CureVac

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CureVac
logo de CureVac
illustration de CureVac

Création 2000
Fondateurs Ingmar Hoerr, Steve Pascolo, Florian von der Muelbe, Gunther Jung et Hans-Georg Rammensee
Forme juridique Société par actions de droit allemand (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Action NASDAQ (CVAC)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Tübingen
Direction Ingmar Hoerr (en) (D.G. depuis le 11/3/2020)
Directeurs Mariola Fotin-Mleczek (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Dietmar Hopp, Fondation Bill-et-Melinda-Gates
Activité Biotechnologie
Effectif > 450 personnes
Président Jean Stéphenne (depuis le 2/4/2020)[2]
TVA européenne DE221393632[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web https://www.curevac.com

CureVac est une société biopharmaceutique dont le siège social est à Tübingen, en Allemagne. Elle développe des thérapies basées sur l'ARN messager (ARNm). L'entreprise se concentre sur le développement de vaccins pour les maladies infectieuses, et de médicaments pour traiter le cancer et les maladies rares. Fondée en 2000, CureVac compte environ 375 employés en mai 2018.

CureVac a conclu diverses collaborations avec des organisations, notamment des accords avec Boehringer Ingelheim, Sanofi Pasteur, Johnson & Johnson, Genmab (en), la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, Eli Lilly and Company, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations et l'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (en).

En 2020, ses équipes sont en pointe sur la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus, et un soupçon de débauchage de cette entreprise crée une polémique entre les États-Unis et l’Allemagne. Ce sujet met en exergue le rôle stratégique de ce secteur d'activité.

Historique[modifier | modifier le code]

L’entreprise est créée en 2000. En octobre 2013, CureVac lance une collaboration avec Janssen Pharmaceuticals Inc, une filiale de Johnson & Johnson, pour le développement de nouveaux vaccins contre la grippe[4]. Toujours en 2013, CureVac anonce le quatrième d'une série de partenariats avec le Cancer Research Institute et l’Institut Ludwig pour la recherche sur le cancer, pour permettre l'essai clinique de nouvelles options de traitement d'immunothérapie du cancer[5].

En mars 2014, CureVac remporte un prix de 2 millions d'euros décerné par la Commission européenne pour stimuler les nouvelles technologies de vaccination susceptibles d'aider le monde en développement, car les recherches de l'entreprise pourraient déboucher sur une nouvelle génération de vaccins qui n'ont pas besoin d'être réfrigérés. Plus tard, en juillet 2014, CureVac signe un accord de licence exclusif avec Sanofi Pasteur pour développer et commercialiser un vaccin prophylactique à base d'ARNm[6]. En septembre 2014, la société cède sous licence à Boehringer Ingelheim les droits mondiaux de son produit en cours de développement et de test[7]

En mars 2015, l'investisseur de CureVac, la Fondation Bill et Melinda Gates, accepte de financer séparément plusieurs projets de développement de vaccins prophylactiques basés sur la plateforme d'ARNm exclusive de CureVac[8] . En septembre 2015, CureVac conclut une collaboration avec l'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI) afin d'accélérer le développement de vaccins contre le sida, en utilisant des immunogènes développés par l'IAVI et ses partenaires, fournis par la technologie ARNm de CureVac[9]. Le même mois, CureVac annonce qu'elle ouvrirait un centre aux États-Unis à Boston, Massachusetts[10].

Conformément à son accord avec Lilly, la société commence la construction d'une installation de production en 2016[11]. En 2017, CureVac reçoit environ 359 millions de dollars US (305 millions d'euros) d’investisseurs en capital et est évalué à 1,65 milliard de dollars US (1,40 milliard d'euros)[12].

Vaccin contre le coronavirus et conflits politiques[modifier | modifier le code]

Début 2020, la société entreprend des recherches sur un vaccin contre le coronavirus[13]. Ce nouveau développement va attirer des convoitises américaines sur la société et entraîner une modification de la gouvernance de la société.

Le 2 mars, le directeur général de CureVac, l'américain Daniel Menichella, a participé à une réunion à la Maison Blanche au cours de laquelle il aurait rencontré le président américain Donald Trump[14],[15],[16].

Selon le journal allemand Welt am Sonntag, Donald Trump avait tenté de persuader CureVac de se délocaliser aux États-Unis, ou d'obtenir les droits du vaccin exclusivement pour les États-Unis[17]. Reuters, CNBC et le South China Morning Post rapportent que le ministère allemand de la santé a confirmé les affirmations de Welt am Sonntag[18],[19],[20].

La chancelière allemande, Angela Merkel, informée du projet, aurait manifesté son indignation[13].

Le 11 mars 2020, le directeur général américain de CureVac AG, Daniel Menichella, a été licencié par ses actionnaires, et remplacé par le fondateur de la société, Ingmar Hoerr (en). Il lui était reproché d'être allé à la Maison Blanche sans l'accord du conseil de surveillance[21], et d'avoir une stratégie de developpement très axée vers les Etats-Unis.

Le 16 mars, CureVac publie une déclaration sur Twitter, déclarant : « Pour être à nouveau clair sur le coronavirus : CureVac n'a pas reçu d'offre du gouvernement américain ou d'entités connexes avant, pendant et depuis la réunion de la Task Force à la Maison Blanche le 2 mars. CureVac rejette toutes les allégations de la presse »[22].

Le 2 avril, Jean Stéphenne est nommé président du conseil de surveillance de CureVac.

Levées de fonds 2020 et introduction en bourse[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 2020, il est annoncé que la banque publique allemande KfW prend une participation de 23% au capital de CureVac en y investissant 300 millions d'Euros. Cette prise de participation est considérée comme stratégique par le ministre de l'économie, Peter Altmaier[23].

Le 7 juillet 2020, GSK achète 10 % de la société pour 143 millions d'euros, ce qui valorise de fait la société à 1,43 milliards d'euros ; en outre, GSK doit payer 120 millions d'euros à CureVac et lui faire une avance remboursable de 30 millions d'euros[24],[25]. Au total, les levées de fonds réalisées par CureVac en juin et juillet 2020 représentent 640 millions de dollars, et précèdent l'introduction en bourse[26].

L'introduction sur le NASDAQ a lieu le 14 août, elle porte sur 13,3 millions d'actions nouvelles au prix de 16 dollars, de 2 millions d'actions supplémentaires à souscrire dans les 30 jours, ainsi que d'actions souscrites par Dietmar Hopp pour 100 millions de dollars[27]. A l'issue du 1er jour de cotation, l'action grimpe à 55,9 dollars, soit une hausse de 250 %, portant la capitalisation boursière de l'entreprise à plus de 7,7 milliards de dollars !

En outre, début septembre 2020, l'Allemagne promet à CureVac une subvention maximum de 252 millions d'euros, afin d'accélérer le développement du vaccin contre le coronavirus[28].

Développements de nouveaux vaccins[modifier | modifier le code]

Vaccin contre le COVID[modifier | modifier le code]

Le vaccin anti-Covid utilise la technologie ARN messager. CureVac lance fin septembre 2020 une étude phase 2 au Pérou et au Paname, sur 690 personnes, et compte lancer une étude phase 3 avec 30.000 participants avant fin 2020[29].

Usines[modifier | modifier le code]

CureVac crée ses propres usines. En avril 2020, environ 150 personnes sont affectées à la production, dans une usine déjà opérationnelle et 2 usines en cours de création. Une 4e usine va être créée avec l'objectif de produire des milliards de doses de vaccin par an[21]. Une aide de 80 M€ de l'Union européenne est prévue pour ce projet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Knowledge Graph, (graphe de connaissances), consulté le Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. Jean Stéphenne élu président du conseil de surveillance
  3. « https://www.curevac.com/imprint » (consulté le 15 juin 2020)
  4. (en) « J&J's Janssen Companies Launch a Trio of Collaborations », sur genengnews.com
  5. (en) « CRI, Ludwig to Test Cancer Immunotherapy Combinations with CureVac », sur genengnews.com,
  6. (en) « CureVac, Sanofi Paster in 150m-euro-plus vaccines deal », Pharma Times,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Boehringer pairs its lung cancer drug with a vaccine in $600M tie-up with CureVac », FierceBiotech,‎ (lire en ligne)
  8. (en) « Bill And Melinda Gates Foundation Makes Its Largest Ever Equity Investment In A Biotech Company », Forbes,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « IAVI and CureVac partner to further AIDS vaccine candidates », Vaccine News Daily,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « CureVac Opens up an mRNA Hub in Moderna's Cambridge Backyard Xconomy », Xconomy,‎ (lire en ligne)
  11. (en) « Curevac starts work on RNA-based drug plant with capacity for Lilly deal », In Pharmatechnologist,‎ 30 ooctobre 2017 (lire en ligne)
  12. (en) « The 8 Biggest Startups in Europe by Funding – Nanalyze », Nanalyze,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Philippe Escande, « Coronavirus : La guerre des vaccins est déclarée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « Was it something he said? Biotech CEO who met Trump this month exits without a word », FierceBiotech,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « Company Founder Ingmar Hoerr Succeeds Daniel Menichella as CEO of CureVac AG », sur le site de CureVac
  16. « Germany and US wrestle over coronavirus vaccine: report », Deutsche Welle,‎ (lire en ligne)
  17. (de) Jan Dams, « Corona: USA will Zugriff auf deutsche Impfstoff-Firma », Die Welt,‎ (lire en ligne)
  18. (en) « Germany tries to stop US from luring away firm seeking coronavirus vaccine », CNBC,‎ (lire en ligne)
  19. (en) « Trump trying to poach scientists working on virus vaccine, report claims », South China Morning Post,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « Germany tries to stop US from luring away firm seeking coronavirus vaccine », Reuters,‎ (lire en ligne)
  21. a et b Interview de Jean Stéphenne dans l'Echo, 9 avril 2020
  22. (en) « To make it clear again on coronavirus: CureVac has not received from the US government or related entities an offer before, during and since the Task Force meeting in the White House on March 2. CureVac rejects all allegations from press. », sur @CureVacAG,
  23. « Covid : Berlin met 300 millions dans la biotech convoitée par Trump », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  24. « L'Allemagne n'a pas empêché la big pharma GSK de s'emparer de 10% de la biotech CureVac », L'Usine Nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2020).
  25. GSK und CureVac verkünden strategische mRNA-Technologiepartnerschaft (site de CureVac), 7 juillet 2020
  26. « Coronavirus: Le Qatar prend une part dans la biotech CureVac », Boursorama,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2020).
  27. « Covid-19: le laboratoire allemand CureVac fait son entrée au Nasdaq », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 14 août 2020).
  28. « COVID-19: Berlin va subventionner la biotech CureVac pour son vaccin », La Presse (Canada) d'après AFP,‎ (lire en ligne, consulté le 6 septembre 2020).
  29. « Covid-19 : le vaccin de CureVac entre dans la deuxième phase d'essais », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2020).

Articles connexes[modifier | modifier le code]