Graeme Allwright

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Graeme Allwright
Description de cette image, également commentée ci-après

Graeme Allwright en concert au festival de Cornouaille à Quimper le 28 juillet 2012.

Informations générales
Naissance (89 ans)
Wellington, Nouvelle-Zélande
Années actives 1965- présent
Site officiel MGA Association

Graeme Allwright, né le à Wellington, est un chanteur auteur-compositeur-interprète français d'origine néo-zélandaise. Il a en particulier adapté et introduit en français les œuvres du protest-song américain (Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen et de Bob Dylan.

Débuts à Paris[modifier | modifier le code]

Ayant obtenu une bourse pour intégrer une compagnie de théâtre (Théâtre Old Vic), il vient à Londres en s’engageant comme mousse sur un bateau, puis s'installe en 1948 en France. En 1951, à Pernand-Vergelesses (Côte-d'Or), il épouse Catherine Dasté qu'il a connue à Londres. Elle est la petite-fille de Jacques Copeau et la fille de Jean Dasté, directeur de la Comédie de Saint-Étienne. Graeme Allwright y exerce de nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, professeur d'anglais (avec Philippe Lavil pour élève) et de théâtre à l'école secondaire de la Roseraie à Dieulefit dans la Drôme. Encouragé par ses amis stéphanois amateurs de blues qu'il charmait depuis des années par ses ballades anglaises, il monte à Paris au début des années soixante et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche (Montparnasse). Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au centre américain de la rue Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji et ceux-ci le poussent à enregistrer un premier disque, Le Trimardeur (1965); s'ensuit un premier contrat avec Philips, et ses albums de 1966 et 1968 le projettent au premier plan chez les jeunes après les événements de 1968.

Graeme Allwright en concert en 1978

Théâtre[modifier | modifier le code]

Voyages[modifier | modifier le code]

Graeme Allwright fait de sa chanson un art de vivre, une philosophie, et un partage. Ses textes où l'émotion, la dénonciation moqueuse du conformisme ou des injustices et les appels à la liberté se conjuguent à des mélodies « country » ou « blues », remportent l’adhésion d'un public de tout âge. Mais, « dépassé » par son succès, craignant sous la pression du « show-bizz » de perdre de sa liberté, il préfère multiplier les voyages à l’étranger, au retour desquels il enregistre des albums. Il fait de nombreux séjours en Inde, participe dans les années 1970 à l'aventure de la cité utopique d'Auroville, initiée par La Mère, compagne de Sri Aurobindo, en travaillant au reboisement de cette zone alors désertifiée. Un peu plus tard, il découvre La Réunion, où il vit pendant un an et demi (l’album Questions lui est en grande partie consacré). Il y fait la rencontre d'excellents artistes malgaches (dont Erick Manana et Dina Rakotomanga) qui dès lors l’accompagneront très souvent lors de ses tournées en France. En 2005, il replonge à sa source en effectuant une tournée en Nouvelle-Zélande, son pays d'origine où il était totalement inconnu (dans le film Pacific Blues de Chantal Perrin et Arnaud Delplagne (2009) réalisé autour de ce voyage, et pour une des premières fois, l'artiste se livre sur sa vie et son œuvre).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il contribua également largement, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français. Dans le sens inverse, il interprète en 1985 des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens d'Andrew Kelly. Allwright se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d'un autre » quand il ressent que le message est commun. Cependant, ses propres textes ont une grande puissance (Johnny, Joue joue joue, Les retrouvailles, etc.). Plusieurs de ses œuvres sont devenues des "standards" de la chanson française (Les Retrouvailles, Petit Garçon, Jolie bouteille, Jusqu'à la ceinture, etc.).

Il a contribué à faire découvrir Leonard Cohen au public francophone (Suzanne, L'étranger, Demain sera bien, etc.), adapté Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?), Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu'à la ceinture), ainsi que de Malvina Reynolds (Petites boîtes). Graeme Allwright s'inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger dont il a adapté de nombreux textes, dont sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin'), Le clochard américain, La femme du mineur, La mouche bleue etc. Ses « classiques » (Petit garçon, qui est une adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller, Il faut que je m'en aille (Les Retrouvailles), etc.) sont connus de plusieurs générations même si le nom de leur auteur est souvent ignoré. Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clarté, la Ligne Holworth, Jusqu'à la ceinture, etc.).

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produisit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee... Becoming et Recollections, qui sont peu connus et n'ont guère été réédités hors compilations. Le premier de ces disques notamment tranche avec le Graeme Allwright que l'on connaît en développant un genre folk psychédélique.

Son œuvre et sa pensée sont fortement imprégnées de la philosophie du penseur indien Sri Aurobindo, par exemple dans la chanson Lumière. Graeme Allwright prône un changement du monde par un travail de conscience de chacun, plus que par un mouvement révolutionnaire[1]. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent [2] depuis le soutien qu'il a apporté aux agriculteurs du Larzac contre l'extension du camp militaire), et l'adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier, contre Valéry Giscard d'Estaing et les essais nucléaires français. Au début du XXIe siècle, il milite pour le changement des paroles de La Marseillaise, qu'il juge « belliqueuses », se révoltant qu'on puisse enseigner ces paroles haineuses à de jeunes enfants à l'école. L'impact de cette « Marseillaise de la paix » est grand sur les réseaux sociaux en 2015 à la suite des attentats en France.

En 1980, Graeme chante avec Maxime Le Forestier. Le bénéfice des concerts et du double album est entièrement reversé à l'association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts. En 1995, il incarne le rôle-clef (Paddy, le gardien de phare) dans le conte musical de l'auteur-compositeur Alan Simon. Il contribue à la bande originale de plusieurs films (Ne nous fâchons pas, Le petit Marcel, etc.). Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris Quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d'une étoile qu'il n'a jamais vraiment nommée ». En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits... Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l'hymne du Téléthon. Alors qu'il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à 89 ans, arrêter le tour de chant.

Graeme Allwright en concert en 2007

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (qu'il a eus avec Catherine Dasté).

Quelques chansons[modifier | modifier le code]

  • Abouélita
  • Akou (générique de fin du film Ne nous fâchons pas, 1966)
  • Au cœur de l'arbre (paroles de Maurice Cocagnac)
  • Automne
  • Avalanche (Leonard Cohen, reprise par Jean-Louis Murat sur son album de 1991 I'am you fan)
  • Ballade de la désescalade
  • Billy Boy
  • Bonne chance
  • Ça je ne l’ai jamais vu (proche de Seven Drunken Nights)
  • Chanson pour un peuple perdu
  • Chasseur de qui ?
  • Comme un vrai gamin
  • Comment faire pour te chanter ?
  • Condamnés
  • Dans la fumée de mon cigare
  • Danse-moi vers la fin de l’amour (Dance Me to The End of Love, Leonard Cohen)
  • De passage
  • Demain sera bien (Tonight Will Be Fine, Leonard Cohen)
  • Deux jeunes frères
  • Diamants dans la mine (Diamonds in The Mine, Leonard Cohen)
  • Dommage
  • Emmène-moi (Take Me Home, Johnny Cash)
  • Garde le souvenir
  • Henrik
  • Il faut que je m'en aille (Les Retrouvailles)
  • J'm'envolerai
  • Je perds ou bien je gagne (Jackson C. Frank "Blues Run The Game")
  • Je veux quitter ce monde, heureux
  • Jeanne d’Arc
  • Johnny
  • Joue, joue, joue
  • Jusqu'à la ceinture (Waist Deep in the Big Muddy, Pete Seeger)
  • L’Étranger (The Stranger Song, Leonard Cohen)
  • L'homme donna des noms aux animaux (Man Gave Names to All the Animals, Bob Dylan)
  • La Berceuse du clochard
  • La Chanson de l'adieu (paroles de Luis Porquet, musique de Graeme Allwright, 1979 ; reprise par Nana Mouskouri, 1994)
  • La Femme du mineur
  • La Gomme
  • La Ligne Holworth
  • La Marseillaise
  • La Mer est immense (The water is wide, Bob Dylan et autres)
  • La Petite route
  • La Petite souris
  • La Plage
  • Le Jour de clarté
  • Les Sœurs de la miséricorde (The Sisters of Mercy, Leonard Cohen)
  • Lover, Lover, Lover
  • Lumière
  • Michael
  • Ne laisse pas passer ta chance
  • Océane
  • Petit garçon (Old Toy Trains, Roger Miller)
  • Petites boîtes (Little Boxes, Malvina Reynolds)
  • Qu’as-tu appris à l’école ? (What Did You Learn in School Today?, Tom Paxton)
  • Qui a tué Davy Moore ? (Who Killed Davey Moore (en), Bob Dylan)
  • Sacrée bouteille (Bottle of Wine, Tom Paxton)
  • Suzanne (Leonard Cohen)
  • Tant de joies
  • Tu n'es plus là cet automne
  • Tout le monde le sait (Everybody Knows, Leonard Cohen)
  • Vagabonde
  • Viendras-tu avec moi ?

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. auroville.org
  2. ouestfrance.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]