Bataille de Bosworth

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Bosworth
Bataille de Bosworth
Tableau de Philippe-Jacques de Loutherbourg (1804)
Informations générales
Date 22 août 1485
Lieu au sud de Market Bosworth
Issue victoire décisive de Lancastre
Belligérants
Maison d'York

Maison d'York
Maison de Lancastre

Maison de Lancastre
Famille Stanley

Famille Stanley
Commandants
Richard III Henri Tudor Thomas Stanley
Forces en présence
10 000 hommes 5 000 hommes 6 000 hommes
Pertes
1 000 hommes 100 hommes  ?
Guerre des Deux-Roses
Coordonnées 52° 35′ 28″ N 1° 24′ 37″ O / 52.591111111111, -1.4102777777778 ()52° 35′ 28″ Nord 1° 24′ 37″ Ouest / 52.591111111111, -1.4102777777778 ()  

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Bosworth.

La bataille de Bosworth, ou bataille de Bosworth Field, est l'avant-dernier affrontement de la guerre des Deux-Roses, guerre civile anglaise qui oppose les maisons de Lancastre et d'York durant la seconde moitié du XVe siècle. Cette bataille a lieu le et voit la victoire du parti Lancastre, dont le chef, Henri, comte de Richmond, devient par la suite le premier roi de la maison Tudor. Son adversaire Richard III, dernier roi de la maison d'York, est tué durant l'affrontement. Les historiens considèrent la bataille de Bosworth comme marquant la fin de la dynastie Plantagenêt, ce qui en fait un moment-clef de l'histoire de l'Angleterre.

Richard III s'empare du trône au détriment de son neveu Édouard V, âgé de 12 ans, en 1483. Le garçon et son frère cadet disparaissent peu après, suscitant l'inquiétude de beaucoup, et les rumeurs voulant que Richard soit impliqué dans la mort de sa femme lui aliènent encore des soutiens. De l'autre côté de la Manche, Henri Tudor, descendant d'une maison de Lancastre sur le déclin, profite des difficultés de Richard pour proclamer ses droits sur la couronne. Sa première tentative d'envahir l'Angleterre, en 1484, est contrecarrée par une tempête, et il doit attendre le pour débarquer à Dale, au sud-ouest du pays de Galles, sans rencontrer de résistance. Il marche vers Londres, rassemblant des appuis en chemin. Richard se presse de rassembler ses forces et coupe la route de l'armée d'Henri au sud de la ville de Market Bosworth, dans le Leicestershire. Le baron Thomas Stanley et son frère cadet William conduisent également une armée sur le champ de bataille, mais restent en retrait pour être sûrs de rallier le vainqueur.

Richard divise son armée, supérieure en nombre à celle d'Henri, en trois groupes : l'un est placé sous le commandement du duc de Norfolk, et un autre sous celui du comte de Northumberland. De son côté, Henri préserve l'unité de son armée et en confie le commandement au comte d'Oxford, un soldat expérimenté. L'avant-garde de Richard, conduite par le duc de Norfolk, affronte les hommes du comte d'Oxford, et une partie fuit le champ de bataille. Le comte de Northumberland ne réagit pas lorsqu'il se voit demander de venir au secours de son roi, aussi Richard décide-t-il de jouer le tout pour le tout en lançant une charge visant à tuer Henri et à mettre un terme au combat. Voyant les chevaliers du roi séparés de son armée, les Stanley interviennent : William conduit ses hommes au soutien d'Henri, et Richard est encerclé et tué. Une fois les combats terminés, Henri est couronné au sommet de Crown Hill.

Henri engage des chroniqueurs pour qu'ils éclairent son règne sous un jour favorable, et ils représentent la bataille de Bosworth Field et l'avènement de la dynastie Tudor comme le début d'une nouvelle ère. Jusqu'au XVIIIe siècle, la bataille est dépeinte comme une victoire du bien sur le mal, et elle constitue le paroxysme de la pièce de William Shakespeare Richard III. L'emplacement exact du champ de bataille est sujet à controverse, du fait de l'absence de preuves concluantes. Le Bosworth Battlefield Heritage Centre a été construit en 1974 sur un site par la suite contesté par plusieurs historiens. En octobre 2009, après avoir procédé à des analyses géologiques et archéologiques dans la région, une équipe de recherche propose un emplacement situé à trois kilomètres au sud-ouest d'Ambion Hill.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des Deux-Roses.

L'Angleterre du XVe siècle est ravagée par la guerre civile que se disputent les maisons de Lancastre et d'York pour la couronne. En 1471, le parti yorkiste sort vainqueur des batailles de Barnet et de Tewkesbury. Le roi Lancastre Henri VI et son fils unique Édouard meurent peu après la bataille de Tewkesbury, laissant la maison de Lancastre sans prétendant direct au trône. Le roi York Édouard IV contrôle alors la totalité de l'Angleterre[1]. Il accuse de trahison tous ceux qui refusent de se soumettre à lui, parmi lesquels Jasper Tudor et son neveu Henri, et confisque leurs biens. Les deux Tudor s'enfuient vers la France, mais le vent les envoie en Bretagne, où le duc François II leur fait bon accueil[2]. Par sa mère Marguerite Beaufort, Henri est le lointain descendant de Jean de Gand, oncle de Richard II et père de Henri IV[3]. Les Beaufort, à l'origine des bâtards, ont été légitimés par Henri IV à condition que leurs descendants renoncent à leurs droits sur le trône[4]. En tant que dernier Lancastre apparenté à la lignée royale, Henri Tudor possède donc de faibles droits sur le trône[1], mais Édouard le considère comme « un moins-que-rien[5] ». Cependant, François II de Bretagne voit en lui un moyen de pression utile sur l'Angleterre, et il garde les Tudor sous son aile[5].

Édouard IV meurt le 9 avril 1483, après douze années de règne[6]. Son fils aîné, le nouveau roi Édouard V, n'est alors âgé que de douze ans, et son héritier présomptif est son frère cadet, Richard de Shrewsbury, âgé de neuf ans. Édouard V étant trop jeune pour régner, un conseil royal est formé pour gouverner l'Angleterre jusqu'à sa majorité. La cour s'inquiète lorsqu'elle apprend que les Woodville, parents de la reine-mère, intriguent pour prendre le contrôle du conseil[7]. Durant leur ascension vers le pouvoir, les Woodville se sont faits de nombreux ennemis[8]. Pour contrecarrer leurs ambitions, le baron William Hastings et d'autres membres du Conseil font appel à l'oncle du roi, le duc de Gloucester Richard Plantagenêt. Ils le pressent d'accepter au plus tôt le rôle de protecteur, comme son frère Édouard IV l'en a prié auparavant[9]. Le 29 avril, accompagné d'un contingent de gardes et du duc de Buckingham Henry Stafford, Richard assure la garde d'Édouard V et fait arrêter plusieurs membres éminents de la famille Woodville[10]. Après avoir conduit le jeune roi à Londres, Gloucester fait exécuter sans procès les Woodville pour trahison[11].

Le 13 juin, Gloucester accuse Hastings d'avoir comploté avec les Woodville et le fait décapiter[12]. Neuf jours plus tard, il convainc le Parlement de déclarer le mariage d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodville illégal, faisant de leurs enfants des bâtards et invalidant leurs droits sur le trône[13]. Avec ses neveux étant écartés du trône, Gloucester devient le premier dans l'ordre de succession et il est couronné le 26 juin sous le nom de Richard III[14]. La manière dont il obtient la couronne ne fait rien pour le rendre populaire et des rumeurs ne tardent pas à circuler dans tout le royaume[15]. Les deux princes sont emprisonnés dans la Tour de Londres et disparaissent peu après[16]. Toute l'Angleterre, sauf le nord, est persuadée que le « tyran » Richard a assassiné ses neveux[17].

Le mécontentement à l'égard de Richard se manifeste dès l'été 1483, lorsque naît une conspiration visant à le chasser du trône. Les rebelles sont en majorité des fidèles d'Édouard IV, qui considèrent Richard comme un usurpateur[18]. Leurs plans sont organisés par Marguerite Beaufort, qui propose son fils, Henri Tudor, comme candidat au trône. Le duc de Buckingham est le plus important des conjurés, mais les raisons de son ralliement à la conspiration restent inconnues. Selon l'historien Charles Ross, Buckingham cherche à prendre ses distances vis-à-vis d'un roi chaque jour plus impopulaire[19]. Pour Michael Jones et Malcolm Underwood, Marguerite aurait fait croire à Buckingham que les rebelles souhaitaient le placer sur le trône d'Angleterre[20].

La conspiration prévoit d'organiser des révoltes dans le sud et l'ouest de l'Angleterre pour submerger les forces de Richard. Buckingham est censé soutenir les rebelles en lançant une invasion depuis le pays de Galles, tandis qu'Henri doit venir par la mer[21]. Un manque de coordination et le mauvais temps réduisent ces projets à néant. Une révolte éclate dans le Kent dix jours trop tôt, pressant Richard à réunir l'armée royale pour la réduire. Ses espions l'informent des activités de Buckingham, et les hommes du roi détruisent les ponts sur la Severn ; lorsque Buckingham, à la tête de ses troupes, arrive devant le fleuve en crue, il est incapable de le traverser en raison d'un orage violent qui éclate le 15 octobre[22]. Buckingham est piégé : ses ennemis gallois se sont emparés de son château après son départ, et il n'a plus nulle part où se réfugier. Il abandonne le complot et s'enfuit à Wem, où il est trahi par un serviteur et arrêté par les hommes de Richard. Il est exécuté le 2 novembre[23]. Entre-temps, Henri tente de débarquer le 10 (ou le 19) octobre, mais sa flotte est éparpillée par une tempête. En arrivant en vue de la côte anglaise (soit à Plymouth, soit à Poole), un groupe de soldats le salue et l'incita à accoster ; il s'agit en fait d'hommes de Richard, prêts à le capturer sitôt débarqué. Henri ne tombe pas dans le piège et retourne en Bretagne[24]. Privée de Buckingham et d'Henri, la rébellion est facilement écrasée par Richard[23].

Les survivants du complot s'enfuient en Bretagne, où ils proclament ouvertement leur soutien à Henri[25]. À Noël, Henri Tudor prête serment d'épouser Élisabeth d'York, fille d'Édouard IV, pour réunir les lignées opposées de Lancastre et d'York[26]. L'étoile montante d'Henri constitue une menace pour Richard qui fait plusieurs offres au duché de Bretagne en échange du jeune Lancastre. François refuse, dans l'attente de meilleures propositions[27]. Courant 1484, alors qu'il se remet d'une maladie, son trésorier Pierre Landais, qui assure le gouvernement du duché pendant la convalescence de François, parvient à un accord avec Richard : il promet de renvoyer Henri et son oncle en Angleterre en échange d'une aide militaire et financière. L'évêque flamand John Morton l'apprend et avertit les Tudor, qui s'enfuient en France[28]. La cour de Charles VIII les accueille volontiers : ils constituent un bon moyen de s'assurer de la neutralité de Richard dans les projets français d'annexion de la Bretagne[29]. Le , Anne Neville, l'épouse de Richard, meurt, et la rumeur court en Angleterre qu'elle a été assassinée pour permettre au roi d'épouser sa nièce Élisabeth[30]. Elle vaut à Richard de perdre plusieurs de ses soutiens au nord[31] et bouleverse Henri de l'autre côté de la Manche : s'il n'épouse plus Élisabeth, l'alliance faite sur lui entre les Lancastre et les fidèles d'Édouard IV pourrait disparaître[32]. Afin d'assurer son mariage, Henri rassemble 2 000 hommes et quitte la France le 1er août[33].

Les commandants[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, l'idéal chevaleresque anglais d'un service dévoué au roi s'est dévoyé[34]. Les forces armées sont essentiellement levées par des rassemblements sur des terres privées : chaque homme en état de combattre doit répondre à l'appel aux armes de son seigneur, et chaque noble possède une autorité exclusive sur ses milices. Le roi peut lever une milice personnelle sur ses terres, mais il ne peut lever d'armée significativement importante qu'avec le soutien de la noblesse. Comme ses prédécesseurs, Richard doit s'attacher ces hommes en restant en bons termes avec eux, ainsi qu'en leur offrant des cadeaux[35]. Les nobles les plus puissants peuvent exiger davantage en menaçant de se retourner contre leur lige[36]. Trois groupes se retrouvent à Bosworth Field, chacun avec son propre programme : Richard III et l'armée du parti York ; son rival Henri Tudor, champion de la cause Lancastre ; et les Stanley, prêts à basculer d'un côté ou de l'autre[37].

Côté York[modifier | modifier le code]

Richard III.

Richard III est un homme mince et de petite taille, qui n'a pas le physique robuste de bon nombre de ses prédécesseurs Plantagenêt[38]. Il apprécie néanmoins les activités violentes que l'époque considère comme viriles[39]. Ses performances sur le champ de bataille ont profondément impressionné son frère Édouard, qui fait de lui son bras droit[40]. Dans les années 1480, Richard défend la frontière septentrionale de l'Angleterre. En 1482, Édouard le charge de conduire une armée en Écosse, dans le but de remplacer le roi Jacques III par le duc d'Albany[41]. L'armée de Richard traverse les défenses écossaises et occupe la capitale du royaume, Édimbourg, mais Albany décide d'abandonner ses prétentions sur le trône en échange du poste de lieutenant-général d'Écosse. Outre la garantie que le gouvernement écossais concédera des gains territoriaux et diplomatiques à la couronne anglaise, la campagne de Richard permet la reconquête de la ville de Berwick-upon-Tweed, prise par les Écossais en 1460[42]. Édouard n'est pas satisfait de l'issue de la campagne[43] et, selon Ross, Richard aurait pu obtenir davantage s'il avait mieux profité de la situation lorsqu'il occupait Édimbourg[44]. Christine Carpenter voit en Richard un soldat plus habitué à recevoir des ordres qu'à en donner[45]. Il ne lui déplaît pas pour autant de faire montre d'un côté militariste : à son avènement, il proclame sa volonté de mener une croisade contre « non seulement les Turcs, mais tous [ses] ennemis[39] ».

Le plus fidèle sujet de Richard est le duc de Norfolk John Howard[46], serviteur de longue durée et confident d'Édouard IV[47]. Selon Ross, il a pu développer une rancœur à l'égard d'Édouard après que celui-ci l'eut privé d'une fortune : Howard devait hériter d'une part de l'important héritage Mowbray à la mort de la jeune Anne de Mowbray, dernière de sa lignée. Pourtant, Édouard convainquit le Parlement d'ignorer la loi de succession et de transférer l'héritage à son benjamin, qui était marié à Anne. Par la suite, Howard soutient Richard III au moment de la déposition du fils d'Édouard, et reçoit en échange le duché de Norfolk et la part de l'héritage Mowbray qui aurait dû lui échoir à la mort d'Anne[48]. Norfolk est un militaire expérimenté, qui a combattu à Towton en 1461 et qui a servi d'adjoint à Hastings à Calais en 1471[49].

Le comte de Northumberland Henry Percy soutient également la prise du pouvoir par Richard. Les Percy étaient fidèles aux Lancastre, mais Édouard IV réussit à emporter l'allégeance du comte. Emprisonné par le parti York en 1461, il perd tous ses titres et ses biens ; Édouard le libère huit ans plus tard et le rétablit à la tête de son comté[50]. Northumberland sert dès lors la couronne yorkiste, participant à la défense de l'Angleterre du nord et au maintien de la paix[51]. Les relations entre le comte et Richard sont tout d'abord tendues, mais Northumberland s'adoucit lorsque la charge de Gardien de la Marche de l'Est (Warden of the East March), autrefois héréditaire chez les Percy, lui est promise[52]. Il sert Richard durant l'invasion de l'Écosse en 1482, et il soutient probablement le nouveau roi en estimant qu'il sera en position de dominer le nord si Richard part devenir roi à Londres[53]. Pourtant, après son avènement, Richard prépare son neveu John de la Pole pour ce poste. Selon Carpenter, le comte désespère de s'élever, malgré les compensations offertes par Richard[54].

Côté Lancastre[modifier | modifier le code]

Henri Tudor.

Henri Tudor n'est pas familier des arts de la guerre, et il est étranger au pays qu'il cherche à conquérir : il a passé les quatorze premières années de sa vie au pays de Galles, et les quatorze suivantes en Bretagne et en France[3],[55]. Mince, mais fort et décidé, il n'a pas de goût pour le combat ; les chroniqueurs Polydore Virgile et Pedro de Ayala le montrent davantage intéressé par le commerce[56]. N'ayant jamais combattu de sa vie[57], Henri recrute plusieurs vétérans pour le conseiller et diriger ses armées[58].

Le comte d'Oxford John de Vere est le principal commandant militaire au service d'Henri[59]. À la bataille de Barnet, il commande l'aile droite des Lancastre et met en déroute la division qu'il affrontait. Toutefois, une confusion sur le champ de bataille place ses forces sous des tirs amis et le contraint à battre en retraite. Après s'être enfui outre-mer, le comte poursuit la lutte contre le parti York, s'emparant de la forteresse insulaire de St Michael's Mount en 1473. Il est contraint de se rendre, faute de renforts, mais s'évade en 1484 et rejoint Henri en France, accompagné de son ancien geôlier James Blount[60]. L'arrivée d'Oxford renforce le moral dans le camp d'Henri et trouble Richard III[61].

Les Stanley[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre des Deux-Roses, les Stanley du Cheshire sont essentiellement du côté des Lancastre[62], mais William Stanley est un farouche yorkiste : il participe à la bataille de Blore Heath en 1459 et aide Hastings à écraser les rébellions contre Édouard IV en 1471[63],[64]. Lorsque Richard s'empare du pouvoir, William ne montre aucune volonté de s'opposer à lui et ne rejoint pas la rébellion de Buckingham, ce qui lui vaut d'être amplement récompensé[65]. Le frère aîné de William, Thomas Stanley, n'est pas aussi fidèle. En 1485, il a servi pas moins de trois rois : Henri VI, Édouard IV et Richard III. Ses manœuvres politiques, consistant à osciller entre les deux camps jusqu'à ce qu'un vainqueur se dégage, lui permettent d'atteindre de hautes charges[66] : il est le chambellan d'Henri, puis l'intendant d'Édouard[67]. Sa réserve lui vaut la fidélité de ses hommes : en restant en retrait jusqu'aux moments cruciaux, ils ont le sentiment de ne pas être envoyés à une mort inutile[61].

Les relations entre Lord Stanley, intendant d'Édouard IV, et le futur Richard III ne sont pas cordiales. Les querelles entre les deux hommes dégénèrent vers mars 1470[68]. Par ailleurs, Stanley a épousé Marguerite Beaufort en secondes noces en juin 1472[69], ce qui fait de lui le beau-père d'Henri Tudor, et ne lui vaut guère d'amitié de la part de Richard[65]. Malgré cela, il ne rallie pas la rébellion de Buckingham en 1483[65]. Lorsque Richard fait exécuter les conjurés qui n'ont pu fuir l'Angleterre, il épargne Marguerite[23], se contentant de la dépouiller de ses titres et en transférant ses biens au nom de Stanley. Richard espère ainsi se réconcilier avec Stanley[20], mais peut-être en vain : Carpenter identifie une cause supplémentaire de discorde dans la volonté de Richard de rouvrir une ancienne querelle terrienne opposant Thomas Stanley et la famille Harrington[70]. En 1473, Édouard IV a rendu un verdict favorable à Stanley[71], mais Richard prévoyait d'annuler la décision de son frère et de céder les terres concernées aux Harrington[70]. Doutant de Stanley, Richard prend son fils George en otage pour le dissuader de rallier Henri[72].

Prélude[modifier | modifier le code]

Vitrail de l'église de Sutton Cheney où, selon la tradition, Richard III a assisté à sa dernière messe la veille de la bataille.

Henri traverse la Manche sans difficultés : il quitte Harfleur le 1er août et des vents favorables le portent à Mill Bay, au nord de Milford Haven, le 7. Il n'a aucun mal à s'emparer du château voisin de Dale[73]. Si les bardes gallois l'accueillent comme le prince devant rendre sa gloire à leur pays[74], la population locale lui réserve un accueil froid : nul ne l'attend sur le rivage, et rares sont les Gallois à rejoindre ses troupes durant sa traversée du pays[75]. Selon l'historien Geoffrey Elton, seuls les partisans les plus farouches d'Henri tirent fierté de son ascendance galloise[76]. Lorsque Henri arrive à Haverfordwest, la principale ville du Pembrokeshire, la situation est différente : le lieutenant de Richard pour le sud du pays de Galles, Walter Herbert, ne réagit pas à son arrivée, et deux de ses officiers, Richard Griffith et Evan Morgan, désertent pour rallier Henri avec leurs hommes[77].

Henri est également rejoint par Rhys ap Thomas et Rhys Fawr ap Maredudd, deux figures locales importantes[77],[78]. La défection de Rhys ap Thomas est particulièrement précieuse pour Henri. Richard l'a fait lieutenant pour l'ouest du pays de Galles après qu'il a refusé de rejoindre la rébellion de Buckingham, exigeant la remise de son fils Gruffydd ap Rhys ap Thomas en gage de sûreté (bien que Rhys ait pu, selon certaines sources, se soustraire à cette demande). Henri lui offre la lieutenance de tout le pays de Galles en échange de son soutien. Il poursuit sa route par Aberystwyth, tandis que Rhys suit une autre route, plus au sud, et recrute en chemin 500 Gallois pour renforcer l'armée d'Henri, qu'il rejoint à Welshpool[79]. Henri franchit la frontière le 15 ou le 16 août et se dirige vers la ville de Shrewsbury[78].

Richard est au courant des projets d'Henri depuis le 22 juin, et il a ordonné une vigilance maximale à ses féaux[80]. Il apprend le débarquement d'Henri le 11 août, mais ses messagers mettent trois à quatre jours à informer les vassaux de Richard de la mobilisation. L'armée yorkiste commence à s'assembler le 16 août ; Norfolk part cette nuit-là pour le lieu de rassemblement choisi, Leicester. La ville d'York, bastion traditionnel de la famille de Richard, demande des instructions au roi, et se voit répondre trois jours plus tard d'envoyer 80 hommes à sa rencontre. Au même moment, Northumberland, dont les terres sont les plus éloignées de la capitale, rassemble ses hommes et fait route vers Leicester[81].

Bien que Londres soit son objectif[82], Henri ne prend pas directement le chemin de la ville. Après s'être reposées à Shrewsbury, ses troupes se dirigent vers l'est et sont rejointes par Gilbert Talbot et d'autres alliés anglais, parmi lesquels des déserteurs de l'armée de Richard. L'armée d'Henri a crû substantiellement depuis son débarquement, mais elle reste encore très inférieure en nombre à celle que peut potentiellement lever Richard. Henri traverse lentement le Staffordshire, retardant le moment de la confrontation afin de gagner davantage d'hommes à sa cause[83]. Il communique avec les Stanley depuis un bon moment, avant même d'avoir posé le pied sur le sol anglais[32], et les Stanley ont mobilisé leurs forces en apprenant l'arrivée d'Henri. Ils se placent à l'avant-garde de l'avancée d'Henri dans la campagne anglaise[84] et, à deux reprises, rencontrent secrètement le prétendant durant la traversée du Staffordshire[85]. Lors de la deuxième de ces rencontres, à Atherstone (Warwickshire), ils débattent « de la manière dont ils devraient affronter le roi Richard, dont ils avaient entendu dire qu'il se trouvait non loin de là[86] ». Le 21 août, les Stanley établissent leur camp sur les pentes d'une colline au nord de Dadlington, tandis qu'Henri établit son camp au nord-ouest, à White Moors[87].

Richard rejoint Norfolk à Leicester le 20 août, et Northumberland arrive le lendemain. L'armée royale se met en marche vers l'ouest pour couper la marche d'Henri vers Londres. Passé Sutton Cheney, Richard dirige son armée vers Ambion Hill, estimant qu'elle pourrait avoir une importance tactique, et y établit son camp[87]. Son sommeil est agité ; selon la Chronique de Croyland, au matin son visage est « plus livide et effroyable qu'à l'ordinaire[88] ».

Engagement[modifier | modifier le code]

Déroulement de la bataille
(scénario discuté, voir plus bas)
Début de la bataille : une partie de l'armée de Richard charge depuis Ambion Hill les forces d'Henri, dans la plaine. Les Stanley observent la situation au sud.
Fin de la bataille : Richard conduit un petit groupe d'hommes autour du champ de bataille et charge Henri, qui se dirige vers les Stanley. William Stanley part à la rescousse d'Henri.

L'armée yorkiste, forte d'environ 10 000 hommes, se déploie au sommet de la colline, le long de la ligne de crête, d'ouest en est[89],[90]. Les lanciers de Norfolk se trouvent sur le flanc droit, protégeant l'artillerie et environ 1 200 archers. Au centre, 3 000 fantassins forment le corps dirigé par Richard. Northumberland, avec environ 4 000 homme dont bon nombre de cavaliers, protège son flanc gauche[91],[92]. Au sommet de la colline, Richard jouit d'une vue large et complète de la région. Il peut voir les 6 000 hommes de Stanley tenir leurs positions à Dadlington Hill, au sud, et l'armée d'Henri au sud-ouest[93].

L'armée d'Henri compte très peu d'Anglais : moins d'un millier. Entre trois et cinq cents sont des exilés qui ont fui Richard[94], les autres étant les hommes de Talbot et d'autres déserteurs de l'armée de Richard. Selon l'historien John Mackie, le cœur de l'armée d'Henri est formé par 1 800 mercenaires français, conduits par Philibert de Chandée[95]. Une légende écossaise veut que des mercenaires écossais aient également fait partie de l'armée d'Henri[96], mais Mackie estime que si elle compte des Écossais, il ne peut s'agir que de quelques capitaines : les Français n'ont que du dédain pour les capacités militaires des Écossais et ne sont guère enclins à en employer en nombre[95]. Henri dirige en tout environ 5 000 hommes[89],[90], dont un nombre non négligeable de recrues galloises. Les forces de Rhys ap Thomas sont décrites comme suffisamment importantes pour pouvoir « annihiler » le reste de l'armée d'Henri[97].

Les historiens se basent sur les mentions peu précises de la batailles faites dans les anciens textes pour proposer des scénarios possibles de l'engagement, qui s'est probablement déroulé près du pied d'Ambion Hill[98],[99],[100]. Selon leurs reconstitutions, Henri commence par faire avancer ses troupes vers Ambion Hill. Alors que l'armée d'Henri contourne le marais au sud-ouest de la colline, Richard envoie un message à Stanley : il le menace d'exécuter son fils si Stanley ne se joint pas immédiatement à lui pour attaquer Henri. Stanley se contente de répondre qu'il a d'autres fils. Furieux, Richard ordonne la décapitation du jeune Stanley, mais ses officiers temporisent et suggèrent de procéder à l'exécution après la bataille, désormais imminente[101]. Henri envoie également des messagers à Stanley pour lui demander de proclamer son allégeance. Sa réponse est évasive : les Stanley viendront « naturellement », une fois qu'Henri aura donné des ordres à ses troupes et les aura préparées au combat. Il n'a d'autre choix que d'affronter seul l'armée de Richard[37].

Conscient de son inexpérience, Henri laisse le commandement de l'armée à Oxford et reste à l'arrière avec ses gardes du corps. Voyant l'armée de Richard étirée le long de la ligne de crête, Oxford choisit de conserver son armée en un bloc au lieu de la diviser en avant-garde, centre et arrière-garde. Il ordonne aux troupes de rester à moins de trois mètres de leurs bannières, craignant qu'elles se fassent encercler. Les groupes individuels se rassemblent, formant une masse unique flanquée de cavaliers sur les ailes[102].

Le choc entre les armées représenté au Bosworth Battlefield Heritage Centre.

L'artillerie de Richard harcèle les Lancastriens durant leurs manœuvres pour contourner le marais[103]. Une fois l'obstacle franchi, le corps de Norfolk et plusieurs contingents de celui du roi commencent à avancer. Les archers des deux camps commencent à tirer. Dans l'affrontement au corps à corps qui s'ensuit, les hommes d'Oxford ont le dessus ; ils tiennent bon, tandis que du côté de Norfolk, des recrues du sud de l'Angleterre s'enfuient du champ de bataille[104]. S'apercevant des difficultés de ses troupes, Richard fait signe à Northumberland de se porter à leur aide, mais l'aile de Northumberland ne bouge pas. Certains historiens, comme Horrow et Pugh, estiment que Northumberland a refusé d'agir pour des raisons personnelles[105],[106]. Ross en doute et suggère que l'étroitesse de la crête d'Ambion Hill a pu l'empêcher de joindre le combat : il aurait dû soit passer au travers de ses alliés, soit exécuter un vaste mouvement d'aile, quasiment impossible au vu des niveaux de manœuvre de l'époque[107].

À ce moment, Henri part à cheval rejoindre les Stanley. Voyant cela, Richard décide de mettre rapidement un terme au combat en tuant le chef de ses adversaires. Il conduit une charge de 800 cavaliers, contourne la mêlée et se rue vers le groupe d'Henri[108],[109]. Dans la première charge, Richard tue le porte-étendard William Brandon et porte un violent coup à la tête de John Cheyne, l'ancien porte-étendard d'Édouard IV, qui lui fait vider les étriers[110]. Les gardes du corps d'Henri entourent leur maître et parviennent à le tenir à l'écart du roi. Voyant Richard aux prises avec les hommes d'Henri et séparé de son principal corps d'armée, William Stanley entre en mouvement, conduisant ses hommes aux côtés du Tudor. En infériorité numérique, le groupe de Richard est encerclé et progressivement repoussé vers les marais[110]. Le porte-bannière de Richard, Percival Thirwell, perd ses jambes, mais continue à brandir la bannière des York jusqu'à la mort[111]. Le cheval du roi s'enfonce dans le sol meuble, forçant Richard à continuer le combat à pied[112]. Ses hommes lui offrent leurs chevaux pour lui permettre de s'enfuir, mais il refuse[113]. Les chroniqueurs s'accordent à dire que Richard combat bravement jusqu'à la fin[110],[114] ; submergé par les lanciers gallois, le dernier roi de la maison d'York meurt sur le champ de bataille[74],[111]. Lorsque la nouvelle se propage, les forces de Richard se désintègrent. Northumberland et ses hommes s'enfuient vers le nord, tandis que Norfolk est tué[110].

Après la bataille[modifier | modifier le code]

Lord Stanley remet la couronne à Henri après la bataille.

Après la bataille, la couronne de Richard est retrouvée et apportée à Henri, qui est couronné au sommet de Crown Hill, près du village de Stoke Golding. Selon Polydore Virgile, historien officiel du règne d'Henri VII, c'est Lord Stanley qui a retrouvé la couronne. Les historiens Stanley Chrimes et Sydney Anglo rejettent la légende selon laquelle elle a été découverte dans un buisson d'aubépine, cet élément n'apparaissant dans aucune source contemporaine[110]. En revanche, Ross estime qu'Henri n'aurait pas inclus l'aubépine dans ses armes si cette plante n'avait eu aucun lien avec son avènement[115]. Selon la chronique de Virgile, 100 soldats d'Henri sont tués durant la bataille, contre 1 000 du côté de Richard ; Chrimes estime qu'il s'agit d'une exagération[110]. Les corps des tués sont emportés à l'église Saint-Jacques de Dadlington pour y être inhumés[116]. Henri refuse qu'on y enterre le roi défunt : son corps est dénudé et ligoté à un cheval. On le conduit à Leicester, où il est exposé dans une église pour prouver sa mort. Deux jours plus tard, le cadavre est mis en terre dans une tombe anonyme[117]. En février 2013, des experts de l'université de Leicester annoncent avoir identifié un squelette découvert quelques mois auparavant, lors de fouilles archéologiques, comme étant celui du dernier roi Plantagenêt[118].

Henri renvoie ses mercenaires et ne conserve auprès de lui qu'une petite troupe de soldats anglais, qui forment les Yeomen of the Guard[119]. Il convainc le Parlement de déclarer illégal le règne de Richard III, bien que ce dernier apparaisse toujours comme roi de plein droit dans les annales de l'histoire de l'Angleterre. L'illégitimité des fils d'Édouard IV est également annulée, et Élisabeth d'York redevient une princesse royale[120]. Le mariage d'Élisabeth, héritière de la maison d'York, avec Henri, héritier de la maison de Lancastre, marque la fin de la querelle entre les deux maisons et l'avènement de la maison Tudor. Ce mariage n'a cependant lieu qu'après le couronnement d'Henri, lorsque son assise sur le trône est suffisante pour exclure les parents d'Élisabeth de la succession[121]. Henri convainc encore le Parlement d'antidater le début de son règne à la veille de la bataille[111], ce qui lui permet d'accuser de traîtrise ceux qui l'y ont affronté[122]. Le comte de Northumberland, qui était resté inactif pendant l'affrontement, est emprisonné, puis relâché et restauré pour pacifier le nord au nom d'Henri[123]. Le roi passe les deux premières années de son règne à se débarrasser des partisans de Richard, tout en se montrant prêt à accepter ceux qui se soumettent à lui indépendamment de leurs allégeances passées[124].

Des partisans d'Henri, les Stanley sont les mieux récompensés[59]. Le nouveau roi fait de William son chambellan et offre le titre de comte de Derby à Lord Stanley, entre autres donations et titres[125]. Il récompense le comte d'Oxford en lui rendant les terres et titres confisqués par Richard, le nommant également connétable de la Tour et amiral d'Angleterre, d'Irlande et d'Aquitaine. Il crée son père Jasper duc de Bedford[126] et rend à sa mère les terres confisquées par Richard. Il se montre un bon fils, l'installant au palais comme reine-mère et s'occupant d'elle tout au long de son règne. Ayant été déclarée femme sole par le Parlement, Margaret devient une femme puissante : elle n'est plus obligée de passer par Stanley pour gérer ses possessions[127]. Elton note que malgré ces largesses, les soutiens d'Henri à Bosworth n'en profitent qu'à court terme ; par la suite, le Roi accorde ses bienfaits à ceux qui servent au mieux ses intérêts[128].

Comme ses prédécesseurs, Henri doit faire face à des mécontentements. Deux ans après Bosworth, un prétendant nommé Lambert Simnel affirme être Édouard Plantagenêt, neveu d'Édouard IV et de Richard III. Le comte de Lincoln John de la Pole le soutient et conduit des troupes rebelles au nom de la maison d'York[123]. L'armée rebelle repousse plusieurs attaques de Northumberland avant d'affronter Henri à Stoke Field le 16 juin 1487[125]. Les troupes d'Henri, conduites par Oxford et Bedford, incluent plusieurs anciens partisans de Richard III[129],[130]. Henri remporte aisément la bataille, mais d'autres complots s'ensuivent[131]. Une nouvelle rébellion, en 1489, débute par le meurtre de Northumberland ; une note laissée près du corps le blâme pour la mort de Richard III[111].

Postérité[modifier | modifier le code]

Il existe quatre sources principales contenant des récits contemporains de la bataille de Bosworth. L'une d'elles est la Chronique de Croyland, un texte anglais écrit par un chroniqueur yorkiste se basant sur des récits de seconde main provenant de nobles et de soldats[132]. Les autres sources proviennent d'étrangers : Polydore Virgile, Jean Molinet et Diego de Valera[133],[134]. Molinet est bien disposé à l'égard de Richard[133], tandis que Diego de Valera compile son œuvre à partir de lettres de marchands espagnols[134] ; il n'est pas fiable pour Ross[99], mais d'autres historiens l'utilisent pour déduire des éléments qui ne sont pas évidents dans d'autres sources[135]. Pour Ross, le poème « The Ballad of Bosworth Field » constitue une source utile pour certains détails de la bataille[99]. La multitude de récits différents, principalement basés sur des informations de seconde ou de troisième main, est un obstacle pour les historiens qui cherchent à reconstituer la bataille[99]. Hormis son issue, très peu de détails apparaissent dans les chroniques : selon l'historien Michael Hicks, Bosworth est l'un des affrontements les plus mal décrits de la guerre des Deux-Roses[98].

La Société historique de Newport rejoue la marche d'Henri Tudor lors du 500e anniversaire de la bataille, en 1985.

Henri tente de présenter sa victoire comme un nouveau départ pour le pays[136] : il embauche des chroniqueurs pour dépeindre son règne comme une « ère moderne » débutant en 1485[137]. Selon Hicks, les œuvres de Polydore Virgile et de l'historien aveugle Bernard André, promues par les Tudor ultérieurs, ont constitué les principales sources des auteurs pendant quatre siècles[138]. La littérature Tudor offre donc un regard positif sur le règne d'Henri, dépeignant la bataille de Bosworth comme la conclusion de la guerre civile et minimisant les soulèvements ultérieurs[98]. En Angleterre, le Moyen Âge s'achève en 1485, et selon l'English Heritage, seule l'invasion normande de 1066 présente davantage d'importance dans l'histoire du pays. En représentant Richard comme un tyran bossu qui usurpa le trône en assassinant ses neveux, les historiens Tudor ajoutent un élément de mythe à la bataille, qui devient un affrontement épique entre le bien et le mal, avec une issue moralement satisfaisante[139]. Selon Colin Burrow, André est tellement pénétré de l'importance historique de la bataille qu'il la représente par une page vierge dans son ouvrage sur Henry VII en 1502[140]. Pour le professeur Peter Saccio, la bataille est effectivement unique dans l'histoire de l'Angleterre, pour la raison que « la victoire n'a pas été déterminée par ceux qui ont combattu, mais par ceux qui n'ont combattu que lorsqu'ils ont été certains d'être du bon côté[57] ».

Pour les historiens comme Adams ou Horrox, Richard n'a pas perdu la bataille pour des raisons mythiques, mais à cause de problèmes de moral et de loyauté au sein de ses troupes. La plupart des soldats ordinaires peinent à se battre pour un seigneur en lequel ils n'ont pas confiance, et certains seigneurs estiment que leur situation pourrait s'arranger si Richard est détrôné[104],[130]. Selon Adams, le seul fait d'armes chevaleresque de la bataille aura été la charge désespérée de Richard ; selon l'expression de Michael Bennet, il s'agit du « chant du cygne de la chevalerie anglaise [médiévale][111] ». Adams estime que ce point de vue est partagé par l'éditeur contemporain William Caxton, soutenu par Édouard IV et Richard III. Neuf jours après la bataille, Caxton publie Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, une histoire de chevalerie et de trahison entraînant la mort – une réponse possible aux circonstances de la mort de Richard[111].

Elton dénie toute importance à Bosworth, et rappelle que le public anglais du XXe siècle ignore largement la bataille jusqu'aux célébrations marquant son 500e anniversaire, en 1985. Pour lui, la maigreur des faits connus (l'emplacement exact de la bataille reste incertain) prouve son insignifiance pour la société anglaise. Il la considère comme une simple étape dans les luttes d'Henri pour établir son pouvoir et souligne que le jeune roi passe encore dix ans après Bosworth à pacifier les factions et les rébellions[141]. Mackie s'accorde à dire que les historiens contemporains, lassés des renversements et rétablissements de la longue guerre des Deux-Roses, ne considérèrent Bosworth que comme la dernière d'une longue série de batailles similaires. C'est à travers l'œuvre de Francis Bacon et de ses successeurs que la population commence à croire que la bataille a déterminé son avenir en « renversant un tyran »[142]. Rétrospectivement, conclut Mackie, Bosworth est notable pour avoir conduit de manière décisive sur le trône la dynastie qui régnera sur l'Angleterre pendant plus d'un siècle[143].

Bosworth vue par Shakespeare[modifier | modifier le code]

La bataille de Bosworth est un élément important de la pièce de William Shakespeare Richard III. C'est « la grande bataille » : aucun autre combat ne vient distraire le public[144] de ce duel à l'épée entre Henri Tudor et Richard III[145]. Shakespeare utilise ce duel comme une conclusion paroxystique de la pièce et de la guerre des Deux-Roses ; il lui sert également à représenter « la victoire sans équivoque du bien sur le mal[146] ». Le grand méchant de la pièce, Richard, apparaissait dans la pièce précédente de la tétralogie, Henry VI, Part 3, comme « un épéiste formidable et un chef militaire courageux », ce qui contraste avec les moyens perfides qu'il emploie pour devenir roi dans Richard III[147]. La bataille de Bosworth en elle-même n'occupe que cinq vers, mais l'action est précédée par plus de quatre cents verts qui, sur trois scènes, développent le contexte et les motivations des personnages anticipant le combat[146].

Richard III, Acte 5, scène 3 : Richard (interprété par David Garrick) s'éveille d'un cauchemar où il a vu les fantômes de ses victimes.

Le récit que fait Shakespeare de la bataille se base essentiellement sur les versions dramatiques des chroniqueurs Edward Hall et Raphael Holinshed, dérivées de la chronique de Virgile. Toutefois, le regard porté par Shakespeare sur Richard est influencé par Thomas More, dont les écrits sont fortement défavorables au dernier roi York[148]. La pièce présente donc le roi comme un personnage très négatif, Shakespeare n'ayant guère de remords à s'écarter de la fidélité historique pour favoriser la tension dramatique[149]. Ainsi, Shakespeare fait s'entretenir la mère de Richard avec Marguerite d'Anjou pour annoncer le destin de Richard et accomplir la prophétie qu'elle a proclamée dans Henri VI, alors que Marguerite d'Anjou est morte en 1482, trois ans avant la bataille[150]. Shakespeare exagère l'agitation de Richard la veille de l'affrontement, l'imaginant hanté par les fantômes de ceux qu'il a assassinés, parmi lesquels le duc de Buckingham[151]. Richard est dépeint comme torturé par sa conscience, mais il reprend confiance au fur et à mesure qu'il parle et affirme qu'il sera maléfique s'il le faut pour conserver sa couronne[152].

Le combat entre les deux armées est simulé par des bruits en coulisses (alarums) tandis que les acteurs se déplacent sur scène, déclament leurs textes et sortent. Afin de faire naître la tension avant le duel, Shakespeare demande davantage d'alarums lorsque le conseiller de Richard, William Catesby, annonce que le roi « a fait des prodiges au-dessus des forces d'un homme ». Richard ponctue son entrée avec le vers fameux : « Un cheval, un cheval ! Mon royaume pour un cheval[145] ! ». Il refuse de battre en retraite et veut continuer à tuer les doubles d'Henri jusqu'à ce que sa némésis soit morte. Rien ne permet d'affirmer qu'Henri était accompagné de cinq sosies à Bosworth ; il s'agit d'une invention de Shakespeare, inspiré par les sosies utilisés par Henri IV à la bataille de Shrewsbury en 1403, pour accroître le courage de Richard sur le champ de bataille[153]. De la même façon, le combat singulier entre Henri et Richard est une idée de Shakespeare. The True Tragedy of Richard III, une pièce antérieure, n'inclut pas un tel duel, ni même la moindre indication d'un combat sur scène[154].

The Battle of Bosworth Field, a Scene in the Great Drama of History, illustration de l'attitude moqueuse de Beckett.

Malgré les libertés prises par Shakespeare, sa version de la bataille de Bosworth sert de modèle aux manuels anglais jusqu'au XIXe siècle[155]. Cette version embellie de l'histoire, présente dans la littérature, la peinture et le théâtre, dérange l'humoriste Gilbert Abbott à Beckett[156]. Il exprime ses critiques dans un poème où il compare la vision romantique de la bataille à « une production de cinquième ordre de Richard III » : des acteurs aux costumes médiocres rejouant la bataille sur scène, tandis que les rôles secondaires traînent à l'arrière-plan, se désintéressant totalement de l'action[157].

Dans l'adaptation cinématographique de Richard III réalisée par Laurence Olivier en 1955, la bataille de Bosworth n'est pas représentée par un duel, mais par une mêlée générale qui devient la scène la plus fameuse du film, régulièrement projetée au Bosworth Battlefield Heritage Centre[158],[159]. Le film représente l'affrontement des armées York et Lancastre dans un champ ouvert, se focalisant sur des personnages au cœur de la foule furieuse avec un réalisme salué par la critique[160]. La façon dont Richard prépare ses troupes a également été louée : tandis que Richard parle à ses hommes et dessine ses plans dans le sable avec son épée, ses unités apparaissent à l'écran, s'organisant selon les lignes qu'il dessine. La combinaison d'éléments visuels et narratifs étroitement entrelacés fait de Richard un véritable conteur, qui suit l'intrigue qu'il a conçue[161]. Le critique shakespearien Herbert Coursen développe la comparaison : Richard se positionne lui-même comme un créateur d'hommes, mais meurt au cœur de la sauvagerie de ses créations[162].

Un autre film adapté de Richard III est sorti en 1995, avec Ian McKellen dans le rôle-titre. Il déplace l'intrigue dans l'Angleterre fascisante des années 1930, un choix critiqué par les historiens. Pour Adams, la version originale de Shakespeare propose une morale : faire face à son destin, aussi injuste soit-il, « avec noblesse et dignité[163] ». En réduisant cette morale avec des effets spéciaux, ce film réduit la bataille à un spectacle pyrotechnique qui n'est que le cadre de la mort d'un méchant dépourvu de profondeur[164]. Coursen juge également la bataille et la mort de Richard banales et décevantes dans cette adaptation[165].

Le champ de bataille[modifier | modifier le code]

Le mémorial.
La plaque commémorative :
« Richard le dernier
roi Plantagenêt
d'Angleterre fut tué ici
22 août 1485 »

Selon le Leicestershire County Council (en), le site officiel de la bataille se trouve sur le territoire de la ville de Market Bosworth[166]. Le conseil a engagé l'historien Daniel Williams pour étudier la bataille, et ses recherches sont utilisées en 1974 pour fonder le Bosworth Battlefield Heritage Centre[167]. Ses résultats ont toutefois été remis en question depuis. Les célébrations du 500e anniversaire de la bataille donnent lieu à un débat[166] qui voit de nombreux historiens mettre en doute l'exactitude de la thèse de Williams[168],[169]. Des recherches géologiques menées entre 2003 et 2009 par le Battlefields Trust ont notamment montré que le sol des versants sud et est d'Ambion Hill était solide au XVe siècle, contrairement à ce qu'avançait Williams, pour qui l'emplacement était marécageux[170]. Le docteur Glenn Foard, directeur des recherches[171], affirme que les échantillons de sol collectés et les pièces d'artillerie médiévale retrouvées suggèrent que la bataille a en fait eu lieu à trois kilomètres au sud-ouest d'Ambion Hill[172] (52° 34′ 41″ N 1° 26′ 02″ O / 52.578, -1.434 ()), contrairement à la croyance populaire qui la situe au pied de la colline[173],[174].

Selon l'English Heritage, la bataille a reçu le nom de Market Bosworth parce qu'il s'agissait de la localité d'importance la plus proche du champ de bataille au XVe siècle[133]. Comme le montrent les travaux du professeur Philip Morgan, une bataille peut d'abord être traitée comme un événement sans importance par une société, qui ne jugera donc pas nécessaire de la nommer. Au fil du temps, les auteurs de textes administratifs ou historiques ressentent le besoin d'identifier la bataille, en lui accolant un nom de nature généralement toponymique et basé sur des combattants ou des observateurs. Ce nom « officiel » est ensuite accepté sans remise en question par les générations ultérieures[175]. Les récits les plus anciens associent la bataille de Bosworth aux noms Brownehethe, bellum Miravallenses, Sandeford and Dadlyngton field[176]. Le plus ancien texte, un mémorandum municipal d'York datant du 23 août 1485[177], situe la bataille « sur le champ de Redemore[178] », ce que confirme une lettre de 1485-1486 qui appelle le champ de bataille « Redesmore[167] ». Selon l'historien Peter Foss, ce n'est pas avant 1510 que les textes associent la bataille au nom de Bosworth[176].

Foss est le principal défenseur de Redemore comme champ de bataille. Selon lui, le nom dérive du vieil anglais Hreod Mor, qui signifie « marais aux roseaux ». À partir de registres paroissiaux des XIIIe et XVIe siècles, il estime que Redemore est une région marécageuse située entre Ambion Hill et le village de Dadlington, proche des Fenn Lanes, une route romaine qui traverse la région d'est en ouest[167]. Pour Foard, cette route est le chemin le plus probable suivi par les deux armées pour rejoindre le champ de bataille[179]. Williams rejette l'association de Redmore à un lieu particulier : pour lui, il s'agit d'un terme générique pour décrire n'importe quelle région au sol rougeâtre ; Foss rétorque que les sources de Williams sont des rumeurs locales et des interprétations discutables des archives[180]. Il estime par ailleurs que Williams est influencé par The Battle of Bosworth-Field, ouvrage de William Hutton paru en 1788 que Foss blâme pour avoir introduit l'idée que la bataille s'est déroulée à l'ouest d'Ambion Hill, sur la rive nord de la Sence[167]. Selon Foss, Hutton a mal interprété un passage de sa source, la Chronique de Raphael Holinshed publiée en 1577. Holinshed écrit : « Le roi Richard établit son camp sur une colline appelée Anne Beame, relâchant ses soldats et prenant du repos ». Selon Foss, Hutton a compris l'expression « pitch his field » comme parlant du champ (« field ») de bataille, et en a déduit que la bataille s'est déroulée sur Anne Beame (Ambion) Hill, alors que cette expression signifie en réalité « établir son camp[180] ».

L'église Saint-Jacques-le-Majeur de Dadlington, où sont inhumés les morts de Bosworth.
Richard's Well. Selon la légende, Richard s'y serait désaltéré le jour de la bataille.

Foss cite la Chronique d'Edward Hall, publiée en 1550, pour soutenir sa théorie de Redemore. Selon Hall, l'armée de Richard est entrée dans une plaine après avoir levé le camp le lendemain. L'historien William Burton, auteur d'une Description of Leicestershire parue en 1622[167], écrit en outre que la bataille « se déroula dans une vaste plaine plate et spacieuse, à cinq kilomètres de [Bosworth], entre les villes de Shenton, Sutton [Cheney], Dadlington et Stoke [Golding][180] ». Foss estime que les deux sources décrivent ainsi une région plate au nord de Dadlington[133].

L'English Heritage, chargé de la gestion des sites historiques d'Angleterre, a utilisé les deux théories pour choisir l'emplacement de Bosworth. Sans favoriser l'une ou l'autre, une limite du champ de bataille continue a été dessinée, qui englobe les propositions de Williams et de Foss[181]. La région a changé en profondeur depuis la bataille, un processus qui a débuté très peu de temps après. Dans sa chronique, Holinshed déclare avoir trouvé un sol ferme là où il s'attendait à trouver un marais, et Burton confirme qu'à la fin du XVIe siècle, la région du champ de bataille a été enclose et aménagée pour augmenter la productivité agricole. Des arbres ont été plantés sur le versant sud d'Ambion Hill, formant le bois d'Ambion Wood. Aux XVIIIe et XIXe siècles, le canal d'Ashby traverse la région à l'ouest et au sud-ouest de la colline. Sur un remblai, une ligne de chemin de fer longe le canal[133],[182]. Le paysage subit de tels changements que lorsque Hutton se rend dans la région en 1807, il est incapable de retrouver son chemin, alors qu'il y a déjà fait un séjour en 1788[133].

Le Bosworth Battlefield Heritage Centre est construit sur Ambion Hill, près de Richard's Well. Selon la légende, Richard III aurait bu à l'une des nombreuses sources de la région le jour de la bataille[183]. En 1788, un habitant du cru désigne à Hutton l'une des sources comme étant celle de la légende ; une structure en pierre y a été par la suite érigée[116].

Au nord-ouest d'Ambion Hill, un drapeau et un mémorial marquent Richard's Field. Ce mémorial a été érigé en 1973 en suivant la théorie de Williams[184]. L'église Saint-Jacques de Dadlington est la seule structure de la région que l'on puisse lier avec certitude avec la bataille de Bosworth : les corps des hommes tombés au combat y ont été enterrés[116].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ross 1997, p. 172-173
  2. Chrimes 1999, p. 17
  3. a et b Chrimes 1999, p. 3
  4. Chrimes 1999, p. 21
  5. a et b Ross 1999, p. 192
  6. Ross 1999, p. 21
  7. Ross 1999, p. 65
  8. Ross 1999, p. 35-43
  9. Ross 1999, p. 40-41
  10. Ross 1999, p. 71-72
  11. Ross 1999, p. 63
  12. Ross 1999, p. 83-85
  13. Ross 1999, p. 88-91
  14. Ross 1999, p. 93
  15. Ross 1999, p. 94-95
  16. Ross 1999, p. 99-100
  17. Ross 1999, p. 104
  18. Ross 1999, p. 105-111
  19. Ross 1999, p. 116
  20. a et b Jones et Underwood 1993, p. 64
  21. Ross 1999, p. 112-115
  22. Ross 1999, p. 115-116
  23. a, b et c Ross 1999, p. 117
  24. Chrimes 1999, p. 26-27
  25. Ross 1999, p. 118
  26. Ross 1999, p. 196
  27. Chrimes 1999, p. 19
  28. Lander 1981, p. 324
  29. Chrimes 1999, p. 31
  30. Ross 1999, p. 144
  31. Ross 1999, p. 145-146
  32. a et b Chrimes 1999, p. 38-39
  33. Lander 1981, p. 325
  34. Harriss 2007, p. 184-185.
  35. Downing 1992, p. 159-160.
  36. Downing 1992, p. 59.
  37. a et b Chrimes 1999, p. 47.
  38. Ross 1999, p. 138.
  39. a et b Ross 1999, p. 142.
  40. Ross 1999, p. 21-22.
  41. Ross 1999, p. 44-45.
  42. Ross 1999, p. 45-47.
  43. Lander 1981, p. 327.
  44. Ross 1997, p. 289-290.
  45. Carpenter 2002, p. 210.
  46. Ross 1999, p. 168.
  47. Ross 1997, p. 226.
  48. Ross 1999, p. 35-38, 175.
  49. Ross 1997, p. 36, 181.
  50. Hicks 2002, p. 280.
  51. Carpenter 2002, p. 180.
  52. Carpenter 2002, p. 185.
  53. Ross 1999, p. 78.
  54. Carpenter 2002, p. 215.
  55. Chrimes 1999, p. 15-17.
  56. Chrimes 1999, p. 299, 301, 318.
  57. a et b Saccio 2000, p. 183.
  58. Ross 1999, p. 211.
  59. a et b Chrimes 1999, p. 54
  60. Britnell 1997, p. 101.
  61. a et b Gravett 1999, p. 15.
  62. Carpenter 2002, p. 159.
  63. Hicks 2002, p. 163.
  64. Ross 1997, p. 164.
  65. a, b et c Carpenter 2002, p. 212.
  66. Coward 1983, p. 2, 9-10.
  67. Ross 1997, p. 334
  68. Ross 1997, p. 134.
  69. Jones et Underwood 1993, p. 59.
  70. a et b Carpenter 2002, p. 216.
  71. Ross 1997, p. 409.
  72. Horrox 1991, p. 323.
  73. Chrimes 1999, p. 40-41, 342.
  74. a et b Elton 2003, p. 89.
  75. Ross 1999, p. 211-212.
  76. Elton 2003, p. 88-89.
  77. a et b Rowse 1998, p. 215.
  78. a et b Gravett 1999, p. 40.
  79. Chrimes 1999, p. 42-43.
  80. Ross 1999, p. 208-209.
  81. Ross 1999, p. 212-215.
  82. Chrimes 1999, p. 44.
  83. Ross 1999, p. 212.
  84. Gravett 1999, p. 44-45.
  85. Carpenter 2002, p. 217.
  86. Polydore Virgile, cité par Rowse, p. 217.
  87. a et b Gravett 1999, p. 45.
  88. Gravett 1999, p. 46.
  89. a et b Ross 1999, p. 215.
  90. a et b Mackie 1983, p. 52.
  91. Gravett 1999, p. 54-55.
  92. Ross 1999, p. 217-218.
  93. Ross 1999, p. 217.
  94. Chrimes 1999, p. 40.
  95. a et b Mackie 1983, p. 51.
  96. Gravett 1999, p. 34-36
  97. Ross 1999, p. 213.
  98. a, b et c Hicks 1995, p. 23
  99. a, b, c et d Ross 1999, p. 216.
  100. Gravett 1999, p. 46-52.
  101. Rowse 1998, p. 219.
  102. Chrimes 1999, p. 48.
  103. Ross 1999, p. 220-221.
  104. a et b Adams 2002, p. 19.
  105. Horrox 1991, p. 319-320.
  106. Pugh 1992, p. 49.
  107. Ross 1999, p. 221-223.
  108. Gravett 1999, p. 69.
  109. Ross 1999, p. 222.
  110. a, b, c, d, e et f Chrimes 1999, p. 49.
  111. a, b, c, d, e et f Adams 2002, p. 20.
  112. Gravett 1999, p. 73.
  113. Ross 1999, p. 224.
  114. Ross 1999, p. 225.
  115. Ross 1999, p. 52.
  116. a, b et c (en) Battlefields Trust, « Battlefield Monuments », 2004
  117. Ross 1999, p. 225-226.
  118. (en) « Richard III dig: DNA confirms bones are king's »,‎ 4 février 2013 (consulté le 5 février 2013).
  119. Mackie 1983, p. 58.
  120. Baker 2003, p. 58-59.
  121. Laynesmith 2005, p. 81.
  122. Baker 2003, p. 59.
  123. a et b Carpenter 2002, p. 222.
  124. Carpenter 2002, p. 224-225.
  125. a et b Carpenter 2002, p. 223.
  126. Chrimes 1999, p. 54-55.
  127. Jones et Underwood 1993, p. 98-99.
  128. Elton 2003, p. 78-80.
  129. Mackie 1983, p. 73.
  130. a et b Horrox 1991, p. 318.
  131. Pugh 1992, p. 52-56.
  132. English Heritage 1995, p. 6.
  133. a, b, c, d, e et f English Heritage 1995, p. 4.
  134. a et b English Heritage 1995, p. 7.
  135. English Heritage 1995, p. 8.
  136. Burrow 2000, p. 11.
  137. Carpenter 2002, p. 219.
  138. Hicks 1995, p. 28, 39.
  139. English Heritage 1995, p. 11.
  140. Burrow 2000, p. 12.
  141. Elton 2003, p. 78.
  142. Mackie 1983, p. 7
  143. Mackie 1983, p. 8.
  144. Grene 2002, p. 92.
  145. a et b Edelman 1992, p. 80.
  146. a et b Grene 2002, p. 93.
  147. Edelman 1992, p. 79.
  148. Lull et Shakespeare 1999, p. 1.
  149. Saccio 2000, p. 14.
  150. Lull et Shakespeare 1999, p. 48.
  151. Grene 2002, p. 154.
  152. Lull et Shakespeare 1999, p. 18.
  153. Edelman 1992, p. 81.
  154. Edelman 1992, p. 16-17.
  155. Mitchell 2000, p. 209.
  156. Mitchell 2000, p. 208.
  157. Mitchell 2000, p. 209-210.
  158. Davies 1990, p. 74.
  159. English Heritage 1995, p. 10.
  160. Davies 1990, p. 74-75, 135.
  161. Davies 1990, p. 75.
  162. Coursen 2000, p. 100-101.
  163. Adams 2002, p. 28.
  164. Adams 2002, p. 28-29.
  165. Coursen 2000, p. 102-103.
  166. a et b English Heritage 1995, p. 1.
  167. a, b, c, d et e English Heritage 1995, p. 2.
  168. Dunn 2000, p. 2.
  169. (en) Battlefields Trust, « Visiting the Battlefield », 2004
  170. Foard 2004, p. 21.
  171. Williamson 2008, p. 2.
  172. Foard 2010, p. 29.
  173. Wainwright 2009
  174. Walker 2009.
  175. Morgan 2000, p. 42.
  176. a et b Morgan 2000, p. 44.
  177. Foard 2004, p. 17.
  178. English Heritage 1995, p. 1-2.
  179. Foard 2004, p. 51.
  180. a, b et c English Heritage 1995, p. 3.
  181. English Heritage 1995, p. 12-13.
  182. Gravett 1999, p. 83.
  183. Gravett 1999, p. 72.
  184. English Heritage 1995, p. 12

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Ouvrages :

  • (en) Michael Adams, Echoes of War: A Thousand Years of Military History in Popular Culture, University Press of Kentucky,‎ 2002 (ISBN 978-0-8131-2240-3)
  • (en) John Baker, The Oxford History of the Laws of England 1483-1558, Oxford University Press, coll. « The Oxford History of the Laws of England » (no VI),‎ 2003 (ISBN 0-19825-817-8)
  • (en) Richard Britnell, The Closing of the Middle Ages? England, 1471-1529, Blackwell Publishing,‎ 1997 (ISBN 978-0-631-16598-9)
  • (en) Colin Burrow, The Cambridge Companion to English Literature, 1500-1600, Cambridge University Press,‎ 2000 (ISBN 0-52158-758-1)
  • (en) Christine Carpenter, The Wars of the Roses: Politics and the Constitution in England, c. 1437-1509, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Medieval Textbooks »,‎ 2002 (1re éd. 1997) (ISBN 0-52131-874-2)
  • (en) Stanley Chrimes, Henry VII, Yale University Press, coll. « Yale English Monarchs »,‎ 1999 (1re éd. 1972) (ISBN 0-30007-883-8)
  • (en) Herbert Coursen, « Three Films of Richard III », dans Russell Jackson, The Cambridge Companion to Shakespeare on Film, Cambridge University Press,‎ 2000, 4e éd. (ISBN 0-52163-975-1)
  • (en) Barry Coward, The Stanleys, Lords Stanley, and Earls of Derby, 1385-1672: The Origins, Wealth, and Power of a Landowning Family, Manchester University Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-7190-1338-6)
  • (en) Anthony Davies, Filming Shakespeare's Plays: the Adaptations of Laurence Olivier, Orson Welles, Peter Brook and Akira Kurosawa, Cambridge University Press,‎ 1990 (ISBN 978-0-521-77341-6)
  • (en) Anthony Davies, « The Shakespeare Films of Laurence Olivier », dans Russell Jackson, The Cambridge Companion to Shakespeare on Film, Cambridge University Press,‎ 2000, 4e éd. (ISBN 0-52163-975-1)
  • (en) Brian Downing, The Military Revolution and Political Change: Origins of Democracy and Autocracy in Early Modern Europe, Princeton University Press,‎ 1992 (1re éd. 1991) (ISBN 978-0-691-02475-2)
  • (en) Diana Dunn, War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool University Press,‎ 2000 (ISBN 0-85323-885-5)
  • (en) Charles Edelman, Brawl Ridiculous: Swordfighting in Shakespeare's Plays, Manchester University Press,‎ 1992 (ISBN 978-0-7190-3507-4)
  • (en) Geoffrey Elton, Studies in Tudor and Stuart Politics and Government: Volume 4, Papers and Reviews 1982-1990, Cambridge University Press,‎ 2003 (1re éd. 1992) (ISBN 0-52153-317-1)
  • (en) Christopher Gravett, Bosworth 1485: Last Charge of the Plantagenets, Osprey Publishing, coll. « Campaign » (no 66),‎ 1999 (ISBN 1-85532-863-1)
  • (en) Nicholas Grene, Shakespeare's Serial History Plays, Cambridge University Press,‎ 2002 (1re éd. 2001) (ISBN 978-0-521-77341-6)
  • (en) Gerald Harriss, Shaping the Nation: England 1360-1461, Oxford University Press,‎ 2007 (1re éd. 2005) (ISBN 978-0-19-921119-7)
  • (en) Michael Hicks, « The Sources », dans Anthony Pollard, The Wars of the Roses, MacMillan Press,‎ 1995 (ISBN 0-333-60166-1)
  • (en) Michael Hicks, Warwick the Kingmaker, Blackwell Publishing,‎ 2002 (1re éd. 1998) (ISBN 978-0-631-23593-4)
  • (en) Rosemary Horrox, Richard III: A Study of Service, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Medieval Life and Thought »,‎ 1991 (1re éd. 1989) (ISBN 0-52140-726-5)
  • (en) Michael Jones et Malcolm Underwood, The King's Mother: Lady Margaret Beaufort, Countess of Richmond and Derby, Cambridge University Press,‎ 1993 (ISBN 978-0-521-44794-2)
  • (en) Jack Lander, Government and Community: England, 1450-1509, Harvard University Press,‎ 1981 (1re éd. 1980) (ISBN 978-0-674-35794-5)
  • (en) Joanna Laynesmith, The Last Medieval Queens: English Queenship 1445-1503, Oxford University Press,‎ 2005 (1re éd. 2004) (ISBN 978-0-19-927956-2)
  • (en) Janis Lull et William Shakespeare, King Richard III, Cambridge University Press, coll. « The New Cambridge Shakespeare »,‎ 1999 (ISBN 0-52127-632-2)
  • (en) John Mackie, The Earlier Tudors, 1485-1558, Oxford University Press, coll. « Oxford History of England » (no 7),‎ 1983 (1re éd. 1952) (ISBN 0-19821-706-4)
  • (en) Rosemary Mitchell, Picturing the Past: English History in Text and Image, 1830-1870, Oxford University Press,‎ 2000 (ISBN 978-0-19-820844-0)
  • (en) Philip Morgan, « The Naming of Battlefields in the Middle Ages », dans Diana Dunn, War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool University Press,‎ 2000 (ISBN 0-85323-885-5)
  • (en) Thomas Pugh, « Henry VII and the English Nobility », dans George Bernard, The Tudor Nobility, Manchester University Press,‎ 1992 (ISBN 0-71903-625-9)
  • (en) Charles Ross, Edward IV, Yale University Press, coll. « Yale English Monarchs »,‎ 1997 (1re éd. 1974) (ISBN 0-30007-372-0)
  • (en) Charles Ross, Richard III, Yale University Press, coll. « Yale English Monarchs »,‎ 1999 (1re éd. 1981) (ISBN 0-30007-979-6)
  • (en) Alfred Rowse, Bosworth Field and the Wars of the Roses, Wordsworth Military Library,‎ 1998 (1re éd. 1966) (ISBN 1-85326-691-4)
  • (en) Peter Saccio, Shakespeare's English Kings: History, Chronicle, and Drama, Oxford University Press,‎ 2000, 2e éd. (1re éd. 1977) (ISBN 978-0-19-512319-7)

Périodiques :

  • (en) Glenn Foard, « Discovering Bosworth », British Archaeology, Council for British Archaeology, no 112,‎ mai-juin 2010 (ISSN 1357-4442)
  • (en) Tom Williamson, « Foreword », The Prospect, University of East Anglia: Landscape Group, no 8,‎ 2008 (lire en ligne [PDF])

Sources en ligne :

Liens externes[modifier | modifier le code]