Erich Maria Remarque

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Erich Maria Remarque

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Erich Maria Remarque

Activités Romancier
Naissance 22 juin 1898
Osnabrück, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès 25 septembre 1970 (à 72 ans)
Locarno, Drapeau de la Suisse Suisse
Langue d'écriture Allemand

Erich Maria Remarque, né Erich Paul Remark[1], né le 22 juin 1898 à Osnabrück et mort le 25 septembre 1970 à Locarno, Suisse, est un écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande en juillet 1938.

Son livre À l'Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), roman pacifiste sur la Première Guerre mondiale, connut, dès sa parution en 1929, un succès mondial retentissant et reste un ouvrage-phare sur le premier conflit mondial. Ce livre fut brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne. Remarque s'exila en Suisse, puis aux États-Unis et y obtint sa naturalisation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Erich Paul Remark est le fils de Peter Franz Remark (relieur) et de Anna Maria (née Stallknecht). À la fin de ses années de la Volksschule (école obligatoire) (1904-1912), il fréquente le séminaire catholique de formation des maîtres. Après avoir passé ses examens dans l'urgence, il est incorporé dans l'armée en 1916 et envoyé sur le front de l'Ouest en juin 1917, où il est blessé dès la fin juillet par des éclats de grenade, au cou et aux membres. Bien que dans son célèbre roman, À l'Ouest, rien de nouveau, le héros Paul Bäumer soit un engagé volontaire, Remarque est mobilisé et non pas volontaire. Le 9 septembre de cette même année, sa mère meurt d'un cancer.

À la fin de la guerre, en 1918, il se retrouve à l'hôpital militaire de Duisbourg. Le 5 janvier 1919, il est démobilisé et renonce officiellement à toute médaille ou décoration. Le 14 février, son père se remarie avec Maria Anna Henrika Bahlmann. Remarque passe son habilitation à l'enseignement et le 1er août 1919, commence une carrière d'instituteur qui le mène à Lohne (près de Lingen), puis à Klein Berssen (Emsland) dès mai 1920 et enfin à Nahne (qui depuis 1972 fait partie d'Osnabrück) en août 1920. Cette carrière s'achève le 20 novembre 1920. Son premier roman de jeunesse, La Baraque de rêve (Die Traumbude), est un échec. Il s'essaie alors à divers emplois à Osnabrück, comme comptable, vendeur de pierres tombales, professeur de piano, organiste, libraire[2].

Il se fait appeler Erich Maria Remarque dès 1924, le changement de prénom, « Maria », datant de novembre 1922. Ce changement de prénom est un hommage à sa mère bien que sa belle-mère prenne cet hommage pour elle. Il aurait cependant avoué à d'anciens amis de collège que c'était un hommage à Rainer Maria Rilke.

Journalisme et aventure amoureuse[modifier | modifier le code]

Il devient journaliste à la Osnabrücker Tages-Zeitung, l'Echo-Continental (journal de l'entreprise du même nom), Hanovre (1922) et Sport im Bild, Berlin (1924). Il utilise son nom de plume complet, Erich Maria Remarque, dès 1925. À Hanovre, il publie divers papiers sous cette signature dans des journaux et hebdomadaires. Le 14 octobre 1925, il épouse Ilse Jutta Jeanne Zambona (née le 15 août 1901 à Hildesheim et morte en 1975). Il s'habille alors avec élégance, porte monocle et rêve de s'intégrer dans la société bourgeoise. En 1926, il achète le titre de Baron de Buchenwald pour 500 Reichsmarks à un noble ruiné, Hugo von Buchenwald, qui l'adopte afin de lui transmettre le titre[2].

À l'Ouest, rien de nouveau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : À l'Ouest, rien de nouveau.

Le 1er février 1927, il quitte l'Église catholique et sa femme Ilse Jutta Zambona. Vers la fin de l'année, il commence l'écriture d’À l'Ouest, rien de nouveau (en allemand Im Westen nichts Neues). En mars 1928, l'éditeur S. Fischer refuse de publier le roman, mais en août, Ullstein l'accepte et signe un contrat avec Remarque qui est alors responsable du contenu éditorial de Sport im Bild qu'il quittera le 15 novembre. Le 29 janvier 1929, Remarque vit à Davos jusqu'en avril ; c'est alors que la presse nationaliste allemande prétend qu'il est juif et que son vrai nom est Kramer (anagramme de Remark). Le Polonais Sigismond Cybichowski suggère le nom de Remarque pour le prix Nobel de littérature[3]. Cette même année, il entreprend l'écriture d'Après (Der Weg zurück).

1930 commence par son divorce avec Ilse Jutta Zambona, puis en mars est publié L'Ennemi (Der Feind). Le 29 avril, c'est la première aux États-Unis de l'adaptation cinématographique d'À l'Ouest, rien de nouveau de Lewis Milestone. Le film sort le 4 décembre en Allemagne, des émeutes dans les cinémas sont organisées par Joseph Goebbels et les sympathisants du parti nazi. Le 11 décembre, le film est interdit en Allemagne par le Film-Oberprüfstelle, le comité de censure cinématographique de l'époque. Lewis Milestone est récompensé par 2 oscars (celui du meilleur réalisateur et du meilleur film) la même année.

En 1931, le professeur Sigismond Cybichowski suggère son nom et celui de Nicholas Butler pour le prix Nobel de la paix[4]. Cette année-là, il pétitionne contre l'interdiction du film À l'Ouest, rien de nouveau et il achète la maison Casa Monte Tabor à Porto Ronco en Suisse.

Exil[modifier | modifier le code]

En 1933, après quelques démêlés judiciaires orchestrés par les nazis en 1932, Remarque quitte l'Allemagne. Il offre l'asile dans sa maison de Porto Ronco, en Suisse, à ceux qui fuient l'Allemagne nazie, comme Hans Sochaczewer. En mai, on retrouve dans sa propriété le cadavre du journaliste juif Felix Manuel Mendelssohn. On soupçonne les nazis de cet assassinat. À Berlin, les livres de Remarque sont brûlés sur la place publique comme ceux d'Adrienne Thomas et d'Heinrich Heine. Il commence à écrire Trois camarades en 1934, l'année suivante un envoyé de Hermann Göring lui rend visite à Porto Ronco pour le convaincre de rentrer en Allemagne, ce qu'il refuse[2].

La première de The Road Back de James Whale, d'après son roman Der Weg zurück, a lieu le 17 juin 1937. Il reçoit un passeport de la république de Panama pour lui-même et Ilse Jutta Zambona. En septembre, il rencontre Marlene Dietrich à Venise et se lie d'amitié avec Josef von Sternberg. Il passe ensuite quelques mois à Paris et part pour Vienne en décembre.

En 1938, il épouse une seconde fois Ilse Jutta Zambona et entreprend l'écriture de Liebe Deinen Nächsten. La première de Trois camarades, adaptation de son roman Drei Kameraden, a lieu le 20 mai. En juillet, il est déchu de sa nationalité allemande, Ilse le sera en novembre. À Porto Ronco, il entreprend l'écriture d'Arc de Triomphe en décembre. En mars 1939, il se rend aux États-Unis, pendant deux mois, il visite New York, Chicago et Los Angeles. Remarque rentre en Europe en juillet et passe l'été à Antibes avec Marlène Dietrich et son clan.

Émigrant aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Fin août 1939, il part pour les États-Unis, à bord du Queen Mary puis se rend à Los Angeles, où il est à nouveau en compagnie de Marlene Dietrich, mais se lie d'amitié avec Elisabeth Bergner, Paul Czinner, Orson Welles, Igor Stravinsky, Arthur Rubinstein, Bertolt Brecht et bien d'autres grands de l'industrie cinématographique ainsi que des émigrants allemands.

En 1940, il rencontre pour la première fois Paulette Goddard et Greta Garbo alors qu'il se brouille avec Marlene Dietrich. Dès lors, Remarque travaille intensément pour le cinéma. Il rencontre également des représentants du gouvernement américain avec lequel il discute d'un possible ouvrage contre le fascisme. En 1944, l'Office of Strategic Services (OSS) tente de le convaincre de s'engager dans la propagande en Europe.

L'année précédente, une de ses sœurs, Elfriede Scholz, condamnée à mort en Allemagne pour « atteinte au moral de l'armée », avait été décapitée à Plötzensee le 16 décembre 1943[5].

Après guerre, les films basés sur ses œuvres se succèdent. Il revient en Europe en 1948, à Paris, Porto Ronco et Rome avant de rentrer aux États-Unis. Le 20 mai 1957, il divorce une seconde fois d'Ilse Jutta Zambona. Le 25 février 1958, il épouse l'actrice américaine Paulette Goddard à Branford (Connecticut).

Retour en Europe[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1960, il rentre en Europe et ne retourne aux États-Unis qu'épisodiquement. Il voyage beaucoup, écrit et est interviewé par nombre de journalistes. Il meurt le 25 septembre 1970 à Locarno, et repose dans le cimetière de Ronco sopra Ascona. Sa veuve, Paulette Goddard, qui lui survit pendant vingt ans, édite son dernier roman, Shadows in Paradise, en 1971.

Sa villa : la Casa Monte Tabor[modifier | modifier le code]

Les efforts pour lever la somme de 6 millions de francs suisses (7 millions de dollars) afin de sauver de la destruction la villa d'Erich Maria Remarque, au bord du lac Majeur, vont bon train. Le but est de la transformer en musée et en résidence d'artistes axé sur la créativité, la liberté et la paix (selon les dernières volontés de Paulette Goddard)[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Toutes ses œuvres sont profondément marquées par sa vie, et elles peuvent être considérées comme des autobiographies romancées.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1930 : À l'Ouest, rien de nouveau (All Quiet on the Western Front) de Lewis Milestone. Scénario de George Abbott d’après le roman éponyme d’Erich Maria Remarque Im Westen Nichts Neues
  • 1937 : The Road Back de James Whale. Scénario de Charles Kenyon, E.M. Remarque, d’après son roman Der Weg zurück, et R.C. Sherrif
  • 1938 : Trois camarades (Three Camarades) de Frank Borzage. Scénario de F. Scott Fitzgerald, Edward E. Paramore Jr et E.M. Remarque, d’après son roman Drei Kameraden (Les Camarades)
  • 1941 : Ainsi finit notre nuit (So Ends Our Night) de John Cromwell. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman Liebe deinen Nächsten (Les Exilés), et Talbot Jennings
  • 1947 : L’Orchidée blanche (The Other Love) d’André De Toth. Scénario de Beyond, Ladislas Fodor et Harry Brown d’après E.M. Remarque
  • 1948 : Arc de Triomphe (Arch of Triumph) de Lewis Milestone. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman éponyme, Lewis Milestone et Harry Brown
  • 1955 : La Fin d’Hitler/Le Dernier Acte (Der Letzte Akt) de Georg Wilhelm Pabst. Scénario de Fritz Habeck, M.A.Mussano, d’après son roman Ten Days To Die, et E.M. Remarque
  • 1958 : Le Temps d'aimer et le temps de mourir (A Time to Love and a Time to Die) de Douglas Sirk. Scénario d’Orin Jannings et E.M. Remarque, d’après son roman Zeit zu leben und Zeit zu sterben (Un temps pour vivre, un temps pour mourir). Remarque apparaît dans ce film comme acteur (Le Professeur Pohlman)
  • 1977 : Bobby Deerfield de Sydney Pollack. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman Der Himmel kennt keine Günstlinge (Le Ciel n’a pas de préférés) et Alvin Sergent
  • 1979 : À l'Ouest, rien de nouveau (All Quiet on the Western Front). Téléfilm de Delbert Mann. Scénario de Paul Monash et E.M. Remarque
  • 1985 : Arch of Triumph. Téléfilm de Waris Hussein, scénario de Charles E. Israël et E.M. Remarque

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un mythe, en partie propagé par les nazis, prétend qu'il s'appelait « Erich Maria Kramer » et que « Remarque » ne serait que la forme francisée de ce nom inversé ; cf. Brian Murdoch, The Novels of Erich Maria Remarque: Sparks of Life, Boydell & Brewer, 2006, p. 2-3. Ce mythe est par exemple repris dans la notice introductive à la traduction française de À l'Ouest, rien de nouveau, parue dans la collection « Livre de Poche » (ISBN 978-2-253-00670-1).
  2. a, b et c Biographie en anglais sur le site du Erich Maria Remarque-Peace Center Osnabrück.
  3. Voir la base de données du prix Nobel.
  4. The Nomination Database for the Nobel Prize in Peace, 1931 ; Nobelprize.org
  5. Rapporté par Michel Tournier en préface de la traduction française parue chez Gallimard (2000) de Un temps pour vivre, un temps pour mourir.
  6. (de) La villa d'Erich Remarque en danger sur swissinfo.ch (novembre 2010).
  7. Paru aussi sous le titre L’Île d’espérance aux éditions Plon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]