Farhat Rajhi

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Farhat Rajhi
فرحات الراجحي
Silhouette de Farhat Rajhi.
Silhouette de Farhat Rajhi.
Fonctions
Ministre tunisien de l'Intérieur

(2 mois et 11 jours)
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Gouvernement Ghannouchi
Caïd Essebsi
Prédécesseur Ahmed Friaâ
Successeur Habib Essid
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Tunis, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Courant démocrate
Diplômé de Université de Tunis
Profession Juriste

Farhat Rajhi (arabe : فرحات الراجحي), né le 29 décembre 1952 à Tunis, est un juriste tunisien, ministre de l'Intérieur du 27 janvier au 28 mars 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Magistrat[modifier | modifier le code]

Après des études à la faculté de droit de Tunis (licence obtenue en 1975), il est d'abord juge rapporteur auprès du tribunal immobilier, puis juge au tribunal cantonal de Tunis (nommé en 1983), adjoint du procureur général près la cour d'appel de Tunis et vice-président du tribunal immobilier[1]. Sa carrière le conduit ensuite à occuper les postes de président de la chambre criminelle de la cour d'appel de Bizerte, procureur général de la cour d'appel de Nabeul, puis de celle de Bizerte[1]. Il a aussi été président de la chambre criminelle près la cour d'appel de Tunis[1].

Il est ensuite président de la chambre criminelle près la cour d'appel de Monastir puis procureur général près la Cour de cassation[1]. Il a également été inspecteur des services judiciaires[1]. Le 1er juin 2011, il est nommé président de la 20e chambre de la Cour de cassation[2].

Parallèlement à sa carrière de magistrat, Farhat Rajhi est professeur de procédure pénale à l'Institut supérieur de la magistrature et publie dans la revue Jurisprudence et législations[1].

Personnalité politique[modifier | modifier le code]

Lors de la révolution de 2011, il est nommé ministre de l'Intérieur du deuxième gouvernement Ghannouchi. Le 31 janvier, peu après sa nomination, le ministère est envahi par 2 à 3 000 manifestants, qui menacent de le mettre à mort avec le général Rachid Ammar[3],[4]. Il attribue cette tentative de coup de force aux tenants du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)[3] et nomme immédiatement 24 nouveaux gouverneurs, dont cinq qui ne faisaient pas partie du RCD, le parti de l'ancien président Ben Ali[5]. Il fait également le ménage au sein du ministère et dans toute la hiérarchie policière, en mettant à la retraite anticipée 42 hauts fonctionnaires[3],[6],[7],[4] et en annonçant la réintégration des policiers démis par injustice[6]. L'ancien ministre de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, est également arrêté le 2 février[3].

Enfin, dans le but de restaurer l'ordre et de lutter contre les bandes violentes, la police étant absente des rues depuis plusieurs jours, il augmente les salaires des cadres de l'institution[7].

Il reste ministre dans le gouvernement de Béji Caïd Essebsi, jusqu'à son remplacement par Habib Essid un mois plus tard.

Le 31 mars, il est nommé à la tête du Haut comité des droits de l'homme et des libertés fondamentales[8].

Le 5 mai, il crée le buzz avec une interview diffusée sur Facebook où il traite notamment le Premier ministre Caïd Essebsi de « menteur », déclare que son gouvernement est manipulé par un ancien proche de Ben Ali et que le chef d'État-Major des armées, le général Rachid Ammar, prépare un coup d'État au cas où le mouvement Ennahdha remporterait les élections[9]. Le lendemain, face à la vague de réactions, notamment du gouvernement[10], il s'excuse en indiquant avoir été piégé, arguant « qu'il s'agissait d'hypothèses, d'interprétations et de simples opinions personnelles » et justifiant ses accusations par une « immaturité politique »[11]. Le 7 mai, le président par intérim Fouad Mebazaa démet Rajhi de ses fonctions au Haut comité des droits de l'homme et des libertés fondamentales[12].

Le 9 mai 2015, il rejoint le Courant démocrate[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Qui est Farhat Rahji ? », Tunisie études, publié le 27 janvier 2011, consulté le 6 février 2011.
  2. « Tunisie : Farhat Rajhi, nommé Président à la Cour de cassation », Tekiano, publié le 2 juin 2011, consulté le 2 juin 2011.
  3. a, b, c et d « Farhat Rajhi, ministre de l'Intérieur dévoile une dangereuse situation de défaillance sécuritaire dans le pays », Tunisia Watch, publié le 2 février 2011, consulté le 6 février 2011.
  4. a et b Marie Kostrz, « Violences en Tunisie : l'ombre de Ben Ali plane encore », Rue89, publié le 5 février 2011, consulté le 6 février 2011.
  5. « Tunisie – Farhat Rajhi parle des 24 nouveaux gouverneurs et de la situation sécuritaire », Business News, publié le 5 février 2011, consulté le 6 février 2011.
  6. a et b « Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rahji, fait le ménage avec 42 têtes à la porte », Tixup, publié le 1er février 2011, consulté le 6 février 2011.
  7. a et b « La Tunisie remplace 30 responsables des services de sécurité », RFI, publié le 1er février, modifié le 2, consulté le 6 février 2011.
  8. (ar) « Nomination de Farhat Rajhi à la tête du Comité supérieur des droits de l'homme et des libertés fondamentales », TAP, publié le 31 mars 2011, consulté le 31 mars 2011.
  9. « Farhat Rajhi fonce, tête baissée, pour l'élection présidentielle », Business News, publié le 6 mai 2011, consulté le 6 mai 2011.
  10. « Tunisie - Le gouvernement condamne fortement les propos de l'ancien ministre de l'Intérieur », Business News, publié le 5 mai 2011, consulté le 6 mai 2011.
  11. « Farhat Rajhi présente ses excuses », Business News, publié le 6 mai 2011, consulté le 6 mai 2011.
  12. « Farhat Rajhi limogé », Shems FM, publié le 7 mai 2011, consulté le 7 mai 2011.
  13. « Politique : Farhat Rajhi rejoint le Courant démocratique et le couple Abbou », Kapitalis, publié le 9 mai 2015, consulté le 10 mai 2015.