Grand Israël

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Le Grand Israël fait référence à des revendications territoriales à caractère politique se basant sur des considérations religieuses et nationalistes. Historiquement sionistes, elles prônent l'extension de l'État d'Israël.

Histoire[modifier | modifier le code]

Terre promise[modifier | modifier le code]

Royaume d'Israël
Extension du Royaume de David, qualifié de "Grand Israël "

Dans un contexte religieux, selon la Torah, le Grand Israël fait référence à la Terre promise par Dieu au Peuple d'Israël, qui s'étend « du fleuve d'Égypte à l'Euphrate »[1], recouvrant ainsi Israël, la Cisjordanie, la bande de Gaza, le Liban ainsi qu'une partie de la Syrie, de la Jordanie et de la péninsule du Sinaï. Selon la tradition et en particulier selon Rashi, le Wadi Al-Arish correspond au « fleuve d'Égypte », cette promesse n'inclut toutefois pas le Sinaï mais se limite à peu près à la frontière actuelle entre Israël et l'Égypte[2].

Mandat britannique[modifier | modifier le code]

Un logo de l’Irgoun : un fusil brandi devant une carte des territoires revendiqués par l’organisation : la Palestine mandataire en 1920

Dans le contexte de la chute de l'Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale et des négociations entre Britanniques, Français et la dynastie hachémite, l'organisation sioniste proposa à la Conférence de paix de Paris « l'établissement d'un foyer national juif » sur un territoire recouvrant le bassin aquifère du Jourdain. En comparaison avec les frontières actuelles, la proposition comprenait les territoires de l'État d'Israël, du Sud-Liban, le Golan, la Cisjordanie et une bande de territoires d'environ 20 km à l'est du Jourdain en Jordanie actuelle.

Les sionistes révisionnistes rejetèrent la scission du Mandat britannique en Palestine (Palestine mandataire) en 1921[3]. L'Émirat de Transjordanie (Jordanie actuelle) sur la rive Est et le territoire d'établissement pour un « foyer national juif » sur la rive Ouest. Ils soutiennent que seuls les accords de San Remo de 1920, garantissant l'entièreté du territoire à l'État juif, devraient être appliqués. Ils refusèrent de reconnaître la Jordanie comme légitime sur la rive Est du Jourdain. Estimant avoir été dépouillés par les pays arabes, l'entièreté du territoire de la rive Ouest serait légitime selon eux à l'établissement d'un État juif. En 1949, ils rejetèrent de même la ligne de cessez-le-feu comme étant illégale[3].

Controverse[modifier | modifier le code]

Critique de la politique israélienne[modifier | modifier le code]

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Selon certaines critiques de la politique israélienne, Israël envisagerait ou aurait mené des guerres de conquête territoriale. Israël est de même accusé de mener une politique colonisatrice par certaines personnes se définissant comme « antisionistes ». Les revendications territoriales israéliennes en Cisjordanie ainsi que la promesse de terre promise de la Bible, sont utilisés par les mouvements du nouvel antisémitisme, parfois désignés dans les milieux antisionistes comme une politique d'un Grand Israël (ou bien « du Grand Israel »). Bernard-Henri Lévy se réfère à l’antisionisme pour désigner la croyance selon laquelle: « Les juifs seraient haïssables parce qu’ils soutiendraient un mauvais État, illégitime et assassin[4].». 37 % des français considèrent que le sionisme est « une idéologie qui sert à Israël à justifier sa politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens »[5].

Entre 1949 et 1956, les infiltrations fedayin le long de la Ligne verte et en provenance de Gaza créèrent un sentiment d'insécurité. La très faible largeur de la bande côtière israélienne (entre 15 et 25 km) posait un problème stratégique en cas de conflit avec la Jordanie. Dans les années 1960, Israéliens et Syriens s'affrontèrent le long de leur frontière du Golan. La guerre des Six Jours en 1967 est vue par certains comme une « guerre de conquête ». Les déclarations belliqueuses de Nasser, les tensions et le blocage du Détroit de Tiran aux navires israéliens, provoqua la guerre des Six Jours qui vit la conquête par Israël du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan.

http://www.ina.fr/video/I08189738
En 1967, Ahmed Choukairy, Président de l’OLP, critique la politique israélienne et qualifie les États Unis de « Grand Israël » en y associant aussi la Grande-Bretagne.

Après la guerre, un mouvement politico-religieux[Lequel ?] à caractère messianique revendiqua la conservation des territoires conquis. Des Israéliens s'installèrent en territoires occupés, ce qui aboutit au développement et à l'installation dans ces terres de villages et de villes peuplés d'Israéliens. Ils sont aujourd'hui près de 500 000 en Cisjordanie et 100 000 dans le Golan. En 1982, dans le contexte politique de négociations de paix, Israël restitua le Sinaï à l'Égypte. Le gouvernement officialisa l'annexion « définitive » de Jérusalem-Est et du plateau du Golan à son territoire. La bande de Gaza fut également évacuée en 2006.

En 1982, pendant la guerre civile libanaise, Israël envahit le Liban. Après avoir installé une zone de sécurité limitée au Liban-Sud, Israël finit par se retirer complètement du pays au début des années 2000.

Controverse de l'Agourot[modifier | modifier le code]

La controverse de l'Agourot fait référence à une théorie du complot[6], promu par Yasser Arafat en 1990, selon laquelle, la carte du Grand Israël figure sur la pièce de monnaie israélienne de 10 Agourot[7]. La Banque d'Israël maintient que le stylisme de la pièce a été choisi pour sa valeur historique car c'est une réplique de la pièce émise par Antigone II Mattathiah[8].

Controverse liée au drapeau d'Israël[modifier | modifier le code]

Dans une interview du magazine Playboy de 1988[9], Yasser Arafat affirme que les deux bandes bleues du drapeau israélien représentent le Nil et l'Euphrate. Cependant, cette allégation avait été discréditée à la fois par les sionistes et les antisionistes. Les deux bandes bleues avait été conçus en référence et selon la couleur du Talith[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 15:18-21.
  2. Daniel Pipes: Imperial Israel: The Nile-to-Euphrates Calumny, 1994, http://www.danielpipes.org/247/imperial-israel-the-nile-to-euphrates-calumny
  3. a et b (en)(en) Jonathan Rynhold et Dov Waxman, Ideological change and Israel's disengagement from Gaza, .
  4. Antisémitisme : le discours de Bernard-Henri Lévy à l’Assemblée générale de l’ONU, La Règle du Jeu, 23/11/2015
  5. http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/14/selon-une-enquete-l-antisemitisme-s-etend_4524020_3224.html
  6. Yasir Arafat: A Political Biography: A Political Biography, Barry Rubin. Page 241
  7. Pipes, Daniel (1998). The Hidden Hand: Middle East Fears of Conspiracy. St Martin's Press. p. 50. ISBN 0312176880.
  8. http://www.bankisrael.gov.il/en/Currency/CurrentCurrencySeries/Pages/Default.aspx#Top
  9. [1], Playboy, September 1988.
  10. http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=501543&contrassID=1

Articles connexes[modifier | modifier le code]