Méningo-encéphalite verno-estivale

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Méningo-Encéphalite
Verno-Estivale (MEVE)
Description de l'image Defaut 2.svg.
Classification
Type Virus
Groupe
Famille Flavivirus
Genre Flaviviridae

Espèce

'Virus de la Fièvre de la
Méningo-Encéphalite Verno-Estivale '

— auteur incomplet —, date à préciser

La méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) connue en anglais sous le nom de Early summer meningoencephalitis (ESME) est provoquée par un virus à ARN du groupe des Flavivirus transmise par la piqûre d’une tique (tique commune ou Ixodes ricinus)

On distinguait auparavant deux maladies différentes :

On pensait alors que l’encéphalite verno-estivale russe (Russian Spring–Summer Encephalitis, RSSE) était due à une variante plus virulente du virus de la MEVE. Les dernières analyses ne montrent cependant que des différences négligeables entre les isolats d’Europe et ceux du Japon, ne justifiant aucunement une distinction entre deux types différents de virus. La gravité de l’infection dans la partie orientale de la zone à risque correspond également à une espèce de vecteur (tique) différente.

Zones à risque du virus[modifier | modifier le code]

Les zones à risque de MEVE sont le sud de l’Allemagne, la Suisse[1] et l’Alsace, certaines régions de l’ex-Allemagne de l’Est, la Suède et l’Autriche ainsi que toute l'Europe centrale et l’Europe de l’Est, elles s’étendent à l’est jusqu’en Russie[2] et au Japon. Les continents américain et australien sont dépourvus de virus MEVE.

Trois génotypes du virus MEVE ont été identifiés : les sous-types de l’Europe centrale, de l'Extrême-Orient et de la Sibérie.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les hôtes compétents comme vecteurs sont les tiques appartenant à la famille des Ixodidae (tiques dures). De nombreuses espèces de tiques dures peuvent transmettre le virus, mais deux espèces jouent un rôle prépondérant dans la transmission du virus MEVE : Ixodes ricinus et Ixodes persulcatus.

Ixodes ricinus est répandu en Europe centrale et de l’Ouest, où il transmet le sous-type européen du MEVE (encéphalite d’Europe centrale). Ixodes persulcatus est disséminé en Russie et en Extrême-Orient, où il transmet les sous-types de la Sibérie et de l’Extrême-Orient (encéphalite verno-estivale russe). Certains sous-types se chevauchent dans des régions d’Europe de l’Est. Les zones à risque s’étendent sur une bonne partie de l’Europe, depuis l’est de la France jusqu’au sud de la Scandinavie et la Croatie et à l’est jusqu’au nord du Japon.

Cycle biologique de la tique et transmission du virus[modifier | modifier le code]

Cycle de reproduction de la tique commune.

La tique traverse trois stades de développement durant environ un an et le virus peut être transmis à tous les stades. Les tiques hibernent de préférence dans les sous-bois humides, près des cours d’eau. La femelle pond des centaines d’œufs qui peuvent déjà être infectés. Les larves à six pattes issues des œufs font leur premier repas de sang dès les premières journées chaudes du printemps, attendant leur victime sur un brin d’herbe elles les accrochent au passage. Au cours de leur repas, elles peuvent transmettre le virus à leur hôte (un petit animal : souris, écureuil, etc.) ou au contraire s’infecter si leur victime est porteuse du virus.

Après son repas la larve se laisse tomber et devient après métamorphose une nymphe à huit pattes. Après un autre repas sanguin 1 à 2 ans plus tard la tique atteint le stade adulte. Elle mesure alors quelques millimètres de longueur et peut escalader les buissons jusqu’à 80 cm de hauteur pour atteindre un animal plus gros (renard, gros gibier). Après son repas sanguin la tique s’accouple, pond des œufs et le cycle reprend. Les êtres humains sont un hôte occasionnel qui constitue une impasse pour le cycle puisque dans ce cas la tique ne retourne généralement pas dans la nature après son repas de sang. Chez l’être humain la tique remonte généralement le long des jambes pour atteindre une zone cutanée mince, plus facile à piquer où elle se niche, l’ombilic, l’aisselle ou la racine des cheveux au niveau de la nuque. La piqûre est indolore. Après une période de 2 à 3 jours la tique commence son repas de sang qui dure un jour puis, repue de sang elle se laisse tomber au sol. Le virus se multiplie notamment dans les glandes salivaires de la tique.

Clinique[modifier | modifier le code]

Dans la moitié des cas la notion de piqûre de tique n’est pas retrouvée, elle n’a même pas été remarquée par la victime.

La maladie présente souvent une allure biphasique comme beaucoup d’infections virales. Après une période d’incubation de 1 à 10 jours (pouvant aller jusqu’à 30 jours) apparaissent des symptômes grippaux qui durent quelques jours. Puis au bout de 1 à 10 jours on entre dans la phase des troubles neurologiques qui nécessite souvent une hospitalisation :

  • paralysie des nerfs crâniens ou des extrémités des membres supérieurs ;
  • méningite ou méningo-encéphalite (chez l’enfant).

On peut observer des cas de décès par complications neurologiques surtout chez des malades âgés.

Les conséquences à long terme sont fréquentes. Un tiers des patients présentent des troubles résiduels plusieurs années après la maladie (céphalées, troubles sensitifs ou neuro-végétatifs).

Variété de l’Extrême-Orient 

La maladie est monophasique et plus sévère, évoluant rapidement vers une atteinte neurologique. Le taux de létalité s’élève à 20 %, et jusqu’à 60 % des survivants présentent des séquelles neurologiques résiduelles.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Présence d’anticorps anti-MEVE. La présence d’IgM permet de faire la différence entre une infection en cours et la trace sérologique d’une infection ancienne passée inaperçue (IgG).

La détection du germe infectieux est possible au moyen de la réaction en chaîne par polymérase (PCR). En raison de la fiabilité de la sérologie, cette technique n’est cependant pas utilisée en routine pour le diagnostic de MEVE

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

Il n’existe aucun traitement spécifique de la maladie. Depuis les années 1970 on dispose d’un vaccin : le Ticovac[3]. C'est un vaccin à virus tué efficace et bien toléré il est recommandé pour les personnes séjournant dans une zone d’endémie pendant la saison des tiques (février à novembre). La vaccination consiste à pratiquer trois injections : les deux premières sont faîtes entre un et trois mois et la 3e injection est faite entre 5 et 12 mois après la deuxième. Dans le cas d'un départ imminent, les deux premières injections peuvent être ramenées à 14 jours. Un rappel doit ensuite être fait tous les 3 ans, sauf si une prise de sang montre un taux protecteur d'anticorps.

Pour éviter les piqûres et l'infection par les tiques, les experts conseillent les précautions suivantes:

  • Éviter les zones infestées par les tiques particulièrement pendant les mois les plus chauds.
  • Porter des vêtements de couleur claire pour que les tiques soient plus facilement visibles. Porter une chemise longue, un chapeau, un pantalon long, et remonter les chaussettes par-dessus les jambes du pantalon.
  • Marcher au centre des sentiers pour éviter l'herbe et les buissons.
  • Vérifier régulièrement au bout de quelques heures l’absence de tiques sur votre corps quand vous passez beaucoup de temps dehors dans des zones infestées par les tiques. Les tiques sont trouvées le plus souvent sur les cuisses, les bras, les aisselles et les jambes. Les tiques peuvent être très petites (pas plus grosses qu'une tête d'épingle). Inspecter soigneusement toute nouvelle « tache de rousseur ».
  • Utiliser un répulsif d'insecte contenant du DEET sur votre peau ou de la perméthrine sur les vêtements.
  • Extraire immédiatement les tiques piquées dans la peau.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rieille N, Bally F, Péter O. « Encéphalite à tiques : premier cas autochtone et surveillance épidémiologique dans le canton du Valais (Tick-borne encephalitis: first autochtonous case and epidemiological surveillance in canton Valais, Switzerland) » Rev Med Suisse 2012;8(357):1916-8, 1920. PMID 23130421
  2. (en) Kulakova NV, Andaev EI, Belikov SI. « Tick-borne encephalitis virus in Eastern Siberia: complete genome characteristics » Arch Virol. 2012;157(11):2253-5. PMID 22828779 DOI:10.1007/s00705-012-1412-x
  3. Ticovac sur eurekasante.vidal.fr TICOVAC - EurekaSante.vidal.fr par VIDAL