Bombus

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Bumblebee 2007-04-19.jpg

Le genre Bombus regroupe des insectes sociaux volants de la famille des Apidae communément appelés bourdons. Comme l'abeille, les différentes espèces de bourdons se nourrissent du nectar des fleurs et récoltent le pollen pour nourrir leur larves. Ce sont des créatures utiles pour l'homme et la flore en contribuant à la pollinisation.

Description[modifier | modifier le code]

Ils se caractérisent et se différencient de la plupart des abeilles par une silhouette trapue et une importante pilosité.

Il existe une variation (généralement territoriale) importante dans la coloration des individus à l'intérieur d'une même espèce.

Un examen à la loupe binoculaire est souvent nécessaire pour une identification correcte de l'espèce (via les genitalia).

Ils comptent parmi les plus petits animaux endothermes connus. Et leur endothermie est inhabituellement élaborée et efficace dans le monde des insectes.[réf. souhaitée] Leur métabolisme (forte dépense énergétique), leur mode de vie (bourdonnière enterrée), leur couleur (bandes noires absorbant la chaleur du soleil) et leur « fourrure » isolante les aident à maintenir une température interne élevée[1]. Ils sont ainsi les premiers et derniers pollinisateurs Apoïdes actifs par temps frais.

Le corps des bourdons est la plupart du temps coloré de noir et jaune. Ils ont un aspect robuste et sont couverts de poils. Ils mesurent habituellement entre 6 et 25 mm de long.

La taille générale dépend de la caste :

  • La reine, le plus gros insecte de la colonie, mesure entre 13 et 32 mm de long.
  • Les ouvrières (femelles sexuées ou non) mesurent entre 7 et 18 mm de long.
  • Les mâles mesurent entre 10 et 17 mm de long.

Les bourdons femelles ont un aiguillon lisse dépourvu de barbillon. Comme les guêpes, elles ne meurent donc pas après avoir piqué et peuvent même infliger plusieurs douloureuses piqûres lorsqu'elles sont provoquées.

Les mâles n'ont pas d'aiguillon, donc ils ne piquent pas.

Les bourdons sont des insectes strictement végétariens. Les larves et les adultes se nourrissent de nectar, de miel et de pollen.

Comme les abeilles, ce sont des insectes pollinisateurs de première importance.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Un bourdon approchant une fleur, la trompe déroulée et prête à sucer le nectar.

C'est un groupe taxonomique récent[2] qui est a priori encore en pleine radiation spécifique et dont les subspéciation et spéciation allopatriques nombreuses semblent refléter les paléoévènements récents que sont les glaciations et déglaciations de l'époque quaternaire dans la zone paléarctique.
Elles ont été suivies de restauration et renouvellement de populations qui expliqueraient de nombreuses sous-espèces formes ou variétés légèrement différentes avec des différences biogéographiques dans les colorations au sein d'une même espèce[3].

Habitat[modifier | modifier le code]

On les rencontre normalement dans les régions tempérées et plus fraîches que celles très fréquentées par les abeilles.

Ce sont presque les seuls insectes pollinisateurs d'un grand nombre de plantes (espèces à corolles bilabiées, genre Aconitum L. notamment, qui pourraient pâtir de la régression des bourdons, comme beaucoup d'autres plantes à fleur).

Comportements[modifier | modifier le code]

Le bourdon est pacifique : si l'on essaye de caresser un bourdon en train de butiner, il tentera simplement de vous repousser avec ses pattes. Les espèces américaines sont réputées plus agressives[4]
Le bourdon femelle (c'est-à-dire la reine et les ouvrières) peuvent piquer si elle se sentent menacées. Par contre, le mâle, ne possédant pas de dard, ne peut pas piquer. Le dard des bourdons est sans "barbelés" ; ils peuvent ainsi piquer plusieurs fois de suite, et ne risquent pas, contrairement aux abeilles, d’arracher leur abdomen en retirant le dard[4].

Quelques espèces sont des parasites sociaux.

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Attention, le nom de faux-bourdon est donné au mâle de l'abeille.
  • Depuis les années 1980, on élève aux Pays-Bas et en Belgique plusieurs espèces pour une pollinisation horticole dirigée.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Nid de bourdons, une reine passant devant la scène.

L'ensemble des bourdons passent par les 3 stades de développement que sont les œufs, les larves et les nymphes.

Seules les jeunes reines fécondées passent l'hiver à l'état adulte. Les bourdons forment donc de nouvelles colonies chaque année. Au printemps, les reines cherchent un emplacement généralement sous terre, dans une cavité déjà existante, par exemple un ancien terrier de rongeur, pour y fonder une colonie. La reine récolte de la végétation (herbes, mousse, feuilles) ou même des poils pour tapisser l'intérieur de sa nouvelle demeure.

Elle construit en quelques jours, plus ou moins simultanément, deux cellules de cire et de pollen, de la taille d'un dé à coudre. - L'une d'elles accueille les premiers œufs de la colonie. - L'autre porte le nom de pot de miel. La reine la remplit de nectar régurgité et l'utilise comme garde-manger pendant qu'elle s'occupe de ses œufs. Elle est ainsi capable de se nourrir sans cesser la garde de sa progéniture.

Les œufs sont déposés dans la cellule de ponte sur une réserve de nourriture pour les larves (nectar + pollen) recouverte de cire. L'éclosion a lieu de trois à cinq jours plus tard. Les jeunes larves, blanches et sans pattes, s'alimentent ensemble dans l'alvéole. Au bout d'environ une semaine, chacune des larves fabrique un cocon de soie dans lequel elle se transforme en nymphe.

La reine enlève la cire qui recouvre les cocons des nymphes et couve à nouveau. Les adultes qui en sortent au bout de 12 à 14 jours sont des ouvrières. Ces femelles stériles s'occuperont de la prochaine génération produite par la reine.

À mesure que le temps passe, la reine focalise son activité sur la ponte et la construction de cellules pour ses nouveaux œufs. Elle dépose généralement trois ou quatre œufs par alvéole, qui donneront naissance à des femelles stériles. Les autres tâches sont laissées aux ouvrières.

Vers la fin de l’été, la reine pond des mâles (œufs non fécondés comme pour le genre Apis) ainsi que des femelles fertiles. Les larves de ces insectes reproducteurs sont nourries par les ouvrières, par régurgitation, d'un mélange de miel et de pollen.
À ce stade, les ruches peuvent compter jusqu'à 600 individus chez le bourdon terrestre (bien moins que dans les ruches d'abeilles Apis qui peuvent compter plusieurs milliers d'individus).

Une fois adultes, les mâles et les femelles fertiles quittent le nid et s'accouplent. Pour passer l'hiver, les futures reines fécondées s'abritent dans n’importe quel abri sec et protégé (par exemple sous une écorce). Le reste de la colonie meurt avec la froidure de l'automne.

État des populations menacées[modifier | modifier le code]

Les bourdons étant réputés très communs, et leurs espèces et sous-espèces n'étant souvent identifiables que par des spécialistes munis de binoculaires ou microscopes, leur régression a sans doute été sous-estimée et est d'abord passée inaperçue, comme pour les abeilles sauvages et les guêpes et beaucoup d'autres insectes qui ont régressé.

Heureusement, des inventaires ont été fréquents et réguliers dans quelques régions d'Europe (Belgique, surtout en Région wallonne ; et sud de la France, dont Languedoc-Roussillon surtout), ce qui a permis de confirmer ce que beaucoup de naturalistes pressentaient, c'est-à-dire que les bombus ont très fortement régressé depuis le début du XXe siècle (en nombre d'espèces et en nombre d'individus au sein de la plupart des espèces) dans les zones industrielles, urbanisées et d'agriculture intensive, au nord de la Loire et particulièrement dans le Nord de la France et en Belgique où le suivi naturaliste des bombus a été très régulier depuis le milieu du XXe siècle (les périodes 1915-1940 et 1970-1986 ayant été particulièrement bien couvertes par les entomologistes). Sur les 30 espèces autrefois observées en Belgique, seules 2 ou 3 sont encore relativement communes[5].

Au Royaume-Uni, sur les 27 espèces connues, deux au moins sont éteintes en 2009, et toutes les autres sont considérées comme sérieusement menacées (« seriously threatened »)[6]. Une association anglaise a restauré un sanctuaire des bourdons en restaurant de vastes prairies fleuries[7].

Espèces[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des bourdons du monde.

Liste (sous-espèces non comprises)

Espèces européennes[modifier | modifier le code]

Espèces nord-américaines[modifier | modifier le code]

Le vol[modifier | modifier le code]

Le vol des bourdons a posé des problèmes aux scientifiques, car ces insectes sont trop lourds par rapport à la portance et à la surface de leurs ailes. La clé de leur vol est en fait dans les tourbillons d'air que génèrent les ailes lorsqu'elles tournent sur elles-mêmes. Ces tourbillons participent à l'augmentation de la portance et s'ajoutent à la portance classique.[réf. nécessaire]

Comme la majorité des abeilles, le bourdon est capable de voler grâce au tourbillon d’air créé par le mouvement descendant de ses ailes. Le bourdon vole à une vitesse de trois mètres à la seconde. Certains scientifiques comparent sa capacité de voler au déplacement d’un nageur dans l’eau, le poids du bourdon étant très léger comparativement à l’air.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]