Vaccine

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La vaccine, communément appelée « variole de la vache », est une maladie infectieuse des bovidés (Cowpox) et des équidés (Horsepox). Le virus, proche de celui de la variole, fournit un vaccin qui permet d'immuniser l'homme contre cette dernière. Le vaccin de la vaccine n'est cependant plus utilisé de nos jours car la variole est éradiquée depuis 1980.

La vaccine est transmissible à l'homme, pour qui elle est le plus souvent bénigne (elle peut s'avérer plus grave voire mortelle pour les personnes immunodéprimées)[1]. La constatation par Edward Jenner que la vaccine bénigne protégeait ses porteurs de la variole, maladie grave, par immunité croisée, a conduit à l'utiliser dans la prévention de la variole (vaccination) à la place de l'ancien procédé de variolisation, qui consistait à contaminer le sujet avec une variole peu virulente.

En 1906 Adelchi Negri[2]montre que la vaccine est un virus filtrant[3].

Le virus Cowpox doit être distingué du virus dit « de la vaccine », auquel il a longtemps été assimilé[4] (en anglais Vaccinia Virus). Le virus « de la vaccine » – le Vaccinia Virus des Anglo-saxons – connu pour avoir servi de base au vaccin anti-variolique aurait une origine plutôt équine[5].

La question des rapports du virus de la vaccine (Cowpox) avec celui de la variole (Smallpox) furent incertains, du temps de Jenner et plus tard encore, puisqu'en 1880 Pasteur préfère s'abstenir d'une opinion précise sur le sujet, tout en se prévalant de la découverte de Jenner pour rendre acceptable la possibilité de l'atténuation d'un germe[6].

Le passage de la vaccine de bras à bras entraîna des contaminations nosocomiales notamment de syphilis. Par ailleurs on constata que ce passage de bras à bras entraînait une diminution de l'efficacité de la vaccination. Deux italiens, Troja – dès 1804 – et Gennaro Galbiati – à partir de 1810[7] –, revenant par là à la source du vaccin, mirent au point la vaccine dite animale car prélevée directement sur un bovidé malade du cow-pox, une maladie de fait pas très fréquente. En 1843 Negri développa à son tour cette méthode, transmettant le cowpox de vaches à vaches. Une génisse, inoculée à Naples de la vaccine, parvenant à la gare de Lyon Perrache en 1864, sera à l'origine de la fondation de l'Institut de la Vaccine de Saint Mandé[8].

La vaccine animale doit être distinguée stricto sensu de la rétro-vaccination qui procède de la réinoculation à la vache du vaccin de l'homme (bovo vaccin). L'idée, erronée, que la variole puisse se transformer en vaccine/cowpox une fois inoculée à la vache a pu se perpétuer jusqu'au début du XXe siècle ; des tentatives furent ainsi faites afin de se procurer de la lymphe vaccinale (variolo-vaccin).

Cas de vaccine sur le bras d'une jeune fille en Finlande, en 2000.

La vaccine (Cowpox) touche essentiellement l'Europe et notamment la Grande-Bretagne où elle est en augmentation[9]. Les cas humains, très rares aujourd'hui, sont surtout contractés au contact de chats domestiques, eux-mêmes infectés par les campagnols, principaux réservoirs du virus. Chez les vaches, le virus Cowpox est rarement observé de nos jours.

Il faut enfin noter l'existence de la paravaccine, une zoonose bovine causée par le virus du Pseudocowpox : il représente 80 % des infections du trayon de la vache laitière[10].

Virémie[modifier | modifier le code]

Le Vaccinia virus, membre de la famille des Poxviridae, fait partie des virus les plus grands et complexes connus à ce jour. La façon dont le virus entre dans la cellule a été une énigme durant de nombreuses années car il est trop grand pour emprunter des voies d’endocytose comme les cavéoles, ce que font certains virus comme le virus coxsackie. Pour entrer, le Vaccinia virus utilise la voie de la macropinocytose qui permet d’accommoder de plus grandes particules. Dans la majorité des cellules la macropinocytose n’est pas constitutivement active et doit être activée par un signal reconnu par la cellule. Le Vaccinia virus a évolué de façon à déclencher la macropinocytose chez les cellules avoisinantes en présentant des molécules de phosphatidylsérine pour mimer la composition lipidique d'un corps apoptotique[11] se faisant ainsi passer une cellule morte en attente d'être phagocytée et recyclée.

Les Poxviridae sont des virus à ADN qui se répliquent dans le cytoplasme, à l’extérieur du noyau[12]. La réplication de l’ADN et la transcription se passant normalement à l’intérieur du noyau, ces virus ont besoin d’un génome de grande taille, permettant de coder les enzymes et les protéines nécessaires aux étapes de réplication du virus. D’autres virus comme Adénovirus pénètrent à l’intérieur du noyau et piratent la machinerie de la cellule hôte pour pouvoir se répliquer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/bio_rech/vir/e-docs/00/03/F8/B4/article.phtml
  2. http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1976x010x003_4/HSMx1976x010x003_4x0235.pdf
  3. (de) A. Negri « Über Filtration des Vaccinevirus » Z Hyg InfektKrankh. 1906, 54:327-346, p. 332-333.
  4. (en) Kevin McCarthy et Michael McEntegart, « Allan Watt Downie 5th september 1901-26 January 1988 : Obituary Notice » J Med Microbiol. 1989;28(1989):291-5.
  5. http://www.pasteur.fr/applications/euroconf/vaccines3/7_Smith_abstract_.pdf
  6. Louis Pasteur, De l'atténuation du virus du choléra des poules, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 26 octobre 1880, vol 91
  7. http://whqlibdoc.who.int/smallpox/9241561106_chp6.pdf
  8. André Eyquem, J. Alouf, A. Chippaux, Manuel des vaccinations et d'immunoprévention, éditions Piccin, 1998, ISBN 88-299-1461-4
  9. http://books.google.fr/books?id=xOu0J1ux228C&pg=PA144&lpg=PA144&dq=vache+et+cowpox+et+chat&source=bl&ots=iAdLZqZTYi&sig=Gj1Po0qLBm9iinSJeq65Oeb1YXs&hl=fr&ei=NmXmS6CWDIHA-QamnuXoAw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=7&ved=0CC8Q6AEwBg#v=onepage&q=vache%20et%20cowpox%20et%20chat&f=false
  10. http://www.sante-animale.eu/index.php?controller=maladie&action=maladie&id=102&syn=191
  11. (en) Mercer, J., and Helenius, A., « Vaccinia virus uses macropinocytosis and apoptotic mimicry to enter host cells. », Science, no 320, 531-535,‎
  12. (en) Tolonen N, Doglio L, Schleich S, Krijnse Locker J, « Vaccinia Virus DNA Replication Occurs in Endoplasmic Reticulum-enclosed Cytoplasmic Mini-Nuclei », Mol. Biol. Cell 12 (7): 2031–46. doi:10.1091/mbc.12.7.2031. PMC 55651. PMID 11452001.,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]