Humbert II (roi d'Italie)

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Humbert II
(it) Umberto II
Illustration.
Humbert de Savoie en 1944.
Titre
Prétendant au trône d'Italie

(36 ans, 9 mois et 5 jours)
Prédécesseur Lui-même (roi d'Italie)
Successeur Victor-Emmanuel de Savoie
Roi d'Italie

(1 mois et 4 jours)
Président du Conseil Alcide De Gasperi
Prédécesseur Victor-Emmanuel III
Successeur Lui-même (prétendant au trône, abolition de la monarchie)
Alcide De Gasperi (chef de l'État provisoire)
Enrico De Nicola (président de la République)
Prince héritier d'Italie

(41 ans, 7 mois et 24 jours)
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Emmanuel-Philibert de Savoie,
duc d'Aoste
Successeur Victor Emmanuel,
prince de Naples, duc de Savoie
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Umberto Nicola Tommaso Giovanni Maria di Savoia
Date de naissance
Lieu de naissance Racconigi, Piémont (Italie
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Genève (Suisse)
Sépulture Abbaye d'Hautecombe
Père Victor-Emmanuel III
Mère Hélène de Monténégro
Conjoint Marie-José de Belgique
Enfants Maria-Pia de Savoie
Vittorio Emanuele di Savoia, prince de Naples, duc de Savoie
Maria Gabriella di Savoia
Marie-Béatrice de Savoie (1943)

Humbert II (roi d'Italie)
Monarques d'Italie

Humbert II (en italien : Umberto II), né le à Racconigi, province de Cuneo, et mort le à Genève, est le dernier roi d'Italie qui a régné durant 35 jours, du au , ce qui lui vaut le surnom de Re di Maggio (« roi de mai »). Il quitte l'Italie quelques jours après la proclamation de la République italienne votée par référendum le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille royale d'Italie en 1908.

Famille[modifier | modifier le code]

Humbert de Savoie (en italien : Umberto di Savoia) naît le à Racconigi dans la région du Piémont en Italie. Fils du roi Victor-Emmanuel III et de la reine Hélène, (fille du roi Nicolas Ier de Monténégro), il est prince de Piémont à sa naissance, titre qu'il garde jusqu'à son accession au trône.

Après bien des discussions entre dynastie, la fiancée étant la nièce de la reine des Deux-Siciles Marie en Bavière dont les états furent annexés à l' Italie par la Maison de Savoie en 1860 et qui vécut jusqu'en 1925, le prince épouse en 1930 dans la chapelle Paolina du palais du Quirinal, la princesse Marie-José de Belgique (1906-2001), fille du roi Albert Ier de Belgique et d'Elisabeth de Bavière.

Le prince Humbert enfant.

Le couple aura quatre enfants :

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la bataille de France, en , il dirige le groupe ouest de l'armée italienne, et mène, aux côtés du 16e Panzerkorps de l'armée allemande, la bataille des Alpes face aux troupes françaises.

Le prince Humbert en mai 1944.

En , les partis antifascistes demandent l'abdication du roi Victor-Emmanuel III, qui le s'était replié dans le Sud de l'Italie avec le gouvernement Pietro Badoglio nommé après la chute du fascisme le . Le roi refuse, mais le , il nomme son fils Humbert lieutenant général du Royaume. Ainsi exerce-t-il toutes les prérogatives royales, mais sans avoir la dignité souveraine.

Timbre émis par les Postes italiennes pour la Cyrénaïque : mariage de Humbert et Marie-José, .

Le gouvernement italien décide d'organiser un référendum sur l'avenir institutionnel du pays afin que le peuple choisisse entre maintien de la monarchie ou adoption de la République.

Dernier roi d'Italie[modifier | modifier le code]

Le , Victor-Emmanuel III, âgé de 77 ans, abdique en faveur d'Humbert qui, à 41 ans, devient roi d'Italie sous le nom d'Humbert II.

Vingt-trois jours après son accession au trône, le , les Italiens se prononcent à l'issue d'un référendum aux résultats très contestés à 54 % des voix en faveur de la République. Le , le roi Humbert II, refusant d'accepter la République, quitte le trône sans abdiquer et se retire au Portugal, où depuis le l'attendaient son épouse et ses quatre enfants.

Alcide De Gasperi, devenu président par intérim, prononcera alors dans son allocution d'investiture les mots forts de sens :

"Nous devons nous efforcer de comprendre la tragédie de quelqu'un (l'ex-roi Humbert II) qui, après avoir hérité d'une défaite militaire et d'une complicité désastreuse avec la dictature, s'est efforcé ces derniers mois de travailler avec patience et bonne volonté pour un avenir meilleur. Mais cet acte final de la Maison millénaire de Savoie doit être considéré comme faisant partie de notre catastrophe nationale; c'est une expiation, une expiation imposée à nous tous, même à ceux qui n'ont pas partagé directement la culpabilité de la dynastie."[2]

Exil et décès[modifier | modifier le code]

Après l'adoption de la Constitution de la République italienne, entrée en vigueur le , il lui est interdit de revenir en Italie en vertu du deuxième alinéa de la XIIIe disposition transitoire : « Il est interdit aux anciens rois de la Maison de Savoie, à leurs épouses et à leurs descendants mâles d'entrer et de séjourner sur le territoire national »[3].

Humbert II d'Italie meurt le , à l'âge de 78 ans, à Genève en Suisse. Il repose à l'abbaye royale d'Hautecombe, en Savoie, célèbre nécropole de la dynastie du duché et de la Maison de Savoie. Il avait légué au Vatican le Saint-Suaire de Turin. En 2001, son épouse meurt à son tour et vient reposer près de lui.

Le prince et la princesse de Piémont en 1930.

Ses descendants, son fils Victor-Emmanuel et son petit-fils Emmanuel-Philibert ne seront autorisés à revenir en Italie qu'en 2002, après 56 ans d'exil pour le premier et depuis sa naissance pour le second. En effet, à la suite de l'émotion causée par la mort de la reine Marie-José, et surtout en raison d'une requête pendante devant la Cour européenne des droits de l'homme[4], le Parlement italien vote la loi constitutionnelle no 1 du , entrée en application le suivant, qui abroge les deux premiers alinéas de la XIIIe disposition transitoire de la Constitution italienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Burke's Royal Families of the World: Europe and Latin America (1977)
  2. (en) Denis Mack Smith, "Italy and Its Monarchy", New Haven: Yale University Press, p. 340.
  3. (it) « Constitution de la République italienne, texte original »
  4. CEDH, Cour - Quatrième Section, « VICTOR-EMMANUEL de SAVOIE c. ITALIE », 24 avr. 2003, n° 53360/99.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jose Luis de Vilallonga, Gold gotha, Seuil,
  • (it) Giovanni Artieri, Umberto II e la crisi della monarchia, Milan, Mondadori,
  • (it) Giovanni Artieri, Cronaca del Regno d'Italia, vol. 2, Milan, Mondadori, 1977 et 1978
  • (it) Domenico Bartoli, Da Vittorio Emanuele a Gronchi, Milan, Longanesi,
  • (it) Domenico Bartoli, I Savoia, ultimo atto, Novarra, De Agostini,
  • (it) Silvio Bertoldi, Umberto II, Milan, Bompiani,
  • (it) Italicus (Ezio Saini), Storia segreta di un mese di regno, Rome, Sestante,
  • (it) Franco Malnati, La grande frode - come l'Italia fu fatta repubblica, Rome, Bastogi,
  • (it) Giovanni Mosca, Il re in un angolo, Rome, Rizzoli,
  • (it) Giorgio Navone, Mauro Navone, Andrea Doria ed Emanuele Filiberto di Savoia, Milan, Simonelli, (ISBN 8876470271)
  • (it) Gianni Oliva, Umberto II. L'ultimo re, Milano, Mondadori, (ISBN 8804476184)
  • (it) Pierro Operti, Lettera aperta a Benedetto Croce, Rome, Volpe,
  • (it) Lucifero Falcone, Il pensiero e l'azione del re Umberto II dall'esilio (13 giugno 1946-31 dicembre 1965), Milan, Rizzoli,
  • (it) Lucifero Falcone, Il re dall'esilio, Milan, Silvio Mursia,
  • (it) Niccolò Rodolico - Vittorio Prunas Tola, Libro azzurro sul referendum 1946,, Turin, Superga,
  • (it) Cristina Siccardi, Maria José Umberto di Savoia. Gli ultimi sovrani d'Italia, Milan, Paoline,
  • (it) Angelo Squarti Perla, Araldica e nobiltà nelle Marche, Acquaviva Picena, Fast Edit,
  • (it) Mario Viana, La monarchia e il fascismo, Rome, Marviana,
  • (it) Giulio Vignoli, Scritti politici clandestini. Politicamente scorretti,, Gênes, Sabaudia, ECIG, , p. 39-92.