base.

Le Mystère IV 01 est équipé du réacteur centrifuge Rolls-Royce Tay, plus puissant et plus fiable que le réacteur axial Atar, préféré par l'armée mais dont le développement n'est pas encore achevé. Le prototype effectue son premier vol le 28 septembre 1952 à Melun-Villaroche aux mains de Kostia Rozanoff, et dure 25 minutes. Les essais révèlent un appareil très réussi qui incite les services officiels à passer une commande en octobre 1952 de 22 avions de présérie.

En décembre 1952, une mission américaine, dont fait partie le célèbre pilote Charles « Chuck » Yeager, vient tester les avions de combat français afin de choisir un modèle dont le financement doit être assuré par l’OTAN. Suite à cela, le Mystère IV est retenu, la précédente commande est annulée et remplacée par une commande de série de 8 Mystère IV A (no 02 à 09) équipés du Rolls Royce Tay.

Le 25 avril 1953, le secrétariat d’État américain passe commande de 225 exemplaires qui sont offerts à l’armée de l’Air française.

Production[modifier | modifier le code]

Le premier Mystère IV A de série vole à Mérignac le 29 mai 1954, avec Paul Boudier aux commandes. Il s'avère être une grande réussite : puissamment armé, fiable, robuste et manœuvrant, il est facile à piloter. Il est officiellement remis aux autorités américaines le 18 juin. Le 225e avion est livré le 18 juin 1956, en avance de douze jours sur la date du contrat. Au total 411 appareils sont fabriqués et livrés, de 1954 à 1958. 114 sont équipés du Rolls Royce Tay, et tous les autres (dont les modèles d’exportation) de l’Hispano-Suiza Verdon 350 (version plus puissante du Tay). Au plus fort de sa production, 25 appareils par mois sortent de l'usine de Mérignac.

Carrière[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Le premier Mystère IV A est réceptionné par la 12e escadre de Cambrai le 25 mai 1955. C'est sur cette base qu'est formée une première patrouille acrobatique dotée du nouvel avion. Le 14 juillet 1955, douze de ces appareils défilent au-dessus des Champs-Élysées. À partir de la fin 1955, six escadres de chasse sont équipées du Mystère IV A (2e, 5e, 7e, 8e, 10e et 12e). Il a également équipé les groupes écoles GE 312 et GE 314 ainsi que le CEAM (Centre d'Expérimentations Aériennes Militaires) et le CTB (Centre Technique de Bombardement). De 1957 à 1964, il a été la monture de la Patrouille de France. La fin des livraisons à l'Armée de l'Air intervient le 27 novembre 1958, après 242 exemplaires. Les derniers Mystère IV terminent leur carrière à la 8e Escadre de Chasse de Cazaux où ils assurent le perfectionnement des futurs pilotes de combat. Leur retrait définitif, après presque 30 ans de service, intervient au mois de novembre 1982 lors de la conversion de la 8e Escadre sur Alpha Jet.

Israël[modifier | modifier le code]

L’État d’Israël passe une commande de 59 Mystère IV A le 28 décembre 1955. Tous connaissent l'épreuve du feu avec succès lors de la crise du canal de Suez en 1956. Le 30 octobre, le Mystère IV obtient sa première victoire quand 8 appareils affrontent 12 MiG-15 égyptiens : ils abattent un MIG et en endommagent un second. Dans les jours suivants, 2 Mystère IV affrontent 4 De Havilland Vampire égyptiens et les abattent tous. Ils participeront aussi à la guerre des Six Jours en 1967 mais dans un rôle d'appui au sol.

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde acquiert 110 exemplaires du Mystère IV qui sont engagés lors des conflits de 1965 et 1971 contre le Pakistan dans des missions d'attaque au sol.

Versions[modifier | modifier le code]

Mystère IV A[modifier | modifier le code]

Le 24 février 1954, le Mystère IV A est le premier appareil français à franchir le mur du son en vol horizontal sur la base d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge. Dix prototypes seront construits, dont cinq avec un réacteur SNECMA Atar 101F2 de 3 800 kg de poussée, deux avec un Atar 101G2 de 4 400 kgp et les autres de Rolls-Royce Avon RA-7 de 4 300 kgp. Il effectue son premier vol le 16 décembre 1953. Le 3 avril 1954 le pilote d’essai Constantin « Kostia » Rozanoff trouva la mort à bord du Mystère IV B 01 lors d’un vol de présentation à basse altitude. Une commande de l'appareil en série est annulée au profit du Super Mystère B2.

Mystère IV N[modifier | modifier le code]

Mystère IV N.

Pressentant le besoin d'un chasseur de nuit pour l'armée de l'Air, Dassault proposa le Mystère IV N, version biplace du IV B mais équipée d'un radar de recherche et de tir pour la chasse de nuit. Le fuselage est modifié (l'entrée d’air est placée en dessous du fuselage) car il est prévu de loger le radar dans le nez à la manière du F-86D américain. Une commande de 2 prototypes fut officiellement passée le 1er mai 1954. Celle du 2e prototype sera résiliée quatre mois plus tard.

Bénéficiant de nombreux composants de cellules et d’équipements des Mystère IV A et B, le Mystère IV N 01 a effectué son premier vol le 19 juillet 1954 à Melun-Villaroche. Quelque temps après il franchit la vitesse de Mach 1,1. Hormis le fait qu'il soit le seul et unique exemplaire de son type, cet appareil reste célèbre grâce au record de vitesse pure féminin obtenu par Jacqueline Auriol le 31 mai 1955, avec 1 151 km/h sur une base de 12,3 km, détrônant ainsi celui de l'américaine Jacqueline Cochran.

C’est finalement le Vautour de la SNCASO qui est choisi par l'Armée de l'Air qui bénéficie par ailleurs, dans le cadre de l'OTAN, de 60 avions F-86K à des conditions très avantageuses. Grâce à son excellente stabilité en vol et à son installation en biplace, il devient un parfait avion de servitude. Différents types de radars furent montés et évalués, notamment l'Aladin et l'Aïda qui équipera plus tard l'Etendard.

Dassault Mystère IV MD 454

L'unique prototype du Mystère IV N se trouve au Conservatoire de l'air et de l'espace d'Aquitaine (prêt au long cours du Musée de l'air et de l'espace)[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Petit, Mystère IVA [Tome 1] - Les escadres de Défense Aérienne du Territoire, Association pour la Préservation du Patrimoine Aéronautique,‎ 2010, 48 p. (ISBN 978-2-9528167-2-4, présentation en ligne)
  • Jean-Jacques Petit, Mystère IVA [Tome 2] - 7e Escadre - Patrouille de France - Écoles - Exportation, Association pour la Préservation du Patrimoine Aéronautique,‎ 2012, 60 p. (présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dassault Mystère IV N