Tatars baltiques

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Tatars baltiques

Populations significatives par région
Drapeau de la Lituanie Lituanie 5 000
Drapeau de la Lettonie Lettonie 3 400
Drapeau de l'Estonie Estonie 2 500
Population totale env. 11 000
Autres
Langues

Tatar, lituanien, letton et estonien

Religions

Islam, athéisme

Ethnies liées

Tatars, Turcs

Les Tatars (ou Tartares) sont une minorité en Lituanie où leur communauté représente environ 5 000 personnes (0,13 % de la pop.), en Estonie (2 500 personnes soit 0,2 %) et en Lettonie (3 400 soit 0,15 %). La voivodie de Podlachie, en Pologne, comprend également quelques villages tatars (notamment Bohoniki).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Tatars lituaniens ont une histoire différente des Tatars d'Estonie et de Lettonie.

Histoire des Tatars en Lituanie[modifier | modifier le code]

Les Tatars sont présents en Lituanie depuis le XIVe siècle quand Vytautas le Grand (Grand duc de Lituanie de 1392 à 1430) leur donna des lopins de terre, près de Trakai et en Biélorussie, en échange de leur participation aux campagnes militaires.

Selon la légende, il leur donna ses terres après les avoir brillamment combattus en Crimée (voir Khanat de Crimée).

Ainsi, les Tatars participèrent aux différentes campagnes de la Lituanie, dont la bataille de Grunwald (en 1410 contre les chevaliers Teutoniques), ce qui leur valut une certaine renommée. En 1812, Napoléon Ier, au début de la campagne de Russie (après avoir occupé la Lituanie), créa un régiment tatar.

Le nombre de Tatars augmenta dans le Grand-duché, qu'ils soient prisonniers ou réfugiés, mais ils étaient presque tous des hommes. Ainsi, dès le début, de nombreux Tatars se marièrent avec des femmes lituaniennes ou biélorusses mais un nombre important garda la religion musulmane.

Les Tatars restèrent relativement épargnés des persécutions de l'Empire russe après l'annexion de la Lituanie à celui-ci (1795) et de nombreux Tatars devinrent des intellectuels.

Une place similaire les attendait dans la Lituanie indépendante (1918 - 1940) mais l'occupation soviétique entraîna de nombreuses restrictions: fermetures des mosquées et interdiction de parler leur langue à l'école.

Ces interdictions ont été levées à l'indépendance du pays en 1991.

Histoire des Tatars de Lettonie et d’Estonie[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle arrivèrent les premiers Tatars en Lettonie et leur nombre augmenta avec l'arrivée de prisonniers de guerre notamment celle de Crimée et de 1877.

Une communauté musulmane (en majorité tatare) fut reconnue en Lettonie en 1902 mais elle fut victime de la Grande Guerre (1914-1918) où s'affrontaient l'Empire de Russie et l'Empire ottoman car elle fut accusée de soutenir ces derniers.

Aujourd'hui, une mosquée est en cours de construction à Riga.

Villes à peuplement tatar[modifier | modifier le code]

En Lituanie :

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Charles Bronson (1921 - 2003) : acteur américain, né de père tatar lituanien (originaire de Druskininkai) et de mère lituanienne.

Culture[modifier | modifier le code]

Langue et religion[modifier | modifier le code]

Depuis l’indépendance des pays baltes, il y a un renouveau autour de la culture tatare (comme pour les autres minorités de cette région).

On peut noter d’importantes particularités par rapport aux autres communautés des 3 pays :

  • Les Tatars (notamment ceux de Lituanie) sont les seuls à pratiquer la religion musulmane dans le pays, mais avec une pratique particulière en raison de leur enclavement dans des régions chrétiennes. Ainsi, dès le début, les femmes étaient relativement libres et la polygamie n'existait pas.
  • De plus, ils ne mangeaient pas de porc, ne buvaient de la vodka et ne fumaient pas de tabac. Ils ont maintenu quelques caractéristiques alimentaires propres et beaucoup de plats Tatars ont été intégrés dans la cuisine lituanienne traditionnelle. Les Tatars n'ont pas différé des Lituaniens dans l’apparence vestimentaire ou dans leur architecture, mais on pouvait observer certaines particularités dans la construction des maisons. Les mosquées ont ajouté une saveur orientale aux colonies des Tatars.

On peut également noter que les Tatars écrivaient leur langue avec un alphabet arabe modifié à cause des signes diacritiques.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]