Falstaff (opéra)

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Falstaff
Image décrite ci-après
Sir John Falstaff, par Eduard von Grützner

Genre Opéra
Nbre d'actes 3
Musique Giuseppe Verdi
Livret Arrigo Boito
Langue
originale
Italien
Sources
littéraires
Les Joyeuses Commères de Windsor de William Shakespeare
Création 9 février 1893
Teatro alla Scala, Milan
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d’Italie
Création
française
18 avril 1894
Opéra-Comique
Personnages
  • Sir John Falstaff (baryton)
  • Ford, riche bourgeois (baryton)
  • Fenton, jeune gentilhomme (ténor)
  • Mrs Alice Ford (soprano)
  • Mrs Quickly (contralto)
  • Nannette, fille d'Alice Ford (soprano)
  • Meg Page (mezzo-soprano)
  • Le Docteur Caïus (ténor)
  • Bardolfo, serviteur de Falstaff (ténor),
  • Pistola, autre serviteur de Falstaff (basse)
  • L'hôtelier de la Jarretière (rôle muet)
  • Robin, page de falstaff (rôle muet)
  • Bourgeois, gens du peuple, serviteurs de Ford, mascarade de follets, de fées, de sorcières (chœur)

Falstaff est un opéra-bouffe en trois actes de Giuseppe Verdi, sur un livret d'Arrigo Boito, tiré en grande partie des Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare, créé à la Scala de Milan le 9 février 1893 et à l'Opéra-Comique de Paris le 18 avril 1894. C'est le dernier opéra créé par le compositeur alors âgé de 79 ans.

Genèse[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Interprètes de la création[modifier | modifier le code]

Verdi et Arrigo Boito à Sant'Agata vers 1892, à l'époque de la composition de Falstaff.
File d'attente à la porte de la Scala le soir de la première de Falstaff.
Photo Arnaldo Ferraguti

Réception[modifier | modifier le code]

La réaction de l'ensemble des spectateurs fut très favorable, Verdi renouant ainsi avec son précédant triomphe, Otello. La première a lieu une semaine après le succès considérable de Manon Lescaut de Giacomo Puccini. Le premier opéra important du jeune et prometteur compositeur, d'un romantisme fougueux coïncide avec le chant du cygne d'un vieux maître en pleine possession de ses moyens. On a vu en ce mois de février 1893 un « passage de flambeau » entre le doyen et le trentenaire.

La critique[modifier | modifier le code]

Comme on l'a vu, l'opéra de Verdi semble avoir convaincu la majorité des auditeurs. Néanmoins, c'est la critique qui encense le plus l'œuvre. Les musiciens en général reconnaissent eux aussi l'opéra comme étant un chef-d'œuvre, soulignant particulièrement la modernité, la perfection de la facture et de l'orchestration. Unanimité des louanges aussi vis-à-vis de l'économie dans le traitement des voix, de la mélodie.

Le public[modifier | modifier le code]

Si le public apprécie la nouvelle œuvre, certains sont déroutés par la modernité de l'opéra qui tranche avec le style plus « simple » des opéras précédents de Verdi. Le fait qu'il n'y ait pas d'airs de bravoure ni de numéros a peut-être créé un malaise chez des personnes habituées au bel canto plus classique. Ce qui enchantait les critiques, la fluidité de cet opéra, a donc un peu dérangé.

Représentations successives[modifier | modifier le code]

La première représentation étrangère eut lieu le 21 mai 1893 à Vienne[1].

Hambourg vit Falstaff pour la première fois le 2 janvier 1894 avec, au pupitre, Gustav Mahler[2].

Le 18 avril de la même année, l'Opéra Comique de Paris accueillait chaleureusement l'œuvre. Verdi supervisa la production parisienne, tout comme il l'avait fait avec sa partition précédente, Otello.

En Angleterre, l'opéra a été présenté au Royal Opera House de Covent Garden, le 19 mai 1894, avec Arturo Pessina dans le rôle-titre, tandis que la première production américaine, au Metropolitan Opera de New York, se déroula le 4 février 1895, avec Victor Maurel en Falstaff[1],[3],[4].

Falstaff est depuis devenu une œuvre majeure du répertoire.

Argument[modifier | modifier le code]

L’action se déroule à Windsor sous le règne d'Henri IV d'Angleterre (1399-1413) .

Acte I[modifier | modifier le code]

Le docteur Cajus fait irruption dans l'auberge de la Jarretière : il accuse Falstaff — ainsi que ses deux acolytes, Bardolfo et Pistola — d'être entré chez lui par effraction et de lui avoir vidé les poches. Sir John refuse de réparer ses torts et les deux autres nient tout en bloc. Le docteur Cajus quitte l'auberge sans avoir obtenu satisfaction.

Falstaff, après avoir regardé sa note et grommelé contre ses laquais dépensiers, leur révèle son projet amoureux : il a l'intention de séduire Alice Ford et Meg Page. Bardolfo et Pistola sont chargés de porter à chacune une lettre d'amour, mais ils refusent, invoquant le principe d'honneur. Falstaff confie les lettres à un page et les congédie.

Alice et Meg, comparant leurs lettres, découvrent qu'elles sont identiques. Avec Miss Quickly et Nanetta, la fille d'Alice, elles décident de mystifier Falstaff. Au moment où elles s'éloignent, entrent Ford, Cajus, Fenton, ainsi que Bardolfo et Pistola. Ces deux derniers, n'ayant pas apprécié d'avoir été congédiés, révèlent à Ford les intentions de Falstaff.

De leur côté, les « trois commères » mettent au point leur vengeance : Quickly ira rendre visite à Falstaff afin de lui arranger un rendez-vous galant avec Alice. Les hommes, ignorant le projet des femmes, trament un autre plan : Ford ira voir Falstaff, sous un faux nom, pour lui tendre un piège.

Acte II[modifier | modifier le code]

Feignant de se repentir, Bardolfo et Pistola reprennent leur service auprès de Falstaff et font entrer Quickly, qui arrange un rendez-vous entre Alice et le chevalier, pour le jour même. Quelques instants après le départ de Quickly arrive Ford, sous le nom de Fontana. Il propose à Falstaff de séduire Alice pour lui préparer le terrain. Falstaff accepte et révèle qu'Alice a déjà consenti à le rencontrer. Dès que Falstaff quitte la pièce, Ford laisse libre recours à sa fureur. Falstaff revient et tous deux quittent l'auberge ensemble.

Quickly raconte aux autres femmes son entrevue avec Falstaff. Nanetta ne partage pas l'hilarité générale : son père veut qu'elle épouse Cajus. Sa mère lui assure qu'il n'en sera rien et prépare la pièce pour la visite de Falstaff. Celui-ci arrive, mais il est interrompu dans sa déclaration par Quickly, qui annonce l'arrivée de Meg. Sir John est obligé de se cacher derrière un paravent. Meg annonce que Ford arrive, hors de lui. Il fait irruption avec Cajus, Bardolfo, Pistola, Fenton et quelques voisins et fouille la pièce. Falstaff est contraint de rentrer dans la panière à linge, et Alice, profitant de quelques instants de répit, fait jeter la corbeille à la Tamise.

Acte III[modifier | modifier le code]

Falstaff, trempé, est de retour à l'auberge. Survient Quickly, qui lui certifie qu'Alice veut le revoir, et il lui donne une lettre fixant un rendez-vous à minuit dans la forêt de Windsor, et que comme la jeune femme aime le mystère, il devra porter les cornes du « Chasseur Noir ». Dehors, les autres protagonistes mettent au point leur mascarade nocturne. Ford promet à Cajus qu'il pourra épouser sa fille le soir même, mais leur conversation est surprise par Quickly. Falstaff fait son apparition dans la forêt, avec des bois de cerf sur la tête. Arrive Alice, et le chevalier entreprend aussitôt ses manœuvres de séduction. On entend soudain Meg crier, et Alice s'enfuit en prétextant qu'elle a peur des fantômes. Falstaff, percevant ce qu'il croit être des voix de fées, se jette au sol. Arrivent les autres qui tourmentent Sir John, couché à terre, avec force accusations et pincements. Ainsi maltraité, Falstaff se repent. Il ne tarde pas à découvrir le manège et accepte son châtiment de bon cœur. Ford annonce qu'il va maintenant unir sa fille à l'homme qu'il lui a choisi ; Alice lui demande de marier un second couple, également déguisé, ce à quoi il consent. À l'issue d'une brève cérémonie, Ford s'aperçoit qu'il a marié Fenton à Nanetta et Cajus à Bardolfo. Il admet lui aussi avoir été berné et bénit le mariage de sa fille. Tous s'en vont faire un banquet.

Analyse[modifier | modifier le code]

Orchestration[modifier | modifier le code]

La partition de Verdi prévoit :

Sur la scène :

Commentaire[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pazdro, Pierre Malbos, Harry Halbreich, Jean-Michel Brèque, Gilles de Van, Jean-François Labie, Sylviane Falcinelli, Caroline Bouju, Fernand Leclercq, Jean Cabourg, Pierre Flinois, Michel Pazdro, Dominique Ravier, Elisabetta Soldini, Falstaff, Verdi Giuseppe dans L’Avant-scène Opéra, Paris, 2001, 190 p. (ISBN 2-84385-070-3)
  • Michel Debrocq, Falstaff dans Guide des opéras de Verdi, Jean Cabourg, directeur de la publication, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 1990, p. 1173-1267. (ISBN 2-213-02409-X)
  • Piotr Kaminski, Falstaff dans Mille et un opéras, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 2004, p. 1634-1638 (ISBN 978-2-213-60017-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grove's Dictionary of Music and Musicians, 5th ed., 1954
  2. Gustav-mahler.es
  3. Holden, Amanda (ed.), The New Penguin Opera Guide, New York: Penguin Putnam, 2001, page 1009. ISBN 0-14-029312-4
  4. Hepokoski, James Arnold, Verdi, Falstaff, Cambridge University Press, 1983, p. 130. ISBN 0-521-28016-8

Sources[modifier | modifier le code]

  • Istituto nazionale di studi verdiani
  • Ouvrages cités

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]