Pont de Cheviré

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Pont de Cheviré
Image illustrative de l'article Pont de Cheviré
Géographie
Pays France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Nantes
Coordonnées géographiques 47° 11′ 34″ N, 1° 36′ 48″ O
Fonction
Franchit Loire
Fonction Pont routier (Boulevard périphérique de Nantes)
Caractéristiques techniques
Type Pont à poutres
Longueur 1 563 m
Portée principale 242 m
Largeur 36 m
Hauteur 52 m
Matériau(x) Acier, béton armé
Construction
Construction 19861990
Inauguration
Architecte(s) Philippe Fraleu

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Pont de Cheviré

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Pont de Cheviré

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Pont de Cheviré

Le pont de Cheviré (aussi appelé viaduc de Cheviré) est un pont routier à 2×3 voies au sommet et qui franchit la Loire à l’ouest de Nantes en France. Il soutient le périphérique de Nantes.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Ce pont est atypique. En effet, il est construit sur une zone complètement plate, il culmine à une hauteur de 52 mètres, ceci afin de permettre le passage de gros navires sur l'estuaire de la Loire qui doivent pouvoir franchir la zone à destination des quais de la zone portuaire de commerce de Nantes et autres industries lourdes du bord de Loire quelle que soit leur charge.

Il est constitué de deux viaducs d'accès en béton réunis par un tablier central au-dessus du fleuve.

Les deux viaducs d'accès au pont qui se trouvent pourtant sur les emprises des deux terminaux portuaires nantais de Cheviré (enclave sur la rive gauche de la Loire) et de la Roche-Maurice (situé sur la rive droite) ne donnent pas la possibilité d'un accès direct à celui-ci, puisque les échangeurs routiers du périphérique les plus proches qui permettent d'y accéder se trouvent sur les territoires des communes de Saint-Herblain (« Porte de l'Estuaire ») et de Bouguenais (« Porte de Bouguenais »).

Le pont mesure 1 563 m de longueur et 52 m de hauteur[1]. La travée métallique centrale pèse environ 2 300 tonnes.

Construction[modifier | modifier le code]

Le pont de Cheviré a pour architecte Philippe Fraleu. Les viaducs d'accès en béton précontraint ont été réalisés par l'entreprise Quillery et la partie métallique du pont par l'entreprise Baudin-Châteauneuf. Les études de l'ouvrage en béton précontraint ont été faites par SECOA.

Les projets ont dû tenir compte des contraintes du site : le gabarit de navigation est fixé à la cote 55 m NGF, tandis que le plafond aérien imposé par la présence de l'aéroport de Nantes-Atlantique se situe, après dérogation, à 91 m NGF. A ceci s'ajoute la longueur de l'ouvrage, la nécessité de franchissement de zones portuaires et de voies routières et ferroviaires. C'est pourquoi les alternatives d'un tunnel, d'un barrage mobile ou d'un pont suspendu ont été écartées[2].

Les travaux ont été décidés et réalisés sous le mandat de Michel Chauty (maire de Nantes de 1983 à 1989). Ils ont commencé fin 1986 et ont duré 52 mois.

L’épisode le plus spectaculaire fut la pose du tablier. Ce dernier a été construit d'une pièce à Saint-Nazaire. Il a ensuite remonté la Loire sur une barge. Le morceau de 162 mètres de long a ensuite été gruté à 50 mètres de haut pour y être accroché sur les deux viaducs.

Il fut inauguré le 27 avril 1991 par Michel Rocard, à l’époque premier ministre[3].

Financement[modifier | modifier le code]

Le pont devait coûter 275 MF HT de 1987, soit 68,3 M€ actuels[4]. Le coût final s'est établi à 522 MF en 1991, soit 114,3 M€ actuels, pris en charge à 55 % par l’État et 45 % par l’agglomération nantaise[5].

Rôle du pont[modifier | modifier le code]

Le pont de Cheviré s’inscrit dans l’Arc atlantique qui permet aux automobilistes et aux professionnels du transport de traverser l’Europe du nord au sud. En effet il est, en tant que support du périphérique de Nantes, un élément important de jonction entre des portions de la route des Estuaires (axe essentiel au niveau européen, reliant la Belgique à l'Espagne sans passer par Paris) :

Au niveau du département, il a permis de soulager le trafic en provenance du Nord de la Bretagne pour la traversée de la Loire. Les véhicules devaient auparavant transiter soit par le pont de Saint-Nazaire (qui était saturé et fait encore l’objet de nombreuses fermetures), soit par le centre-ville de Nantes.

De plus, il constitue un maillon important du boulevard périphérique de Nantes (officiellement RN 844), permettant à celui-ci de franchir la Loire en aval de la ville par une route qui présentait initialement 2 fois 3 voies de circulation.

Conditions de circulation[modifier | modifier le code]

Le pont vu depuis la rive nord, avec les grues du terminal portuaire de Roche Maurice.

Pour prévenir les accidents (auparavant trop fréquents) et réduire la vitesse, le nombre de voies du côté de la descente du pont a été réduit aujourd’hui à 2 voies (dans chaque sens), une des voies ayant été neutralisée (et les changements de voie interdits en descente en dehors de la zone de rabattement de 3 à 2 voies qui oblige à ralentir en descente). La vitesse y est limitée à 70 km/h (depuis le 10 juillet 2013).

Il n'y a pas de voie réservée aux véhicules les plus lents, et comme sur tout le réseau routier français la troisième voie est interdite aux poids lourds.

Très emprunté, ce pont fait souvent l’objet de bouchons ou de ralentissements importants de chaque côté avant son entrée notamment le matin en semaine. Tout comme le pont de Saint-Nazaire, il peut être fermé certains jours à certains véhicules ou tous les véhicules en cas de grand vent, le trafic étant alors reporté vers les autres ponts de Nantes ce qui congestionne fortement le trafic dans l'ensemble de l'agglomération.

Pour tenter d’y remédier, un plan de circulation drastique à Nantes tente de canaliser le trafic en centre-ville sur des axes à simple sens de circulation en évitant la traversée complète de la ville, les grands boulevards intérieurs donnant la priorité de trafic à la traversée des ponts sur la Loire, la Sèvre Nantaise et l’Erdre ; de plus, un réseau de transport en commun densifié (par tramway à Nantes et TER) et des parkings en périphérie limitent l’usage des véhicules pour le trafic intra-urbain, et le trafic sur ces boulevards peut être réaménagé en cas de fermeture de ce pont aujourd’hui essentiel à toute l’économie nantaise, régionale et nationale. De plus, depuis le début des années 2010, des projets de nouveaux franchissements de la Loire sont envisagés en aval de l'île de Nantes, dont celui d'un tunnel immergé entre Chantenay et Rezé, constitué de trois tubes : deux pour la circulation automobile et un pour la circulation douce (vélos et piétons)[6].

Les fermetures de ce pont et changements de circulation sur le périphérique nantais sont annoncées par les panneaux à messages variables sur le périphérique et les radios locales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Viaduc de Cheviré sur Structurae.
  2. Bouchon 1988.
  3. A2, « Inauguration du pont de Cheviré », L'Ouest en mémoire (INA), (consulté le 18 juillet 2010)
  4. « Pont de Cheviré à Nantes », Setec TPI, (consulté le 27 juin 2016).
  5. « La route des estuaires emprunte le pont de Cheviré », Les Échos, (consulté le 27 juin 2016).
  6. Loire : la voie du tunnel est à creuser - article Maville du 12 juin 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Loïc Abed-Denesle, « Pont de Cheviré », Nantes Passion, Nantes, mairie de Nantes, no 213,‎ , p. 50-51 (ISSN 1164-4125)
  • Emmanuel Bouchon, « Le Pont de Cheviré », Bulletin ouvrages d'art, Bagneux, Centre des techniques des ouvrages d'art du service d'études techniques des routes et autoroutes, no 3,‎ , p. 6 (ISBN 978-2-37180-109-7, lire en ligne)
  • Les Ponts de Nantes d'hier et d'aujourd'hui, Nantes, Coiffard Librairie Éditeur, , 152 p. (ISBN 291036603-0)
  • Michel Virlogeux, « Structure et architecture des ponts », Culture Technique, Centre de recherche sur la culture technique, no 26,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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