Ligne DEW

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Tracé de la ligne DEW

La ligne DEW — acronyme de Distant Early Warning line, litt. « ligne avancée d'alerte précoce » — était un réseau de stations radar situé dans la partie arctique du Grand Nord canadien, mais également sur la côte nord de l'Alaska, les îles Aléoutiennes, les îles Féroé, le Groenland et l'Islande. Son objectif était de détecter toute tentative d'intrusion soviétique pendant la guerre froide.

Elle a été construite quand la menace est passée des bombardiers stratégiques aux missiles intercontinentaux. Sa position était censé permettre une détection plus rapide et plus performante que les deux lignes précédentes car elle se trouvait le plus au nord. Elle se révéla cependant moins utile que prévue et ce sont les satellites militaires, ainsi que les radars trans-horizon, qui ont pris le relais.

Historique[modifier | modifier le code]

Représentation sommaire des trois lignes de défense en Amérique du Nord en 1960.

Au début de la guerre froide et du développement par l'Union soviétique de leur propre arme atomique, le Canada et les États-Unis commencèrent à craindre une attaque par des bombardiers à long rayon d'action. La ligne Pinetree allant de Terre-Neuve pour finir sur l'île de Vancouver fut construite par le gouvernement canadien dans le cadre du Système de Défense des Airs de l'Amérique du Nord. Le développement de la portée et de la vitesse des bombardiers soviétiques mena à la mise en place de la ligne Mid-Canada, plus au nord, afin d'augmenter le préavis de détection.

Lorsque les progrès de la technologie soviétique rendirent ces deux lignes obsolètes, les gouvernements canadien et américain s'accordèrent le 15 février 1954 sur la construction d'une troisième ligne de stations radars, cette fois-ci dans l'Arctique. Cette ligne devait courir le long du 69e parallèle, à 300 kilomètres au nord du cercle Arctique. Les américains acceptèrent de payer le coût de la ligne tout en utilisant la main-d'œuvre canadienne. La majorité des stations canadiennes sur la ligne DEW étaient sous la responsabilité de l'aviation royale du Canada (Forces canadiennes après 1968) alors que certaines étaient gérées conjointement avec l'United States Air Force.

La construction employa vingt-cinq mille personnes. La ligne était constituée de soixante-trois stations parsemées de l'Alaska à l'île de Baffin, soit sur presque dix mille kilomètres. La construction fut terminée en 1957 et fut considérée comme une merveille technologique. L'année suivante, la ligne devint une pierre angulaire de la nouvelle organisation NORAD de défense aérienne commune et ses informations alimentèrent le programme Semi-Automatic Ground Environment.

Peu après son achèvement, la ligne perdit la plus grande partie de son intérêt en se révélant inefficace contre les ICBM et les attaques par SNLE. Plusieurs stations furent décommissionnées, mais l'essentiel du dispositif resta actif afin de suivre les activités aériennes soviétiques et d'asseoir la souveraineté canadienne dans l'Arctique.

En 1985, les stations les plus efficaces de la ligne DEW furent améliorées et réunies avec de nouvelles stations au sein du North Warning System. L'automatisation fut augmentée et certaines stations furent fermées. Avec la fin de la guerre froide en 1990 et l'effondrement de l'Union Soviétique, les américains retirèrent tout leur personnel et laissèrent la gestion de toutes les stations canadiennes au Canada, tout en gardant la responsabilité des stations situées en Alaska et au Groenland.

Une controverse intervint entre les États-Unis et le Canada à propos du nettoyage des sites désactivés de la ligne DEW, entre autres dans l'île de Resolution Island (Nunavut). Les stations avaient en effet produit de grosses quantités de déchets dangereux, tout spécialement les polychloro-biphényles (PCB). Alors que les États-Unis insistaient sur le fait qu'il était de la responsabilité du Canada de nettoyer les sites qu'il avait sous sa responsabilité, le gouvernement canadien était en désaccord. En 1996, un accord fut signé dans lequel les États-Unis participèrent à hauteur de 100 millions de dollars pour un coût total de 600 millions.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Station de la ligne DEW à Point Lay en Alaska en 1987.

Lorsque la ligne DEW fut mise en pleine opération, il y avait trois types différents de stations :

  • les petites stations automatiques qui étaient inspectées par avion pendant les mois d'été ;
  • les stations intermédiaires avec pour personnel un commandant, un cuisinier et un mécanicien ;
  • les grandes stations avec un nombre d'employés variable et qui pouvaient contenir une bibliothèque, une salle de cinéma, ainsi que d'autres distractions.

Les stations utilisaient un certain nombre de radars AN/FPS-19 grande-ondes. Les intervalles entre les stations étaient scrutés par des radars Doppler AN/FPS-23 directionnels, similaires à ceux qui avaient équipé la ligne Mid-Canada quelques années plus tôt. Les stations étaient interconnectées par une série de systèmes de communication radio diffusant par la troposphère.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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