Montgeard

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Montgeard
L'église de Montgeard vue du sud
L'église de Montgeard vue du sud
Blason de Montgeard
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Arrondissement Toulouse
Canton Escalquens
Intercommunalité Communauté de communes des Coteaux du Lauragais Sud
Maire
Mandat
Marie-Claire Garofalo
2014-2020
Code postal 31560
Code commune 31380
Démographie
Gentilé Montgeardins
Population
municipale
467 hab. (2014en augmentation de 7.6 % par rapport à 2009)
Densité 50 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 20′ 23″ nord, 1° 38′ 05″ est
Altitude Min. 195 m – Max. 290 m
Superficie 9,32 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.montgeard.fr/

Montgeard est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne et la région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Montgeardins.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune de l'aire urbaine de Toulouse, Montgeard est située dans le Lauragais, à 34 km au sud-est de Toulouse.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Montgeard
Nailloux Nailloux Seyre
Aignes Montgeard Lagarde
Calmont Gibel Monestrol

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est arrosée par l'Aïse affluent du Ariège et le Thésauque affluent de l'Hers-Mort.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune de est de 932 hectares ; son altitude varie de 195 à 290 mètres[1].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès avec les lignes régulières de transport interurbain réseau Arc-en-ciel (anciennement SEMVAT).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Une bastide[modifier | modifier le code]

Les origines du village de Montgeard[2] se confondent avec l’histoire de la reconquête politique du Midi toulousain dans le contexte de l’après-Croisade des Albigeois : l’âge des bastides.

La naissance de Montgeard reflète la volonté du pouvoir royal de reprendre en main un territoire auparavant acquis à la cause cathare (les coteaux sud de Nailloux-Montesquieu) en implantant une ville neuve qui pourra attirer de nouveaux habitants dispersés ou venus des vieux villages voisins : Monestrol, Nailloux[3].

Sa fondation s’est effectuée en deux temps. Le 21 juin 1317, un contrat de paréage est signé entre le seigneur de Nailloux, Hugues Peytavin et le représentant du roi Philippe V à Toulouse, le sénéchal Guy Guiard (qui donnera son nom à la localité : « mont-Guiard », devenu Montgeard[4]). La planification orthogonale caractéristique du village est alors tracée, au sommet d’une colline, dans la forêt dite « d’Artiz » à une demi-lieue du village de Nailloux, auprès d’une église portant le nom de Notre-Dame des Cabanes[2],[5]. Les premiers montgeardins sont invités à venir s’installer et, moyennant une redevance annuelle, ils deviennent propriétaires de « lots » dans la nouvelle ville. Un an plus tard (juillet 1318), une charte est octroyée à la nouvelle localité : elle détermine en 50 articles les coutumes locales en terme de liberté des personnes, mais aussi les franchises ou « privilèges » attribués sur le plan économique : répartition de l’impôt, déroulement des foires et marchés, etc.[6]

Une jalousie supposée ou la crainte d’un exode de sa population entraîne le village voisin de Nailloux à réclamer les mêmes droits que les montgeardins. C’est chose faite avec l’acte d’union de 1319, qui proclame le rattachement de Nailloux à Montgeard et la jouissance des mêmes privilèges.

L’âge d’or du pastel[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses autres localités rurales du triangle Toulouse-Albi-Carcassonne, Montgeard a connu une période de forte prospérité avec l’apogée de la production du pastel, entre la fin de la guerre de Cent Ans (1453) et le début des guerres de Religion (1562).

Issu d’une plante, Isatis tinctoria, ce colorant était la seule source de teinture bleue connue en Europe jusqu’à la fin du XVIe siècle. Le pastel était cultivé comme une plante potagère, ce qui nécessitait une main d’œuvre importante. Les feuilles étaient récoltées, lavées, séchées, puis broyées dans un moulin pastellier. La pâte de pastel écrasée était ensuite amalgamée en grosses boules appelées « coques », ou « cocagnes » en Lauragais, qui étaient mises à sécher. Ces « cocagnes », qui ont donné au Lauragais son surnom de « pays de cocagne », étaient ensuite commercialisées depuis Toulouse sur le marché européen.

Plusieurs familles de propriétaires terriens profitent alors de la richesse des sols, de la clémence du climat et de l’abondance de main d’œuvre locale pour faire fortune dans cette activité devenue rapidement spéculative. Ce sont les Faget, les Gagnac, les Caussidières et bien sur les plus célèbres, les Durand, dont les noms ont été gravés pour l’éternité dans les murs de l’église paroissiale[2].

Deux exemples du patrimoine architectural de Montgeard attestent de cette prospérité :

  • L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, construite entre 1522 et 1561, est un superbe exemple d’architecture gothique méridionale. Construite grâce à l’argent du pastel, elle présente en façade un clocher-porche inachevé unique en Lauragais, dont la base massive aurait dû accueillir une tour octogonale peut-être semblable à celle de l’église voisine de Cintegabelle. A l’intérieur, la décoration sculptée est réputée pour ses superbes clefs de voûte et culots armoriés. De nombreux objets d'art sont dignes d'intérêts : un bénitier en marbre venu de Pise, un retable d’albâtre démembré importé d’Angleterre, des dalles funéraires portant des épitaphes en occitan, un grand retable de pierre peint de la fin du XVIe siècle. La décoration des voûtes à l’imitation de la cathédrale d’Albi au XIXe siècle a valu à l’église de Montgeard son surnom de « petit Albi »[2].
  • L’hôtel Durand, également appelé « château de Montgeard », est un hôtel particulier dont la construction a dû commencer en 1554-1555, au moment où son commanditaire, Guillaume Durand, a racheté les droits seigneuriaux sur le village, devenant le premier seigneur de Montgeard[2]. Comme les hôtels de Bernuy et d’Assezat de Toulouse, il témoigne de la richesse considérable accumulée par les marchands de pastel. A l’extérieur, le bâtiment est bordé d’une galerie à arcades en face de la halle du village et qui a pu accueillir des marchands. Les façades présentent des fenêtres à croisée décorées de sculptures grotesques. L’intérieur est connu pour ces énormes cheminées de briques, sa décoration sculptée, ces impressionnantes caves voûtées et une peinture murale représentant la « Tentation de saint Antoine » d’après Jacques Callot[7].

D'une culture à l'autre[modifier | modifier le code]

La chute des cours du pastel au début des années 1560, l’arrivée d’un colorant concurrent (l’indigo) sur le marché européen et les désordres causés par les guerres de religion ont entraîné une période de déclin relatif pour Montgeard.

Alors que les grandes familles de marchands pastelliers redeviennent de simples propriétaires terriens, les guerres de religion achèvent de ruiner la région. La proximité du comté de Foix et de localités acquises à la Réforme (Calmont, Gibel, Mazères) explique en partie l’ardeur de ces conflits. Cependant, le calme revenu, les XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles sont une nouvelle période de prospérité pour Montgeard, grâce à la culture du blé.

Cette abondance, sans commune mesure avec l’âge d’or du pastel, se traduit par une expansion démographique, le village débordant au-delà des anciens fossés de la bastide médiévale dans un nouveau quartier , surnommé le « barri »[2]. Signe des temps, une nouvelle halle « aux grains » est construite en 1763 ; elle a depuis été remplacée par la halle actuelle. Comme dans de nombreux villages du Lauragais, cette halle servait de lieu de dépôt et d’évaluation des récoltes, avant le grand voyage, par l’ancienne route de Nailloux, via le port de Gardouch et le canal du Midi, vers d’autres lieux de négoce, notamment Toulouse. A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la concurrence des blés d’Europe de l’est venu par le chemin de fer entraînera de nouveau un lent déclin.

  • Situé dans un hameau à proximité du village, le château de Roquefoulet, construit au début du XIXe siècle, est un des derniers exemples de ces nombreux « châteaux du froment »[8] qui ont été construits en Lauragais pendant cette période. Il est l’œuvre de l’architecte Delor de Masbou, également responsable du dôme de la Grave à Toulouse. Il s’agit d’un exemple de style palladien assez sobre, avec un corps central cubique à deux niveaux flanqué de deux ailes en rez-de-chaussée, à l’alignement du corps central ; sa façade arrière est agrémentée d’un avant-corps en forme de rotonde qui rappelle le modèle néo-classique du château de Reynerie. Le décor intérieur (menuiseries, peintures) est à l’imitation de l’antique. Parc remarquable[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Commune faisant partie de la septième circonscription de la Haute-Garonne de la communauté de communes des Coteaux du Lauragais Sud et du canton d'Escalquens (avant le redécoupage départemental de 2014, Montgeard faisait partie de l'ex-canton de Nailloux).

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1961 1983 Édith de Sevin RPR  
mars 1983 2008 André Roou PS  
mars 2008 en cours Marie-Claire Garofalo PS Retraitée
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.

Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 467 habitants, en augmentation de 7,6 % par rapport à 2009 (Haute-Garonne : 6,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
561 567 600 563 660 581 690 691 683
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
716 672 612 602 553 479 497 512 468
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
414 436 425 329 339 330 308 297 271
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
247 228 256 223 290 323 421 455 467
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[14] 1975[14] 1982[14] 1990[14] 1999[14] 2006[15] 2009[16] 2013[17]
Rang de la commune dans le département 308 257 338 274 281 254 254 256
Nombre de communes du département 592 582 586 588 588 588 589 589

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie est principalement basée sur l'agriculture.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Montgeard fait partie de l'académie de Toulouse.

Écologie et recyclage[modifier | modifier le code]

La collecte et le traitement des déchets des ménages et des déchets assimilés ainsi que la protection et la mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de CoLaurSud (communauté de communes des coteaux du Lauragais Sud) [18].

Une déchèterie est située sur la commune sur la route de Nailloux à Calmont[19].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le village de Montgeard possède un très riche patrimoine, témoignage de la richesse extraordinaire accumulée par certains de ses habitants au XVIe siècle notamment.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Montgeard

Son blasonnement est : De gueules au monde d'or, accompagné de trois fleurs de lys du même.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Société académique d'architecture, Les bastides du Lauragais et du pays de Foix : Carcassonne, Chalabre, Mazères, Mirepoix, Montgeard, Revel, Roquefixade, Saint-Félix-Lauragais, Villefranche-de-Lauragais, Diagram, Toulouse, 1991, 32 p.
  • Claude Rivals et André Soutou, Montgeard en Lauragais, chez les auteurs, Toulouse, 1974.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens Externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  2. a, b, c, d, e et f Claude Rivals et André Soutou, Montgeard en Lauragais, Toulouse, chez les auteurs,
  3. Jean Odol, Lauragais, Pays des cathares et du pastel, Toulouse, Privat, (1re éd. 1995)
  4. Lucien Ariès, Les noms de lieux entre Aude et Garonne, Dictionnaire étymologique, Baziège, A.R.B.R.E., , p. 423
  5. a et b « Histoire de Montgeard », sur montgeard.fr,
  6. « Bastides : Chartes de coutumes et Documents », sur eglage.free.fr (consulté le 23 juin 2017)
  7. « Ancien château », sur culture.gouv.fr (consulté le 23 juin 2017)
  8. Jean Odol, « La route des Châteaux du Froment en Lauragais », Couleur Lauragais, no 54,‎ (lire en ligne)
  9. « Château de Roquefoulet », sur culture.gouv.fr (consulté le 23 juin 2017)
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. a, b, c, d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  15. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  16. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  17. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  18. http://www.colaursud.fr/Ordures-menageres.html
  19. http://www.colaursud.fr/25-Jours-Horaires-ouvertures.html
  20. « Montgeard, Ancien château », sur http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/
  21. « Château de Roquefoulet »
  22. « Lac de la Thésauque », sur lauragais-tourisme.fr