Élections législatives israéliennes d'avril 2019

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Élections législatives israéliennes d'avril 2019
120 sièges de la Knesset
Corps électoral et résultats
Inscrits 6 339 729
Votants 4 340 253
68,46 %  −3,9
Benjamin Netanyahu 2018.jpg Likoud – Benyamin Netanyahou
Voix 1 140 370
26,46 %
 +3,1
Sièges obtenus 35  +5
Benny Gantz 2019.jpg Bleu et blanc – Benny Gantz
Voix 1 125 881
26,13 %
Sièges obtenus 35  +24
אריה דרעי 2.jpg Shas – Aryé Dery
Voix 258 275
5,99 %
 +0,3
Sièges obtenus 8  +1
YAAKOV LITZMAN.jpg Judaïsme unifié de la Torah – Yaakov Litzman
Voix 249 049
5,78 %
 +0,8
Sièges obtenus 8  +2
Ayman Odeh (8).jpg Ta'al-Hadash – Ayman Odeh
Voix 193 442
4,49 %
Sièges obtenus 6  0
Avi Gabay 2017 (cropped).jpg Parti travailliste – Avi Gabbay
Voix 190 870
4,43 %
 −14,2
Sièges obtenus 6  −13
Composition de l'assemblée élue
Diagramme
Premier ministre
Sortant
Benyamin Netanyahou
Likoud

Les élections législatives israéliennes d'avril 2019 ont lieu de manière anticipée le en Israël pour désigner les membres de la 21e législature de la Knesset.

Le scrutin est marqué par le duel entre les deux principales formations dominant la campagne : le nouvellement créé parti Bleu et Blanc de Benny Gantz et le Likoud du premier ministre sortant Benyamin Netanyahou. Ce dernier en sort finalement gagnant, son parti arrivant en tête du scrutin avec des résultats en hausse, accompagné des bons résultats de ses alliés sur la droite de l'échiquier politique. Netanyahou est alors pressenti pour être reconduit dans ses fonctions pour un cinquième mandat.

Les membres de l'assemblée élue ne parviennent cependant pas à s'accorder sur la formation d'un nouveau gouvernement de coalition, menant au vote de sa dissolution dans la nuit du 29 au 30 mai 2019. De nouvelles élections sont organisées le 17 septembre suivant.

Contexte[modifier | modifier le code]

Initialement prévues pour le 5 novembre 2019, les élections se déroulent de manière anticipée suite à plusieurs désaccords entre les différentes composantes de la coalition au pouvoir. Celle-ci voit en effet le départ du parti Israel Beytenou d'Avigdor Liberman suite à son opposition au cessez-le-feu conclu avec le Hamas dans la bande de Gaza en novembre 2018. La coalition ne détient alors plus qu'une fragile majorité avec 61 sièges sur 120. Un désaccord de longue date quant à un projet de loi soutenu par les partis ultra-orthodoxes exemptant les étudiants de la Torah du service militaire provoque finalement la chute du gouvernement et un recours à des élections anticipées, que la Knesset approuve le 26 décembre par 102 voix pour[1],[2].

En cas de victoire de son parti aux élections, Benyamin Netanyahou pourrait battre le record de longévité pour un Premier ministre d'Israël. Le record est détenu par David Ben Gourion qui était resté Premier ministre pendant plus de 13 ans, de 1948 à 1963[3].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Israël est doté d'un parlement unicaméral, la Knesset, dont les 120 sièges sont pourvus tous les quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées et seuil électoral de 3,25 % dans une seule circonscription nationale. Après décompte des voix, les sièges sont répartis à la proportionnelle aux candidats de tous les partis ayant franchit ce seuil, sur la base du quotient simple et de la méthode de la plus forte moyenne, dans l'ordre de leurs position sur les listes[4].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Partis
politiques
Idéologie Têtes de liste Résultats en 2015
Likoud Centre droit à droite
National-libéralisme, conservatisme
Benyamin Netanyahou 23,40 % des voix
30 députés
Parti travailliste Centre gauche
Socialisme, sionisme travailliste
Avi Gabbay Membre de l'Union sioniste
Bleu et blanc Centre
Sionisme, libéralisme, national-libéralisme, libéralisme économique
Benny Gantz Fusion de Hosen L'Yisrael,
Yesh Atid et Telem
Koulanou Centre à centre droit
Égalitarisme, social-libéralisme
Moshe Kahlon 7,49 % des voix
10 députés
Union des partis de droite Droite à extrême droite
Sionisme religieux, nationalisme religieux, conservatisme religieux
Rafi Peretz Alliance de Le Foyer juif,
Tkuma et Otzma Yehudit
Nouvelle Droite Droite
Nationalisme, néosionisme, libéralisme économique
Naftali Bennett Scission du Foyer Juif
Shas Centre gauche à droite
Défense des ultraorthodoxes séfarades et mizrahim, populisme
Aryé Dery 5,73 % des voix
7 députés
Judaïsme unifié de la Torah Droite
Défense des ultraorthodoxes ashkénazes
Yaakov Litzman 5,03 % des voix
6 députés
Israel Beytenou Droite
National-conservatisme, sionisme révisionniste, libéralisme économique, sécularisme
Avigdor Liberman 5,11 % des voix
6 députés
Meretz Gauche
Social démocratie, sionisme travailliste, sécularisme, écologie politique
Tamar Zandberg 3,93 % des voix
5 députés
Liste arabe unie - Balad Attrape-tout
Islamisme[n 1], nationalisme arabe[n 2], défense des arabes israéliens, antisionisme
Mansour Abbas Membre de la Liste unifiée
Ta'al-Hadash Ta'al : Attrape-tout
Nationalisme arabe, défense des arabes israéliens, antisionisme
Ayman Odeh Membre de la Liste unifiée
Hadash : Extrême gauche
Marxisme-léninisme, pro-solution à deux États, non-sionisme
Gesher (en) Centre
Sionisme, égalitarisme, social libéralisme
Orly Levy Nouveau
Zehout Droite
Sionisme, libertarianisme de droite, solution à un État
Moshe Feiglin Nouveau

Sondages[modifier | modifier le code]

Résultats lissés des sondages d'opinion, donnés en nombre de sièges.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les bureaux de vote sont ouverts de h à 22 h. À 20 h, la participation était de 61,3 %, soit en léger recul par rapport aux deux derniers scrutins.

Le Likoud est accusé par la coalition Hadash–Ta'al d'avoir fourni des caméras cachées à ses partisans pour surveiller les bureaux de vote situés en zone majoritairement arabe[5],[6].

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives israéliennes de 2019[7],[8]
2019 Knesset.svg
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Likoud 1 140 370 26,46 Increase2.svg 3,06 35 Increase2.svg 5
Bleu et blanc 1 125 881 26,13 Nv. 35 Increase2.svg 24
Shas 258 275 5,99 Increase2.svg 0,25 8 Increase2.svg 1
Judaïsme unifié de la Torah 249 049 5,78 Increase2.svg 0,79 8 Increase2.svg 2
Ta'al-Hadash 193 442 4,49 Nv. 6 Steady.svg
Parti travailliste 190 870 4,43 Decrease2.svg 14,24 6 Decrease2.svg 13
Israel Beytenou 173 004 4,01 Decrease2.svg 1,09 5 Decrease2.svg 1
Union des partis de droite 159 468 3,70 Nv. 5 Decrease2.svg 3
Meretz 156 473 3,63 Decrease2.svg 0,30 4 Decrease2.svg 1
Koulanou 152 756 3,54 Decrease2.svg 3,95 4 Decrease2.svg 6
Liste arabe unie-Balad 143 666 3,33 Nv. 4 Decrease2.svg 3
Nouvelle Droite 138 598 3,22 Decrease2.svg 3,52 0 Decrease2.svg 3
Zehout 118 031 2,74 Nv. 0 Steady.svg
Gesher 74 701 1,73 Nv. 0 Decrease2.svg 1
Autres partis (26) 34 686 0,84 - 0 Steady.svg
Suffrages exprimés 4 309 270 99,29
Votes blancs et invalides 30 983 0,71
Total 4 340 253 100 - 120 Steady.svg
Abstentions 1 999 476 31,54
Inscrits / Participation 6 339 729 68,46

Conséquences[modifier | modifier le code]

Considéré comme le grand vainqueur des élections, le Likoud progresse et semble en mesure à l'aide de ses alliés de droite de constituer facilement une majorité de gouvernement[9]. Benyamin Netanyahou devrait ainsi être reconduit à son poste de Premier ministre[10]. Le dirigeant du parti Bleu et blanc, Benny Gantz, reconnait sa défaite le lendemain, affirmant que sa formation avait « mis en place une alternative au pouvoir » mais « respecter la décision du peuple »[11].

Netanyahou est chargé par le président Rivlin de former une majorité gouvernementale, mais les différents partis de droite ne parviennent pas à s'accorder sur la formation d'une nouvelle coalition : la loi sur le service militaire des Haredim constituant toujours un point de blocage entre l'extrême droite (Israel Beytenou d'Avigdor Liberman) et les partis religieux (Shas et Union des partis de droite)[12]. Le désaccord entre les partis de droite ne permet pour autant pas la formation d'une coalition avec des partis de gauche ou du centre. Netanyahou préfère la dissolution de la Knesset et de nouvelles élections à la nomination par le président Rivlin d'un nouveau député pour former une coalition gouvernementale. Les membres de la Knesset votent dans la nuit du 29 au 30 mai la dissolution de l'assemblée et la tenue d'un nouveau scrutin le 17 septembre 2019[13],[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour la Liste arabe unie
  2. Pour le Balad

Références[modifier | modifier le code]

  1. It's final: 20th Knesset dissolved, Israel heading to elections
  2. « Israël : le Parlement vote pour sa dissolution et des élections le 9 avril », sur lefigaro.fr, .
  3. « Israël: Benyamin Netanyahou remettra son poste en jeu lors de législatives anticipées », sur bfmtv.com, (consulté le 19 janvier 2019).
  4. ISRAEL Knesset (Parlement) Union Interparlementaire
  5. Israël : le parti de Nétanyahou accusé de cacher des caméras dans les bureaux de vote, publié le , lefigaro.fr.
  6. Élections en Israël : Des caméras trouvées chez des militants pour surveiller les électeurs arabes, huffpostmaghreb.com.
  7. « ועדת הבחירות המרכזית לכנסת ה-21 | תוצאות ארציות », sur votes21.bechirot.gov.il (consulté le 19 avril 2019)
  8. « Bilan définitif : Yahadout HaTorah a 8 sièges, le Likud 35, HaYamin HaHadash 0 », sur The Times of Israel,
  9. Guillaume Gendron, « Israël : la «colossale victoire» de Nétanyahou », sur liberation.fr, (consulté le 11 avril 2019).
  10. Piotr Smolar, « Israël : Nétanyahou bien placé pour former une nouvelle coalition à l’issue d’élections législatives très serrées », sur Le Monde, (consulté le 10 avril 2019).
  11. SudOuest.fr avec AFP, « Israël : Benny Gantz reconnaît la victoire de Benjamin Netanyahu », sur sudouest.fr, (consulté le 11 avril 2019).
  12. Liberman: We will not give up on our principles
  13. Israel goes back to elections as Netanyahu fails to form coalition
  14. [1]