Taïeb Baccouche

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Taïeb Baccouche
Taïeb Baccouche lors d'une réunion de Nidaa Tounes, en 2012.
Taïeb Baccouche lors d'une réunion de Nidaa Tounes, en 2012.
Fonctions
Secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe
En fonction depuis le
(1 an, 6 mois et 14 jours)
Prédécesseur Habib Ben Yahia
Ministre tunisien des Affaires étrangères

(11 mois et 6 jours)
Président Béji Caïd Essebsi
Chef du gouvernement Habib Essid
Gouvernement Essid
Prédécesseur Mongi Hamdi
Successeur Khemaies Jhinaoui
Secrétaire général de Nidaa Tounes

(2 ans, 10 mois et 14 jours)
Président Béji Caïd Essebsi
Mohamed Ennaceur (intérim)
Successeur Mohsen Marzouk
Ministre tunisien de l'Éducation

(11 mois et 7 jours)
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Moncef Marzouki
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Gouvernement Ghannouchi II
Caïd Essebsi
Prédécesseur Hatem Ben Salem
Successeur Abdellatif Abid
Porte-parole du gouvernement tunisien

(11 mois et 7 jours)
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Moncef Marzouki
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Gouvernement Ghannouchi II
Caïd Essebsi
Prédécesseur Samir Lâabidi
Successeur Samir Dilou
Secrétaire général de l'UGTT

(3 ans)
Prédécesseur Habib Achour
Successeur Habib Achour
Biographie
Date de naissance (78-79 ans)
Lieu de naissance Kairouan, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Indépendant puis Nidaa Tounes
Diplômé de Sorbonne
Profession Professeur universitaire

Taïeb Baccouche (arabe : الطيب البكوش), né en 1938 à Kairouan[1], est un universitaire, syndicaliste et homme politique tunisien.

Il est membre du gouvernement constitué à la suite de la révolution tunisienne de 2011, en tant que ministre de l'Éducation et porte-parole du gouvernement, puis à nouveau en tant que ministre des Affaires étrangères de février 2015 à janvier 2016.

Depuis le 5 mai 2016, il assume la fonction de secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Kairouan en 1938, Taïeb Baccouche est titulaire de nombreux diplômes : un certificat d'études supérieures en histoire ancienne et archéologie en 1963, un certificat d'études supérieures en langue et littérature françaises en 1964, une licence d'arabe obtenue à l'École normale supérieure de Tunis en 1965, un diplôme d'études supérieures en linguistique en 1966, une agrégation d'arabe en 1968 et un doctorat d'État en linguistique à la Sorbonne en 1980[1].

À partir de 1969, il est enseignant-chercheur à l'université de Tunis[2]. Entre 1995 et 2002, il est président de l’Association tunisienne de linguistique.

Carrière[modifier | modifier le code]

Syndicaliste[modifier | modifier le code]

Entre 1981 et 1984[2], il est le secrétaire général, ainsi d'ailleurs que l'idéologue, de la centrale syndicale de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT)[3]. Entre 1981 et 1985, il est directeur du journal Echaâb[2] (Le Peuple), organe principal et porte-parole de l'UGTT.

À partir de 1998 et jusqu'à sa nomination au gouvernement, il préside l'Institut arabe des droits de l'homme[2].

Membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Après la révolution de 2011, il est nommé ministre de l'Éducation ainsi que porte-parole du deuxième gouvernement de Mohamed Ghannouchi, le 17 janvier 2011[4] ; son secrétaire d'État est Hassen Annabi.

Dès son entrée en fonction, il organise une rencontre avec une délégation de 72 candidats au baccalauréat, en direct sur la chaîne nationale, ce qui déclenche une manifestation de professeurs devant le ministère pour exiger une excuse officielle du ministre pour les avoir humiliés en public[5].

À la suite de la démission de Ghannouchi et son remplacement par Béji Caïd Essebsi, il est confirmé dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement. Il annonce en mars 2011 la suppression du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire et son remplacement par une nouvelle méthode[6]. Par ailleurs, il interdit le port du niqab au sein des institutions éducatives et annonce que l'État n'a pas les moyens de construire des salles de prières au sein des écoles. Il dénonce aussi la politisation des lieux éducatifs[7].

Durant son mandat, il doit veiller au bon déroulement des examens nationaux, notamment le baccalauréat. Il annonce par ailleurs que des mesures sont prises pour éviter une année blanche en regroupant les deux derniers trimestres et en allégeant le programme de la quatrième année secondaire[8]. Le 23 novembre 2011, il est décoré par le président de la République par intérim Fouad Mebazaa des insignes de commandeur de l’ordre de la République[9].

Le 24 décembre, il quitte ses fonctions, laissant sa place à Abdellatif Abid, nommé ministre dans le gouvernement de Hamadi Jebali. C'est Samir Dilou qui lui succède en tant que porte-parole du gouvernement.

Le 23 janvier 2015, il est nommé au poste de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Habib Essid[10].

Nidaa Tounes[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté le gouvernement, il fait partie des personnalités se rassemblant autour de l'initiative de Béji Caïd Essebsi consistant à rassembler l'opposition, avec d'anciens ministres comme Lazhar Karoui Chebbi et Ridha Belhaj[11]. Lorsque Caïd Essebsi transforme son initiative en parti politique, Nidaa Tounes, lors d'un grand meeting organisé le 16 mai 2012, il annonce la composition du comité exécutif dans lequel Baccouche figure comme secrétaire général[12].

À la suite du meurtre de Lotfi Nagdh, coordinateur du parti à Tataouine, tué par des membres de la Ligue de protection de la révolution, il condamne ce meurtre, le qualifiant d'assassinat politique et accusant le parti islamiste au pouvoir, Ennahdha, d'en être l'instigateur[13]. Il annonce par la suite son opposition à la loi sur l'exclusion des destouriens, déclarant que cette loi proposée par Ennahdha vise directement son parti[14].

Lors des travaux d'une conférence sur l’islam et la démocratie, il déclare le 29 mars 2013 à Mosaïque FM que la comparaison faite entre laïcs et islamistes en Tunisie est fausse et ne s’applique pas à la nature de la société. Il déclare aussi que la différence réside dans la relation entre la religion et la politique et d’ajouter qu'« islamiste » ne signifie pas « musulman » et « laïc » ne signifie pas « athée ». Il déclare également avoir signalé que la construction de la justice transitionnelle se doit d'avoir une volonté politique de tourner la page vis-à-vis de la présidence Ben Ali, à condition que les coupables reconnaissent leur culpabilité et soient jugés[15].

Le 13 mai 2015, il est remplacé par Mohsen Marzouk comme secrétaire général du parti[16].

Union du Maghreb arabe[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 2016, il est désigné comme secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe en remplacement de Habib Ben Yahia[17].

À l’occasion du sommet des chefs d'État de l'Union européenne à Bratislava et de l'Assemblée générale des Nations unies, il adresse une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, et au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelant à une politique migratoire globale[18].

Le 1er octobre, il déclare qu'il se focalisera sur la révision du contenu du traité de Marrakech de 1989 pour l'adapter à l'évolution de la situation politique, économique et sociale des pays maghrébins[19].

Publications[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont :

  • Bibliographie critique des travaux de la section linguistique (1964-1968), éd. Institut de planification et de statistiques, Tunis, 1969
  • Travaux de phonologie : parlers de Djemmal, Gabès, Mahdia (Tunisie), Treviso (Italie) avec Hichem Skik et Abdelmajid Attia, éd. Cérès, Tunis, 1969
  • Votre guide d'arabe tunisien avec Ahmed Elayeb et Mohamed Maamouri, éd. General Editor of Language and Linguistics Series, Tunis, 1973
  • (ar) Le Golfe arabe entre la domination et le mercenariat, éd. Abdelkarim Ben Abdallah, Tunis, 1991
  • (ar) La conjugaison arabe à travers la phonétique moderne, éd. Abdelkarim Ben Abdallah, Tunis, 1992
  • L'emprunt en arabe moderne, éd. Beït El Hikma, Carthage, 1994
  • (ar) Les droits de l'homme et l'Organisation internationale du travail, éd. Institut arabe des droits de l'homme, Tunis, 2003
  • Mouvement syndical et démocratie en Tunisie (1971-1989), éd. Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l'information, Zaghouan, 2003
  • (ar) Réflexions sur la démocratie et les droits de l'homme : les dimensions politiques, sociales et culturelles, éd. Institut arabe des droits de l'homme, Tunis, 2004
  • Les questionnaires de l'Atlas linguistique de Tunisie avec Salah Mejri, éd. Sud Éditions, Tunis, 2004

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Biographie de M. Taieb Baccouche, ministre des Affaires étrangères », Business News, 23 janvier 2015
  2. a, b, c et d « Biographie de M. Taieb Baccouche, ministre de l'Éducation », Business News, 18 janvier 2011
  3. Imededdine Boulaâba, « Taieb Baccouche, l'homme lige du gouvernement transitoire », Webmanagercenter, 22 février 2011
  4. « Tunisie. Taïeb Baccouche surfe sur la vague du populisme », Kapitalis, 19 février 2011
  5. Mohamed Ali Hached, « Tunisie : le ministre de l’Education approuvé par les élèves mais contesté par les enseignants ! », Tunisie numérique, 10 février 2011
  6. Ahmed Sahraoui, « Le CAPES sera supprimé », Tunisie numérique, 26 mars 2011
  7. Ahmed Sahraoui, « Taieb Baccouche : pas de salles de prières et le port du niqab sera totalement interdit », Tunisie numérique, 6 avril 2011
  8. Chawki Rouissi, « M. Taïeb Baccouche : toutes les précautions sont prises pour garantir le bon déroulement des examens nationaux », Tunisie numérique, 30 mai 2011
  9. « Des personnalités décorées par le Président de la République par intérim », Leaders, 23 novembre 2015
  10. « Composition officielle du nouveau gouvernement Essid », Business News, 23 janvier 2015
  11. « Liste des personnalités entourant Béji Caïed Essebsi dans son Appel », Business News, 20 avril 2012
  12. « L'Appel de la Tunisie : Béji Caied Essebsi président fondateur, Taieb Baccouche secrétaire général », Mosaïque FM, 30 juin 2012
  13. « Taieb Baccouche : les personnes qui ont agressé Lotfi Nakdh appartiennent à Ennahdha », Tunisie numérique, 19 octobre 2012
  14. « Tunisie – Taieb Baccouche part en guerre contre la loi d’exclusion  », Tunisie numérique, 2 décembre 2012
  15. « La comparaison entre laïcs et islamistes tunisiens n'est pas permise, dixit Taïeb Baccouche », Business News, 29 mars 2013
  16. « Tunisie : Mohsen Marzouk devient secrétaire général de Nida Tounes », Al Huffington Post, 13 mai 2015
  17. « Taïeb Baccouche désigné secrétaire général de l’UMA », Business News, 5 mai 2016
  18. « Dans une lettre à Donald Tusk et à Ban Ki-moon, Taïeb Baccouche appelle à une politique migratoire globale », Business News, 16 septembre 2016
  19. « Taïeb Baccouche : il faut une révision du Traité de Marrakech portant création de l’UMA », Espace Manager, 1er octobre 2016