Claude François Chauveau-Lagarde

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Chauveau-Lagarde.

Claude François Chauveau-Lagarde (né à Chartres le 21 janvier 1756 - mort à Paris le 19 février 1841 au 31, rue Jacob) est un avocat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Déjà l'un des avocats les plus connus de Paris, Claude François Chauveau-Lagarde se fit connaître du public dès le début de la Révolution. 1789 le remplit d'abord d'espoir et, quand les états généraux furent convoqués, il publia une Théorie des États généraux ou la France régénérée. Sous la Révolution il continua à exercer sa profession sous le nouveau nom de défenseur officieux qu'on avait donné à l'avocat. Son nom apparaît dans les listes des jugements civils dans la collection d'Aristide Douarche, Les Tribunaux civils pendant la Révolution. On y voit que le 16 mai 1793 il était l'avocat du général Francisco de Miranda devant le Tribunal révolutionnaire, alors que ce dernier avait encore une certaine bonne volonté envers les accusés ; l'efficacité de son plaidoyer fit acquitter son client, un triomphe pour l'accusé et son avocat. Pourtant, Marat dénonça Chauveau-Lagarde pour avoir fait libérer un coupable. On lui confia la défense de Louis-Marie-Florent, duc du Châtelet, de Jean Sylvain Bailly, de Madame Roland et de Charlotte Corday, qui avait assassiné Marat. Dans son cas, l'issue du jugement ne faisait aucun doute, il en était bien conscient. Il se limita à rappeler pour la défendre « l'exaltation du fanatisme politique » qui avait mis le couteau dans sa main.

Il se distingua par son courage moral sous la Terreur. Il dut défendre les Girondins modérés, en particulier Brissot, son compatriote de Chartres, qui avait deux ans de plus que lui. Il prit la défense de Marie-Antoinette, avec une chaleur qui attira les soupçons du Comité de sûreté générale ; dès que la sentence eut été prononcée contre la reine, il fut convoqué devant le comité, accusé de l'avoir trop bien défendue, mais il réussit à se justifier.

Madame Roland lui demanda de préparer sa défense, qu'elle avait l'intention de présenter elle-même devant ses juges. Il prit la défense de Madame Élisabeth, sœur du roi, sans être autorisé à voir sa cliente. Il dut aussi défendre les « vierges de Verdun » qui ont inspiré une ode à Victor Hugo[1], les vingt-sept défenseurs de Tonnerre et d'autres.

Quand fut instaurée la loi draconienne du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui supprimait pour les accusés le recours à un avocat, il se retira dans sa ville natale. Là il fut arrêté, accusé de montrer trop d'indulgence envers les contre-révolutionnaires. Son mandat d'arrestation spécifiait qu'il devait comparaître devant le tribunal dans les trois jours, mais sa détention dura en fait six semaines, pendant lesquelles il resta très discret, et cela le sauva de la guillotine. Après le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794) il fut remis en liberté.

Ses cosectionnaires l'élurent président de la section « l'Unité », la plus royaliste de la capitale. Compromis par l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il fut condamné à mort par contumace. Il se cacha, attendant que le calme fût revenu assez longtemps, si bien que, quand il reparut finalement, la sentence fut annulée.

Après que, sous le Directoire, on fut revenu à un ordre plus normal, il reprit sa profession. En 1797 il fut chargé de défendre l'abbé Charles Brottier, qu'il fit acquitter, comme ce fut le cas pour plusieurs royalistes accusés de conspiration. Son courage et son éloquence habituels ne lui permirent pas néanmoins d'obtenir l'acquittement pour les « ravisseurs » présumés de Clément de Ris, Auguste de Canchy et Jean de Mauduison.

Après la Restauration, il devint avocat au Conseil du roi et président du Conseil de l'ordre des avocats, et fut nommé conseiller à la Cour de cassation (1828).

On a donné son nom à une rue de Paris dans le huitième arrondissement (V. Rue Chauveau-Lagarde). Il est enterré dans la 1re division du cimetière de Montparnasse à Paris.

Aujourd'hui, les papiers personnels de Claude François Chauveau-Lagarde sont conservés aux Archives nationales sous la cote 476AP[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. In Odes et ballades, octobre 1818.
  2. Description du fonds conservé aux Archives nationales, salle des inventaires virtuelle

Sources[modifier | modifier le code]