Charles Duits

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Charles Duits (1925-1991) est un peintre et écrivain français lié au surréalisme, poète, romancier de science-fiction et de romans érotiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Duits est né à Neuilly-sur-Seine le 30 octobre 1925 d'une mère américaine et d'un père néerlandais. Réfugié aux États-Unis au début de la Seconde Guerre mondiale, il fréquente le collège d'Andover puis l'Université Harvard. Ses lectures préférées sont alors Rimbaud et Lautréamont mais la rencontre qui bouleversera sa vie est celle du « pape » du surréalisme, André Breton, qui se prendra aussitôt d'affection pour Charles Duits et avouera son admiration pour le style du poète. « Je ne doute pas un instant que le message essentiel que j'aurai passé ma vraie vie à guetter, à saisir par bribes, que ce message passe actuellement par vous… » déclara Breton, « … il est impossible d'exprimer la surprise que j'éprouvais, presque la frayeur, lorsque je compris que Breton me considérait spontanément comme son égal et donc comme celui des Olympiens. » écrivit ensuite Charles Duits.

Charles Duits se liera à New York avec une multitude d'artistes, dont Marcel Duchamp et surtout, le peintre Matta. Son expérience de ce milieu est décrite dans son livre André Breton a-t-il dit passe.

Le 6 décembre 1948, de retour en France, Charles Duits témoigne d'une apparition. Parcourant un Évangile appartenant à sa mère il se vit soudain transporté au côté de Marie, au seuil du tombeau. Malgré cette apparition Charles Duits ne se convertira pas au catholicisme.

Grâce à son ami le sculpteur David Hare, proche des Amérindiens, il découvrira ensuite le peyotl, cette plante mexicaine de la famille des Cactaceae. Cette plante est réputée pour ses alcaloïdes psychoactifs, en particulier la mescaline. Charles Duits en expérimenta les effets de nombreuses fois et déclarera en 1956 « le Peyotl a donne un but a mon existence ». « Le peyotl me révélait le monde enfin réel, et réel parce que plein de sens, gorgé de sens comme un fruit l'est de saveur » dira-t-il. Il l'appelle alors son « illimitateur de conscience » car, dit-il, « le peyotl ne fait aucunement voir, il supprime, provisoirement, une obstruction qui, ordinairement, empêche de voir ». Il affirmait également : « Tant que nous ne sommes pas toujours ce que nous sommes sous l'influence du peyotl, nous ne sommes rien[…]. Comme le maître traditionnel, le peyotl nous enseigne donc à nous passer de lui »[1]

Grand lecteur de Victor Hugo, une de ses citations favorites était « Soyons l'immense oui » (Les Contemplations)[2].

Mais face à Victor Hugo, Charles Duits admirait aussi Paul Valéry et s'était intéressé à la philosophie occidentale, jusqu'à participer à des cercles proches de Georges Bataille durant les années 1960. La rigueur, le sens du mot juste, le refus de sombrer dans un mysticisme vague, caractérisent cette œuvre.

Les œuvres de Charles Duits peuvent être difficiles à se procurer. Il renoncera de son vivant à essayer de faire publier l'œuvre ultime et si profonde qu'une voix lui dictait, disait-il. Il renoncera aussi à se faire soigner de la maladie dont il mourra le 4 avril 1991 .

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Le Mauvais mari, Les Éditions de Minuit, Paris.
  • 1967 : Le Pays de l'éclairement, Denoël, Paris. Réédition (1994) Le bois d'Orion, L'Isle-sur-la-Sorgue. (ISBN 9782909201054)
  • 1969 : André Breton a-t-il dit passe, les Lettres nouvelles, Paris. Réédition chez Maurice Nadeau en 1991.
  • 1970 : La Salive de l'éléphant, E. Losfeld, Paris.
  • 1971 : Les Miférables, E. Losfeld, Paris.
  • 1971 : Ptah Hotep, Denoël, Paris. Réédité en 1980 dans la collection « Présence du futur » en deux volumes.
  • 1974 : La Conscience démonique, Denoël, Paris. Réédition augmentée (1994), Le bois d'Orion, L'Isle-sur-la-Sorgue. (ISBN 9782909201061)
  • 1975 : Victor Hugo : le grand échevelé de l'air, P. Belfond, coll. « Mandala », Paris (ISBN 2-7144-3803-2)
  • 1978 : Nefer, H. Veyrier, coll. « Les Singuliers », Paris (ISBN 2-85199-167-1)
  • 1993 : Fruit sortant de l'abîme, Le Bois d'Orion, L'Isle-sur-la-Sorgue. (ISBN 9782909201023). Préface d'Ivan Alechine
  • 1994 : « Vision et hallucination : l'expérience du peyotl en littérature », sous la direction de Christian Le Mellec, Question de, no 95.
  • 1994 : La Vie le fard de Dieu : journal 1968-1971, Le Bois d'Orion, L'Isle-sur-la-Sorgue (ISBN 9782909201085). Préface de Christian Le Mellec
  • 1999 : La Salive de l'éléphant, suivi de Les Miférables, J. Losfeld, Éd. Blanche, Paris (ISBN 2-84412-024-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Question de" no 95, Albin Michel, p. 19
  2. "Question de" no 95, Albin Michel, note 25

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