Déraillement

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Déraillement d'une locomotive (1969).
Rail cassé

Un déraillement est un incident ou un accident de chemin de fer dans lequel un train, ou plus généralement un véhicule ferroviaire, sort des rails, totalement ou partiellement. Les conséquences d'un déraillement peuvent être limitées ou au contraire très graves, causant dans certains cas des dommages matériels, des blessures et souvent des morts.

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes d'un déraillement accidentel peuvent être multiples :

  • défaut de la voie : rail cassé ou mal aligné, mauvaise géométrie de la voie,
  • vitesse excessive dans une courbe, provoquant une force d'inertie d'entraînement ("force centrifuge") trop importante qui fait basculer le matériel roulant.
  • défaillance du matériel roulant, notamment au niveau des roues,
  • erreur d'aiguillage (normalement prévenue par les systèmes de sécurité).
  • collision ou roulage sur un obstacle sur la voie.

Un déraillement peut aussi être la conséquence d'une collision entre deux ou plusieurs trains.

Un déraillement peut également être provoqué pour protéger une voie principale contre l'intrusion d'un véhicule en dérive sur une voie secondaire. Il est obtenu par un dispositif de protection (taquet dérailleur ou aiguille d'ensablement) placé avant le point de jonction avec la voie à protéger.

Autre cause de déraillement : le délestage d'une ou de plusieurs roue(s) d'un essieu dû à un défaut de voie ou à un mauvais équilibrage de la suspension du véhicule.

Sur lignes à grande vitesse[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Aucun des 3 déraillements à grande vitesse n’a causé de décès

  • 14 décembre 1992, le TGV 920 Annecy-Paris, assuré par la rame 56, déraille à 270 km/h au passage dans la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire) ; cause matérielle : blocage des roues d’un bogie par suite de la défaillance d’un composant électronique ; le bogie défaillant dérailla en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare ; aucun blessé dans le train, 25 personnes qui attendaient un autre TGV sur le quai sont légèrement blessées par des projections de ballast.
  • 21 décembre 1993, le TGV 7150 Valenciennes-Paris, assuré par la rame 511, déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir (Somme) ; la motrice de tête et les quatre premières voitures déraillent mais restent dans l’axe de la voie ; cause voie : affaissement de la plate-forme au droit d’une ancienne galerie datant de la Première Guerre mondiale, non détectée ; sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
  • 5 juin 2000, l’Eurostar 9047 Paris-Londres, assuré par la rame 3101/2 appartenant à la SNCB, déraille à 250 km/h près de la bifurcation de Croisilles (Pas-de-Calais), à proximité d’Arras ; quatre bogies (sur 24) sont sortis des rails ; sur les 501 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés ; cause matérielle : une bielle de réaction du bogie moteur arrière de la motrice de tête retrouvée détachée serait à l’origine de l’accident[1].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Photo de l'accident ICE d'Eschede

Le 3 juin 1998 le bandage d'une roue d'un ICE 1 reliant Munich à Hambourg se brise à côté d'Eschede1. Le train se disloque sur une pile de pont, faisant 101 morts et une centaine de blessés (sur un total de 287 personnes présentes dans le train) : c'est le pire accident de train de l'histoire allemande depuis 1971, et le pire accident d'un train à grande vitesse au monde.


Sur lignes classiques[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

  • L'accident ferroviaire le plus meurtrier à ce jour reste celui de Saint-Michel-de-Maurienne le 12 décembre 1917 où le déraillement dans la descente de la vallée de la Maurienne d'un train en surcharge rempli de permissionnaires revenant du front italien a fait entre 425 et 700 morts.
  • 27 mars 1970 - Accous (Pyrénées-Atlantiques) : dérive suite à l'abandon de la cabine par l'équipe de conduite pour placer manuellement du sable et des gravillons sur les rails afin de supprimer le patinage des deux locomotives suite au temps humide, puis déraillement d'un train de marchandises (wagons céréaliers) se rendant de Pau à Canfranc (Espagne)[2]. Cet accident a entraîné la destruction du pont métallique de L'Estanguet, situé sur le gave d’Aspe. La ligne secondaire internationale Pau - Canfranc sera neutralisée entre Bedous et Canfranc. Cet accident spectaculaire ne fit aucune victime.
  • 18 mars 1976, à 2 h 20 - Bar-le-Duc : une Citroën Traction Avant, rate le virage qui précède le passage à niveau automatique no 110 de la ligne Paris - Strasbourg au PK 255,650. La voiture s'immobilise sur la voie et 3 minutes plus tard le train de fret 58008 assurée par la BB 15011 et ses 38 wagons de marchandises lancés à 103 km/h percute l'automobile. Sous l'effet du choc, la locomotive déraille et bascule dans le canal de la Marne au Rhin en entraînant dans sa chute le tablier du pont et une dizaine de wagons. Toutefois, il n'y eut pas de blessés graves. Cet accident est connu pour être l'accident automobile le plus coûteux pour les assureurs[3].
  • 31 décembre 1983, une bombe avait été placée dans le compartiment à bagages à l'entrée d'une remorque dans une rame TGV Sud-Est assurant un service Marseille - Paris. Elle explosa près de Tain-l'Hermitage au sud de Lyon dans la vallée du Rhône, pratiquement en même temps qu'une autre bombe placée dans une consigne à bagages dans la gare de Marseille-Saint-Charles. Ces deux attentats, œuvre du terroriste Ilich Ramírez Sánchez (connu sous le nom de Carlos), firent cinq morts et cinquante blessés.
  • 28 septembre 1988, le TGV 736 Grenoble-Paris heurte à 105 km/h un transport exceptionnel routier, transportant un transformateur électrique de 100 tonnes, bloqué sur un passage à niveau à Voiron (Isère) ; la DDE (Direction départementale de l’équipement) n’avait pas autorisé le convoi exceptionnel à passer sur ce passage à niveau ; le choc fut très violent à cause de la masse du poids lourd ; deux morts (le conducteur du TGV et un voyageur), 25 blessés légers parmi les voyageurs. Le TGV transportait 300 personnes. La rame 70, baptisée « Melun » fut détruite, à l’exception de la motrice 23 140, qui sert actuellement de motrice de réserve pour les rames PSE bicourant.
  • 4 janvier 1991, suite à une défaillance des freins, la rame 360, vide, se mit en marche au dépôt de Châtillon. La rame fut dirigée sur une voie inoccupée et vint s’encastrer à 60 km/h dans une rampe de chargement de voitures de la gare de Paris-Vaugirard. La motrice 24 119 fut détruite et les voitures 1 et 2 gravement endommagées. Il n’y eut aucune victime et la rame fut reconstruite.
  • 25 septembre 1997, le TGV 7119 Paris-Dunkerque, assuré par la rame 502, percuta à 130 km/h une goudronneuse de 70 tonnes immobilisée sur le passage à niveau n°164 à Bierne (Nord). Il y eut 7 blessés. La motrice 28 004 fut radiée.
  • 31 octobre 2001, le TGV 8515 Paris-Irun, assuré par la rame 363, déraille à Saubusse (Landes) entre Dax et Bayonne à 130 km/h ; les 10 voitures ont déraillé et la motrice arrière 24 125 s’est couchée sur la voie ; cause voie : rail cassé ; sur les 422 passagers, six furent blessés légèrement.
  • 30 janvier 2003, le TGV Dunkerque-Paris heurte à 106 km/h un poids lourd bloqué sur le passage à niveau d’Esquelbecq ; gros dégâts sur la motrice mais seul un essieu a déraillé ; aucun blessé parmi les voyageurs, le conducteur du TGV est légèrement blessé. Pourtant, des efforts avaient été faits depuis le premier accident de ce type pour essayer de supprimer tous les passages à niveau des voies empruntées par le TGV. C’est notamment le cas pour le TGV Atlantique circulant sur ligne classique entre Le Mans et Nantes via Angers ainsi qu’entre Tours et Bordeaux via Poitiers et Angoulême.
  • 19 décembre 2007, le TGV Paris-Genève no 6561, rame 46, a heurté à 100 km/h environ un camion circulant en convoi exceptionnel sur un itinéraire non autorisé et arrêté sur le passage à niveau de la D64 à Tossiat, causant 22 blessés légers dans le train, et la mort du conducteur du camion. Le train a déraillé mais ne s’est pas couché[4].
  • 12 juillet 2013, le train Intercités 3657 Paris-Limoges, déraille en gare de Brétigny (Essonne) faisant 7 morts. Une éclisse (pièce métallique reliant deux rails) qui s'est détachée est a l'origine de cette catastrophe.
  • 8 février 2014, le train assurant la liaison Nice-Digne, circulant alors a 30 km/h est percuté par un rocher de plus de 20 tonnes et déraille a 9h10. La motrice avant tombe dans le ravin situé en contrebas de la voie mais celle de l'arrière de l'autorail empêche l’ensemble de basculer. Cette catastrophe a fait deux morts.

Au Canada[modifier | modifier le code]

6 juillet 2013, L’accident ferroviaire de Lac-Mégantic s'est produit le 6 juillet 2013 à h 14 heure locale (HAE) à Lac-Mégantic, une municipalité de la région de l'Estrie, au Québec (Canada). Le déraillement d'un convoi à la dérive de 72 wagons-citernes contenant du pétrole brut dans le centre-ville a provoqué des explosions et un incendie qui ont détruit une quarantaine d'édifices dans une zone de 2 km2. Sur les 50 morts anticipés, en date du 19 juillet 2013, la Sûreté du Québec a retrouvé 47 corps dont 22 ont été formellement identifiés. Cependant, environ cinq corps n'ont toujours pas été retrouvés.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]