Titulus

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Titulus de Pyramus, le cubicularius de Lucius Vitellius l'ancien

Un titulus (mot latin) est une inscription apposée sur tout type de support durant l'Antiquité.

Le titulus de la cérémonie du triomphe[modifier | modifier le code]

La photo représente une partie de l'arc de triomphe de l'empereur Titus, sur le forum Romain, érigé en l'honneur de sa victoire en Judée en l'an 70 ap. J.-C.. Des légionnaires sont représentés en train de porter chacun un titulus ; au milieu le chandelier juif à 7 branches ou ménora

Le titulus est le cartel ou l'affiche accrochée au bout d'un long bâton porté par les légions romaines lors de la cérémonie du triomphe pour indiquer à la foule, le nom des légions, le nombre de prisonniers, la quantité du butin, les noms des villes et des pays soumis. Les renseignements y étaient écrits en gros caractères[1].

Le titulus des condamnés[modifier | modifier le code]

Le titulus, était aussi un petit écriteau qui énonçait le crime de la victime durant l'antiquité. Fixé habituellement sur un bâton, il était porté à l'avant du cortège du futur supplicié en sortant de la prison, et plus tard cloué sur la croix, ou le poteau de supplice, au-dessus de la tête.

Jésus et le titulus[modifier | modifier le code]

Il serait à l'origine de l'erreur de représentation de la Croix du Christ. Ce support cloué au-dessus de la croix, sur le patibulum, lui aurait donné un peu la forme caractéristique de la croix latine alors qu'en réalité le Christ semblerait avoir été (d'après les derniers travaux scientifiques[réf. nécessaire]) crucifié sur une croix en T. Ponce Pilate aurait fait mettre sur le titulus de la Vraie Croix un texte en latin (Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum), hébreu et grec :

« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »

Les grands prêtres demandèrent au Procurateur romain de rajouter, cet homme a dit « je suis le roi des Juifs ». Pilate répondit : « ce que j'ai écrit, je l'ai écrit » (Évangile de saint Jean chapitre 19, verset 22[2]). Par la suite, les représentations chrétiennes ont transformé le texte en se limitant aux initiales I.N.R.I, (en latin I et J sont la même lettre).

Le titulus commercial[modifier | modifier le code]

Titulus apposé sur la façade d'une maison romaine, Pompéi, mars 2004

Le titulus est aussi une inscription à caractère commercial (on spécifie par exemple l'origine du produit, le destinataire, le contenu, etc.). Il peut être réalisé sur un objet (des amphores par exemple) et sont fréquents sur les récipients de l'époque romaine. De même on retrouvait cette pratique sur les maisons. Le titulus pouvait être aussi, durant l'antiquité, une affiche ou un écriteau que l'on accrochait à une maison pour indiquer qu'elle était à louer ou à vendre[3] ; d'où l'expression mittere Lares sub titulum[4], ce qui signifie « afficher qu'une maison est en vente » (mot à mot : « mettre les dieux domestiques Lares sous un écriteau »). Il indiquait les informations suivantes : le prix ou les détails de l'affaire concernant la location. La formule se composait de ces deux mots : EST LOCANDA et est toujours en usage à Rome à l'heure actuelle.

Lieux de culte chrétien à Rome[modifier | modifier le code]

Dans la ville de Rome, titulus désigne le nom donné aux maisons privées transformées en lieux de cultes paléochrétiens - également appelées domus ecclesiae - d'après le nom du propriétaire du lot ou de l'immeuble assigné à cet usage, nom qui sera progressivement remplacé par des noms de saints ou d'évêques romains. Ces lieux de cultes domestiques préfigurent les églises et basiliques chrétiennes qui apparaissent à partir du IVe siècle. Les actes du synode romain de 499 mentionnent 25 tituli correspondant à des districts de Rome, établissant ainsi un découpage administratif de l'Église romaine. Le mot titre est encore utilisé dans la dénomination de certains cardinaux romains[5].

La liste des vingt-cinq tituli a été établie par Louis Duchesne[6] à partir des actes de deux synodes romains : celui du 1er mars 499, sous le pontificat de Symmaque, et celui du 5 juillet 595, sous le pontificat de Grégoire.

Titulus Église titulaire Titre cardinalice Regio
Crescentianae San Sisto Vecchio San Sisto I
Byzanti ou Pammachii Santi Giovanni e Paolo Saint-Jean-Saint-Paul II
Aemilianae (?) Quatre-Saints-Couronnés Quatre-Saints-Couronnés II
Clementis Saint-Clément-du-Latran Saint-Clément III
Apostolorum Saints-Apôtres Saints-Apôtres III
Equitii ou Sylvestri San Martino ai Monti Santi Silvestro e Martino ai Monti III
Praxedis Santa Prassede Sainte-Praxède V
Eusebii Sant'Eusebio Saint-Eusèbe V
Prudentis Santa Pudenziana Santa Pudenziana V
Vestinae San Vitale Santi Vitale, Valeria, Gervasio e Protasio VI
Gai (?) (?) VI
Cyriaci (?) (?) VI
Marcelli San Marcello al Corso (?) VII
Lucinae San Lorenzo in Lucina San Lorenzo in Lucina IX
Damasi San Lorenzo in Damaso San Lorenzo in Damaso IX
Marci San Marco Evangelista al Campidoglio San Marco IX
Anastasiae Sant'Anastasia al Palatino Sainte-Anastasie XI
Fasciolae (?) Santi Nereo e Achilleo Santi Nereo e Achilleo XII
Sabinae Sainte-Sabine Sainte-Sabine XIII
Priscae Santa Prisca Santa Prisca XIII
Iulii ou Calisti Sainte-Marie-du-Trastevere Sainte-Marie-du-Trastevere XIV
Caeciliae Sainte-Cécile-du-Trastevere Sainte-Cécile-du-Trastevere XIV
Chrysogoni San Crisogono Saint-Chrysogone XIV
Matthaei San Matteo in Merulana San Matteo in Merulana (?)
Nicomedis (?) (?) (?)

Autres définitions[modifier | modifier le code]

De façon générale, il s'agit aussi d'une épigraphe où tout autre type d'inscription sur des monuments, des bâtiments, des vases, objets divers...

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ovide, Les Tristes, IV, 2, 20
  2. traduction Bible de Jérusalem)
  3. Pline le Jeune, Ep. VII, 27, 7
  4. Ovide, Remèdes à l'amour, 303 ; cf. Tibulle, Élégies [détail des éditions] [lire en ligne], II, 4, 54.
  5. exemple : cardinal du titre des Quatre-Couronnés, cardinal du titre du Sacré-Cœur de Jésus, ...
  6. (fr) Louis Duchesne, « Notes sur la topographie de Rome au moyen-âge : II. Les titres presbytéraux et les diaconies », Mélanges d'archéologie et d'histoire, VII (1887), n° 7, pp. 217-243 (consulté le 10 octobre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]