Bataille de l'Aisne (1918)

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Bataille de l'Aisne
Front Ouest, juillet 1918
Front Ouest, juillet 1918
Informations générales
Date du 27 mai au 17 juillet 1918
Lieu Aisne, près de Paris, France
Issue avancée allemande stoppée
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France France Denis Auguste Duchêne
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Alexander Hamilton Gordon
Drapeau des États-Unis États-Unis Charles Clarendon Ballou
Drapeau des États-Unis États-Unis Joseph Theodore Dickman
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand Erich Ludendorff
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand Prince héritier Guillaume
Forces en présence
VIe Armée française
IXe Corps britannique
2 divisions américaines
Ire et VIIe Armées
soit 20 divisions et 4 000 canons
Pertes
127 000 hommes
(France : 98 000
R-U : 29 000)
130 000 hommes
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Coordonnées 49° 23′ N 3° 44′ E / 49.383333333333, 3.733333333333349° 23′ Nord 3° 44′ Est / 49.383333333333, 3.7333333333333  

La 3e bataille de l'Aisne est une bataille de la Première Guerre mondiale qui a eu lieu dans le département français de l'Aisne. Sur le front occidental en 1918, le général Erich Ludendorff, chef d'état-major général adjoint allemand, lance sa troisième offensive : une attaque de diversion contre les Français qui tiennent le secteur du Chemin des Dames, sur l'Aisne. L'objectif de Ludendorff est d'empêcher les Français d'envoyer des renforts aux Britanniques qui se trouvent dans le nord de la France, où il prévoit une offensive sur Calais.

27 mai - Rupture du Chemin des Dames[modifier | modifier le code]

L'offensive est dirigée par la VIIe armée du général Max von Boehn et la Ire armée du général Bruno von Mudra, totalisant quarante-quatre divisions. L'objectif de leur offensive, du nom de code Blücher et Yorck, est de frapper entre Anizy et Reims la VIe armée française du général Duchêne qui regroupe huit divisions dont trois britanniques.

Le secret a été bien gardé; il n'est éventé que quelques heures avant l'attaque par deux prisonniers. Le général Duchêne a réclamé et obtenu 3 divisions de renfort. Par contre, les prescriptions de Pétain relativement à l'abandon méthodique des premières lignes et la constitution en arrière d'une forte ligne de résistance n'ont pas été appliquées.

L'assaut allemand débute par un tir de barrage de 4 600 pièces d'artillerie, suivi d'une attaque de sept divisions sur un front de 15 km. Les Allemands s'emparent immédiatement du Chemin des Dames et avancent sur l'Aisne, prenant plusieurs ponts intacts. En fin de journée, les Allemands ont avancé d'une quinzaine de kilomètres. L'Aisne est franchie ainsi que la Vesle dans la nuit.

Bien que l'offensive ait un objectif limité, ses premiers succès persuadent le haut commandement allemand d'abandonner l'offensive sur Calais et de poursuivre vers Paris, qui n'est qu'à 130 km. Cependant, le commandant du corps expéditionnaire américain, le général John Pershing, a envoyé des renforts aux Français: la 2e division du général Omar Bundy (en) et la 3e division du général J. T. Dickman (en). Elles passeront à l'action le 30, quand les Allemands menaceront la Marne.

28 mai[modifier | modifier le code]

Les troupes américaines lancent leur première attaque dans la guerre le deuxième jour de l'offensive allemande le long de l'Aisne. Cependant les combats sont principalement centrés sur le village de Cantigny à l'ouest de Montdidier. Des éléments de la 1re division américaine du général Robert Lee Bullard attaquent la XVIIIe armée allemande sous les ordres du général Oskar von Hutier. Les troupes du général Bullard s'emparent de Cantigny; elles font alors 225[1] prisonniers le 28 mai et arrêtent une série de contre-attaques les jours suivants. Les pertes américaines s'élèvent à 199 tués et 867 blessés et gazés. Dans la soirée, les allemands entrent à Soissons.

29 mai[modifier | modifier le code]

Pour éviter que la poche s'élargisse sur ses deux extrémités septentrionales, Foch envoie la 10e armée de Maistre dans la région de Villers-Cotterets et engage la 5e armée (Micheler) sur le front Prunay, Arcis-le-Ponsart occupant solidement la montagne de Reims : fort de la Pompelle, Reims, Vrigny, Verneuil, Tréloup. Les américains quittent la Picardie pour la Marne.
Après seize heures de lutte, la seule division française qui défendait Fère-en-Tardenois l'abandonne aux allemands. En trois jours, ceux-ci ont fait 35 000 prisonniers.

30 mai[modifier | modifier le code]

Contenue devant Château-Thierry, l'armée von Boehn atteint la Marne à Jaulgonne : ne pouvant franchir le fleuve, dont les américains interdisent le passage, elle va le border jusqu'à Château-Thierry.

1er juin[modifier | modifier le code]

Attaque de Reims repoussée par Micheler

2-4 juin[modifier | modifier le code]

La 3e division américaine du général J.T. Dickman lance une attaque contre les forces allemandes qui menacent Château-Thierry. La division réussit à empêcher les Sturmtruppen qui participent aux opérations Blücher et Yorck de traverser la Marne. Elle contre-attaque ensuite avec l'aide des Français, ce qui force les Allemands à se replier à Jaulgonne, sur la Marne.

4 juin[modifier | modifier le code]

Le général Erich Ludendorff met un terme à sa double offensive, appelée Blücher et Yorck, commencée le 27 mai. Bien que ses unités d'assaut aient opéré une percée d'un maximum de 32 km sur une distance de 50 km, elles sont en perte de vitesse. Il doit également faire face à des contre-attaques françaises et américaines de plus en plus puissantes.

Les pertes allemandes s'élèvent à 125 000 hommes, et celle du camp adverse sont du même ordre. Cependant, Ludendorff prévoit déjà sa quatrième offensive sur le front occidental en 1918.

6 juin[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des contre-offensives contre les forces allemandes qui tiennent leurs territoire récemment conquis le long de La Marne, la 2e division américaine sous les ordres du général Omar Bundy attaque le bois Belleau, situé légèrement à l'ouest de la ville de Château-Thierry.

La brigade des Marines et la 3e brigade d'infanterie dirigent l'attaque. Elles comprennent plusieurs troupes. Celle de Bundy affrontent quatre divisions allemandes, elles libèrent le bois après 3 semaines de combat malgré leur infériorité numérique. Il y a 1 800 morts et 7 000 blessés.

9-13 juin (bataille du Matz)[modifier | modifier le code]

Sous l'ordre du général Erich Ludendorff, chef d'état major général adjoint, la XVIIIe armée du général Oskar von Hutier lance la quatrième série d'offensives. Ludendorff prévoit de réunir les deux saillants pris lors des précédentes attaques dans le secteurs d'Amiens, de l'Aisne et de la Marne. Hutier doit attaquer à l'ouest le long de la rivière Matz, un affluent de l'Oise, dans la direction de Noyon et de Montdidier. Cependant le commandement de la IIIe armée française, le général Humbert, averti par des déserteurs allemands a organisé sa défense en conséquence. Et sur son ordre, son artillerie bombarde sévèrement les troupes d'assaut ennemies peu avant leur offensive.
Cependant, le barrage ne permet pas d'empêcher les troupes allemandes d'avancer de 8 km le premier jour de leur attaque, connu sous le nom de code opération Gneisenau. Le 9, Hutier a pris Ressons, le 10, Ribécourt, et les troupes françaises ont dû se replier derrière l'Oise et le Matz; mais la gauche tient bon, et les allemands n'ont pu prendre Courcelles.
Le 11, à partir de Méry, le général français Charles Mangin organise une contre-attaque de trois divisions françaises et deux divisions américaine. Elles attaquent la XVIIIe armée le 12, déciment trois divisions allemandes, obligent deux autres de réserve à s'engager, capturent 1000 prisonniers et 16 canons et forçent Ludendorff à mettre fin à l'opération le lendemain.

Combat de Cœuvres[modifier | modifier le code]

Pour relier les troupes allemandes d'Oskar von Hutier et celles de la VIIe armée du général Max von Boehn, Ludendorff lance celui-ci à l'attaque, en direction de Pierrefonds, entre les deux forêts de Villers-Cotterets et de Compiègne : Après une violente préparation d'artillerie, von Boehn attaque dans la région de Saint-Pierre-Aigle et sur le plateau des Trois-Peupliers. De forts détachements réussirent à s'infiltrer dans les bois par Vertes Feuilles. Il y avait la une division d'élite : la 2e division de cavalerie à pied du général Hennocque. Les 5e, 8e et 12e cuirassiers résistèrent héroïquement, et ce ne fut qu'après un terrible corps à corps, et au prix des plus lourds sacrifices, que les allemands réussissent à progresser jusqu'au Ru de Matz.

Le 12 juin, les forces allemandes ne purent avancer du côté d'Ambleny, mais parvinrent au ravin, à l'est de Laversine, pénétrèrent dans Cœuvres, Valsery et Saint-Pierre-Aigle et rejetèrent les troupes françaises vers Montgobert. Le 13, après de terribles combats, au cours desquels elles n'avancèrent que pied à pied, elles réussirent à emporter Laversine, mais ne purent déboucher de Cœuvres ni progresser à l'ouest de la Ferme Vertes Feuilles. Violemment bombardées et attaquées par les chars d'assaut, elles subirent de grosses pertes; la 11e division bavaroise fut fort éprouvée par les obus toxiques dans la région de Cœuvres; deux compagnies notamment, en soutien à Cutry, furent presque entièrement intoxiquées.

Le 14, les allemands, essoufflés et décimés, étaient contenus partout. Dès le 15, les contre-attaques françaises les rejetaient de Cœuvres et de Valsery ; un bataillon du 9e zouaves captura 130 prisonniers et 7 mitrailleuses dans Cœuvres ; le 17, la progression continua à l'est d'Ambleny, au sud de Valsery et de Montgobert ; le 28 juin, une attaque sur 7 kilomètres, du sud d'Ambleny à l'est de Montgobert permit de regagner près de 2 kilomètres en profondeur : les villages fortifiés de Fosse-en-Haut, Laversine, les hauteurs nord-ouest de Cutry et les croupes sud de Saint-Pierre-Aigle furent enlevées et près de 1 100 prisonniers capturés ; le lendemain, à deux reprises, les Allemands tentèrent de reprendre les positions perdues, mais se firent durement repousser. Les troupes françaises les harcelèrent sans cesse, à la fin de juin, dans la région de Saint-Pierre-Aigle ; la 14e division allemande, très éprouvée, dut être relevée par la 42e division, venue du front de Lens. Le 28 juin au matin, deux bataillons du 1er régiment de tirailleurs marocains de la 153e division d'infanterie. et des chars d'assaut soutenus par l'artillerie de la division du Maroc, emportaient, le plateau de Cutry et s'emparaient de 7 officiers, 32 sous-officiers, de 164 hommes, de 25 mitrailleuses, de 5 minen et d'un canon de 77.

Puis la bataille s'éteignit à l'est comme au nord. L'offensive sur Compiègne était définitivement enrayée.

Les pertes françaises et américaines s'élèvent à 35 000 hommes, on estime que les pertes allemandes sont beaucoup plus élevées. Ludendorff, qui souhaite de plus en plus marquer une victoire décisive, prévoit une cinquième offensive ailleurs sur le front occidental.

15-17 juillet[modifier | modifier le code]

Les forces allemandes commencent leur cinquième offensive. Le chef d'état major général adjoint, le général Erich Ludendorff, prévoit une nouvelle attaque de diversion, cette fois en Champagne, le long de la Marne, afin que les réserves ennemies quittent le nord de la France ou il espère toujours percer la ligne britannique et s'emparer des ports de la Manche. Trois armées allemandes sont engagées dans l'attaque, la VIIe armée du général Max von Boehn, qui doit avancer sur la Marne puis virer à l'est sur Épernay, ou il doit rejoindre la Ire armée du général Bruno von Mudra avançant des deux côtés de Reims. À l'est de Reims, la IIIe armée du général Karl von Einem a pour ordre de prendre Châlons-sur-Marne.

Les Français, grâce à la reconnaissance aérienne et aux informations données par les déserteurs allemands, sont informés de l'offensive qu'ils l'anticipent par un bombardement. La IIIe armée allemande qui gagne peu de terrain face à la IVe Armée du général Henri Gouraud est arrêtée avant midi le 15. Les troupes allemandes portent alors leurs efforts sur l'ouest de Reims.

La VIIe armée allemande, avec le soutien de la IXe armée du général Eben, attaque sur un front de 30 km et perce la VIe armée française du général Jean-Marie Degoutte, pour atteindre la Marne entre Château-Thierry et Épernay. Cependant les attaques de la IXe armée française sous les ordres du général Antoine de Mitry, soutenue par les forces britanniques et américaines, empêchent les Allemands d'exploiter leurs tête de pont sur la Marne. Le 17, le chef d'état major général adjoint Ludendorff doit admettre que son offensive a été arrêtée dans sa lancée.

Depuis l'ouverture de sa première offensive, connue sous le nom d'opération Michael, les forces de Ludendorff ont perdu quelque 500 000 hommes pratiquement irremplaçables; alors que les Américains débarquent au rythme de 300 000 hommes par mois. À court d'effectifs, Ludendorff prévoit un repli mesuré depuis le saillant courant dans le sud, de Soissons à Reims, afin de réduire sa ligne de front. Cependant, ses adversaires prévoient de lancer une contre-offensive avant que son repli soit achevé.

Le 18 juillet, plusieurs forces françaises, britanniques et américaines lancent une contre attaque contre le saillant que les troupes allemandes tiennent entre Soissons et Reims, en Champagne. Les combats prendront le nom de deuxième bataille de la Marne.

Décoration[modifier | modifier le code]

  • L'AISNE 1918, CŒUVRES 1918, L'OURCQ 1918 sont inscrits sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]