Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine

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Administration des
chemins de fer
d’Alsace et de Lorraine
Création 19 juin 1919
Disparition 1er janvier 1938
Prédécesseur Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine
Successeur SNCF

Forme juridique Administration de l'État français
Sigle AL
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Effectifs 39 039 (au 31 décembre 1937)

Localisation Alsace-Lorraine, Luxembourg
Longueur 2 320 km (au 31 décembre 1937)
Écartement des rails Standard et métrique

Image illustrative de l'article Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine

L’Administration des chemins de fer d’Alsace et de Lorraine (AL) était une administration de l’État français créée en 1919. Elle gérait et exploitait le réseau ferroviaire d'Alsace-Lorraine et, à titre provisoire, le réseau ferroviaire Guillaume-Luxembourg. Elle disparait avec la création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) le 1er janvier 1938.

Affiche dessinée par Lucien Blumer pour les Chemins de fer d’Alsace et de Lorraine, la Petite-France à Strasbourg, 1930.
Affiche des Chemins de fer d'Alsace et de Lorraine, la cathédrale de Strasbourg.
Affiche dessinée par Joseph de La Nézière pour les Chemins de fer d'Alsace et de Lorraine, la porte de France à Phalsbourg.
Affiche des Chemins de fer d'Alsace et de Lorraine, Niederbronn-les-Bains.

Histoire[modifier | modifier le code]

De 1871 à 1919, les réseaux de chemin de fer d'Alsace-Lorraine et du Luxembourg sont exploités par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). Après la réintégration de l'Alsace-Lorraine au territoire français, la Compagnie des chemins de fer de l'Est, qui exploitait ces réseaux avant l'annexion, ne souhaite pas les récupérer. En effet les trains y circulent à droite selon le modèle allemand et tous les signaux sont situés à droite des voies, or dans le reste de la France les trains circulent à gauche et les signaux sont placés à gauche des voies. Aujourd'hui encore, cette particularité subsiste dans les actuels départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. L’Administration des chemins de fer d’Alsace et de Lorraine (AL) est alors créée officiellement par l’arrêté du 19 juin 1919[1], émis par le Commissaire général de la République française.

Par un décret du 30 novembre 1920, les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine sont placés sous l'autorité du ministre des Travaux publics[2]. Ce décret est ratifié par une loi le 30 mars 1923[3]. Par une décision ministérielle du 31 mars 1923, les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine sont intégrés dans l'organisation commune des chemins de fer d'intérêt général. Un décret du 21 avril suivant complète la composition du conseil supérieur des chemins de fer pour prendre en compte cette intégration[4].

En janvier 1930, l'AL supprime la quatrième classe instaurée en 1906.

À son dernier inventaire, au 31 décembre 1937, l'AL disposait de 1 332 locomotives, 45 967 wagons, 3 390 voitures, 34 autorails, 83 wagons poste et 1 065 fourgons. Elle employait 39 039 cheminots, pour 2 320 km de lignes ferroviaires.

Il existait à l'époque :

À la veille de son intégration dans la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) le 1er janvier 1938, le réseau AL était le seul à avoir des comptes positifs.

Le 1er janvier 1938, l'AL et les chemins de fer de l'Est constituent la Région Est SNCF dont la direction est installée à Paris et la sous-direction à Strasbourg[5].

Liste du matériel moteur de l'AL[modifier | modifier le code]

Les locomotives à vapeur[modifier | modifier le code]

Les origines des machines ayant circulé sur le réseau Alsace-Lorraine entre le 19 juin 1919 (date de la création de l'AL) et le 31 décembre 1937 (date de son intégration dans la SNCF) sont variées :

  • Locomotives de l'ancien réseau des Reicheisenbahnen in Elsass-Lothringen "EL" (Chemins de fer impériaux d'Alsace-Lorraine),
  • Locomotives allemandes récupérées sur le sol d'Alsace-Lorraine à l'issue de la Première Guerre mondiale (prises de guerre),
  • Locomotives allemandes attribuées à titre de réparation, affectées directement à l'AL ou après achat auprès d'autres compagnies françaises,
  • Locomotives construites directement pour l'AL entre 1919 et 1937.

La classification des locomotives à vapeur repose sur le même système que celui en vigueur pour l'administration des Chemins de fer royaux de Prusse (KPEV). Il a été adopté par le réseau EL en 1906, révisé définitivement en 1912 et conservé par l'administration française de l'AL :

  • Type S - Schnellzuglokomotive, locomotive pour train rapide,
  • Type P - Personenzuglokomotive, locomotive pour train de voyageurs,
  • Type G - Güterzuglokomotive, locomotive pour train de marchandises,
  • Type T - Tenderlokomotive, locomotive-tender.

Les locomotives de l'AL portaient une livrée très sobre puisqu'uniformément noire. Seules les traverses de tamponnements étaient peintes en rouge. Celles-ci portaient (lorsque la place le permettait) à gauche l'indication A.L. et à droite le numéro de la machine ; sinon ces informations étaient portées sur des plaques disposées sur la porte de la boîte à fumées et à l'arrière du tender (ou de la soute à combustible).

Sur les côtés de la machine, trois plaques gravées étaient visibles : la première portait l'indication de la compagnie (AL), la seconde, celle du type de la machine (T14, G7, etc) et la troisième portait le numéro de série. En général, ces trois plaques étaient fixées sur la paroi de l'abri dans l'ordre indiqué, mais la dernière pouvait être apposée sur la boîte à fumées.

Jusqu'au milieu des années 1920, certaines locomotives ont pu conserver leur livrée de l'ex EL : abri, cylindres et chaudière en vert-olive (RAL 6003), roues et partie située sous le tablier en rouge-brun (RAL 8012), toit de l'abri, boîte à fumée et cheminée en noir.

Enfin, l'Alsace-Lorraine étant annexée par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, les locomotives ont conservé (ou retrouvé) leur numéro de l'AL ; celui-ci était peint sur des plaques métalliques fixées sur les quatre faces des machines. Aucune autre information n'était indiquée.

Type S[modifier | modifier le code]

  • S3 201 à 240 - Classe 220 - Outrance
  • S5 501 à 564 - Classe 220 - Outrance
  • S9 901 à 980 et 981 à 986 - Classe 230 - Ten Wheels
  • S10 1150 à 1162 - Classe 230 - Ten Wheels
  • S10.1 1101 à 1122 - Classe 230 - Ten Wheels
  • S12 1301 à 1308 - Classe 231 - Pacific
  • S14 1311 à 1370 - Classe 231 - Pacific
  • S16 1401 et 1402 - Classe 231 - Pacific

Type P[modifier | modifier le code]

  • P6 2100 à 2102 - Classe 130 - Mogul
  • P7 - Classe 230 - Ten Wheels
  • P8 - Classe 230 - Ten Wheels
  • P10

Type G[modifier | modifier le code]

Type T[modifier | modifier le code]

Locomotive T3 6144 des chemins de fer impériaux d'Alsace-Lorraine.

Les autorails[modifier | modifier le code]

Classement par constructeurs

EIC (Entreprises Industrielles Charentaises)[modifier | modifier le code]

  • ZZr 1 type 2 "Charentaises" (muté au PLM : ZZ F 103).

Renault[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Renault.
  • ZZr 1 type VH (provient de l'ETAT : ZZy 24050),
  • ZZr 2 type VH,
  • ZZr 3 à 11 type VH (9 voitures),
  • ZZr 33 et 34 type ABJ-1 (2 voitures),
  • ZZr 35 et 36 type ABJ-3 (2 voitures).

De Dietrich[modifier | modifier le code]

Article détaillé : De Dietrich.
  • ZZr 12 à 22 type 210 ch "glou-glou" (11 voitures),
  • ZZr 28 à 32 type 320 ch (5 voitures).

Bugatti[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bugatti.
  • ZZr 25 type WLG surrallongé,
  • ZZr 26 et 27 type WLG court (2 voitures),
  • ZZr 201 à 205 type WR triple (5 ensembles R+M+R).

L'immatriculation AL prévue pour les ZZr 203 à 205 n'a probablement pas été appliquée, ces autorails ayant été livrés directement à la SNCF.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Archives nationales du monde du travail, Chemins de fer d'Alsace-Lorraine, référence 86 AQ (voir Site Internet, puis recherche par : Fonds d'archives\liste alphabétique\Chemin de fer\Alsace et Lorraine) (consulté le 24 octobre 2011).
  2. « Décret portant rattachement des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine au ministère des Travaux publics : 30 novembre 1920 », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no 329,‎ , p. 19712 (lire en ligne).
  3. « Loi portant ratification du décret du 30 novembre 1920 relatif au rattachement des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine au ministère des Travaux publics : 30 mars 1923 », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no 90,‎ , p. 3299 (lire en ligne).
  4. « Décret, complétant à titre provisoire, la composition du conseil supérieur des chemins de fer : 21 avril 1923 », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no 111,‎ , p. 3983 (lire en ligne).
  5. Site Ahicf, Joël Forthoffer, la SNCF : l'Alsace et la Moselle de 1939 à 1945. Lire en ligne (consulté le 10 novembre 2010).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Gillot, Les locomotives à vapeur de la SNCF région Est, éditions Picador, 1976.
  • André Gibert et José Bernaudo, Trains oubliés - volume 1 : L'Alsace-Lorraine - L'Est, éditions du Cabri, 1981, 176 pages.
  • Papin Vauquesal, José Banaudo, André Jacquot et André Gibert, Locomotives et automotrices du réseau d'Alsace-Lorraine, éditions du Cabri, 1984, 213 pages.
  • Roland Oberlé, Jean-Marc Combe, Le train - Alsace-Lorraine, Ronald Hirle, 1993 (ISBN 978-2-910048-00-6)
  • Jean-Marc Dupuy, Jean Buchmann et Bernard Mayer, L'Encyclopédie des chemins de fer d'Alsace-Lorraine - Tome 1, éditions Locorevue, 1998 (ISBN 2-903651-29-9), 329 pages.
  • Jean-Marc Dupuy et Jean Buchmann, L'Encyclopédie des chemins de fer d'Alsace-Lorraine - Tome 2, éditions Locorevue, 2000 (ISBN 2-903651-30-2), 350 pages.
  • Laurent Baudoin, Les gares d'Alsace-Lorraine, un héritage de l'annexion allemande 1871-1918, Pierron, 2000 (ISBN 2708501313), 110 pages.
  • « Les archives de l'Est - Tome 1 : L'histoire du réseau (des origines à 1870) », dans revue Le Train, no 22, novembre 2005.
  • « Les archives de l'AL - L'histoire du réseau EL, puis AL, de 1871 à fin 1937 », dans revue Le Train, no 30, novembre 2007.
  • André Linard, Sarrebourg parle de sa gare : Sarrebourg, Moselle, Sarrebourg : Société d'histoire et d'archéologie de Lorraine, impr. 2008, coll. « Documents / Société d'histoire et d'archéologie de Lorraine », 1998 [mis à jour en 2007], 191 p. (ISBN 9782909433424)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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