Ingrid Levavasseur

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Ingrid Levavasseur
Ingrid Levavasseur JDE 2019 EELV 01.jpg
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Conseillère municipale
Louviers
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Ingrid Levavasseur[N 1], née en 1987 à Louviers, est une militante de mouvement social française, aide-soignante de profession, qui compte parmi les figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis 2020, elle est conseillère municipale d'opposition à Louviers.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Né en 1987[1] à Louviers[2], Ingrid Levavasseur grandit à La Londe et fréquente le collège des Fougères à Louviers[3]. Elle commence comme serveuse dans un bistrot à Rouen et s’installe en couple en 2003 avant de se séparer en 2011[1]. Elle est aide-soignante en soins palliatifs pendant trois ans, à domicile puis dans une clinique[4] à Rouen. Elle s'installe à Pont-de-l'Arche, dans l'Eure, en 2018[1],[3]. En , elle envisage une reconversion vers le métier d'ambulancière, qu'elle reporte au profit de son engagement au sein des Gilets jaunes[4]. En 2019, elle indique être empêchée de retrouver un emploi en raison de son engagement[5]. En 2020, elle est embauchée comme secrétaire pour une entreprise de plomberie à Louviers[6]. Elle est par ailleurs sapeur-pompier volontaire[7]. Elle est divorcée, mère de deux enfants[4].

Mouvement des Gilets jaunes[modifier | modifier le code]

Au bord du burn-out, elle publie sur Instagram, en , une lettre à Emmanuel Macron, dénonçant le fait que son emploi lui rapporte moins d'argent que de rester au chômage[8],[5]. Elle présente ce geste comme « précurseur »[5].

Elle rejoint le mouvement dès le en manifestant au péage d'Heudebouville[3], le plus proche de son domicile[5]. Elle milite ensuite au rond-point du Zénith de Rouen puis à celui de Saint-Étienne-du-Rouvray et organise une manifestation à Louviers le sur son marché et près de l'Intermarché. Le , elle participe à une manifestation sur l'avenue des Champs-Élysées[9]. Elle initie la manifestation du 1er décembre dans les rues de Louviers[3]. Le , jour de l'acte III du mouvement, drapeau français à la main, elle est à la tête d'un rassemblement non autorisé qui, sur le parking d'une zone commerciale, réclame la fermeture d'un magasin et tente d'empêcher l'accueil des clients[10]. Dans la foulée, cherchant à structurer le mouvement, elle organise une réunion de gilets jaunes à Pont-de-l’Arche[3]. Accompagnée d’une équipe de TF1, elle se rend à la réunion publique de Bruno Questel, député LREM, le , et l'interpelle[3]. Elle rencontre Richard Jacquet (PS), maire de Pont-de-l’Arche, pour échanger sur ses revendications[3].

Sa première intervention à la télévision a lieu dans l'émission C politique sur France 5, dans laquelle elle est invitée par l'intermédiaire du journaliste Maxime Darquier, croisé lors d'un reportage diffusé le [5]. Comme, notamment, Éric Drouet, Maxime Nicolle, Jacline Mouraud, elle participe le à l'émission La Grande explication sur LCI qui la révèle au grand public et lors de laquelle elle débat avec Emmanuelle Wargon et Édouard Philippe[11],[5]. Elle intervient par ailleurs dans plusieurs grands médias nationaux, ce qui lui vaut de devenir l'une des figures les plus connues du mouvement des Gilets jaunes[4]. Sur Internet, elle est bien moins suivie que d'autres figures du mouvement, comme Maxime Nicolle, Priscillia Ludosky ou Éric Drouet[4]. En , sa page Facebook rassemble environ 10 000 abonnés : elle s'en sert surtout pour annoncer ses apparitions médiatiques et y rédige de longs billets[4]. Alors que les médias nationaux sont largement critiqués par le mouvement, elle les juge justes avec celui-ci et considère que ses revendications n'ont pas été mal traitées ou détournées[5].

Le , elle exprime son soutien à Éric Drouet, alors en garde à vue, avant de déclarer, en , « ne pas être solidaire des actions mises en place » par ce dernier et Maxime Nicolle[4]. Le , lors d'une manifestation à Paris, elle se retrouve prise dans un étau de manifestants hostiles, « croit mourir », avant d'être exfiltrée[12]. Le lendemain, elle est « humiliée » devant son fils lors d'une manifestation à Bernay (Eure)[12]. Elle décide dès lors de ne plus participer aux manifestations[5].

Indiquant être rémunérée 1 250 euros net par mois, elle met régulièrement en avant les conditions de travail des "blouses blanches" pour expliquer son engagement[4]. À la lecture de son ouvrage Rester digne (2019), Aline Leclerc du Monde estime que « l’origine de son combat semble aussi résider dans sa volonté d’exister face aux hommes », envers lesquels elle a forgé une « défiance » dès sa jeunesse[8]. Elle indique avoir connu des accès de violences de la part de son père, son beau-père puis son mari[12]. Elle plaide la cause des femmes célibataires « exclues du champ social par le fait d’élever seules leurs enfants »[1], et défend l'institution d'un référendum d'initiative citoyenne local[3].

Début , un mois après avoir une première fois refusé la proposition, elle est recrutée comme chroniqueuse par BFM TV pour l'émission d'Apolline de Malherbe, malgré les critiques de la Société des journalistes de la chaîne[5]. Ingrid Levavasseur y renonce finalement sous pression d'autres Gilets jaunes. À cette occasion, elle reçoit le soutien de la ministre Marlène Schiappa[13]. Quelques mois plus tard, elle fera part de son regret d'avoir « [cédé] à la peur »[5].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Ingrid Levavasseur assure n'avoir « jamais, jamais eu aucun engagement politique, syndical ou associatif d'aucune sorte », mais avoir « toujours voté aux élections, mais sans grand espoir de voir [son] choix se concrétiser »[4]. Elle précise avoir « toujours voté écolo au premier tour, contre quelqu'un au second »[4]. Elle déclare avoir voté pour Benoît Hamon, puis Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle de 2017[14]. En 2020, l'AFP la présente comme « femme de gauche » et « admiratrice de Pierre Mendès France »[12].

Elle déclare ne pas exclure de s'engager en politique le [9], puis ne pas le souhaiter, le [3].

Le , elle est désignée cheffe de file d'un projet de liste constituée de dix noms et baptisée « Rassemblement d'initiative citoyenne » (RIC) — par allusion au référendum d'initiative citoyenne, l'une des principales revendications des Gilets jaunes — qui serait constituée de membres du mouvement du Gilets jaunes[9]. Soutenue moralement par Bernard Tapie et Alexandre Jardin, l'équipe de campagne de cette liste est dirigée par Hayk Shahinyan (qui renoncera très rapidement) et liée aux initiatives prises par Christophe Chalençon pour structurer le mouvement des Gilets jaunes, via l'établissement d'assemblées citoyennes. La constitution de cette liste est critiquée par Benjamin Cauchy, Éric Drouet et Maxime Nicolle, autres figures des Gilets jaunes et des militants qui l'accusent d'opportunisme et de jouer le jeu d'Emmanuel Macron[9],[4].

Quelques semaines après cette annonce, à la suite de plusieurs rétractations et dissensions, Ingrid Levavasseur quitte le RIC et renonce à se présenter sur une liste aux élections européennes[15].

Elle fonde deux associations : Racines positives et Éclosion démocratique, respectivement pour aider les familles monoparentales en situation de reconversion professionnelle et pour défendre des propositions sociales et écologiques[16],[1],[6]. Durant l'automne 2019, elle se rapproche des collectifs en lutte contre la pollution causée par l’incendie de l'usine Lubrizol à Rouen[1]. Parmi les Gilets jaunes, elle est alors en froid avec l'avocat rouennais François Boulo, mais a gardé contact avec certaines figures comme Jérôme Rodrigues[12]. Si elle estime qu'« il reste fort à faire pour les plus pauvres », elle considère que « la forme [du] mouvement [des Gilets jaunes] n’est pas la bonne », reconnaît avoir des difficultés à « éprouver de la sympathie » pour un mouvement qui l’a rejetée violemment, et exclut de participer à une éventuelle reprise[6].

Elle se présente aux élections municipales de 2020 à Louviers, sa ville natale, en deuxième position sur une liste soutenue par La France insoumise, Europe Écologie Les Verts et le Parti communiste français[2],[12]. La liste, dont 27 des 33 candidats sont novices en politique, promet notamment des référendums locaux pour tout projet d'investissement de plus d'un million d'euros, une baisse de 30 % des indemnités des élus, une augmentation de 10 % du budget des écoles, sans hausse d'impôts[12]. Elle arrive en deuxième position au premier tour avec 18,24 % des voix, derrière celle, victorieuse, du maire sortant François-Xavier Priollaud (MoDem)[17]. Ingrid Levavasseur est élue au conseil municipal, siégeant dans l'opposition[16]. Elle siège au centre communal d'action sociale de la ville[6].

Publication[modifier | modifier le code]

  • avec Emmanuelle Anizon, Rester digne, Flammarion, coll. « Documents », , 240 p. (ISBN 2081494744).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Parfois appelée Ingrid Levasseur par erreur : voir « Ingrid Levavasseur a-t-elle changé de nom pour s’appeler Levasseur ? », sur Libération.fr, (consulté le 28 février 2019).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Richard Werly, « Ingrid Levavasseur, en colère mais toujours digne », sur letemps.ch, (consulté le 22 octobre 2020).
  2. a et b « Élections municipales : en campagne avec l'ancienne Gilet jaune Ingrid Levavaseur », sur lci.fr, (consulté le 22 octobre 2020).
  3. a b c d e f g h et i « Qui est Ingrid Levavasseur, figure nationale des gilets jaunes originaire de Pont-de-l’Arche ? », sur www.paris-normandie.fr, (consulté le 28 février 2019)
  4. a b c d e f g h i j et k Alexandra Saviana, « Qui est Ingrid Levavasseur, à la tête d'une liste gilets jaunes aux européennes », sur Marianne, (consulté le 28 février 2019)
  5. a b c d e f g h i et j Xavier Eutrope, « « Gilets jaunes » : Ingrid Levavasseur, icône en retrait », sur larevuedesmedias.ina.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  6. a b c et d Pierre Choisnet, « Ingrid Levavasseur : « La reprise des Gilets jaunes, ça ne sera pas pour moi » », sur actu.fr, (consulté le 6 novembre 2020).
  7. « Ingrid Levavasseur sur la manifestation des pompiers : "On ne peut pas se permettre d'agresser les sapeurs-pompiers, ce n'est plus possible" », sur europe1.fr, (consulté le 30 octobre 2020).
  8. a et b Aline Leclerc, « « Gilets jaunes » : Ingrid Levavasseur, le récit d’une vie de luttes », sur lemonde.fr, (consulté le 22 octobre 2020).
  9. a b c et d « Qui est Ingrid Levavasseur, tête de liste des gilets jaunes pour les élections européennes? », sur LExpress.fr, (consulté le 28 février 2019)
  10. « VIDEO. "On est déterminés dans notre souffrance" : "Envoyé spécial" a suivi la révolte des femmes "gilets jaunes" », sur francetvinfo.fr, (consulté le 22 octobre 2020).
  11. « Qui sont les six Gilets jaunes qui débattent dans "La Grande explication" ? », sur LCI, (consulté le 28 février 2019)
  12. a b c d e f et g AFP, « Ingrid Levavasseur, des "gilets jaunes" aux municipales, en douceur », sur lepoint.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  13. « La « gilet jaune » euroise Ingrid Levavasseur renonce à être chroniqueuse sur BFMTV », sur www.paris-normandie.fr, (consulté le 28 février 2019)
  14. « Ingrid Levavasseur : chez les Gilets jaunes, «les figures médiatiques sont illégitimes» », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  15. « Ingrid Levavasseur renonce à présenter une liste aux européennes », sur FIGARO,
  16. a et b Thomas Guien, « Drouet, Nicolle, Ludosky... que sont devenus les figures des Gilets jaunes ? », sur lci.fr, (consulté le 30 octobre 2020).
  17. https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/eure/louviers/resultat-municipales-2020-louviers-francois-xavier-priollaud-au-premier-tour-1799800.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]