Henri Cernuschi

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Buste au Musée Cernuschi de Paris
Tombe au Père-Lachaise

Henri Cernuschi (en italien Enrico Cernuschi), né à Milan le 19 février 1821 et mort à Menton le 11 mai 1896, est un banquier, économiste, journaliste et collectionneur d'art italien, naturalisé français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille aisée, Henri Cernuschi est le fils de Claudio Cernuschi, industriel originaire de Monza, et son épouse née Giuseppina de la Volta. Le couple a trois autres enfants : Attilio, mort jeune en 1844, Erminia et Costantino, qui survivent à leur frère aîné.

Après des études chez les pères barnabites de Monza, Henri étudie les sciences à Milan et le droit à Pavie et obtient en 1846 un brevet d’aptitude aux fonctions d’avocat auprès du Tribunal impérial et royal d’appel général de Milan alors sous domination autrichienne.

Il se signale lors des évènements de 1848 qui voient le Piémont se révolter contre les Autrichiens. Il devient député de la nouvelle république romaine, défendant une conception fédérale de l’unité italienne. Il fait un séjour dans les prisons pontificales avant de s’établir en France où, en 1852, il occupe un emploi au Crédit Mobilier avant d'entrer à son conseil d'administration[1]. Expulsé par Louis-Napoléon Bonaparte en raison de son engagement contre le plébiscite en 1869, il revient après la chute de l’Empire, en septembre 1870.

En avril 1870, il abandonne son poste à la banque et prend une participation de 600 000 francs dans le journal républicain Le Siècle, et se lie d'amitié avec le magistrat, homme politique et rédacteur du Siècle Gustave Chaudey[2].

Membre de la Commission des subsistances durant le siège de Paris, en 1870, il obtient la nationalité française le lendemain de l'armistice, le 29 janvier 1871, par un décret signé par Emmanuel Arago (1812-1896), ministre de Justice dans le gouvernement de Défense nationale (1870-1871)[2]. Lors de la Commune, il tente de réconcilier Communards et Versaillais sur la base du fédéralisme, tandis que Le Siècle continue de paraître[2]. Mais son rédacteur en chef, Gustave Chaudey, est arrêté par les Communards le 14 avril 1871, pour avoir ordonné, en tant que maire-adjoint, de tirer sur la foule en janvier, à l'Hôtel de Ville[2]. Le 24 mai 1871, alors que les troupes versaillaises investissent Paris, Cernuschi se présente à la prison de Sainte-Pélagie avec son ami Théodore Duret pour réclamer la libération de Chaudey. Sur place, le général de Lacretelle, commandant les Versaillais, le reconnaît, et ordonne oralement son exécution, se vengeant de sa participation de 200 000 francs au comité anti-plébiscitaire de 1869[2]. Échappant de peu à cette exécution, Cernuschi quitte le journal et part en voyage en Chine avec Duret[2].

Avec Adrien Delahante et Edmond Joubert, il est le fondateur de la Banque de Paris, qui fusionne en 1872 avec la Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas pour devenir la Banque de Paris et des Pays-Bas, la future Paribas, qu'il préside[3].

Dans son hôtel du no 7 avenue Vélasquez, construit par William Bouwens van der Boijen en 1873-1874, il réunit d’immenses collections d’art d’Extrême-Orient. L'hôtel abrite aujourd'hui le musée Cernuschi, où se trouvent les collections qu'il a léguées à la ville de Paris.

« Je gage que les visiteurs du musée Cernuschi pensent que l’hôte de l’avenue Vélazquez ne vivait pas dans le décor qu’ils contemplent. Et pourtant, il y vivait. Il vivait au milieu de ces divinités monstrueuses, entre des meubles qui étaient surtout des vitrines. On osait à peine s’asseoir sur une chaise, tant on avait le sentiment que c’était celle du gardien[4]. »

Dans ce décor lugubre, Cernuschi n'en donne pas moins des fêtes somptueuses. Il aime particulièrement les bals costumés et plusieurs de ceux qu’il a donnés sont restés célèbres. Il a notamment donné le premier bal éclairé à l’électricité.

Henri Cernuschi est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 66).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Historique du musée Cernuschi », sur Société des Amis du Musée Cernuschi (consulté le 25 avril 2012)
  2. a, b, c, d, e et f Républicain et grand bourgeois, notice sur le site de Paris, Musée Cernuschi  : Henri Cernuschi : Républicain et grand bourgeois.
  3. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 288
  4. André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Éditions Pierre Horay, 1954, p. 197.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Maucuer et Gilles Béguin, Henri Cernuschi (1821-1896). Voyageur et collectionneur, Paris : Paris-Musées, 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]