Eusocialité

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Ouvrières entourant la reine (thorax noir, en bas).

L'eusocialité est un mode d'organisation sociale chez certains animaux qui fait qu'un même groupe d'individus vivant ensemble est divisé en castes d'individus fertiles et non fertiles.

Les individus fertiles sont chargés de la reproduction tandis que les autres s'occupent de les nourrir et de les protéger, accordant ainsi aux petits plus nombreux une plus grande chance de survie. À long terme, le fait que tout individu du groupe travaille pour la colonie et non pour lui-même engendre un superorganisme, par exemple, une fourmilière.

Conditions d'eusocialité[modifier | modifier le code]

On définit l'eusocialité par :

  • une division et spécialisation des rôles entre les membres, dont une caste reproductrice ;
  • la cohabitation de différentes générations ;
  • une forte cohésion des membres (échange d'information et de matière entre les individus) ;
  • un soin aux jeunes collectif.

Ainsi, les blattes ou les locustes, bien que grégaires, ne sont pas eusociaux.

Animaux eusociaux[modifier | modifier le code]

L’intelligence en essaim[modifier | modifier le code]

La notion d’intelligence en essaim met en œuvre des agents très petits, disposant à l’échelle unitaire de ressources très limitées (intelligence, puissance mécanique…). Le sens de la coopération demeure donc des plus rudimentaires et paradoxalement des plus efficaces au niveau d’ensemble. Les tâches dévolues à chaque agent sont simples : ramasser un œuf et l’amener vers un endroit sûr, prendre de la nourriture acheminée par un autre individu et la déposer en un lieu donné, etc. Un comportement primitif certes, mais dont le résultat d’ensemble est riche et très cohérent. À la différence des modèles sociaux humains, le comportement de l’individu privilégie exclusivement l’intérêt de la collectivité.

Ce principe de plusieurs entités simples en interaction desquelles émerge à un niveau collectif une structure complexe (qualifiée d'intelligente) est présent dans différentes disciplines : biologie, physique, informatique, etc. Dans ces domaines, différents modèles ont vu le jour pour décrire et analyser de tels systèmes.

Informatique[modifier | modifier le code]

En informatique ubiquitaire, les systèmes multi-agents réactifs offrent un cadre théorique permettant la représentation et la simulation de tels systèmes. Mais utiliser ce principe pour la résolution de problèmes reste encore difficile : il s'agit de déterminer les comportements individuels et les mécanismes d’interaction les plus simples possibles qui permettent l'apparition de la propriété ou de la structure collective souhaitée ; cette propriété ou structure pouvant alors s'interpréter comme la solution au problème posé au système. Déterminer ces comportements et mécanismes d'interaction est d'autant plus difficile que, généralement, ceux-ci sont décrits à un niveau d'abstraction différent de celui dans lequel est décrit le phénomène collectif.

Religion[modifier | modifier le code]

Le travail de Pierre Teilhard de Chardin peut être interprété au regard de la notion d'eusocialité, mais en prenant en compte le niveau d'interaction sociale déjà atteint par l'être humain. Il l'exprime notamment dans La Place de l'homme dans la nature en 1965.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Chapuisat et Laurent Keller, « Les fourmis sont-elles encore en froid avec Darwin ? De l'avantage d'avoir des frères et des sœurs quand on est stérile », La Recherche,‎ mars 1997.
  • (en) Jean-Baptiste Waldner, Nanocomputers & Swarm Intelligence, Londres, ISTE,‎ 2007 (ISBN 978-1-84704-002-2).
  • (en) Laurent Keller (dir.), Queen Number and Sociality in Insects, Oxford, Oxford University Press,‎ 1993 (ISBN 0-19-854057-4).
  • Pierre Teilhard de Chardin, La Place de l'homme dans la nature, Albin Michel, coll. « Espaces libres »,‎ 1996.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]