Guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Bataille de Grunwald, par Jan Matejko.
La Bataille de Grunwald, par Jan Matejko.
Informations générales
Date juin 1409 - février 1411
Lieu État monastique des chevaliers Teutoniques
Issue
Belligérants
Union de Pologne-Lituanie Ordre Teutonique
Commandants
Ladislas II Jagellon
Vytautas le Grand
Ulrich von Jungingen
Heinrich von Plauen
Guerre de l'Union de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique
Batailles
Modèle:Guerre de l'Union de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique

La guerre entre l'Union de Pologne-Lituanie et l'ordre Teutonique eut lieu de juin 1409 à février 1411, entre l'Union de Pologne-Lituanie et l'ordre Teutonique.

Veillée d'armes[modifier | modifier le code]

Croisades baltes[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, les ordre des chevaliers Teutoniques avaient été appelés par le duc Conrad Ier de Mazovie qui se disait menacé par les Vieux-Prussiens, restés païens, dans la région de Chełmno. Une bulle du pape lui donnant carte blanche pour agir comme il le souhaitait, l’ordre installa une base puissante dans la région, occupant les régions côtières de la Baltique des pays qui constituent maintenant la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie. Au XIVe siècle des incursions en Pologne lui permirent de contrôler les villes importantes de la région autour de Chełmno et en Poméranie. Pour soutenir leurs efforts de guerre contre l'État païen de Lituanie, les chevaliers Teutoniques proclamèrent une série de croisades, ce qui leur permit de recevoir l’appui d'autres pays européens.

Union de Pologne-Lituanie[modifier | modifier le code]

En 1385 l'union de Krewo devait changer l'équilibre des forces : le mariage du grand-duc de Lituanie Jogaila Algirdaitis et de la reine de Pologne Hedwige d'Anjou permit en effet d'associer la couronne de Pologne à celle de Lituanie. Les deux nations avaient compris que c’était seulement en agissant de concert qu’elles pourraient contrecarrer les plans d'expansion de l'ordre Teutonique. Jogaila accepta de se convertir au christianisme et devint roi de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagellon (ou Wladyslaw II Jagiello ou Jogaila). Du fait de cette conversion de la Lituanie au christianisme, les croisades antipaïennes des chevaliers Teutoniques perdaient leur justification.

Pourtant en 1398, les chevaliers envahissent ce qui constituait maintenant les États chrétiens de Pologne et de Lituanie. Ne disposant pas de ressources militaires suffisantes, Polonais et Lituaniens ne peuvent que subir l'invasion.

État teutonique[modifier | modifier le code]

Les chevaliers ont structuré un État qu'ils étendent par l'achat de terres, la colonisation (fondation de nouvelles cités), l'alliance avec les Livoniens et la conquête. Ils suivent leurs propres objectifs, qui ne sont plus celui de la conversion des peuplades (les croisades baltes sont terminées), mais le renforcement de leur puissance locale. Les grands ennemis des Teutoniques sont, dans cette logique de lutte pour l'hégémonie, le grand-duché de Lituanie à l'est et le royaume de Pologne au sud.

Le début de la guerre[modifier | modifier le code]

En 1409, un soulèvement dans la possession teutonique de Samogitie éclate. Il sert de prétexte à Jagellon qui avait annoncé qu'il se tiendrait prêt au cas où les Teutons envahiraient la Lituanie. Le 6 août 1409, le grand maître de l'ordre Teutonique Ulrich von Jungingen déclare la guerre à l’Union de Pologne-Lituanie. Immédiatement les forces teutoniques passent à l'offensive et envahissent la Grande-Pologne et la Cujavie, mais les Polonais repoussent l'invasion et reconquièrent Bydgoszcz. Un accord d'armistice, signé le 8 octobre jusqu'au 24 juin 1410, permit aux Lituaniens et aux Polonais de se préparer à repousser la menace teutonique une fois pour toutes[1].

Les chevaliers Teutoniques s'attendaient à une double attaque : les Polonais vers Gdańsk et les Lituaniens vers la Samogitie. Pour parer à cette menace, Ulrich von Jungingen concentra ses forces à Świecie tout en laissant la grande partie de son armée dans les châteaux orientaux de Ragneta/Ragainė, Ryn près de Giżycko, et Klaipėda. Polonais et Lituaniens continuèrent à examiner la situation tout en organisant plusieurs incursions, entrant profondément en territoire ennemi. Ulrich von Jungingen demanda un nouvel armistice jusqu'au 4 juillet pour permettre à des renforts de mercenaires de venir d'Europe de l'ouest. Mais ce délai permit aussi aux forces polonaises et lituaniennes de se rassembler.

Le 30 juin 1410, les forces de Grande-Pologne et de Petite-Pologne traversent la Vistule sur une passerelle et se joignent à celles de Mazovie et du Grand-duché de Lituanie. Les forces polonaises de Ladislas et les soldats lituaniens de son cousin Vytautas le Grand (à qui Ladislas avait cédé le pouvoir en Lituanie après son mariage) se rejoignent le 2 juillet 1410. Une semaine plus tard ils traversent le territoire des chevaliers Teutoniques, se dirigeant vers le quartier général ennemi au château de Malbork (Marienburg). Les chevaliers se sont fait prendre par surprise.

Ulrich von Jungingen décide alors de retirer ses troupes du secteur de Świecie pour organiser une ligne de défense sur le fleuve Drwęca. Les passages sur le fleuve sont garnis de palissades et les châteaux à proximité sont renforcés. Après avoir discuté avec son Conseil de guerre, Lasislas déborde les forces ennemies à l'est et continue sa marche vers Malbork par Działdowo (Soldau) et Dąbrówno (Gilgenburg). Le 13 juillet, ces deux châteaux sont capturés et la route de Malbork est ouverte.

Bataille de Grunwald/Tannenberg[modifier | modifier le code]

La Bataille de Grunwald/Tannenberg (1410), par Jan Matejko.
Article détaillé : Bataille de Grunwald.

La bataille de Grunwald (de nos jours Stębark) a lieu le 15 juillet 1410 entre les chevaliers Teutoniques, aidés de quelques chevaliers d'Europe de l'Ouest, et l’État polono-lituanien, qu’appuient des mercenaires.

Elle se déroule dans la plaine qui sépare Tannenberg et Grunwald.

Elle est appelée aussi bataille de Zalgiris par les Lituaniens, et première bataille de Tannenberg par les Allemands. Cette bataille devait être décisive, l'ordre Teutonique, défait, ne retrouva jamais son ancienne influence : en effet, après un statu quo de quarante ans, le conflit suivant (guerre de Treize Ans) confirmait la défaite des Teutoniques.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le traité de Toruń.

L'armée de Pologne-Lituanie était un amalgame de nationalités et de religions. Les troupes catholiques romaines de Polonais et de Lituaniens combattant côte à côte avec des chrétiens orthodoxes, des musulmans, des Tatares et des Bohémiens. Ces derniers étaient là parce que Ladislas II Jagellon et le roi de Bohême, Venceslas Ier avaient signé un traité défensif pour parer aux invasions des chevaliers Teutoniques. Cette victoire conduit à la paix de Toruń en 1411.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Stephen R. Turnbull et Richard Hook, Tannenberg 1410: Disaster for the Teutonic Knights, éd. Osprey Publishing, 2003 (ISBN 1841765619 et 9781841765617)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Forces en présence :