De Havilland Vampire

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Pix.gif De Havilland Vampire FB.5 Su-27 silhouette.svg
De Havilland DH-100 Vampire 2 ExCC.jpg
Un de Havilland Vampire de l'armée de l'air canadienne.

Constructeur Drapeau : Royaume-Uni De Havilland
Rôle Avion de chasse
Premier vol 20 septembre 1943
Mise en service 1945
Date de retrait 1979
Nombre construits 4 569
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur De Havilland Goblin 2
Nombre 1
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 6,31 kN
Dimensions
Envergure 11,58 m
Longueur 9,37 m
Hauteur 1,91 m
Surface alaire 24,3 m2
Masses
À vide 3 290 kg
Maximale 5 620 kg
Performances
Vitesse maximale 860 km/h
Plafond 12 200 m
Rayon d'action 1 930 km
Armement
Interne 4 canons de 20 mm
Externe 907 kg de charge (bombes, roquettes ou réservoirs)

Le De Havilland Vampire, aussi connu sous la dénomination DH.100, est le second avion à réaction militaire construit par le Royaume-Uni. Mis en service juste après la Seconde Guerre mondiale, il présente la particularité d'être équipé d'un fuselage arrière bipoutre, réalisé en bois. Plus de 4 500 exemplaires ont été construits, dont une partie sous licence, et utilisés par environ 25 pays différents jusque dans les années 1970.

Historique[modifier | modifier le code]

Conception[modifier | modifier le code]

Alors que, suite aux travaux de Frank Whittle, les premiers réacteurs anglais faisaient leur apparition, le Ministère de l'Air se déclara intéressé par un avion de chasse léger équipé d'un tel moteur et armé de 4 canons de 20 mm. La société de Havilland proposa le DH.100 avec son fuselage bi-poutre, conçu autour du réacteur Halford H.1 qu'elle avait développé elle-même. Cette formule permettait d'avoir un fuselage très compact. Les deux poutres arrière étaient en bois, faisant appel aux techniques avancées déjà utilisées sur le De Havilland Mosquito. Le train d'atterrissage était tricycle.

Deux prototypes furent commandés en avril 1942. Le premier fit son vol inaugural le 20 septembre 1943 au départ d'Hatfield, piloté par Sir Geoffrey De Havilland, fils du fondateur de la firme. Deux autres prototypes furent construits et testés à partir de 1944. Quelques modifications durent être apportées mais, globalement, l'avion donnait toute satisfaction. Une première commande pour 120 avions fut passée en mai 1944 et le premier avion de série vola en mai 1945.

Le Vampire[modifier | modifier le code]

Le premier escadron de la Royal Air Force équipé de Vampire F.1 fut déclaré opérationnel en mars 1946. Une version F.2 équipée d'un réacteur Rolls-Royce Nene fut construite à deux prototypes seulement. Le 4 novembre 1946 vola le premier Vampire F.3 : il avait une aile modifiée pour stocker plus de carburant et un réacteur plus puissant pour compenser l'augmentation de poids. Ceci permettait de doubler son autonomie par rapport à celle du F.1.

Un Vampire de l'Armée de l'air en vol

Suite à la décision de la RAF d'utiliser plutôt le Gloster Meteor pour le rôle d'avion de chasse, une version FB.5 capable de missions d'attaque au sol fut développée en 1948. Avec son train d'atterrissage rehaussé, elle pouvait emporter 2 bombes de 225 kg (ou 2 réservoirs de carburant) et 8 roquettes de 76,2 mm. Cette version fut construite à plus d'un millier d'exemplaires jusqu'en 1951. Elle fut suivie par une version FB.9 équipée d'un poste de pilotage à air climatisé, et destinée aux pays à climat chaud. La version FB.8, quant à elle, aboutit au De Havilland Venom.

Un Vampire T.11 biplace

Sous la désignation DH.113, de Havilland développa à partir du FB.5 une version biplace dans laquelle les deux membres d'équipage étaient assis côte à côte. Le fuselage était également allongé pour permettre l'installation d'un radar, et un réacteur plus puissant permettait de compenser l'augmentation du poids. Le premier vol de cette version eut lieu le 28 août 1949. Elle fut initialement commandée par l'Égypte mais, à cause d'un embargo sur les ventes d'armes décrété par le gouvernement, les avions furent en fin de compte livrés à la Royal Air Force qui les désigna NF.10 et les utilisa pour la chasse nocturne.

En novembre 1950 vola le prototype d'une version biplace d'entrainement désignée DH.115 par le constructeur. Elle fut livrée à partir de la fin 1952 et désignée T.11. En cours de production, la verrière fut modifiée pour améliorer le champ de vision des pilotes et deux sièges éjectables furent installés.

Le Sea Vampire[modifier | modifier le code]

Dès le mois de mars 1945, le second prototype du Vampire fut modifié pour effectuer des tests à bord d'un porte-avions (ajout d'une crosse d'appontage, aérofreins et volets agrandis). En 1947, la Royal Navy commanda une série d'appareils désignés F.20 Sea Vampire, ayant également la nouvelle aile du F.3 et le train d'atterrissage allongé du FB.5. Livrés à partir du mois d'octobre 1948, ces avions furent utilisés jusqu'en 1956/1957 pour former les pilotes à l'utilisation d'un avion à réaction.

Le Sea Vampire T.22 désigne de son côté la variante du biplace T.11 d'entrainement utilisée par la Royal Navy. Elle était cependant incapable d'opérer à partir d'un porte-avions.

Le Mistral[modifier | modifier le code]

En plus des Vampire F.1 et F.5 d'occasion achetés à la fin des années 1940, la France développa une version spécifique du Vampire FB.51 équipée d'un réacteur Rolls-Royce Nene, tous les deux construits sous licence. L'avion était produit par la société SNCASE et le réacteur par Hispano-Suiza. Le premier vol du SE.530 Mistral (désignation des 4 prototypes) eu lieu le 1er avril 1951. Deux versions furent produites : le SE.532 avec un Nene 102B (94 exemplaires) et le SE.535 avec un Nene 104 et un siège éjectable (150 exemplaires).

À l'export[modifier | modifier le code]

Un Vampire libanais avec, derrière, un Vampire égyptien.

Le Vampire rencontra un grand succès à l'export, avec plus de 20 pays utilisateurs dont les principaux furent la France, l'Inde et la Suède (plus de 400 exemplaires chacun).

De nombreux exemplaires ont été produits sous licence en Australie, France, Inde, et Suisse. Ces deux premiers pays ont construit une version équipée d'un réacteur Rolls-Royce Nene.

La Suisse [1] [2] [3] commande d'abord 4 Vampire F.1 en 1946, pour essayer l'avion. Un premier lot de 75 exemplaires du Vampire F.6 (immatriculés J-1005 à J-1079) est livré à partir de 1949. Il est suivi d'un second lot de 100 appareils (immatriculés J-1101 à J-1200) produits sous licence localement, seuls les moteurs restants fabriqués au Royaume-Uni. Des biplaces Vampire T.55 (immatriculés U-1201 à U-1239) sont livrés à partir de 1953 : 30 produits sous licence et 9 achetés d'occasion. Enfin, 3 derniers F.6 produits localement sont livrés au début des années 1960 (immatriculés J-1080, J-1081 et J-1082).

Au début des années 1960, les monoplaces sont équipés de sièges éjectables et d'un nouveau manche à balai. Plus tard, le nez est modifié pour permettre l'installation d'équipement radio semblables à ceux des Venom. Quelques avions sont modifiés pour installer des caméras pour prise de vue aérienne, des systèmes de guerre électronique, d'entrainement au tir air-sor, etc... Le Vampire est officiellement retiré du service en juin 1990, mais quelques exemplaires volent encore jusqu'à la fin de cette année là. Désarmés, ils sont ensuite vendus aux enchères en 1991.

Engagements[modifier | modifier le code]

Le Vampire arriva trop tard pour participer à la Seconde Guerre mondiale. Il n'y eut ainsi aucun affrontement entre avions à réaction pendant ce conflit, l'Allemagne restant seule à pouvoir engager divers engins non équipés de moteurs à pistons.

La France utilisa ses Vampire et Mistral pendant la guerre d'Algérie (1954-1962).

L'Égypte engagea ses Vampire pendant la crise du canal de Suez (1956).

L'Inde utilisa ses Vampire lors de l'invasion de Goa en 1961 puis lors de la deuxième Guerre indo-pakistanaise.

L'État du Katanga a acquis 2 Vampire qui furent détruits par l'aviation de l'ONU avant d'être en service le 29 décembre 1962 lors de la crise congolaise.

La république Dominicaine les engagea durant la guerre civile de 1965 conduisant à l'occupation de la République dominicaine par les États-Unis.

La Rhodésie les employa durant la guerre du Bush de Rhodésie du Sud.

Variantes[modifier | modifier le code]

Un Vampire biplace australien
Un Vampire français toujours en état de vol en 2007
  • Vampire F.1 - première version de série (228 exemplaires)
  • Vampire F.2 - prototypes avec un réacteur Rolls-Royce Nene
  • Vampire F.3 - nouvelle aile, nouveau réacteur, autonomie doublée (224 exemplaires)
  • Vampire FB.5 - version modifiée pour l'attaque au sol (1123 exemplaires)
  • Vampire FB.6 - version avec un réacteur Goblin 3 pour la Suisse (178 exemplaires, dont 103 sous licence)
  • Vampire FB.50/51/52 - versions d'export des FB.5 et FB.6 (1021 exemplaires y compris les 310 suédois)
  • Vampire FB.9 - FB.5 avec air conditionné (348 exemplaires)
  • Vampire NF.10 - biplace équipé d'un radar, destiné à la chasse nocturne (78 exemplaires)
  • Vampire NF.54 - version d'export du NF.10 (14 exemplaires plus 30 avions modifiés)
  • Vampire T.11 - biplace d'entrainement (526 exemplaires)
  • Vampire T.33/34/35 - versions du T.11 pour l'Australie avec un réacteur Goblin 35 (110 exemplaires)
  • Vampire T.55 - version d'export du T.11 (322 exemplaires)
  • Sea Vampire F.20 - version navalisée pour la Royal Navy (18 F.3 et FB.5 modifiés)
  • Sea Vampire T.22 - version modifiée du T.11 pour la Royal Navy (73 exemplaires)
  • SE.530/532/355 Mistral - version avec un réacteur Rolls-Royce Nene construite sous licence en France (247 exemplaires)
  • Vampire F.30/FB.31/FB.32 - versions avec un réacteur Rolls-Royce Nene construites sous licence en Australie (80 exemplaires)
  • Saab J28, A28, Sk28 - Vampires FB.50 construits sous licence en Suède (310 exemplaires)

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De Havilland DH-100 Vampire sur le site de l'armée de l'air suisse
  2. Histoire des Vampire suisses, sur le site d'Eric Chardonnens
  3. DH-115 Vampire Trainer, sur le site d'IPMS Suisse