Block manuel

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Signal lumineux en block manuel sur la ligne Grenoble - Montmélian
Sémaphore mécanique de bloc manuel à la sortie de la gare de Tencin (Isère). Photo prise en 2008, ce signal a été remplacé en 2013.

Le block manuel, noté BM sur les signaux lumineux, est un système de signalisation ferroviaire utilisé en France.

Il permet d'assurer l'espacement des trains de même sens. Sur les lignes à une seule voie (voie unique), il a en outre pour objet de s'opposer à l'expédition d'un train d'une gare vers la gare suivante, si un autre train de sens contraire est déjà engagé entre ces deux gares.

Il existe deux catégories de block manuel :

En voie unique, le block manuel est interrompu à la traversée des gares.

Des systèmes similaires existent dans d'autres pays.

Principes[modifier | modifier le code]

C'est un système de cantonnement (block-système) par la distance assez simple. La ligne est découpée en cantons délimités par des postes de cantonnement (ou postes de block). L'entrée de chaque canton est en principe commandée par un sémaphore (normalement ouvert en double voie, normalement fermé en voie unique). Chaque poste est occupé par un agent appelé « garde » qui assure les fonctions relatives au cantonnement.

Le block manuel est basé sur l'utilisation des appareils de block (sauf en cantonnement téléphonique), l'application des procédures et l'observation de la signalisation d'arrière des trains (constituée en principe par deux feux rouges). Chaque train est annoncé au poste aval :

  • à l'aide des appareils de block, lors du franchissement du signal de la gare amont ;
  • par annonce au téléphone en cantonnement téléphonique, avant le départ du train.

Une fois arrivé au poste aval, le garde de ce poste vérifie que le train est muni de sa signalisation d'arrière, ce qui signifie que le train est arrivé complet. Il rend alors la voie au poste amont (toujours à l'aide des appareils de block ou par téléphone, en cantonnement téléphonique) qui pourra envoyer un autre train (en ouvrant le sémaphore ou en faisant une annonce par téléphone en cantonnement téléphonique). On parle de reddition de voie libre.

Le block manuel à circuits de voie est un block atypique :

  • il permet d'assurer l'espacement et la protection des trains à l'aide des circuits de voie,
  • l'ouverture de chaque signal d'entrée d'un canton est réalisée manuellement par un garde,

(si l'ouverture est automatique, il ne s'agit pas d'un block manuel mais d'un block automatique).

En block sans appareils (cantonnement téléphonique) :

  • il peut ne pas exister de signaux fixes en gare ; il est alors utilisé un signal d'arrêt à main pour arrêter et retenir les trains,
  • le disque ou la pancarte « GARE » (sur une voie unique à signalisation simplifiée) assurent la protection des trains qui stationnent en gare en imposant la marche à vue puis l'arrêt.

Les signaux lumineux utilisés en block manuel sont repérés avec une plaque portant l'inscription « BM » ou « BM vers xxx ». Les signaux mécaniques (ailes et cocardes colorées) encore en service en France sont forcément utilisés en block manuel (il n'y a plus de block automatique à signaux mécaniques).

Lignes équipées[modifier | modifier le code]

  • Block manuel de voie unique : 3000 km environ (chiffres 2011),
  • Block manuel de double voie : 900 km environ (chiffres 2011).

Les faiblesses du block manuel[modifier | modifier le code]

Par le passé, de nombreux accidents ont été causés par ce système ; le garde, occupé à une autre tâche, entendant un train passer, rendait voie libre au poste amont par « conviction » (le train ne pouvait être que complet et circulait sur la bonne voie).

Aujourd'hui, les équipements mis en œuvre sur les lignes équipées de block manuel par appareils ne permettent pas l'ouverture des signaux de block, sans assurance du poste de cantonnement aval que le dernier train expédié est bien arrivé (pédale de passage au poste aval). L'erreur humaine pouvant résulter de la non assurance qu'un train est bien complet reste cependant d'actualité, sauf à utiliser un block manuel à circuits de voie.

L'évolution du block manuel[modifier | modifier le code]

Le block manuel n'est plus installé.

À l’occasion de travaux importants dans les gares ou progressivement par voie de maintenance, des compléments de sécurité sont apportés (signaux, détecteurs, sécurisation des transmissions, etc.). Ces opérations sont ponctuelles et localisées sur une gare.

Lorsque les modifications des installations portent sur une section de ligne, le block manuel est remplacé par le block automatique à permissivité restreinte (BAPR) ou le block automatique lumineux ordinaire (BAL) qui permet une automatisation du block et d'améliorer, en principe, le débit et l'exploitation d'une ligne ; une intervention humaine n'est alors plus nécessaire pour l'espacement des trains.

Versions du block manuel[modifier | modifier le code]

Versions en service[modifier | modifier le code]

Mât tronqué d'électro-sémaphore Lartigue de BLUS sur la Ligne de Longueau à Boulogne-Ville en gare de Picquigny

Les versions de block manuel en service en 2016 sont les suivantes :

  • CT  : Cantonnement téléphonique (avec ou sans signaux fixes en gare) (voie unique ou double voie) ;
  • BMU  : Block manuel de double voie type SNCF (335 km exploités[réf. nécessaire]) ;
  • BMUS : Block manuel de double voie type sud-est uniformisé S (7 km exploités entre Laroche-Migennes et Chevilly, 29 km exploités entre Gilly sur Loire et Paray le Monial et 49 km exploités entre Montchanin et Paray le Monial[réf. nécessaire]) ;
  • BMCV : Block manuel par circuits de voies (7 km exploités entre Strasbourg-Ville et Strasbourg-Port du Rhin, 13 km exploités entre Modane et la frontière Italienne dans le tunnel du Fréjus[réf. nécessaire] et 3 km en voie unique exploités entre L'Arbresle et Sain Bel) ;
  • BAMU : Block manuel de double voie type Alsace-Moselle uniformisé (25 km exploités entre Molsheim et Rothau[réf. nécessaire]) ;
  • BMNB : Block manuel de double voie type Nantes-Bordeaux (175 km exploités entre La-Roche-sur-Yon et Saintes[réf. nécessaire]) ;
  • BMVU : Block manuel de voie unique type SNCF (2916 km exploités[réf. nécessaire]) ;
  • BMVUSE : Block manuel de voie unique type Sud-Est (184 km exploités de Brioude à Alès, 34 km exploités de Moulins à Gilly sur Loire et 26 km exploités de Veynes-Dévoluy à Gap[réf. nécessaire]) ;
  • BLU  : Block manuel de double voie type Lartigue uniformisé (13 km exploités entre Montluçon et Commentry[réf. nécessaire]) ;
  • BLUS : Block manuel de double voie type Lartigue uniformisé S (18 km exploités entre Commentry et Lapeyrouse[réf. nécessaire]).

Le cantonnement assisté par informatique (CAPI) est souvent considéré à tort comme un block. Il ne s'agit que d'un outil permettant de sécuriser le cantonnement téléphonique sur certaines lignes de voie unique (transport de voyageurs et / ou de matières dangereuses notamment). Il est associé au dispositif d'arrêt automatique des trains (DAAT), système de rattrapage destiné à arrêter un train qui s'engagerait indument dans un canton.

Versions qui ne sont plus utilisées[modifier | modifier le code]

Blocks manuels ayant été utilisés sur des réseaux français et aujourd'hui disparus :

  • Block Regnault (Ouest-Midi)
  • Block Rodary (Ouest)
  • Block PLM n°1 (PLM)
  • Block PLM n°2 (PLM)
  • Block PLM n°3 à circuits de voie (PLM)
  • Block Lartigue à circuits de voie (Est-PO)
  • Block Lartigue de voie unique (Nord)
  • Block Siemens (AL) ou BAM (Block Alsace Moselle)
  • Block 1903 (État)
  • Block 1922 (État)
  • Block 1928 (État)
  • Block Paul et Ducousseau (entre Narbonne et Perpignan)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Signalisation ferroviaire