Polistes dominula

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Polistes dominula, mâle,
-le flagelle (extrémité de l'antenne) est entièrement jaune à partir du 3e article
-l'abdomen est très fuselé

Polistes dominula ou poliste gaulois est une espèce d'insecte hyménoptère de la famille des Vespidae, sous-famille des Vespinae, du genre Polistes.

Dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par l'entomologiste allemand Johann Ludwig Christ en 1791 sous le nom initial de Vespa dominula ; protonyme. Cette guêpe poliste, Polistes dominula, (souvent nommée à tort Polistes dominulus[1]) est une des espèces de guêpes sociales des zones tempérées.

Description[modifier | modifier le code]

Plus élancées que les guêpes communes[2], les polistes s'en distinguent par leurs longues pattes traînantes en vol, leur taille plus longue, par le port des ailes différent, et surtout par leurs antennes en massue orangée.

La reine fait de 13 à 18 mm de long, les mâles et les ouvrières font 12 à 15 mm[3]. On les distingue au premier coup d’œil par leurs antennes jaunes, alors que les guêpes du genre Vespula (guêpe commune, germanique etc) ont les antennes noires. En vol, elles laissent pendre leurs grandes pattes arrière. Elles se distinguent des Polistes bischoffi par l'extrémité entièrement jaune orangé de leurs antennes.
Sur leur face, le clypéus est entièrement jaune ou présente une tache noire plus ou moins grande. Leurs ailes sont étroites avec deux rangées de cellules. Leur abdomen est plus fuselé, avec l'extrémité plus pointue que chez les Vespula.

Comme toutes les guêpes, elles ont un aiguillon venimeux dont elles se servent rarement contre les intrus, étant peu agressives. Néanmoins, l'approche à moins d'un mètre du nid peut déclencher l'attaque et les piqûres. Il est conseillé de s'approcher doucement. Quand elles butinent, on peut les approcher de très près sans danger.

Les alvéoles du nid non recouverts d'une paroi, sont bien visibles, on peut donc observer facilement le comportement des polistes. Le nid est fabriqué à partir de cellulose prélevée sur du bois mort[2].

Polistes dominula est la seule guêpe poliste pouvant être parasitée par des strepsiptères (stylopisation), ce qui peut lui donner une forme atypique.

Polistes dominula prélevant des fibres
Nid pédonculé formé de fibres végétales
Polistes dominula transportant une goutte d’eau entre ses mandibules; sur la face, le clypéus entièrement jaune

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette guêpe poliste est originaire d'Europe méridionale et d'Afrique du Nord, ainsi que des régions tempérées d'Asie jusqu'en Chine y compris. Elle a été introduite en Australie et en Amérique du Nord. Elle est d'ailleurs considérée comme une espèce invasive au Canada et aux États-Unis. L'espèce semble aussi[4] en expansion vers le Nord depuis les années 1980 (Belgique et Nord de la France par exemple) où elle est devenue aujourd'hui l'espèce la plus commune. Cette espèce utilise des supports artificiels (toiture,…) pour construire son nid, contrairement à la guêpe locale (Polistes biglumis) qui convoite les supports naturels[5].

Comportement[modifier | modifier le code]

Les jeunes femelles fécondées quittent le nid en automne[2]. Elles hibernent dans des arbres creux, dans le sol, dans des cavités, voire dans les maisons pour émerger au printemps. Ouvrières et mâles meurent avec les premiers gels. Les nids sont refaits à des endroits différents tous les ans, les femelles d'un nid pouvant rester groupées pour fonder de nouvelles colonies. Elles vont rechercher l'abri d'un trou de mur ou d'un tronc d'arbre, se mettre en diapause et hiverner.

Il peut y avoir plusieurs « reines » (femelles fécondées), au printemps, dans le même nid. Une des femelles, la dominante, va dévorer la ponte des autres, ses concurrentes, qui deviennent ses subordonnées et jouent le rôle d'ouvrières, donnant la becquée aux larves, en attendant l'éclosion d'ouvrières. Les mâles, reconnaissables à leurs yeux clairs, apparaissent en fin de saison.

Quand il fait très chaud, on peut observer des ouvrières sur les points d'eau (mares, abreuvoirs, ...) boire abondamment. Elles recrachent l'eau sur les parois du nid, ce qui provoque un refroidissement par évaporation.

Contrairement aux abeilles, les polistes ne butinent pas mais chassent activement larves, chenilles, mouches,... qu'elles dépècent et réduisent en bouillie afin de nourrir leurs larves.

Allergie au venin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Piqûre d'insecte.

Une piqûre de guêpe n'est pas sans danger. En général, il faut immédiatement consulter. L'aiguillon est lisse et peut servir plusieurs fois jusqu'à ce que sa victime écrase l'agresseur ou le chasse. La piqûre provoque une intense sensation de cuisson et une vive douleur. En cas de piqûres rapprochées, il y a un risque de choc anaphylactique qui peut être grave.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. “Dominula” n'est pas un adjectif et ne s'accorde donc pas avec Polistes qui est masculin. C'est le diminutif de la forme latine du nom domina (= maîtresse) et dès lors indéclinable. Matthias Buck, Stephen A. Marshall, and David K.B. Cheung, Identification Atlas of the Vespidae (Hymenoptera, Aculeata) of the northeastern Nearctic region, February 19, 2008. Voir aussi Bugguide à ce sujet.
  2. a, b et c voir Blondeau in Rustica (2011)
  3. Hans Bellmann, Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d'Europe, Delachaux et Niestlé,‎ 1999, 336 p.
  4. Source, qui cite Barbier & Baugnée, 2001.
  5. WWF Belgique, La biodiversité en Belgique

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Blondeau, « Utiles guêpes polistes », RUSTICA, no 2173,‎ 17 août 2011, p. 8 (ISSN 0338-53-53)

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