Tricherie

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Exemple de tricherie lors d'un examen écrit avec une antisèche.

La tricherie est le fait d'enfreindre certaines règles ou certaines conventions explicites (ou d'usage) en affectant de les respecter pour obtenir un avantage indu. On peut tricher au jeu, dans le sport, à un examen (antisèches, copier sur le voisin, etc.), sur Internetetc..

Quelqu'un qui triche est appelé un tricheur. Lorsqu'on découvre que quelqu'un a triché, il est généralement sanctionné.

Définition[modifier | modifier le code]

Sens général[modifier | modifier le code]

La triche consiste à recevoir, en situation de concurrence, une récompense indue grâce à ses capacités à contourner ou enfreindre les règles juridiques ou morales (principes de vie en société, règlementation, conventions), ou à trouver un moyen facile de se sortir d'une situation désagréable par des moyens malhonnêtes. Cette définition large comprend nécessairement les actes de corruption, de copinage, de népotisme et toute situation dans laquelle des individus ont la préférence en utilisant des critères inappropriés[1].

Les règles enfreintes peuvent être explicites ou provenir d'un code de conduite non écrit basé sur la moralité, l'éthique ou la coutume. L'identification de la tricherie est un processus potentiellement subjectif.

La tricherie peut faire spécifiquement référence à l'infidélité.

Une personne connue pour avoir triché est qualifiée de « tricheur ». Une personne décrite comme un « tricheur » ne triche pas nécessairement tout le temps, mais se repose plutôt sur une tactique trompeuse au point d’en acquérir la réputation.

Rapport avec la notion de ruse[modifier | modifier le code]

La tricherie n'est pas la ruse ; voir la notion de ruse dans la Grèce antique : la métis des Grecs (en grec ancien : Μῆτις / Mễtis, littéralement « le conseil, la ruse ») ou par exemple la notion de ruse de guerre.

Triche scolaire ou académique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Antisèche.

Triche dans les jeux[modifier | modifier le code]

Jeux de cartes et de casino[modifier | modifier le code]

Le Tricheur à l'as de trèfle de Georges de La Tour (vers 1630–34) illustre une partie de cartes dans laquelle un des joueurs triche.

Belote[modifier | modifier le code]

À la Belote, La tricherie est majoritairement utilisée pour communiquer à son partenaire des informations concernant son propre jeu :

  • en utilisant le geste ou la parole en dehors du cadre défini par les règles du jeu (on dit communément qu'il y a « parlante »). Exemple célèbre, tiré d'une partie de manille dans la Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol : dire tout haut « Tu me fends le "cœur" ».
  • en appuyant un « appel » (qui, lui, entre tout à fait dans le cadre du jeu) pour le rendre plus clair, notamment en frappant la table lorsque l'on dépose sa carte, est également un acte de tricherie.
  • faire des annonces que l'on n'a pas (en espérant que personne ne demandera à les voir) également.
  • glisser des espaces entre les cartes pour identifier les groupes de couleurs. Exemple : on définit un ordre « cœur, carreau, trèfle, pique » de gauche à droite. On groupe les cartes ensemble par couleurs et on laisse des espaces pour indiquer au partenaire les couleurs dont on dispose.
Personne utilisant un geste pour signifier V♠ V♦ avec la forme de sa main.
  • se gratter le nez pour demander du cœur ou croiser les doigts pour du carreau, ou encore utiliser des signes concernant la place des doigts lorsque l'on tient les cartes sont également assez discrets, mais n'échappent pas à un œil averti (surtout quand il y a des événements « non naturels » pendant le jeu).
  • faire des faux mélanges et des fausses distributions, ce qui nécessite une grande dextérité.
  • signes informant d'une suite : conjonction de mots et/ou de gestes, déterminés avant la poignée de main, qui informe le partenaire de la présence d'une forte suite. Un geste typique est de faire bouger avec ses doigts les lèvres pour le pique, le nez pour le cœur, le menton pour le carreau, et les yeux pour le trèfle. Le nombre de doigts utilisés pour le mouvement peut indiquer le nombre de cartes impliquées dans la suite.

On peut bien entendu inventer des tas de techniques comme dans tout jeu de cartes.

Toutes ces techniques de tricherie sont interdites et peuvent entraîner des sanctions sévères dans tout concours (en plus de la honte). Elles diminuent par ailleurs considérablement l'intérêt du jeu, autant pour les joueurs honnêtes que pour les tricheurs mais certaines restent malheureusement indétectables, car quelquefois non conçues par les joueurs eux-mêmes comme de la tricherie. Les joueurs jouant énormément ensemble (souvent des couples dans la vie) peuvent se connaître parfaitement au point de « sentir des choses » par rapport à la façon de jouer ou à l'attitude du partenaire.

Jeux de dés[modifier | modifier le code]

Utilisation de dés pipés.

Poker[modifier | modifier le code]

Voir l'article Cheating in poker (en).

Jeux de réflexion[modifier | modifier le code]

Échecs[modifier | modifier le code]

Article connexe : Tricherie aux échecs.

La tricherie aux échecs peut consister à tenter d'obtenir le gain illégitime d'une partie d'échecs, d'un prix dans une compétition d'échecs, ou d'autres avantages liés à ce jeu, tels qu'un classement Elo élevé ou un titre de la Fédération internationale des échecs indu.

Bridge[modifier | modifier le code]

Voir l'article Cheating in bridge (en)

Jeux télévisés[modifier | modifier le code]

Article connexe : Quiz Show.

Parmi les cas de triche dans les jeux télévisés, on peut citer Charles Ingram, connu pour avoir triché au jeu Who Wants to Be a Millionaire? (la version anglaise de Qui veut gagner des millions ?) les 9 et .

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Une carte de type Action Replay pour ordinateur Amiga permet à son propriétaire de tricher dans un jeu vidéo.
Articles détaillés : Cheat et Cracker (déplombeur de logiciels).

La tricherie dans les jeux vidéo est une grande forme de triche, appelée en anglais cheat. Ce style de triche est utilisé massivement par les joueurs de différents jeux vidéo, où certains individus utilisent des logiciels de triche leur donnant un avantage dans le jeu.

Une personne utilisant ces moyens est appelée cheater (ou tricheur). Les cheats sont généralement mis en place par les développeurs pour faciliter les tests pendant la conception d'un jeu vidéo. Dans les jeux en ligne, les cheats sont mis en place par les joueurs et sont notamment utilisés dans les jeux de tir à la première personne, les MMORPG ou les jeux de stratégie en temps réel.

Dans le monde anglo-saxon, le fait de tricher dans un jeu est aussi désigné sous le terme d’exploit, notamment grâce à l'utilisation de glitches.

Triche en sports[modifier | modifier le code]

Athlétisme et sports collectifs[modifier | modifier le code]

Une tricherie classique en athlétisme ou en sports collectifs consiste à falsifier l'âge d'un athlète pour bénéficier d'un avantage (du fait d'une plus grande force athlétique chez les athlètes plus âgés ou d'une plus grande souplesse corporelle chez les plus jeunes).

Le dopage est une autre tricherie classique, qui consiste à améliorer les performances physiques d'un athlète de manière illicite. Un exemple connu est celui de l'athlète Ben Johnson, convaincu de dopage aux stéroïdes après sa victoire sur 100 m lors des Jeux olympiques de Séoul en 1988.

Les paris sportifs truqués donnent lieu à des tricheries nombreuses, qui peuvent être organisées par des réseaux mafieux, par exemple dans football ou le handball.

On peut aussi abuser d'autres règles :

  • la simulation, à savoir le fait pour un joueur de se jeter volontairement au sol afin de faire croire à l'arbitre qu'une faute a été commise ; c'est le cas fréquemment en football ou en basket-ball ;
  • les saignements fictifs en rugby pour permettre à un joueur de sortir sans être comptabilisé dans le quota de remplaçants[2] ;
  • la triche lors des jeux paralympiques en utilisant des athlètes valides (ou moins handicapés que prévu) pour augmenter ses chances de gagner (voir l'article Cheating at the Paralympic Games (en)) ;
  • utiliser un athlète d'un sexe différent, notamment un homme dans un compétition féminine.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Le cycliste Lance Armstrong a été accusé de triche, notamment après ses victoires successives au Tour de France.
Article connexe : Dopage sur le Tour de France.

Outre le dopage (notamment sanguin), les cas de triche en cyclisme concernent également l'utilisation de moteurs cachés dans les vélos (dopage mécanique).

Tennis[modifier | modifier le code]

Comme dans les sports collectifs, le monde du tennis est sujet aux paris sportifs truqués pouvant donner lieu à des tricheries nombreuses[3].

Sports mécaniques[modifier | modifier le code]

Les sports mécaniques, avec leurs règles complexes, se prêtent à une grande variété de tricheries techniques.

On peut citer, notamment en Formule 1 :

Triche sur Internet[modifier | modifier le code]

Utilisation de faux-nez, une identité fictive pouvant servir à tricher (voter plusieurs fois par exemple).

Utilisation du référencement abusif (spamdexing) part des sites web qui arrivent en tête des résultats des moteurs de recherche en optimisant leur visibilité.

Dans le monde politique[modifier | modifier le code]

Dans le monde politique, la triche se manifeste notamment par des arrangements illégaux, à but lucratif, entre des personnalités politiques et des organisations ou entreprises. Il s'agit généralement de détournements de fonds publics, de commissions occultes, de pots-de-vin ou d'emplois fictifs qui permettent de monnayer l'agrément d'un homme de pouvoir ou de financer de manière délictueuse un parti politique. Il s'agit donc de fraude, de corruption et d'abus de biens sociaux.

La triche se manifeste également dans la fraude électorale, qui est une violation des règles d'un système d'élections, de façon à garantir ou favoriser (augmenter la probabilité) un résultat voulu. Toutes les sociétés utilisant le système des votes sont confrontées à ce problème, et se sont également dotées de règles pour s'en prémunir. Un des marqueurs du bon fonctionnement démocratique est une limitation de la fraude.

Un cas particulier de la fraude électorale est celle qui intervient au sein même des partis politiques, dont des exemples ont été fournis par le Parti socialiste français, notamment dans sa fédération des Bouches-du-Rhône[5], ou, de manière spectaculaire, par l'UMP, où la fraude a permis l'élection de Jean-François Copé à la tête du parti[6],[7].

Dans le monde du travail, social ou de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Divers règlements permettent d'empêcher les avantages concurrentiels déloyaux dans les secteurs de l'entreprise et de la finance, par exemple le droit de la concurrence ou l'interdiction des délits d'initiés.

Les particuliers et assurés sont aussi successibles de tricher, notamment avec la fraude aux aides sociales ou la fraude fiscale.

Dans le monde du spectacle[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Appropriation (art) et Plagiat.

Dans le monde du spectacle, on dit qu'un artiste « triche » lorsqu'il se trompe et qu'il fait en sorte que le public ne s'en aperçoive pas.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans son roman Mémoires d'un tricheur (1935), Sacha Guitry évoque de manière humoristique la vie d'un tricheur au jeu (cartes, roulette...) professionnel et même maladif.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « California State University, East Bay », sur Csuh.iii.com (consulté le 21 juillet 2013).
  2. « Rugby : Simuler un saignement est "courant" selon Dean Richards », sur Le Monde.fr, .
  3. Gilles Festor, « Paris truqués dans le tennis : le récit édifiant d'un joueur français passé aux aveux », sur Le Figaro.fr, .
  4. a b c et d « Les 5 plus grandes tricheries en Formule 1 », sur Auto55.be, .
  5. Abel Mestre et Gilles Rof, « Présidence de l'[[Union pour un mouvement populaire|UMP]] : la Cocoe reconnaît son erreur », sur le site du journal Le Parisien, (consulté le 19 mars 2019)
  6. « UMP, le dossier noir de la grande triche », sur le site de l'hebdomadaire Le Point, (consulté le 19 mars 2019)
  7. « Présidence de l'UMP : la Cocoe reconnaît son erreur », sur le site du journal Le Parisien, (consulté le 19 mars 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]