Controverse sur les rapports entre race et intelligence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Race et intelligence)
Aller à : navigation, rechercher
Article général Pour un article plus général, voir Intelligence humaine.

La relation entre les notions de race et d'intelligence a été l'objet de recherches et de débats dans la recherche scientifique et la vulgarisation depuis le début du XXe siècle et l'invention des tests de quotient intellectuel[1]. Auparavant déjà, à l'époque des grandes explorations, l'idée de différences naturelles d’intelligence entre les groupes humains était répandue. Il n'y a pas de définition acceptée universellement de ces notions et aujourd'hui encore, le sujet est extrêmement polémique compte tenu du risque de récupération idéologique et politique de ce thème.

L'étude de ce sujet est pluridisciplinaire et fait appel à des références multiples notamment la psychologie, l'anthropologie, la biologie et la sociologie.

Différences génétiques entre groupes humains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Race humaine.

Les différences génétiques entre les groupes humains sont au cœur de la polémique relative au lien entre ethnie et intelligence. S'il n’existait pas de différences génétiques entre les populations humaines alors l'hypothèse de différences d’intelligence d'origine biologique serait absurde. L'ADN mitochondrial et l'ADN chromosomique Y sont particulièrement utiles pour déchiffrer l'histoire humaine et les génomes de douzaines de groupes de population ont ainsi été étudiés. En juin 2009, une analyse des données issues des génomes SNP de l'International HapMap Project (Phase II) et du CEPH Human Genome Diversity Panel samples a été publiée. Les données étaient issues de 1 138 individus qui n'étaient pas liés. Avant cette analyse, les généticiens de population s'attendaient à trouver des différences importantes entre les groupes ethniques, avec des allèles partagés entre ces groupes mais différents ou n'existant pas dans les autres groupes. Au lieu de cela, l'étude de 53 populations à partir des données des HapMap et CEPH a révélé que les groupes de population étudiés comprenaient seulement trois groupes génétiques fortement distincts : les Africains, les Eurasiens (qui incluent les natifs d'Europe et du Moyen-Orient, et les Asiatiques du sud-ouest à l'est de l'actuel Pakistan), et les Asiatiques de l'est, qui incluent les natifs de l'Asie, du Japon, d'Asie du sud, des Amériques et d'Océanie. L'étude a montré que la plupart des différences des groupes ethniques étaient le résultat de la dérive génétique, avec des populations africaines modernes ayant une plus grande diversité génétique que les deux autres groupes génétiques et les Eurasiens modernes présentant une plus grande diversité que les Asiatiques de l'est modernes. L'étude a notamment suggéré que la sélection naturelle entraînait une dérive du génome humain beaucoup plus lente qu'on ne le pensait précédemment, avec des facteurs tels que les migrations à l'intérieur et entre les continents ayant influencé plus profondément la distribution des variations génétiques[2],[3],[4].

Dans les faits, il n’existe pas de rupture génétique complète entre les groupes biologiques humains actuellement présents sur Terre mais plutôt des gradients de différences (ce qui est vrai également chez les animaux). La génétique permet de distinguer des groupes biologiques, la notion de race n'est plus considérée comme pertinente par la majorité des scientifiques en France[5].

Le discours universitaire sur les différences biologiques au sein de l’humanité a évolué. Pendant les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, en réaction à l’exacerbation de la notion de race par les nazis, l’existence de races ou de groupes biologiques au sein de l'humanité a été fortement remise en question. Les travaux de l'ethnologue Claude Lévi-Strauss, par exemple, insistaient beaucoup sur l'idée que les ethnies humaines se distinguaient par la culture et non par la biologie[6]. Cette idée sera reprise par beaucoup d'intellectuels qui affirmeront que la notion de race est une construction sociale, et non un état de fait biologique, des généticiens ont même défendu cette idée pendant longtemps[7].

Depuis les années 2000 et 2010, des études sur le génome humain affirment qu'il est possible de distinguer des groupes biologiques au sein de l'humanité[8]. Tout en prévenant que ces études ne rendent pas compte de manière convenable de la diversité de l'espèce humaine[8]. L'introduction d'un article du magazine La Recherche, de 2004 résume ainsi la situation dans l'introduction d'un article traduit de « Race: a genetic melting-pot », paru originellement en 2003 dans Nature :

« Contrairement à l'idée défendue depuis le milieu du XXe siècle, on peut définir scientifiquement des races dans l’espèce humaine. La connaissance du génome humain permet en effet de regrouper les personnes selon les zones géographiques d’où elles sont issues. En revanche, les usages que l’on prétend faire en médecine d’une classification raciale sont sujets à caution »[9].

Bruce Lahn, un généticien à l'université de Chicago qui a effectué des recherches dans le domaine de la génétique humaine a publié dans la revue scientifique Nature une demande de reconnaissance de la diversité génétique qui existe au sein de l'espèce humaine, à l'intérieur des groupes et entre les groupes, selon lui l'affirmation de l’homogénéité génétique de tous les humains est une erreur scientifique[10].

Eugénisme et quotient intellectuel[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Eugénisme et Quotient intellectuel.

Les premiers tests montrant des différences de quotient intellectuel entre les différents groupes ethniques aux États-Unis ont été les tests des recrutement de l'armée américaine au cours de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, des groupes de lobbyistes eugénistes ont soutenu que ces résultats démontraient que les Afro-Américains et certains groupes d'immigrants étaient intellectuellement inférieurs aux Européens anglo-saxons en raison de différences biologiques qui auraient été innées ; les résultats des tests d'intelligence ont donc été utilisés comme un argument pour les politiques de ségrégation raciale. Par la suite, d'autres études ont paru, contestant ces conclusions et arguant plutôt que les tests de l'armée n'avaient pas été correctement contrôlés des effets de biais statistiques liés à des facteurs environnementaux tels que les différences socioéconomiques et éducatives entre les Afro-Américains et les Euro-américains[11].

Le débat a repris en 1969, lorsque Arthur Jensen affirmait que pour des raisons génétiques, les afro-américains étaient moins intelligents que les blancs et que les tentatives d'amélioration des conditions socio-économiques des noirs grâce a l'éducation des enfants afro-américains était donc vouée à être inefficace.

Les études sur les différences de QI entre les groupes humains font l'objet de débats virulents en raison notamment du risque qu'elles peuvent représenter en donnant une base scientifique au racisme.

Le QI a en effet été instrumentalisé pour étayer des propositions élitistes, eugénistes. Au cours du XXe siècle, des groupes de personnes ont par exemple été soumis à un programme de stérilisations contraintes à la suite de mauvais résultats à des tests de QI. Par exemple au Canada consécutivement à la loi Sexual Sterilization Act of Alberta (en) (1928).

Différences de réussite scolaire entre groupes ethniques aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Dans le système scolaire américain, il est constaté depuis des années que les groupes ethniques affichent des différences de réussite scolaire importantes, les asiatiques affichent en moyenne des résultats scolaires plus élevés que la moyenne des euro-américains qui eux-mêmes affichent des résultats scolaires plus élevés que les hispaniques et les afro-américains[12],[13],[14]. Les universitaires américains ont insisté sur le rôle primordial de l’environnement socioculturel dans lequel l'enfant évolue et de l'éducation reçue durant l'enfance pour expliquer ces écarts, l'importance de la perception des stéréotypes positifs ou négatifs a été soulignée comme cause des ces différences de réussite. Pour pallier ces différences, les États-Unis ont mis en place l'affirmative action, le but étant que chaque groupe atteigne une « masse critique » dans les cursus universitaires.

Le système scolaire américain a mis en place depuis de nombreuses années des programmes scolaires spéciaux pour les enfants surdoués, c'est-à-dire pour les enfants présentant des quotients intellectuel très élevés. Ces enfants sont regroupés en classes spéciales avec des programmes et des activités adaptés ainsi qu'un suivi spécifique. Or on constate que dans ces classes regroupant les enfants surdoués, les enfants noirs et hispaniques sont sous représentés par rapport à leur proportion dans la population américaine, tandis que les enfants asiatiques américains sont surreprésentés dans ces classes de surdoués[15],[16]. Ainsi en 2006, 8 % des enfants blancs scolarisés dans les écoles publiques primaires et secondaires étaient considérés comme surdoués, tandis que 3,6 % des enfants noirs scolarisés dans les écoles publiques primaires et secondaires étaient comptabilisés comme surdoués, la proportion des enfants asiatiques surdoués étant de 13,1 %[17],[15]. Certains spécialistes mettent en cause des biais statistiques du fait que des stéréotypes positifs favorisent les enfants asiatiques tandis que des stéréotypes négatifs pénalisent les enfants afro-américains et hispaniques[15]. Là encore, ces données ont été utilisées pour tenter de donner du crédit à l'idée d'une hypothétique différence génétique d’intelligence entre groupes humains.

Adoptions interethniques[modifier | modifier le code]

Dans une étude publiée en 1976 intitulée « Minnesota Transracial Adoption Study », les psychologues américains Sandra Scarr et Richard A. Weinberg ont mesuré le quotient intellectuel de 265 enfants de différents groupes ethniques adoptés par des familles blanches de classe moyenne recrutés sur tout le territoire américain et suivis pendant plusieurs années[18]. Les résultats de cette étude indiquaient que le quotient intellectuel moyen était différent selon les origines ethniques des enfants, malgré un environnement apparemment uniforme[18]. Les enfants afro-américains adoptés présentaient des quotients intellectuels plus faibles que les euro-américains adoptés. Certains scientifiques ont vu dans ces différences de QI entre enfants adoptés une preuve empirique de différences d’intelligence entre groupes humains d'origine biologique. Pour certains psychologues, des facteurs socioculturels et socio-psychologiques expliquent ces écarts de QI moyen entre des groupes ethniques. Ainsi, des stéréotypes négatifs ou positifs reçus dans l'éducation des enfants adoptés peuvent expliquer les différences. Cependant, Sandra Scarr, l'un des deux scientifiques à l'origine de l'étude sur les adoptions interethniques du Minnesota, est l'un des 52 scientifiques signataires du « Mainstream Science on Intelligence », une tribune publiée dans le Wall Street Journal, qui affirmait que des différences d’intelligence d'origine génétique existaient entre les ethnies. Cette tribune fut à l'origine du vives polémiques scientifiques.

En 1989, une étude a été menée pour mesurer le quotient intellectuel d'enfants coréens adoptés par des familles belges. Ces enfants présentaient un QI moyen de 119. Après correction des effets de variation liés au revenu des parents, le QI des enfants coréens adoptés était encore de dix points plus élevé que le QI moyen des enfants belges d'ascendance européenne[19].

Les données sur les enfants adoptés en France montrent que parmi les enfants adoptés de différentes origines, la proportion de bacheliers change selon l’origine géographique : ainsi 80 % des enfants adoptés d’origine asiatique étaient bacheliers contre 54 % pour les enfants adoptés originaires de France et 43 % pour les enfants adoptés originaires d'Afrique ou d'Amérique Latine. La répartition des âges au moment ou les enfants ont été adoptés, qui est globalement la même selon la région d'origine des enfants, ne peut pas expliquer les différences entre les enfants originaires d'Asie et les autres pays d’origine : 40 % à 55 % des enfants, quelle que soit leur région d'origine, ont été adoptés avant l’âge de 1 an et 25 % à 30 % entre 1 et 3 ans. La encore, le rôle de potentiels stéréotypes positifs à propos des enfants asiatiques a été mis en cause pour expliquer ces différences. Cependant il n'y a pas de base empirique pour analyser la nature et les effets réels d'hypothétiques stéréotypes positifs ou négatifs sur la réussite scolaire[20].

Rapport de l'American Psychological Association à propos des différences de quotient intellectuel entre groupes ethniques[modifier | modifier le code]

L'American Psychological Association a rapporté des différences de quotient intellectuel entre les groupes ethnique dits « groupes raciaux » aux États-Unis. En moyenne, les asiatiques américains et les juifs ashkénazes américains auraient de meilleurs résultats que la moyenne, tandis que les hispaniques et les afro-américains afficheraient des QI plus faibles que la moyenne. On constate que les groupes ethniques ayant le niveau de vie le plus élevé, c'est-à-dire les asiatiques de l'est et les ashkénazes affichent des QI plus élevés que la moyenne des euro-américains qui eux-mêmes ont des QI plus élevé que les minorités ethniques plus pauvres, c'est-à-dire les afro-américains et les hispaniques[21]. Ces résultats sont à l'origine de vifs débats dans le monde universitaire.

« The Bell Curve »[modifier | modifier le code]

Les débats sur les « races » ou ethnies humaines et les différences entre les QI ont été particulièrement virulents aux États-Unis après la publication du livre The Bell curve de Richard J. Herrnstein et Murray. Les auteurs y ont commenté les différences de QI entre groupes ethniques aux États-Unis où les minorités noires ont des scores plus faibles que les euro-américains, eux-mêmes ayant des scores plus faibles que les minorités asiatiques et ashkénazes, ce qui a des implications politiques et idéologiques importantes[22]. À la suite de la parution de ce livre, certains spécialistes ont avancé des explications qualifiées de racistes par d'autres spécialistes. L'Association Américaine de Psychologie et le Conseil national des affaires scientifiques américains ont commandé un rapport d'experts indépendants pour faire le point sur la question[22].

« Mainstream Science on Intelligence »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mainstream Science on Intelligence.

En 1994 paraît une tribune dans le Wall Street Journal intitulée « Mainstream Science on Intelligence ». Ce texte a été rédigé et signé par des universitaires d'horizons divers. 52 scientifiques y exposaient les détails des connaissances sur le sujet, ainsi que les questions non résolues scientifiquement à cette date. Les spécialistes signataires de cette tribune défendaient l'idée que les différences de QI entre les groupes seraient d'origine biologique comme l'affirmait Murray et Richard J. Herrnstein dans le livre The Bell Curve[23],[22].

Cette tribune a été vivement critiquée, tout comme les thèses défendues dans le livre The Bell Curve. Une partie des universitaires américains n'étaient pas d'accord avec ces thèses jugées « racistes et nauséabondes ». Les anthropologues défendant l'idée de l'existence de différences raciales dans l’intelligence étaient minoritaires depuis la fin du XXe siècle[24],[25]. Cependant, une récente enquête d'opinion menée auprès de plusieurs universitaires spécialistes du QI tendrait a montrer que les scientifiques restent divisés sur ce ce sujet[26].

Génétique et intelligence[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : microcéphaline et Gène ASPM.

Des formes dérivées de MCPH1 (voir microcéphaline) appelée haplogroupe D ainsi que du gène ASPM sont apparues il y a environ 37 000 ans (entre il y a 14 000 et 60 000 ans) et se sont propagées pour devenir prépondérantes partout dans le monde à l’exception de l'Afrique subsaharienne. Cette propagation rapide suggère un processus de sélection naturelle fort et récent[27]. Cependant, les scientifiques n’ont pas identifié les pressions évolutives qui pourraient avoir causé la propagation de ces mutations. Cette variante du gène est suspectée de contribuer à l'augmentation de volume du cerveau. La distribution contemporaine des formes ancestrales de MCPH1 et ASPM est corrélée avec l'incidence des langues tonales, mais la nature de cette relation est loin d'être claire[28],[29],[30],[31],[32].

L’haplogroupe D pourrait provenir d'une lignée séparée de l'homme moderne depuis environ 1,1 millions d'années. L’haplogroupe aurait ensuite par introgression été intégré dans le génome des humains modernes. Cette constatation confirme la possibilité de mélange entre l'homme moderne et des lignées d’Homo éteints (Species pluralis). En particulier les Néandertaliens ont été suggérés comme la source possible de cet haplotype sans être confirmé. Dans le cas de l'allèle de la Microcéphaline D, d'autres études ont apporté des preuves d’introgression depuis une population archaïque[33],[34],[35],[29],[36].

Les résultats de ces découvertes ont généré une controverse considérable dans le monde de la science. John Derbyshire, dans un article pour The National Review Online, écrit qu'à la suite de ces résultats « notre rêve chéri d'une méritocratie multiethnique et harmonieuse [...] pourrait se révéler illusoire ». Richard Lewontin considère les deux articles publiés comme « des exemples flagrants d’interprétation abusive des données pour provoquer un écho médiatique ». Bruce Lahn soutient que la science des études est saine et admet volontiers qu’un lien direct entre ces gènes et la cognition ou l'intelligence n'a pas été clairement établi. Lahn s’intéresse depuis à d'autres domaines d'étude[35],[31],[29].

Des études ultérieures d'association génétique conduites par Mekel-Bobrov et al. et Evans et al. ont également démontré que le génotype de MCPH1 était sous sélection positive. Ce qui signifie que le gène MCPH1 produit un génotype donnant un avantage sélectif. Une analyse de Timpson et al. n’a trouvé « aucune association significative avec la taille du cerveau et diverses mesures cognitives ». Cependant, une étude réalisée ultérieurement par Rimol et al. démontre l’existence d'un lien entre la taille du cerveau et sa structure et les deux gènes microcéphalie, MCPH1 (uniquement chez les femmes) et CDK5RAP2 (uniquement chez les hommes). Contrairement aux études précédentes, qui n’avaient étudié qu’un petit nombre d'exons polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) et n'avait pas pris en compte de possibles effets spécifiques au sexe, cette étude a utilisé la technologie des puces à ADN pour le génotypage d’une gamme de SNPs associés à l'ensemble des quatre gènes MCPH, y compris en amont et en aval des régions observées, ce qui a permis d’identifier des effets distincts entre les hommes et les femmes[37],[38].

Le fait que ces gènes soient plus ou moins fréquents selon les ethnies étudiées a provoqué la controverse car il est certain c'est que ces gènes sont impliqués dans le fonctionnement cérébral et sont responsables d'une variation du volume cérébral et que la propagation rapide de ces variantes suggère un avantage évolutif fort qui n'a pas encore été identifié[27].

Une étude datant de 2014 montre qu'il existe une corrélation forte (0,847) entre la fréquence génétique de l'haplogroupe D de la microcéphaline et d'ASPM au sein d'une population et le quotient intellectuel mesuré pour cette population. Les gènes MCPH1 et ASPM semblerait prédire de manière significative les différences de quotient intellectuel entre populations[38].

Une autre étude publiée dans la revue scientifique Intelligence s’est penchée sur des variations génétiques associées à des gains de quotient intellectuel, mises en évidence par la GWAS (Genome Wide Association Study, permettant la mise en lumière de nombreux variants génétiques différents impliqués dans un trait phénotypique)[39]. L’étude a évalué les différences de fréquence de ces allèles dans les différentes populations humaines, et il apparaît qu’elles sont parallèles aux différences de QI entre populations, il existe une corrélation forte (r = 0,91) entre la fréquence de ces gènes dans une population et le QI effectivement mesuré au sein de cette population. En d’autres termes, cette étude tendrait a montrer que les groupes ethniques parmi lesquelles on mesure un QI moyen élevé ont effectivement une fréquence importante d’allèles associés a des gains de quotient intellectuel, tandis que les ethnies présentant moins fréquemment ces gènes ont des scores moins élevés aux tests de quotient intellectuel[39].

Médiatisation du sujet et point de vue des spécialistes[modifier | modifier le code]

L’existence d'un lien entre race et intelligence a été catégoriquement rejetée en France par les intellectuels de tout horizons depuis les années 1950. Les pouvoirs publics, les médias et les universités ont massivement affirmé l'égalité intellectuelle de tous les groupes humains, parallèlement au rejet de la notion de race. Cependant, les milieux universitaires américains n'ont pas connu le même phénomène et le débat sur la notion de race et d’intelligence n'a pas été enterré comme ce fut le cas en France. Beaucoup d'universitaires américains considèrent encore aujourd'hui que l’existence d'un lien entre race et intelligence est une hypothèse scientifiquement recevable. Le débat est encore vif sur le sujet au sein de nombreuses universités et la publication de The Bell Curve et du Mainstream Science on Intelligence n'ont fait que raviver des débats et des polémiques qui existaient déjà auparavant.[réf. nécessaire]

Des sondages d'opinion réalisés parmi les universitaires sur le sujet montrent a quel point le sujet divise encore. En effet, une part non négligeable des universitaires américains considère que les différences de QI mesurés entre les races sont d'origine biologique. Cependant, la majorité des scientifiques insiste sur l'importance fondamentale des facteurs socio-environnementaux, culturels, nutritionnels et éducatifs pour expliquer les variations de quotient intellectuel entre individus, entre groupes et entre pays[26],[40].

Une enquête d'opinion sur le sujet a été réalisée en 2016 auprès de 71 scientifiques spécialistes du quotient intellectuel et des capacités cognitives. Les scientifiques ont répondu à plusieurs questions concernant les causes des écarts de quotient intellectuel mesuré dans le monde. Les résultats de cette enquête montrent que 21,64 % des spécialistes pensaient que l'éducation était la cause principale des différences de quotient intellectuel moyen a travers le monde, tandis que 17 % des interrogés considéraient que la génétique était le facteur principal expliquant ces différences, et 10,88 % pensaient que c'était la santé. Cependant, même parmi les scientifiques qui considéraient que l'éducation ou la santé étaient les causes principales des écarts mesurés, très peu considéraient que la génétique n'avait aucune influence, seulement 5 des 71 experts (7 %) qui ont répondu pensaient que les gènes ne jouaient pas de rôle dans ces écarts. Environ 90 % des experts interrogés croyaient que les gènes avaient au moins une certaine influence sur les différences internationales de quotient intellectuel, même si, d'après cette enquête, l'importance du facteur génétique reste a relativiser par rapport a l'influence de l'éducation ou de la santé selon l'opinion des scientifiques[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Race and intelligence » (voir la liste des auteurs).

  1. (en) Earl Hunt (en) et Jerry Carlson, « Considerations relating to the study of group differences in intelligence », Perspect. Psychol. Sci. (en), vol. 2,‎ , p. 194-213 (DOI 10.1111/j.1745-6916.2007.00037.x).
  2. « https://www.sciencedaily.com/releases/2009/06/090605091157.htm », sur www.sciencedaily.com (consulté le 26 avril 2017)
  3. Graham Coop, Joseph K. Pickrell, John Novembre et Sridhar Kudaravalli, « The Role of Geography in Human Adaptation », PLOS Genetics, vol. 5, no 6,‎ , e1000500 (ISSN 1553-7404, PMID 19503611, PMCID PMC2685456, DOI 10.1371/journal.pgen.1000500, lire en ligne)
  4. « Among Many Peoples, Little Genomic Variety », sur www.washingtonpost.com (consulté le 26 avril 2017)
  5. « Le concept de race peut-il s'appliquer aux humains ? », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)
  6. Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire, France, Unesco,
  7. « Les « races » sont d’abord une construction sociale », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « Comment a évolué le concept de race? », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Marcus W. Feldman, Richard C. Lewontin et Mary-Claire King, « Race: A genetic melting-pot », Nature, vol. 424, no 6947,‎ , p. 374–374 (ISSN 0028-0836, DOI 10.1038/424374a, lire en ligne)
  10. (en) Bruce T. Lahn et Lanny Ebenstein, « Let's celebrate human genetic diversity », Nature, vol. 461, no 7265,‎ , p. 726–728 (ISSN 0028-0836, DOI 10.1038/461726a, lire en ligne)
  11. « The Black-White Test Score Gap », sur www.nytimes.com (consulté le 9 mai 2017)
  12. « The Growing Correlation Between Race And SAT Scores: New Findings From California | Center for Studies in Higher Education (CSHE) », sur www.cshe.berkeley.edu (consulté le 24 avril 2017)
  13. (en) « Race gaps in SAT scores highlight inequality and hinder upward mobility | Brookings Institution », Brookings,‎ (lire en ligne)
  14. (en) Scott Jaschik, « SAT scores drop and racial gaps remain large », insidehighered,‎ (lire en ligne)
  15. a, b et c Susan Dynarski, « Why Talented Black and Hispanic Students Can Go Undiscovered », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  16. Al Baker, « In One School, Students Are Divided by Gifted Label — and Race », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  17. (en) « Digest of Education Statistics, 2010 », sur nces.ed.gov (consulté le 18 juin 2017)
  18. a et b (en) Scarr, S., & Weinberg, R. A., « IQ test performance of black children adopted by White families. », American Psychologist,‎
  19. (en) « The intelligence of Korean children adopted in Belgium - ScienceDirect », sur www.sciencedirect.com (consulté le 9 mai 2017)
  20. Denise Fichcott et Jacques Vaugelade, « La scolarité des enfants adoptés », Empan, vol. no 63, no 3,‎ , p. 57–59 (ISSN 1152-3336, lire en ligne)
  21. (en) Ulric Neisser, « Intelligence: Knowns and Unknowns », American Psychological Association,‎ (lire en ligne)
  22. a, b et c (en) « Intelligence: Knowns and unknowns. », American Psychologist, vol. 51, no 2,‎ (ISSN 1935-990X et 0003-066X, DOI 10.1037/0003-066X.51.2.77, lire en ligne).
  23. « Download Limit Exceeded », sur citeseerx.ist.psu.edu (consulté le 24 avril 2017)
  24. (en) Daniel Schacter, Daniel Gilbert et Daniel Wegner, Psychology, New York, Worth Publishing, (ISBN 0-7167-5215-8).
  25. Neisser et al. 1996 « The differential between the mean intelligence test scores of Blacks and Whites (about one standard deviation, although it may be diminishing) does not result from any obvious biases in test construction and administration, nor does it simply reflect differences in socio-economic status. Explanations based on factors of caste and culture may be appropriate, but so far have little direct empirical support. There is certainly no such support for a genetic interpretation. At present, no one knows what causes this differential. »
  26. a, b et c Heiner Rindermann, David Becker et Thomas R. Coyle, « Survey of Expert Opinion on Intelligence: Causes of International Differences in Cognitive Ability Tests », Frontiers in Psychology, vol. 7,‎ (ISSN 1664-1078, PMID 27047425, PMCID PMC4804158, DOI 10.3389/fpsyg.2016.00399, lire en ligne)
  27. a et b (en) Patrick D. Evans, Sandra L. Gilbert, Nitzan Mekel-Bobrov et Eric J. Vallender, « Microcephalin, a Gene Regulating Brain Size, Continues to Evolve Adaptively in Humans », Science, vol. 309, no 5741,‎ , p. 1717–1720 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 16151009, DOI 10.1126/science.1113722, lire en ligne)
  28. (en) Dan Dediu et D. Robert Ladd, « Linguistic tone is related to the population frequency of the adaptive haplogroups of two brain size genes, ASPM and Microcephalin », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 104, no 26,‎ , p. 10944–10949 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 17537923, PMCID PMC1904158, DOI 10.1073/pnas.0610848104, lire en ligne)
  29. a, b et c (en) N. Mekel-Bobrov, D. Posthuma, S. L. Gilbert et P. Lind, « The ongoing adaptive evolution of ASPM and Microcephalin is not explained by increased intelligence », Human Molecular Genetics, vol. 16, no 6,‎ , p. 600–608 (ISSN 0964-6906, DOI 10.1093/hmg/ddl487, lire en ligne)
  30. « MCPH1 microcephalin 1 [Homo sapiens (human)] - Gene - NCBI », sur www.ncbi.nlm.nih.gov (consulté le 24 avril 2017)
  31. a et b Patrick D. Evans, Sandra L. Gilbert, Nitzan Mekel-Bobrov et Eric J. Vallender, « Microcephalin, a gene regulating brain size, continues to evolve adaptively in humans », Science (New York, N.Y.), vol. 309, no 5741,‎ , p. 1717–1720 (ISSN 1095-9203, PMID 16151009, DOI 10.1126/science.1113722, lire en ligne)
  32. (en) Patrick D. Evans, Nitzan Mekel-Bobrov, Eric J. Vallender et Richard R. Hudson, « Evidence that the adaptive allele of the brain size gene microcephalin introgressed into Homo sapiens from an archaic Homo lineage », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 103, no 48,‎ , p. 18178–18183 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 17090677, PMCID PMC1635020, DOI 10.1073/pnas.0606966103, lire en ligne)
  33. Franck Ramus, « Influences génétiques sur le développement des fonctions cognitives », CNRS,‎ (lire en ligne)
  34. (en) « Introgression and microcephalin FAQ », john hawks weblog,‎ (lire en ligne)
  35. a et b (en) Patrick D. Evans, Sandra L. Gilbert, Nitzan Mekel-Bobrov et Eric J. Vallender, « Microcephalin, a Gene Regulating Brain Size, Continues to Evolve Adaptively in Humans », Science, vol. 309, no 5741,‎ , p. 1717–1720 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 16151009, DOI 10.1126/science.1113722, lire en ligne)
  36. (en) Patrick D. Evans, Nitzan Mekel-Bobrov, Eric J. Vallender et Richard R. Hudson, « Evidence that the adaptive allele of the brain size gene microcephalin introgressed into Homo sapiens from an archaic Homo lineage », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 103, no 48,‎ , p. 18178–18183 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 17090677, PMCID PMC1635020, DOI 10.1073/pnas.0606966103, lire en ligne)
  37. Lars M. Rimol, Ingrid Agartz, Srdjan Djurovic et Andrew A. Brown, « Sex-dependent association of common variants of microcephaly genes with brain structure », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 107, no 1,‎ , p. 384–388 (ISSN 0027-8424, PMID 20080800, PMCID PMC2806758, DOI 10.1073/pnas.0908454107, lire en ligne)
  38. a et b Michael A. Woodley, Heiner Rindermann, Edward Bell et James Stratford, « The relationship between Microcephalin, ASPM and intelligence: A reconsideration », Intelligence, vol. 44,‎ , p. 51–63 (DOI 10.1016/j.intell.2014.02.011, lire en ligne)
  39. a et b Davide Piffer, « A review of intelligence GWAS hits: Their relationship to country IQ and the issue of spatial autocorrelation », Intelligence, vol. 53,‎ , p. 43–50 (DOI 10.1016/j.intell.2015.08.008, lire en ligne)
  40. « PsycNET - Option to Buy », sur psycnet.apa.org (consulté le 9 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]