Marche lorraine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Marche lorraine est une marche composée par Louis Ganne (1862-1923), en 1892 pour la venue à Nancy du président Sadi Carnot[1] dans un contexte de patriotisme revanchard. Les paroles sont de Jules Jouy et Octave Pradels (1842-1930). On y retrouve le thème mélodique de En passant par la Lorraine. La chanson est ensuite intégrée dans le répertoire militaire officiel.

Elle a aujourd'hui valeur d'hymne Lorrain pour un grand nombre de ses habitants.[réf. nécessaire]

Les paroles de cette célèbre marche (« Fiers enfants de la Lorraine… ») sont par ailleurs parodiées dans le refrain populaire « Les Gaulois sont dans la plaine ». Ce refrain, composé de cette seule phrase, répétée et souvent modifiée quelque peu (« les Gaulois sont dans la m… », « les Gaulois on les emm… »), semble avoir son origine dans une blague des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles.[réf. nécessaire]. D'autres parodies existent notamment celle d'une fausse marche de la légion étrangère dont le refrain commence par « De Gabès (ou parfois Meknes) à Tataouine... » et qui est, en fait, la chanson de marche des Bataillons disciplinaires d'Afrique, les fameux Bat' d'Af' ;

Paroles[modifier | modifier le code]

Texte conforme à celui publié sur le petit format original publié par les éditions Enoch[2].

Joyeux lorrains, chantons sans frein
Le refrain
Plein d'entrain
De Jeanne, bergère immortelle
Du pays de Moselle !
À tous les échos des grands bois
Que nos voix
À la fois
Chantent l'antique ritournelle
Qu'on chantait autrefois :
« Jeanne la Lorraine,
Ses petits pieds dans ses sabots,
Enfant de la plaine
Filait, en gardant ses troupeaux.
Quitta son jupon de laine,
Avec ses sabots, don daine
Oh ! oh ! oh !
Avec ses sabots ! »
S'en alla sans émoi,
Le cœur plein de foi
Pour défendre son roi !

Refrain 1
Fiers enfants de la Lorraine,
Des montagnes à la plaine,
Sur nous plane, ombre sereine,
Jeanne d'Arc, vierge souveraine !
Vieux Gaulois à tête ronde,
Nous bravons tout à la ronde,
Si là-bas l'orage gronde,
C'est nous qui gardons l'accès
Du sol français !

S'en fut guider nos fiers soldats
Tout là-bas
Aux combats
Et fit renaître l'espérance,
En notre douce France !
Lors, les Français victorieux,
Glorieux,
Flamme aux yeux,
Chantant partout leur délivrance,
Entonnaient tout joyeux :
« Jeanne la Lorraine
A quitté ses petits sabots,
Son jupon de laine
Pour guerroyer sous nos drapeaux !
Et c'est un grand capitaine
La vierge, aux sabots, don daine !
Oh ! oh ! oh !
La vierge aux sabots »
Jeanne, le gentil cœur,
Partout à l'honneur,
Conduisit son Seigneur !

Refrain 2
Las ! un jour elle succombe !
Aux mains des ennemis tombe !
Dans la flamme, horrible tombe !
Expira, la blanche colombe !
Mais depuis, l'âme aguerrie,
Au nom de Jeanne chérie,
Ange saint de la Patrie !
C'est nous qui gardons l'accès
Du sol français !

Tes fils n'ont pas dégénéré,
Sol sacré !
Adoré !
Dans leurs veines encore ruisselle
Du sang de la Pucelle !
Aux jours de Fleurus, de Valmy,
L'ennemi
A frémi ;
Le bataillon de la Moselle
Chantait, cœur affermi :
« Comme la Lorraine
Nous n'avons que de lourds sabots…
La giberne est pleine
Mais sous la peau, rien que des os !
L'ennemi fuit dans la plaine
Gare à nos sabots, don daine !
Oh ! oh ! oh !
Gare à nos sabots »
Et ce mâle refrain
Guidait vers le Rhin
Le peuple souverain !

Refrain 1
Fiers enfants de la Lorraine,
Des montagnes à la plaine,
Sur nous plane, ombre sereine,
Jeanne d'Arc, vierge souveraine !
Vieux Gaulois à tête ronde,
Nous bravons tout à la ronde,
Si là-bas l'orage gronde,
C'est nous qui gardons l'accès
Du sol français !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Greffe, « Le renouveau de l'Université de Nancy et la création des Grandes Écoles à la fin du XIXe siècle », Le Pays lorrain, vol. 80, no 2,‎ , p. 115 [107–116] (lire en ligne).
  2. également publié dans Martin Pénet (réunies par) et Claire Gausse (collab.), Mémoire de la chanson : 1100 chansons du Moyen Âge à 1919, Paris, Omnibus, (ISBN 2-258-05062-6), p. 801–802 (2e  éd. 2001).

Lien externe[modifier | modifier le code]