Alexandre de Yougoslavie (1924-2016)

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Alexandre de Yougoslavie
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Le prince Alexandre en 1958
Biographie
Titulature Prince de Yougoslavie
Prince de Serbie
Dynastie Karageorgévic
Nom de naissance Aleksandar Pavlov Karađorđević
Naissance
Richmond Park (Royaume-Uni)
Décès (à 91 ans)
Paris (France)
Père Paul de Yougoslavie
Mère Olga de Grèce
Conjoint Maria-Pia de Savoie (en)
Barbara de Liechtenstein
Enfants Dimitri de Yougoslavie (en)
Michel de Yougoslavie
Serge de Yougoslavie
Hélène de Yougoslavie
Dushan de Yougoslavie

Alexandre Paul de Yougoslavie (en serbo-croate : Aleksandar Karađorđević), prince de Yougoslavie puis de Serbie, est né à White Lodge, à Richmond Park, au Royaume-Uni, le et décédé à Paris, en France, le . Membre de la branche cadette de la dynastie Karađorđević, c'est une personnalité serbe.

Famille[modifier | modifier le code]

Le prince Alexandre est le fils aîné du régent Paul de Yougoslavie (1893-1976) et de son épouse la princesse Olga de Grèce (1903-1997), elle-même fille du prince Nicolas de Grèce (1872-1938) et de sa femme la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie (1882-1957).

Le , Alexandre épouse, à Cascais, la princesse Maria-Pia de Savoie (en) (1934), fille du roi Humbert II d'Italie (1904-1983) et de la princesse Marie-José de Belgique (1906-2001).

De ce mariage, qui se termine par un divorce en 1967, naissent quatre enfants :

Le , le prince Alexandre se remarie (civilement), à Paris, à la princesse Barbara de Liechtenstein[6] (1942), fille du prince Jean-François de Paule de Liechtenstein et de son épouse la comtesse Caroline de Ledebur-Wicheln. De cette seconde union naît un fils :

Biographie[modifier | modifier le code]

Aîné des enfants du prince Paul de Yougoslavie et de la princesse Olga de Grèce, Alexandre voit le jour le au Royaume-Uni, où sa mère a souhaité accoucher[7]. Baptisé selon le rite orthodoxe le suivant, l'enfant reçoit, pour parrains et marraines, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie, la duchesse d'York, l'infante Béatrice d'Espagne et plusieurs membres de la famille royale de Grèce[7].

En grandissant, le prince Alexandre devient une source de préoccupation pour ses parents. Scolarisé à la Ludgrove School, il se montre un élève fort peu appliqué. Pourtant, lorsqu'il rentre en Yougoslavie pendant les vacances, son parrain le roi le gâte terriblement, alors qu'il montre très peu d'intérêt pour son propre fils, le futur Pierre II. Habitué à recevoir privilèges et présents de la part du monarque, le petit Alexandre se révèle capricieux avec ses parents, qui peinent à le discipliner[8].

À l'adolescence, Alexandre est inscrit au collège d'Eton[9], où son manque de travail lui vaut d'être souvent corrigé par ses professeurs. Son attitude désinvolte continue à désespérer sa famille, et en particulier son père, qui a toujours été un bon élève lorsqu'il était enfant[10]. Après l'assassinat du roi Alexandre Ier et la mise en place d'une régence incarnée par le prince Paul, l'adolescent se rapproche du jeune Pierre II, avec lequel il était souvent en conflit enfant[9]. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les deux cousins multiplient ainsi les frasques avec des jeunes filles jugées peu recommandables par la famille royale[11].

En 1941, un coup d'État (en) renverse le régent Paul, à la suite de son rapprochement avec l'Allemagne nazie[12]. Alexandre est alors séparé de son cousin[13] et chassé de Yougoslavie avec son père et sa famille[12]. Exilé au Kenya pendant la majeure partie du conflit mondial, le prince consacre son temps libre à la chasse, à l'équitation, à la conduite et à la navigation. Son rêve est cependant de rejoindre la R.A.F., ce que sa situation de prisonnier lui interdit[14]. L'intervention du duc de Kent, oncle maternel du jeune homme, lui permet cependant de quitter l'Afrique et d'intégrer l'armée de l'air[15].

La guerre terminée, Alexandre est devenu un homme grand, fort, extraverti mais peu cultivé. Sans diplôme, il peine à trouver du travail et vit de l'argent que lui verse sa famille. Il continue par ailleurs à entretenir des relations difficiles avec son père[16]. Ce dernier désapprouve en effet son désir de devenir pilote de ligne[17]. Cela n'empêche pas Alexandre de participer à de nombreuses compétitions aériennes, comme le Norton-Griffiths Challenge Trophy de 1953.

Au début des années 1950, le jeune homme entretient une relation éphémère avec la princesse Élisabeth de Luxembourg, fille de la grande-duchesse Charlotte[18],[19]. En 1954, il participe à la « croisière des rois », durant laquelle il fait la connaissance de la princesse Maria-Pia de Savoie (en), fille du roi Humbert II d'Italie. Les deux jeunes gens tombent amoureux et se marient l'année suivante au Portugal, où le père de la princesse vit en exil depuis la proclamation de la république en Italie. Malgré la naissance de deux paires de jumeaux en 1958 et 1963, le couple finit par se séparer en 1967.

Sur un plan professionnel, le prince travaille longtemps pour des joailliers prestigieux, avant de représenter l'entreprise Swarovski, à Paris. Dans la capitale française, il fait la connaissance de la princesse Barbara de Liechtenstein, arrière petite-fille du prince Alfred de Liechtenstein, qu'il épouse en 1973[19].

En 1990, Alexandre est l'un des fondateurs du Congrès pour l'Unité serbe. Il parraine aussi le Centre pour la Recherche du monachisme orthodoxe.

Il meurt à Paris en 2016.

Palmarès sportif[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Neil Balfour et Sally Mackay, Paul of Yugoslavia : Britain's maligned friend, H. Hamilton, , 335 p. (ISBN 0241103924 et 978-0-2411-0392-0)
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofía : La Dinastía griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, Madrid, La Esfera de los Libros, (ISBN 978-8-4973-4195-0, OCLC 55595158)
  • (it) Maria Pia di Savoia, La mia vita, i miei ricordi, Mondadori Electa, (ISBN 8837071418)

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Christine Haughney, « Getting the Royal Treatment », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  2. Yan Bernard-Guilbaud, « Hélène de Yougoslavie, la princesse qui gêne l'Elysée », Madame Figaro,‎ (lire en ligne)
  3. Yannick Vely, « Karachi: Femmes au bord de la crise de nerf », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  4. « Karachi - Hélène de Yougoslavie charge son mari Thierry Gaubert », Le Point,‎ (lire en ligne)
  5. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Affaire de Karachi : la mémoire à éclipses de la princesse de Yougoslavie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Genealogy
  7. a et b Balfour 1980, p. 62.
  8. Balfour 1980, p. 91.
  9. a et b Balfour 1980, p. 154.
  10. Balfour 1980, p. 157.
  11. Balfour 1980, p. 203-204.
  12. a et b Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 260.
  13. Balfour 1980, p. 251.
  14. Balfour 1980, p. 268.
  15. Balfour 1980, p. 280.
  16. Balfour 1980, p. 299-300.
  17. Balfour 1980, p. 302.
  18. Balfour 1980, p. 301-302.
  19. a et b Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 262.
  20. « National Air Races », Flight and Aircraft engineer, vol. LXIII, no 2293,‎ , p. 805 (lire en ligne)