Maryse Bastié

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Maryse Bastié

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Maryse Bastié à ses débuts (années 1920).

Nom de naissance Marie-Louise Bombec
Naissance
Limoges (France)
Décès (à 54 ans)
Bron (France)
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession Aviatrice
Autres activités
Militante pour le droit de vote des femmes

Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, aviatrice française, gloire du sport, née le , à Limoges (France), morte le à Bron. Elle fut la première aviatrice française à décrocher de nombreux palmarès. Ses exploits furent très rapidement médiatisés. Nombre d'établissements scolaires, rues et avenues portent aujourd'hui son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orpheline de son père à l'âge de 11 ans, la petite Marie-Louise Bombec fut une enfant difficile. Adolescente, elle est ouvrière dans une usine de chaussures comme piqueuse sur cuir. Elle se marie une première fois et a un fils qui meurt très jeune. Divorcée, elle se remarie avec son filleul de guerre, le lieutenant pilote Louis Bastié, originaire de Fiac, petit village proche de Toulouse. C'est à ses côtés qu'elle se découvre une passion pour l'aviation. Le 29 septembre 1925, elle obtient son brevet de pilote sur la station aérienne de Bordeaux-Teynac, qui deviendra plus tard l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Une semaine après, elle passe avec son avion sous les câbles du pont transbordeur de Bordeaux. Le 13 novembre 1925, elle vole de Bordeaux à Paris, divisant son parcours en six étapes, ce qui constitue son premier voyage aérien[1]. L'année suivante, son mari Louis Bastié, trouve la mort dans un accident d'avion. Loin de se décourager, Maryse Bastié devient monitrice de pilotage : l'aventure dure six mois et s'arrête avec la fermeture de son école de pilotage.

Montée à Paris, elle donne des baptêmes de l'air et fait de la publicité aérienne. Elle décide d'acheter son propre avion, un Caudron C.109 à moteur de 40 ch. Comme elle n'a pas d'argent pour le faire voler, le pilote Drouhin va l'aider à financer sa passion. Le 13 juillet 1928, il lui offre le poste de premier pilote. Elle établit alors avec lui un premier record féminin homologué de distance (1 058 km) à Treptow, en Poméranie.

En 1929, elle établit un nouveau record de France féminin de durée de vol, de 10 h 30, et un record international féminin de durée avec 26 h 44. Ce record lui est repris le 2 mai 1930 par Léna Bernstein (35 h 45). Bien décidée à le récupérer, elle décolle le soir du 2 septembre 1930 et se pose le 4 après 37 h 55 de vol. Elle a lutté jusqu'à l'épuisement contre le froid et le manque de sommeil. Elle établit ensuite un record de distance avec 2 976 km sur le parcours Paris - Uring (URSS)[2]. Pour cet exploit, à son retour, elle reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur et le Harmon Trophy (en) américain décerné, pour la première fois, à une Française.

En juillet 1935, son fils, militaire à Bizerte, meurt de la poliomyélite[réf. nécessaire].

Affiche d'une réunion en faveur de l'égalité des droits politiques, avec projection d'un film où Maryse Bastié apporte son concours à la campagne féministe.

En 1935, elle crée, à Orly, l'école « Maryse Bastié Aviation ». Encouragée par Mermoz, qui lui a fait faire avec lui un aller-retour, elle s'attaque à la traversée de l'Atlantique Sud. Un mois à peine après la disparition de Mermoz, le , elle traverse l'Atlantique de Dakar à Natal, seule à bord d'un Caudron Simoun.

Dès 1934, elle s'engagera avec Hélène Boucher et Adrienne Bolland dans le combat féministe et devient militante pour le vote des Françaises[3], en soutenant Louise Weiss qui se présentait aux élections législatives de 1936 dans le 5e arrondissement de Paris.

Lors de l'offensive allemande de mai 1940, elle offre ses services à la Croix-Rouge, notamment auprès des prisonniers français regroupés au camp de Drancy. Lors du départ d'un train vers l'Allemagne, elle est bousculée par une sentinelle allemande et se fracture le coude droit. Elle en garde une invalidité et ne pilote plus. Sous couvert de son activité à la Croix-Rouge, elle recueille des renseignements sur l'occupant.

En 1947, répondant à Louis Perret qui avait sollicité son opinion sur l’espéranto, elle lui écrit qu'elle est depuis de longues années convaincue de l’utilité de cette langue[4].

En 1951, elle entre au service de relations publiques du Centre d'essais en vol. Lors d'une de ses missions, elle trouve la mort dans l'accident d'un Noratlas, après un meeting aérien à l'aéroport de Lyon-Bron, le .

Tombe de Maryse Bastié au cimetière du Montparnasse à Paris.

Maryse Bastié est enterrée à Paris, au cimetière du Montparnasse. Elle était capitaine de l'armée de l'air et totalisait 3 000 heures de vol.

Une association des amis de Maryse Bastié sera créée, dont l'aviatrice Jacqueline Auriol, fut présidente jusqu'à son décès.

Records[modifier | modifier le code]

  • 1928, premier record féminin de distance de vol (1 058 km)
  • 1929, record international de durée de vol féminin (26 h 44 min)
  • En 1930, elle bat le record de durée féminin international en 37 heures 55 minutes.
  • En 1931, elle s'empare du record féminin international de distance, avec 2 976 kilomètres.
  • En 1936, elle réalise la traversée féminine de l'Atlantique Sud en 12 heures 5 minutes.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Plaque à la mémoire de Maryse Bastié, apposée sur la maison où elle vécut (23, rue Froidevaux, Paris 14e).

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à plusieurs établissements scolaires, à de nombreuses rues et avenues, ainsi qu'à une station de la ligne 3a du tramway d'Île-de-France, proche de la rue portant son nom à Paris. Un timbre-poste à son effigie[10] a été émis.

Un monument de Félix Joffre en son honneur est dressé dans le square Carlo Sarrabezolles à Paris.

En 1937, Luigi Corbellini, peintre, la rencontre à Limoges et fait d'elle un portrait à l'aquarelle.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Ailes ouvertes : carnet d'une aviatrice, Fasquelle Éditeurs, Paris, 1937, 180 p., pl. h. t.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Migeo, La Vie de Maryse Bastié, Éditions du Seuil, 1948
  • Vice-Amiral Amanrich (de l'aéronautique navale), Une Française, Maryse Bastié, Éditions Baudinière, 1953
  • Cédric Bastié, L'Aventure Maryse Bastié, Éditions Nouvelles, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche biographique de Maryse Bastié sur Aero-mondo.fr.
  2. Dans les Feuillets encyclopédiques de documentation espérantiste, elle fait part de ses difficultés pour se faire comprendre lors de son atterrissage à Uhring, et reconnaît que « l’utilité de l’espéranto pour les aviateurs n’est pas discutable », cf. Henri Masson, L’idée de langue internationale à travers les noms de voies de circulation de La Roche-sur-Yon.
  3. Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940).
  4. Cf. Henri Masson, op. cit.
  5. a et b Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 28
  6. Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 46
  7. a, b, c, d, e et f Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 50
  8. a, b, c et d Jacques Cheymol, Alain Fradet, op. cit., p. 63
  9. a, b, c et d Jacques Cheymol, Alain Fradet, op. cit., p. 80
  10. Timbre-poste à l'effigie de Maryse Bastié

Liens externes[modifier | modifier le code]

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