Yvan Colonna

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Yvan Colonna
Description de cette image, également commentée ci-après

Croquis du visage de face d’Yvan Colonna.

Alias
Le berger de Cargèse
Naissance (56 ans)
Ajaccio, France
Nationalité Drapeau : France Français
Profession
Activité principale
Ascendants

Yvan Colonna, surnommé le berger de Cargèse par la presse française, né le à Ajaccio (Corse), est un militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat en relation avec une entreprise terroriste[1], du préfet Claude Érignac, commis le à Ajaccio.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Hugues Colonna, né à Cargèse et ancien député socialiste des Alpes-Maritimes, et de son épouse Cécile Riou, d'origine bretonne (Laz, Finistère Sud). Yvan Colonna est né le à Ajaccio. En 1975, toute sa famille s'installe à NiceJean-Hugues Colonna, son père, alors enseignant d'éducation physique, a été muté. Après un baccalauréat D, Yvan Colonna entame des études pour devenir professeur d'éducation physique et sportive. Il les abandonne en 1981 et retourne en Corse après avoir effectué son service militaire dans la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Il s'installe à Cargèse, où il se lance dans l'élevage de chèvres. Il milite dans des mouvements nationalistes proches du FLNC.

Dans les années 1990, lors de l'éclatement du mouvement FLNC entre Canal Historique, Canal Habituel et Resistenza, il semble prendre du recul par rapport à la mouvance nationaliste.

Attaque de la gendarmerie de Pietrosella[modifier | modifier le code]

Yvan Colonna était poursuivi pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » pour l'attaque à l'explosif de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud) en 1997, au cours de laquelle deux gendarmes ont été pris en otage et où l'arme qui servira plus tard à tuer le préfet Érignac a été dérobée. Il a été condamné pour avoir joué le rôle de guetteur, le 20 juin 2011.

Affaire Colonna[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assassinat de Claude Érignac.

Dénoncé à plusieurs reprises, pendant un an et demi, pour l'assassinat du préfet Érignac par quatre des six nationalistes coaccusés, ainsi que par leurs épouses, plusieurs étant revenus sur leurs déclarations au bout de dix-huit mois, Yvan Colonna prend la fuite le . Il est arrêté près d'Olmeto le après s'être soustrait pendant plus de quatre ans à la justice. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy déclare le soir de l'arrestation que « La police française vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Érignac », ce qui lui vaut des reproches pour atteinte à la présomption d'innocence et des poursuites judiciaires de la part d'Yvan Colonna. Yvan Colonna a engagé une procédure mais le tribunal de Paris n'a pu que reporter son jugement à la fin des fonctions présidentielles de Nicolas Sarkozy en raison de son immunité[2]. Une semaine après son arrestation, ses complices étaient condamnés à des peines allant jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.

Premier procès[modifier | modifier le code]

Le , la Cour de cassation ayant rejeté le pourvoi d'Yvan Colonna contre son renvoi devant la Cour d'assises spécialement composée[3] de Paris, celui-ci est renvoyé pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » devant la cour d'assises spéciale de Paris du 12 novembre au [4], qui le condamne le à la réclusion criminelle à perpétuité.

La peine prononcée par la cour d'assises spéciale de Paris, après un mois de procès, ne suit pas les réquisitions du parquet, qui avait demandé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans, la défense ayant demandé l'acquittement.

L'un des avocats d'Yvan Colonna, maître Antoine Sollacaro, a évoqué une « erreur judiciaire », affirmant que le dossier est « absolument vide de preuve » et a conclu en annonçant : « Nous allons faire appel dans les plus brefs délais »[5].

Deuxième procès[modifier | modifier le code]

Yvan Colonna est condamné de nouveau à la perpétuité le , peine assortie d'une période de sûreté de 22 ans en appel par la cour d'assises de Paris spécialement composée, qui a une compétence exclusive en matière terroriste et qui est composée en appel de 9 magistrats professionnels.

Le , la Cour de cassation annule, pour des raisons de vice de procédure[6], la condamnation du 27 mars 2009 prononcée par la Cour d'assises spéciale de Paris. La juridiction suprême reproche à cette dernière de n'avoir pas respecté l'article 331 du code de procédure pénale interdisant d'interrompre un témoin pendant sa déposition. L'un d'entre eux, cité comme expert par la défense, avait été interrompu par le parquet et les parties civiles en mettant en doute ses compétences en matière de balistique. Son audition s'était déroulée, par la suite, sur deux journées.

Le , Yvan Colonna est condamné à un an de prison ferme pour transport et détention d'arme de première catégorie et relaxé des chefs d'accusation d'association de malfaiteurs et de faits commis en lien avec une entreprise terroriste[7].
Le parquet fait appel le [8].

Troisième procès[modifier | modifier le code]

Le lundi s'est ouvert le troisième procès à la cour d'assises de Paris d'Yvan Colonna[9]. Le lundi , Yvan Colonna est reconnu comme étant le tireur et est condamné pour la troisième fois à la réclusion criminelle à perpétuité, sans période de sûreté, par la cour d'assises spéciale de Paris. Pour la première fois de l'histoire juridique française, une cour d'assises a motivé son verdict, anticipant de fait une évolution législative française visant à se mettre en conformité avec la jurisprudence européenne. Le , la Cour de cassation rejette le pourvoi que la défense d'Yvan Colonna a intenté[10].

Le , maître Antoine Sollacaro, qui fut l'un des avocats d'Yvan Colonna, est assassiné dans une station-service sur la route des îles Sanguinaires[11] (Corse-du-Sud).

Saisie de la Cour européenne des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le , Yvan Colonna saisit la Cour européenne des droits de l'homme, estimant qu'il n'a pas eu le droit à un procès équitable[12]. En janvier 2015, sa requête a été déclarée recevable par la Cour. « La requête a passé le filtre de la recevabilité et a été transmise au gouvernement français », a déclaré à la presse son avocat, Me Patrice Spinosi. Selon ce dernier, « il appartient désormais au gouvernement français de répondre d'ici juillet à notre argumentation par la voix du ministère des Affaires étrangères ». Il a ajouté qu'une décision sur le fond pourrait être rendue en 2017. « Si comme nous l'espérons la Cour européenne condamnait la France, la porte serait ouverte pour qu'Yvan Colonna puisse saisir la cour de révision et de réexamen de la Cour de cassation »[13].

Vie en prison[modifier | modifier le code]

Yvan Colonna est d'abord incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Il se marie le avec une Corse de 38 ans prénommée Stéphanie. La cérémonie est alors célébrée par Henri Israël, adjoint (PS) au maire de Fresnes, en présence de Mgr Jacques Gaillot[14]. Il reste huit ans à Fresnes puis un an à Toulon, avant d'être transféré à la maison centrale d'Arles. En 2013 , il est transféré à la prison de Réau, en Seine-et-Marne, au motif qu'il préparait une tentative d'évasion avec des explosifs[15]. Il retourne à Arles quelques semaines plus tard.

Il a le statut de détenu particulièrement signalé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Charpier et Antoine Albertini, Les Dessous de l'affaire Colonna, éditions Presses de la Cité, 252 p., 2007.
  • Jean-Pierre Larminier, Claude Erignac et Ivan Colonna : deux victimes pour une affaire d'État, éditions Jeanne d'Arc, 45 p., 2008.
  • Roland Laurette, Ivan Colonna : L'innocence qui dérange, éditions L'Harmattan, 98 p., 2011.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Yvan Colonna, l'impasse, par Ariane Chemin, Samuel Lajus, Gilles Perez, diffusé sur France 3 le 5 février 2015.
  • Yvan Colonna, la traque (série Faites entrer l'accusé), par Benoît Bertrand Cadi, diffusé sur France 2 le 8 novembre 2015.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Fin 2007, le journaliste politique et judiciaire Dominique Paganelli et le dessinateur Tignous couvrent le (premier) procès d'Yvan Colonna, pour le journal Charlie Hebdo[16]. Tous deux en tireront l'année suivante la bande dessinée Le Procès Colonna. L'ouvrage obtient le prix France Info de la bande dessinée d'actualité et de reportage 2009[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Énoncé du verdict le condamnant à perpétuité le 20 juin 2011 : « Yvan COLONNA est déclaré coupable pour son appartenance à une association de malfaiteurs, sa participation à l'attaque de la gendarmerie de PIETROSELLA, le 6 septembre 1997, aux infractions concernant les gendarmes PANIEZ et HIERNAUX commises à cette occasion et à l'assassinat du préfet Claude ERIGNAC perpétré le 6 février 1998 à AJACCIO, ces crimes et délits étant en rapport avec une entreprise terroriste. […] » lire en ligne, sur lefigaro.fr [PDF].
  2. Clearstream, le lapsus de Sarkozy, LeJD.fr, 23 septembre 2009
  3. C'est-à-dire composée de sept magistrats, et non de trois magistrats et neuf jurés (articles 698-6 et 706-25 du Code de procédure pénale)
  4. Yvan Colonna sera jugé à partir de novembre, sur le site Le Monde.fr du 24 juillet 2007
  5. La défense d'Yvan Colonna fera appel du verdict, Dépêche AFP, 8 heures, 14 décembre 2007, sur le site lemonde.fr
  6. Yves Bordenave, « La condamnation d'Yvan Colonna annulée en cassation pour vice de procédure », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Yves Bordenave, « Un an de prison ferme pour Yvan Colonna », Le Monde,‎
  8. « Cavale de Colonna: appel du parquet pour les six prévenus, dont Colonna », AFP,‎ (lire en ligne)
  9. Yvan Colonna : Et s'il parlait ?, 5 mai 2011.
  10. La Cour de Cassation rejette le pourvoi.
  11. Libération.fr avec AFP, « Antoine Sollacaro, ancien avocat de Colonna, assassiné en Corse », sur Libération.fr,‎ 16 octobre 2012..
  12. Colonna saisit la Cour européenne des droits de l'Homme, sur le site tempsreel.nouvelobs.com
  13. « La CEDH déclare recevable une requête d'Yvan Colonna », sur Le monde
  14. « Yvan Colonna s'est marié en prison en présence de Mgr Gaillot », 20minutes.fr, 3 mars 2011.
  15. « Soupçonné de tentative d'évasion, Yvan Colonna a été transféré de prison », lexpress.fr, 12 juillet 2013.
  16. « Yvan Colonna : un procès, un condamné, une BD », article du journal Corse Matin, du 12/06/2008.
  17. Lauréats du Prix France Info, site de la radio France Info, du 10/08/2014.

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