Pachamama

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Représentation de Pachamama dans la cosmologie selon Juan de Santa Cruz Pachacuti Yamqui Salcamayhua (1613), d'après une image dans le Temple du Soleil (Qurikancha) à Cusco.

La Pachamama (Terre-Mère), étroitement liée à la fertilité dans la cosmogonie andine, est la déesse-terre dans certaines cultures présentes essentiellement dans l'espace correspondant à l'ancien empire inca. La figure de Pachamama est particulièrement forte chez les peuples Aymara et Quechua. Elle constitue une déesse majeure de la culture pré-inca Tiwanaku en Bolivie.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

La culture inca ne distingue pas l'espace et le temps ; l'espace-temps est appelé « pacha », en quechua et en aymara[1],[2],[3]. Le nom de Pachamama est intimement associé à ce concept. Les Incas réalisaient en l'honneur de Pachamama, des sacrifices de vigognes.

Avec l'arrivée des Espagnols, l'imposition du Christianisme et l'influence du métissage, la Pachamama a commencé à régresser et à être remplacée par l'image de la Vierge Marie.

Actuellement la tradition de l'offrande se maintient et se pratique toujours, principalement dans les communautés quechuas et aymaras, à travers une offrande appelée Challa ou Pago. La Terre-Mère est considérée comme un être vivant. Elle est à la base de tout : être vivants, végétaux, minéraux, textile, technologie, etc. Il convient donc de lui faire des cadeaux pour s'attirer ses bonnes grâces. Ainsi, on creuse un trou dans le sol, pour y déposer de la nourriture, de la bière et des feuilles de coca, à l'attention de Pachamama ou la Vierge Marie selon ses croyances.

Rituel de Pachamama[modifier | modifier le code]

Rituel d'offrande à la Pachamama.

Au nord-ouest de l’Argentine, aux abords de la Bolivie, dans la Province de JujuyHumahuaca notamment), le rituel de Pachamama s’effectue durant tout le mois d’août.

Ce rituel s’organise entre tous les membres d’un village. Le lieu choisi est généralement dégagé et au point culminant de la ville. Le rituel de Pachamama vise à remercier la Terre pour les offrandes qu'elle nous a accordées durant l’année passée. On la sollicite également pour que l’année à venir soit fructueuse.

Tour à tour les hommes et les femmes creusent un trou, appelé « la Boca », en référence à la bouche de la Terre. Ils considèrent que c’est un canal qui va directement au cœur de la Terre. Une fois la bouche creusée, chacun d’entre eux allume deux cigares qu’ils disposent tout autour de l'orifice. La fumée qui s’en dégage sert à purifier l’environnement et à chasser les mauvais esprits.

Les personnes présentes doivent à leur tour fumer pour montrer qu'elles sont saines. En suivant, ils remercient la Terre en lui versant en son centre une eau bénite. Chacun à son tour, ils se mettent à genoux devant la bouche en la nourrissant de céréales, de feuilles de coca et de nombreux alcools dont la chicha (bière de maïs). L’alcool symbolise le fait que grâce à la Terre, l’Homme peut s’amuser et profiter de la vie.

Une fois tout le monde passé et tous les alcools consommés, ils nourrissent la bouche une dernière fois d’un mélange de purée de maïs et ils la referment chacun un petit peu en priant.

À la suite, les hommes se mettent à jouer de la musique autour de la Boca et tout le monde chante en l’honneur de Pachamama.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Atuq Eusebio Manga Qespi, Instituto de lingüística y Cultura Amerindia de la Universidad de Valencia. Pacha: un concepto andino de espacio y tiempo. Revísta española de Antropología Americana, 24, p. 155-189. Edit. Complutense, Madrid. 1994
  2. Stephen Hart, Peruvian Cultural Studies:Work in Progress
  3. Paul Richard Steele, Catherine J. Allen, Handbook of Inca mythology, p. 86, (ISBN 1-57607-354-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]