Les Corons

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Les corons
Description de cette image, également commentée ci-après
Noyelles-sous-Lens ; coron de Méricourt, à maisons basses, avec toiture à pans simples, jouxtant le carreau de mine de la fosse 3 des mines de Courrières.
Single de Pierre Bachelet
extrait de l'album Les corons
Face B Nos jours heureux
Sortie 1982
Enregistré Studio CBE, Paris
Durée 4:12
Genre Chanson française
Format 45 tours
Auteur Jean-Pierre Lang
Compositeur Pierre Bachelet
Label Polydor, PolyGram

Pistes de Les corons

Les corons est une chanson écrite et interprétée par Pierre Bachelet, sur des paroles de Jean-Pierre Lang, qui en ont fait un hymne du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Dès sa sortie chez Polydor, en 45 tours puis en 33 tours, sur l'album du même nom, elle connaît un énorme succès, restant n°1 des ventes pendant 4 semaines en [1], puis devenant disque de platine[2] avec plus d'un million d'exemplaires vendus[3].

Un quart de siècle plus tard, chantée par les supporters du club de football régional, "Les Corons" devient le moment fort de "Bienvenue chez les Ch'tis", film qui a dépassé La Grande Vadrouille (1966) pour devenir avec 20,5 millions d'entrées, le plus grand succès de tous les temps d'un film français au box-office national.

Thème[modifier | modifier le code]

Le chanteur, bien qu'il ait passé son enfance dans une partie de cette région éloignée des mines, à Calais, interprète un texte qui retranscrit une ambiance particulière, justement dans les corons : la fierté des mineurs (les « gueules noires »), leur paysage (terrils), leurs combats sociaux, leurs accidents du travail (coup de grisou, silicose), leurs fêtes, leur vie. La chanson a rapidement intégré le folklore de la région du Nord-Pas-de-Calais.

Hommage à la mort de Pierre Bachelet[modifier | modifier le code]

Le disque d'or, précédant le disque de platine, a été offert par la veuve de Pierre Bachelet à l'association des supporters du RC Lens[4], club de foot installé dans la capitale du bassin minier depuis un siècle.

La chanson était déjà interprétée par le public lensois à la manière d'un chant de supporters classique[5] depuis les années 1990. La première diffusion sono a lieu lors du match qui a suivi le décès de Pierre Bachelet, le , opposant Lens au FC Nantes[6].

Commémoration de la tragédie de Courrières[modifier | modifier le code]

L'année suivante, le , la chanson est à nouveau diffusée et chantée à Bollaert, le stade de Lens, lors de la commémoration des 100 ans de la tragédie de Courrières qui a causé plus d'un millier de morts dans cette ville. La commémoration de la tragédie a lieu lors du match de Ligue 2 contre Clermont.

Plusieurs des joueurs du RC Lens, Pablo Chavarria, Mathias Autret et Benjamin Bourigeaud[7], donnent alors pour consignes aux supporters de venir avec un trait noir sur la joue[7]. Tuant officiellement 1 099 mineurs[7] travaillant pour l'essentiel aux fosses n°2 (Billy-Montigny), n°3 (Méricourt) et n°4-11 (Sallaumines), la Catastrophe de Courrières déclencha une grève nationale des mineurs[7], juste avant la loi du 13 juillet 1906, instituant le repos dominical pour les salariés en France[7].

Le deuxième hymne du RC Lens[modifier | modifier le code]

Le premier hymne du RC Lens, celui chanté par les supporters en début de match, était traditionnellement La Lensoise, une adaptation de La Marseillaise. Mais depuis le milieu des années 2000, "Les Corons" est l'hymne qui accueille les joueurs au retour des vestiaires, en début de seconde mi-temps. Contrairement à La Lensoise, uniquement chantée par les supporters, la sono du stade Bollaert diffuse la version chantée par Pierre Bachelet que le public reprend. Il s'agit du deuxième couplet, celui qui débute par « Et c'était mon enfance, et elle était heureuse ». Au moment du refrain, les supporters chantent a cappella.

Interprétations par André Rieu et Les Stentors[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 2008-2009, alors que Lens accueillait le club de Troyes, André Rieu interprète, à la mi-temps du match, Les corons au violon. Puis c'est au tour du groupe Les Stentors d'interpréter la chanson lors du match contre Guingamp, en 2012[8].

Les corons fut chantée lors d'un match du RC Lens face à Saint-Etienne, au stade Geoffroy-Guichard le . Les deux villes furent la capitale des deux principaux bassins de l'histoire charbonnière française. Ce jour-là, la chanson, diffusée en intégralité, est chantée par les supporters des deux clubs[9].

Reprise dans le film de Dany Boon[modifier | modifier le code]

La chanson est popularisée de nouveau à l'échelle nationale par le film de Dany Boon "Bienvenue chez les Ch'tis" , sorti le 20 février 2008, qui à la surprise général a dépassé La Grande Vadrouille (1966) pour devenir avec 20 489 303 entrées, le meilleur résultat de tous les temps d'un film français au box-office national.

Moment fort du film car chantée par le héros Kad Mérad dans les tribunes du stade Bollaert de Lens[10], avec quelques collègues qui l'ont chaleureusement accueilli, la chanson symbolise le coup de coeur pour la région qu'ils viennent d'insuffler à celui qui était jusque là très réservé.

Le quotidien Ouest-France l'a placée en 2021 en tête des 14 chansons qui « évoquent les Hauts de France », en estimant qu'on en « a encore des frissons », car elle constitue un véritable « hymne aux départements miniers du Nord et du Pas-de-Calais » et parce qu'elle est « chantée par un public connaisseur, à chaque match disputé au stade Bollaërt » du RC Lens[11].

Dans une série d'articles de mars 2021 appelés « Bienvenue chez les Ch’tis confinés », le quotidien Le Parisien donne la parole à Jean-Charles, fan du RC Lens, pour qui la vie à Loos-en-Gohelle a « perdu beaucoup de sa saveur » depuis qu'il ne peut plus chanter la chanson dans le stade[12].

Même les critiques du film jugeant qu'il a échoué à « exalter les traditions d’une région »[13], voient dans cette scène une exception[13]. Une analyse estime alors que « le football a contribué à forger via Lens une image de la région comme populaire, sympathique, conviviale »[13], mais en fait assez récemment[13], le club de football tirant un certain prestige d'avoir renoncé à « abandonner ses derniers liens qui le raccrochent au passé des mines »[13].

Peu avant le film, la "Cité des électriciens" de Bruay-la-Buissiere, qui a servi de décor, l'un des plus anciens corons encore sur pied, avait été mise en travaux, les façades étant classées au patrimoine mais les intérieurs rénovés.[14].

Régiment des corons[modifier | modifier le code]

La chanson est également devenue une marche officielle du 41e Régiment de transmissions de Douai, le « régiment des corons ».

Listes des pistes[modifier | modifier le code]

45 tours[15]

No TitreMusiqueAuteur Durée
1. Les CoronsPierre BacheletJean-Pierre Lang 4:12
2. Nos jours heureuxPierre BacheletJean-Pierre Lang 2:56

Reprises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classements
  2. Certifications
  3. Ventes de 1982
  4. Reportage au journal de 13 heures de France 2 [1]
  5. Laurent Mannechez, « RC Lens-Monaco :" OOOOOOOH Nord c'était les corons " », (consulté le )
  6. Barthélémy Gaillard, « Comment « Les Corons » est devenu l’hymne du RC Lens », sur vice.com, (consulté le ).
  7. a b c d et e "Le RC Lens va rendre hommage aux victimes de la catastrophe de Courrières du 10 mars 1906" France 3, le 10 mars 2016 [2]
  8. Les Stentors interprétant la chanson "Les Corons" lors du match du RC Lens contre Guingamp, en 2012 [3]
  9. Les corons lors du RC Lens-Saint-Etienne, au stade Geoffroy-Guichard le 28 août 2010 [4]
  10. "Les Corons" dans "Bienvenue chez les Ch'tis" [5]
  11. "De Renaud à Pierre Bachelet, 14 chansons qui viennent du Nord ou qui évoquent les Hauts de France", article dans le quotidien Ouest-France de Valentin BIRET, le 22/06/2021 [6]
  12. « Bienvenue chez les Ch’tis confinés » série d'articles par Vincent Mongaillard, le 29 mars 2021 dans le quotidien Le Parisien [7]
  13. a b c d et e "La disparition ?", La revue du projet du PCF, n° 10, septembre 2011, cité par Manuel Delavalle dans "L’arrêt des activités industrielles historiques dans le bassin minier nordiste tend-il à faire disparaître les valeurs sociales que diffuse le football ?", École du Journalisme de Nice, en 2018 [8].
  14. le 13/02/2017 [9]
  15. (en) « Pierre Bachelet - Les Corons », sur Discogs (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]