Forces armées du Sénégal

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Forces armées sénégalaises
Drapeau du Sénégal
Drapeau du Sénégal
Branches Armée de terre
Armée de l'air
Marine de guerre
Gendarmerie nationale
Main-d'œuvre
Âges militaires 18
Disponibles au service militaire 1 618 920 hommes
Aptes au service militaire 1 158 893 hommes
Atteignant l'âge militaire chaque année 189 381  hommes
Actifs ~ 10 000
+ 5 000 gendarmes
Budgets
Budget 289 millions de dollars, ~ 1.9 % du PIB (2017 est.)
Industrie
Fournisseurs étrangers Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la Russie Russie
Articles annexes
Histoire Conflit sénégalo-mauritanien
Conflit en Casamance
Guerre civile de Guinée-Bissau
Invasion d'Anjouan de 2008

Les Forces armées du Sénégal ont pour mission d'assurer la défense nationale et dans ce but, d'assurer en tous temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire du Sénégal et de sa population.

Elle contribue de même au respect des alliances, traités et accords internationaux.

La mise en œuvre de la politique de la défense est arrêtée par le Président de la République qui est responsable de la défense nationale, dont il exerce la direction générale et militaire.

Chaque ministre est responsable de la préparation de l’exécution des mesures de défense incombant au Département dont il a la charge.

Le Chef d'État-Major Général des Armées (CEMGA), assiste le Ministre chargé des Forces Armées pour l’organisation générale, la mise en condition des forces et la coordination interarmées. Il est chargé de la préparation des plans et des opérations militaires.

Organisation[modifier | modifier le code]

En application de la loi 84-62 du 16 août 1984 complétée par la loi 89-02 du 17 janvier 1989, les Forces Armées comprennent :

au niveau de la Présidence de la République :

au niveau du Ministère des Forces Armées :

Le Ministre des Forces Armées dispose :

L'État Major Général des Armées est organisé comme suit :

  • Chef d'État-Major Général des Armées
  • Sous-Chef d’état-major général des Armées
  • Sous-Chef Opérations
  • Sous-Chef Logistique
  • Sous-Chef Administration
  • Sous-Chef Ressources Humaines
  • Commandement de la formation

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée de terre sénégalaise.

Doyenne et noyau des armées sénégalaises, l’Armée de Terre a opéré des mutations continues qui ont renforcé ses capacités d’intervention.

Régulièrement restructurée et réorganisée de 1960 à nos jours, l’Armée de Terre a conforté au fil des ans son rôle dans la préparation des unités. Aujourd'hui composée de 9 000 hommes, elle est organisée en deux divisions (opérations et logistique)[1].

Marine[modifier | modifier le code]

Marin sénégalais lors d'un exercice de visite de contrôle d'un navire en 2011.
Le patrouilleur Kédougou, OPV 45 de la marine sénégalaise depuis 2015.
Article détaillé : marine sénégalaise.

Situé à l’extrême ouest du continent africain, le Sénégal occupe une position stratégique de choix grâce à une façade maritime prolongée par une Zone Économique Exclusive de deux cents miles particulièrement riche en ressources halieutiques et minières. De cette situation découle toute l’importance de la marine nationale sénégalaise créée en 1961, qui, aussitôt après l’indépendance, est chargée de préserver les intérêts de l’État en mer.

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions de la Marine Nationale s’inscrivent dans le cadre général des missions de défense et de développement confiées aux Forces Armées. Elles peuvent être classées en quatre catégories :

Défense maritime du territoire[modifier | modifier le code]

Mission à caractère militaire, la défense maritime du territoire a pour but d’affirmer la souveraineté nationale dans les eaux sous juridiction sénégalaise. Elle comprend :

  • la défense du littoral ;
  • la protection des frontières maritimes ;
  • la surveillance du territoire maritime ;
  • et le soutien aux autres composantes des Forces Armées.

Défense économique[modifier | modifier le code]

Il s’agit de sauvegarder les ressources du domaine maritime par :

  • la surveillance des pêches ;
  • la lutte contre la pollution (hydrocarbures - déchets toxiques) ;
  • la lutte contre la contrebande et le trafic de stupéfiants.

Service public[modifier | modifier le code]

La mission de service public est assurée sous forme :

  • de recherche, de secours et d’assistance dans une région maritime qui va de la Sierra Leone à la Mauritanie ;
  • de transport au profit des services publics ou privés ;
  • d’évacuation sanitaire.

Sécurité de la navigation maritime[modifier | modifier le code]

Pour assurer la mission de sécurité de la navigation maritime, la Marine nationale :

  • est responsable de la diffusion de l’information nautique ;
  • anime un service "Ouvrage - Cartes - Instruments nautiques (OCI)".

En dehors de ces missions classiques, la Marine nationale assure la représentation du pavillon national en haute mer, sur les rivages et dans les ports étrangers.

Organisation[modifier | modifier le code]

La Marine nationale comprend un état-major et trois (03) corps :

  • Groupement Naval Opérationnel (GNO) : chargé de la mise en œuvre des unités navales qui sont regroupées en flottilles de Patrouilleurs de Haute Mer (PHM), de Bâtiments de Surveillance Côtière (BSC) et de Vedettes Côtières Rapides (VCR) et en groupe de transport (EDIC).
  • Groupement de Soutien de la Marine (GSM) : chargé d’assurer la sécurité des infrastructures portuaires, l’entretien et la réparation des unités navales, la formation du personnel et le soutien logistique.
  • Groupement de Surveillance Fluvio-maritime (GSFM) : chargé de la surveillance et de la protection des zones maritimes et fluviales.

Équipements[modifier | modifier le code]

Le patrouilleur Popenguine.
Le Gorée, ancien chaland de débarquement de la marine française.
Le Conejera, ancien bâtiment de la marine espagnole construit en 1981.
Équipements de la marine sénégalaise au 17 mars 2017
Navire Origine Mis en service Classe Longueur
Patrouilleur (Navire d'attaque rapide)
Fouladou (bâtiment amiral)[2] Drapeau de la France France
2016
OPV 190
58 mètres
Kédougou[3] Drapeau de la France France
2015
OPV 45
45,9 mètres
Ferlo[4] Drapeau de la France France
2013
RPB 33
33 mètres
Conejera Drapeau de l'Espagne Espagne
2012
P 31
32 mètres
Fouta Drapeau du Danemark Danemark
1987
OSPREY 55
55 mètres
Njambuur Drapeau de la France France
1981
PR 72
58 mètres
Bâtiment de surveillance côtière (BSC)
Popenguine Drapeau de la France France
1977
PR 48
26 mètres
Podor Drapeau de la France France
1974
PR 48
26 mètres
Bâtiment de transport et de support logistique
Gorée Drapeau de la France France
2011
EDIC 700
59 mètres
Karabane Drapeau de la France France
2011
EDIC 700
59 mètres
CTM 2[5] Drapeau de la France France
2010
CTM
24 mètres
Baliseur / Recherche halieutique
Samba Laobe Fall[6] Drapeau de la France France
2008
ECO 145
45 mètres
Itaf Deme Drapeau du Japon Japon
2000
-
38 mètres
Vedette rapide de surveillance côtière
2x vedettes Drapeau des États-Unis États-Unis
2015
DEF 38
11,5 mètres
1x vedette Drapeau des États-Unis États-Unis
2010
-
13 mètres
4x vedettes Drapeau de la France France
2005
RPB 12
12 mètres
2x vedettes Drapeau de la France France
2004
RPB 20
20 mètres

Armée de l'air[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée de l'air sénégalaise.
Cocarde de l'Armée de l'air sénégalaise

Embryonnaire à ses débuts, elle a été restructurée à partir des années 1980 avec des moyens matériels et humains adaptés.

Missions[modifier | modifier le code]

RTS 1 avec un hélicoptère de l'Armée de l'air sur le stade Demba Diop à l'occasion d'un combat de lutte sénégalaise.
  • la défense de l’espace aérien sénégalais,
  • la protection et la défense des zones aéroportuaires,
  • l’appui des autres forces dans le transport et l’aérolargage de matériels et des hommes ,
  • de l’évacuation sanitaire,
  • de la surveillance et la protection des ressources halieutiques,
  • de la recherche et le sauvetage des avions et bateaux en perdition.

Organisation[modifier | modifier le code]

  • Un État-Major dénommé EMAIR avec deux divisions : division Opérations et division Logistique ;
  • Un Groupement de Soutien GSAA chargé de l’administration des personnels, du soutien logistique et de la défense des bases
  • Un Groupement Opérationnel GOAA chargé des missions aériennes.
  • Une École EAA chargée de la formation technique et professionnelle des personnels de l’Armée de l’Air.

Équipements[modifier | modifier le code]

[Quand ?]:

Drones de cimbats Drones de surveillance

Gendarmerie[modifier | modifier le code]

Spahis sénégalais, ou Garde rouge de la présidence.
Article détaillé : Spahis sénégalais.

Au Sénégal, la Gendarmerie nationale est une force de police à statut militaire subordonnée au ministère des Forces armées pour les missions militaires et de police, alors que la Police nationale dépend du ministère de l'Intérieur. Le numéro d'urgence de la gendarmerie est le même que celui de la police : le 17 ou le 112. Elle comprend environ 5000 gendarmes, sous-officiers et officiers (souvent formés en France). Elle est dirigée par un Haut Commandant de la Gendarmerie assisté par un Haut Commandant en Second. Ce corps comprend également la Garde présidentielle issue de l'ancienne Garde coloniale de spahis sénégalais.

Présentation des Directions[modifier | modifier le code]

Présentation des Écoles[modifier | modifier le code]

  • L'École Nationale des Officiers d'Active
  • L'École d'Application de l'Infanterie
  • L'École Militaire de Santé
  • L'École de l'Armée de l'Air
  • L'École Nationale des Sous-Officiers d'Active
  • Le Prytanéee militaire de Saint-Louis
  • Le 12e Bataillon d'Instruction
  • Le Centre de Perfectionnement des Cadres Militaires
  • Le Bureau Enseignement Militaire Supérieur

Histoire[modifier | modifier le code]

Trois grandes périodes ont marqué l’évolution de l’Armée de Terre.

  • La première période de 1960 à 1971 :
    • création de quelques bataillons et participation à la sécurisation de la frontière Sud dans le cadre de la guerre de libération de la Guinée-Bissau et aux opérations de maintien de la paix au Congo (ONUC).
  • La seconde période de 1972 à 1988 :
    • avènement d’un commandement de l’Armée de Terre (COMTER) qui se transformera d’abord en État Major Terre (EMTER) et enfin en État Major de l’Armée de Terre (EMAT)
    • couverture de l’ensemble du territoire national par des bataillons d’infanterie et de divers corps de troupe
    • création des Écoles de formations : l’École nationale des Sous-officiers d’active (ENSOA) en 1971, l’École nationale des Officiers d’Active (ENOA) en 1981, et la Division d’Application l’Infanterie (DAI) en 1984 devenue École d’Application d’Infanterie (EAI) en 1990.
    • participation de l’Armée de Terre à des opérations de maintien de la paix au Tchad, au Zaïre au Sinaï (FINUS), au Liban (FINUL) et en Gambie ( FODE KABA II).
  • La troisième période de 1988 à nos jours :
    • montée en en puissance des formations
    • opérations simultanées dans la vallée du Fleuve Sénégal et dans le Sud du pays en 1989.

La montée en puissance de ces formations a permis à l’Armée de Terre de faire la preuve de ses capacités, tant à l’intérieur du territoire qu’à l’extérieur, notamment lors de la Guerre du Golfe (Bouclier et Tempête du Désert), de la guerre civile du Libéria (ECOMOG et MINUL), de la guerre civile du Rwanda (MINUAR et TURQUOISE), de la Centrafrique (MISAB et MINURCA) et de la Guinée-Bissau (GABOU).

La Marine Nationale a été créée le .

Des étapes ont marqué l’évolution de la Marine notamment :

  • 1961 : Acquisition du premier patrouilleur côtier rapide dénommé Sénégal.
  • 22 janvier 1975 : La Marine passe sous commandement sénégalais [Quoi ?]; le capitaine de corvette Faye Gassama est nommé Commandant de la Marine.
  • de 1982 à 1989 : Restructuration de la Marine avec la création de l’État-major, du Groupement de Soutien de la Marine (GSM), du Groupement Naval Opérationnel (GNO) et l’ouverture de la base navale secondaire d’Elinkine.
  • 1997 : Création du Groupement de Surveillance Fluvio-Maritime (GSFM).

L’armée de l’Air sénégalaise a été créée le avec essentiellement du personnel de l’assistance technique française et du matériel aéronautique composé d’un (01) C.47 et d’un (01) hélicoptère de type Bell, et à titre de prêt.

Les deux premiers pilotes sénégalais sont sortis d’école en 1964. Le premier officier mécanicien et le premier pilote commandant de bord en 1966.

Le potentiel des moyens aériens a évolué et atteint son plus haut niveau en 1984 par l’acquisition :

  • d’hélicoptères lourds type SA330 Puma (perdus lors de l'opération Fodé Kaba et lors d'un entrainement)
  • d’avions de transport Fokker F27
  • d’avions d’entraînement et de combat type Fouga Magister
  • d’avions d’appui et d’observation Rallye Guerrier G 235,
  • d’un avion de patrouille maritime type Twin Otter.

L’Armée de l’air a eu à mettre en œuvre des avions de transport et de liaison type Dakota C47, Broussard, Cessna et des hélicoptères type Bell et Alouette III.

Le commandement du 1er Groupement Aérien Sénégalais a été sénégalisé en 1966 et le Commandement de l’Armée de l’Air le . Depuis 1974, l’Armée de l’Air ne compte dans ses rangs que deux personnels de l’Assistance Militaire Technique française, un officier et un sous-officier conseillers du commandement.

En avril 2006, la France offre 2 Epsilon et 1 hélicoptère Ecureuil, à la suite de l'engagement pris par le président français Jacques Chirac, lors de sa visite au Sénégal en février 2005. L'État sénégalais a récemment acquis 2 Mi-35P, 2 Mi-171SH. L'Espagne a donné 2 UH-1H et CN212 en 2008 aux Forces Aériennes Sénégalaises.

Les opérations extérieures[modifier | modifier le code]

Opérations achevées[modifier | modifier le code]

Opérations sans mandat[modifier | modifier le code]

  • Opération Fodé Kaba
  • Opération Gabou

Opérations en cours[modifier | modifier le code]

Budget[modifier | modifier le code]

Le budget des forces armées a augmenté de 9 % pour 2001-2002, et de 8 % pour 2002-2003, atteignant les 56 milliards de francs CFA soit 68,6 millions de dollars à l'époque.

En 2005 les dépenses militaires étaient estimées à 1,4 % du PIB, en 2006 à 1,9 %.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute, en 2005, le budget a été de 117 300 000 $ soit le 113e rang au classement des budgets de défense par pays. Cela fait du Sénégal le 3e budget de défense de l'Afrique de l'Ouest francophone derrière la Côte d'Ivoire et la Guinée Conakry.

Le budget n'est pas représentatif du niveau de renouvellement du matériel car le Sénégal bénéficie de beaucoup de dons de matériel de pays alliés ce qui permet d'avoir malgré le faible budget d'investissement une montée en puissance et un niveau opérationnel correct.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Pour la première fois, 300 jeunes femmes sont incorporées dans des unités combattantes en 2008[7]

Publications[modifier | modifier le code]

Les forces armées éditent plusieurs publications telles que Sunugaal[8], une revue de liaison et de réflexion ; Armée/Nation, une revue trimestrielle de réflexion ; le Jambaar, un journal bimestriel d’information et de liaison ; Infogendarme, un journal bimestriel de la Gendarmerie nationale, ainsi que la Revue de la Gendarmerie.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew F. Clark et Lucie Colvin Phillips, « Armed forces », in Historical Dictionary of Senegal, The Scarecrow Press, Metuchen (N. J.) et Londres, 1994 (2e éd.), p. 63-64
  • (en) M. C. Diop et M. Paye, « The Army and political Power in Senegal », in Eboe Hutchful et Abdoulaye Bathily (dir.), The Military and Militarism in Africa, Dakar, CODESRIA, 1998, p. 315-354
  • (fr) Dia Fara, « Armée et politique », Vérité, no 9, 1980, p. 1 et 8
  • (fr) Ka Leyti, « Réorganisation de la gendarmerie nationale », Sunugaal, no 1, 2 bimestre 1985, p. 10-11
  • (fr) Dieng Mamadou, « La réorganisation des forces armées », Sunugaal, , 1, 2e bimestre 1985, p. 7-9
  • (fr) Colonel Mamadou Lamdou Touré, Contribution à l’histoire militaire : Des premiers soldats noirs de la colonie du Sénégal à la formation de l’armée sénégalaise, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1999, 111 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Colonel Sidy Sady, La Gendarmerie nationale sénégalaise. Son rôle dans la consolidation de l'État, L'Harmattan, Paris, 2012, 180 p. (ISBN 9782296548930)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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