Nemrut Dağı

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Nemrut Dağı
Vue du sommet artificiel du Nemrut Dağı.
Vue du sommet artificiel du Nemrut Dağı.
Géographie
Altitude 2 206 m
Massif Monts Taurus
Coordonnées 37° 58′ 51″ N 38° 44′ 28″ E / 37.98083, 38.74111 ()37° 58′ 51″ Nord 38° 44′ 28″ Est / 37.98083, 38.74111 ()  
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Anatolie du sud-est
Province Adıyaman

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Nemrut Dağı
Nemrut Dağ *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Ruines au sommet du mont
Ruines au sommet du mont
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv)
Superficie 13 850 ha
Numéro
d’identification
448
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1987 (11e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le Nemrut Dağı (mont Nemrud ou Nimrod) est une montagne de l'Anti-Taurus dont le sommet culmine à 2 203 mètres d'altitude. Situé dans la partie méridionale de l'Anatolie centrale, au nord de la frontière syrienne, le Nemrut Dağı domine la vallée de l'Euphrate, et la principale ville turque d'Adiyaman.

Le Nemrut Dağı a été inscrit en 1987 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

La politique de divinisation des souverains hellénistiques[modifier | modifier le code]

C'est au sommet de cette montagne, sur un immense tumulus de 150 mètres de diamètre et de 50 mètres de hauteur, qu'ont été découverts les vestiges d'ensembles cultuels spectaculaires datant du royaume de Commagène au Ier siècle av. J.-C..

Au IVe siècle av. J.-C., l'immense empire d'Alexandre le Grand est partagé entre ses généraux, qui établissent, de la Grèce à l'Asie, des royaumes indépendants sur lesquels ils règnent en maitres absolus. Mais pour légitimer leur gouvernance, ils décident à l'instar d'Alexandre, d'organiser le culte divin de leur personne et de leur famille. En Asie, les rois séleucides mettent en place dés leur accession au trône, un culte du roi vivant et de ses ancêtres, tandis qu'en Égypte, les Lagides célèbrent au IIIe siècle av. J.-C. le culte du fondateur de la dynastie, Ptolémée Ier, puis de tous ses successeurs.

Le sanctuaire d'Antiochos Ier[modifier | modifier le code]

Au IVe siècle av. J.-C., la Commagène est une province du royaume séleucide, mais en 162 av. J.-C., le gouverneur grec se déclare indépendant et constitue le royaume de Commagène. Le pouvoir passe peu après aux mains d'une famille arménienne[réf. souhaitée], dont le père, Mithridate Ier de Commagène, se fait proclamer roi. Son fils, Antiochus Theos Ier lui succède en 62 av. J.-C. et décide alors d'établir son culte personnel ainsi que celui des dieux au sommet de la montagne sainte du Nemrut Dağı[1].

Le mausolée a été découvert en 1881 par un géologue turc, puis étudié par une expédition allemande dirigée par Karl Sester en 1890, mais c'est à une expédition américaine de 1953 que l'on doit l'essentiel des recherches. Antiochos Ier avait donc fait construire un énorme tumulus au sommet du Nemrut Dağı, flanqué, à l'est et à l'ouest de deux vastes terrasses. La terrasse ouest, taillée en partie dans le roc, est maintenue par un mur gigantesque sur le versant de la montagne. Elle supporte un groupe de cinq statues encadrées à chaque extrémité par un aigle et un lion et dont la disposition relève de l'hiérothésion. Les statues colossales mesuraient neuf mètres de plus, mais il ne reste plus que leur tête haute de deux mètres. On trouve donc côte à côte les têtes des principaux dieux arméniens : Vahagn, Anahit, Aramazd[réf. souhaitée], la déesse Commagène, et enfin Antiochos lui-même. À proximité, des stèles montrent les effigies d'Antiochos, de son père Mithridate Ier et de sa mère Laodice, qui serrent la main de façon familière aux divinités. Les inscriptions nous apprennent que le roi se prétendait le descendant d'Alexandre par sa mère et de Tigran le Grand par son père[réf. souhaitée]. La terrasse est, présente les mêmes dispositions que la terrasse opposée, mais supporte également un autel à incinération. Car le lieu servait au culte royal, célébré chaque mois au cours d'une cérémonie religieuse qui rassemblait les habitants de la région autour des autels. Le tumulus abrite sans doute le tombeau d'Antiochos, mais celui-ci n'a toujours pas été découvert.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie, Histoire du Levant antique, IVe siècle av. J.-C. - IIIe siècle ap. J.-C., Fayard, 2003, p. 502-503.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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