ENI (entreprise)

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ENI
Image illustrative de l'article ENI (entreprise)

Création 1953
Fondateurs Enrico Mattei
Personnages clés Emma Marcegaglia (présidente)
Claudio Descalzi (CEO)
Forme juridique SA, S.p.A. (sigle italien)
Action NYSE : E
BIT : ENI
Slogan Il futuro è di chi lo sa immaginare
Siège social Drapeau de l'Italie Piazzale Enrico Mattei 1 Drapeau : Italie Rome ItalieVoir et modifier les données sur Wikidata
Direction Claudio Descalzi (CEO)
Actionnaires Cassa Depositi e Prestiti (25,76 %)[1], ministère de l'Économie et des Finances (4,34 %)[2] et banque populaire de Chine (2,1 %)[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Exploration - Production - Distribution d'énergies
Produits Pétrole - Gaz naturel - Pétrochimie - Électricité
Filiales Agip, AGI, Snam, Saipem
Effectif 82 289 (2013)
Site web eni.it

Capitalisation 120,57 milliards
Chiffre d’affaires en augmentation 167,9 milliards € (2013)
Résultat net en augmentation 10,0 milliards € (2013)

ENI (en italien Ente Nazionale Idrocarburi, pour société nationale italienne des hydrocarbures) est une société italienne privée d'hydrocarbure créée en 1953 sous la présidence d’Enrico Mattei. Elle a été privatisée en 1998. L’État italien conserve une minorité du capital (environ 30 %).

Elle est présente dans les secteurs du pétrole, du gaz naturel, de la pétrochimie, de la production d’énergie électrique et de l’ingénierie. Présente dans 85 pays, son effectif est de 78 000 salariés environ. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 167,9 milliards d’euros en 2013 pour un bénéfice de 10,0 milliards d’euros.

L’ENI, première société italienne par sa capitalisation boursière, est en 2008 le cinquième groupe pétrolier mondial (classement par chiffre d’affaires) derrière ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell, Total[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Immédiatement après la Première Guerre mondiale, l'Italie lance une politique de recherche de pétrole et de gaz sur son territoire. En 1926, la société Azienda generale italiana petroli (Agip) est constituée à cette fin. Les prospections d'hydrocarbures commencent en Italie ainsi qu'en Roumanie, Albanie et Irak qui ont confié pareille mission à AGIP sur leur territoire.

En 1936, Anic est créée.

Les recherches se poursuivent jusqu'en 1939 et sont interrompues avec la Seconde Guerre mondiale. Elles reprennent dès la libération de l'Italie.

En 1941, la Snam est créée. En 1945, Enrico Mattei est nommé commissaire liquidateur d'Agip.

Le réseau distribution Agip (dont le logo sera un chien à six pattes) est créé tandis que l'activité de prospection se poursuit avec un succès tellement mitigé. Mais, après la découverte du gisement de gaz naturel de Caviaga, dans la plaine du Po, le processus de liquidation est arrêté par Enrico Mattei lui-même.

Les années 1950-60, le boom économique italien[modifier | modifier le code]

Palais de l'ENI, Rome, construit 1959-1962[5]. Photo par Paolo Monti, 1967.

La loi 136 du 10 février 1953 décide de la création de ENI, Ente nazionale idrocarburi. Enrico Mattei en sera son premier président. L'organisme a pour objectif de fournir de l'énergie à l'Italie, en contribuant au développement industriel du pays. Mattei compromet le monopole des principales compagnies de production de pétrole, américaines notamment, en introduisant une nouvelle formule contractuelle avec les pays producteurs. Cette formule, adoptée pour la première fois en Égypte et en Iran, permet aux autorités de l’État local de partager les profits du développement de la production de gaz et de pétrole. C'est le fameux fifty-fifty.

D'importantes découvertes sont effectuées dans la mer Adriatique : près de Ravenne le premier gisement de gaz offshore européen et en Tunisie le gisement de El Borma, un des plus importants d'Afrique.

En 1954, la société Nuovo Pignone est acquise par ENI. En 1957, Saipem est créée. En 1958, le site pétrochimique de Ravenne est inauguré.

En 1962, le site pétrochimique de Gela en Sicile est inauguré. La même année, le groupe textile spécialiste lainier Lanerossi est acquis et Enrico Mattei décède.

En 1963, la raffinerie de Sannazzaro de' Burgondi est inauguré dans la province de Pavie. En 1967, la société Italgas (en) est acquise et intégrée dans le groupe ENI. En 1968, Eni devient le premier actionnaire de Montedison.

Les années 1970-80[modifier | modifier le code]

Les dirigeants de l'ENI voient dans le gaz naturel la source d'énergie pour faire face à la crise provoquée par le premier choc pétrolier et signent des accords pour importer du gaz de l'Union Soviétique et des Pays-Bas.

Le record mondial de profondeur de forage est battu par ENI avec la découverte du gisement de Malossa, près de Milan avec 5 500 mètres. ENI installe, au large de la Sicile la première plateforme contrôlée à distance, sur le gisement de Perla.

La Snam inaugure le gazoduc Transmed qui, avec plus de 2 500 km de longueur, relie Hassi-R-Mel, dans le désert algérien, à la vallée du . Le Transmed traverse le canal de Sicile où il est posé à plus de 650 m de profondeur.

Un nouveau record de forage offshore est battu au large d'Otranto en Italie du sud, avec plus de 800 m.

Avec le forage de Villafortuna (en), près de Novare, un nouveau record de 6 000 m de profondeur sur terre ferme est atteint.

En 1974, Agip rachète le réseau des distributeurs Royal Dutch Shell Italie renommés Ip, Eni met en service des gazoducs provenant d'URSS et des Pays-Bas.

En 1977, ENI rachète EGAM.

En 1980, ENI cède sa participation dans Montedison et rachète les sociétés SIR et Liquichimica.

En 1982, Eni regrouper ses activités de son pôle chimie avec la création de la holding EniChimica, renommée ensuite EniChem.

En 1986, Eni cède Lanerossi et de toutes ses activités dans le secteur textile.

En 1989, Eni signe un accord stratégique avec Montedison pour regrouper une partie des sociétés chimiques de chaque groupe avec la création d'Enimont.

Les années 1990[modifier | modifier le code]

En 1991, Eni rompt ses relations avec Raul Gardini propriétaire de Montedison et intégration de tous les sites chimiques de Montedison.

En 1992, ENI, qui était jusqu'alors une société publique, est privatisée et devient une société anonyme Eni SpA, mais avec comme seul actionnaire le Trésor italien. La même année, Nuovo Pignone est scindée et un commissaire est nommé pour restructurer le groupe et procéder à des cessions dans les spécialités hors cœur de métier.

En 1995, le Trésor italien vend 15 % d'Eni SpA à travers son entrée à la Bourse de Milan. Entre 1995 et 1998, quatre offres publiques de vente (OPV) placent sur le marché environ 63 % du capital.

Agip accroît ses activités internationales par de nouvelles acquisitions en Algérie, Chine, Angola, en mer du Nord et en Égypte. La société signe des contrats importants avec le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Nigeria et l'Angola. Dans ces deux derniers pays, les accords concernent le développement d'activités en eaux profondes.

Agip met en production le puits Aquila dans les eaux profondes du canal d'Otrante.

En 1998, ENI incorpore Agip qui devient la Division Exploration & Production. La production atteint un million de barils équivalent pétrole (bep) par jour.

Le nouveau millénaire[modifier | modifier le code]

En 2001, suite à la libéralisation du marché du gaz, le monopole d'Eni sur les importations et la distribution prend fin. En parallèle avec la création d'EniPower, Eni fait son entrée dans le secteur de l'énergie électrique.

En 2002, EniChem réorganisée et réduite aux seuls polymères devient Polimeri Europa, la holding pétrochimique du groupe.

ENI consolide sa position dans les activités de prospection et de production par l'acquisition des sociétés British Borneo et Lasmo. Achèvement de la réalisation du Blue Stream, un gazoduc de 1 250 km qui relie la Russie à la Turquie en traversant la mer Noire. La profondeur maximale atteint 2 150 m sur les fonds marins.

L'importante découverte du gisement géant Kashagan est le premier d'une série de succès dans la mer Caspienne.

Le processus d'intégration se poursuit : SNAM et AgipPetroli confluent dans ENI et deviennent respectivement la Division Gaz & Énergie et la Division Raffinage & Commercialisation du groupe. En France, fin 2012, Altergaz prend le nom d'ENI, sa maison-mère.

En 2012, Polimeri Europa devient Versalis.

Le projet Western Libya Gas, premier grand projet pour valoriser le gaz naturel produit en Libye avec exportation et commercialisation en Europe, est lancé. Le gaz est acheminé par le Greenstream, le plus long gazoduc sous-marin de la Méditerranée (520 km), qui atteint les 1 127 m de profondeur.

En 2016, ENI annonce son intention d'investir trois milliards d’euros dans l'énergie renouvelable sous trois ans, notamment au Pakistan, en Italie et en Égypte. le groupe investissait déjà 500 millions d'euros dans l'énergie solaire[6].

En janvier 2017, Eni et Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) signe un accord afin de développer les activités pétrolières au Nigéria[7].

Organisation[modifier | modifier le code]

ENI est organisée en trois grandes divisions opérationnelles :

  • Exploration & production : recherche et production d’hydrocarbures ;
  • Gas & Power : gaz et énergie électrique ;
  • Refining & Marketing : raffinage et commercialisation de produits pétroliers.

Le groupe pétrolier italien ENI est tourné à la fois vers la production et la distribution d'hydrocarbures. Le groupe comprend cinq filiales principales :

  • Snam, 52,07 % - gestion du réseau de gaz naturel en Italie, qui contrôle à 100 % Italgas - production et vente de gaz naturel ;
  • EniPower, 100 % - production d’électricité en Italie, 1 400 MW installés ;
  • Saipem, 43 % - services aux sociétés pétrolières : forage, construction et installation de plates-formes en mer, pose de canalisations ;
  • Distrigas : une compagnie de gaz basée en Belgique ;
  • Versalis : société pétrochimique.

Actionnariat[modifier | modifier le code]

2012 : flottant 62,2 %, État italien 30,3 %, autocontrôle 7,5 %.

Présidents - commissaires[modifier | modifier le code]

  • Enrico Mattei (1953-1962)
  • Marcello Boldrini (1962-1967)
  • Eugenio Cefis (1967-1971)
  • Raffaele Girotti (1971-1975)
  • Pietro Sette (1975-1979)
  • Giorgio Mazzanti (1979)
  • Egidio Egidi (commissaire, 1979)
  • Egidio Egidi (1980)
  • Alberto Grandi (1980-1982)
  • Enrico Gandolfi (commissaire, 1982)
  • Umberto Colombo (1982-1983)
  • Franco Reviglio (1983-1989)
  • Gabriele Cagliari (1989-1993)
  • Luigi Meanti (1993-1999)
  • Gian Maria Gros-Pietro (1999-2002)
  • Roberto Poli (2002-2011)
  • Giuseppe Recchi (2011-2014)
  • Emma Marcegaglia (depuis 2014)

Mécénat culturel[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, ENI est mécène exceptionnel du musée du Louvre[8]. Le groupe s'est ainsi associé à des expositions telles que Mantegna en 2008[9], Rivalités à Venise en 2009[10], L'Antiquité Rêvée en 2010[11], Raphaël : les dernières années en 2012[12] ou encore Poussin et Dieu en 2015[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.eni.com/en_IT/governance/shareholders/relevant-participation/relevant-participation.shtml
  2. http://www.eni.com/en_IT/governance/shareholders/relevant-participation/relevant-participation.shtml
  3. http://www.eni.com/en_IT/governance/shareholders/relevant-participation/relevant-participation.shtml
  4. Classement Forbes 2008
  5. (it) La costruzione dell'architettura: temi e opere del dopoguerra italiano, Gangemi Editore, , 190– p. (ISBN 978-88-492-9096-7, lire en ligne)
  6. « Energies renouvelables : ENI va investir un milliard d'euros en trois ans », sur La Tribune, (consulté le 13 mai 2016)
  7. (en) NNPC, « ENI Set to Double Investment in Nigeria > NNPC », sur www.nnpcgroup.com (consulté le 2 février 2017)
  8. Studio Demarque, « Le Louvre - Mécénat »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.louvremecenat.fr (consulté le 6 septembre 2015)
  9. « Exposition Mantegna - Musée du Louvre »
  10. « Titien, Tintoret, Véronèse : Rivalités à Venise - Musée du Louvre », sur mini-site.louvre.fr (consulté le 6 septembre 2015)
  11. « L’Antiquité rêvée - Innovations et résistances au XVIIIe siècle - Musée du Louvre - Paris », sur www.louvre.fr (consulté le 6 septembre 2015)
  12. « Exposition - Raphaël, les dernières années - Musée du Louvre - Paris », sur www.louvre.fr (consulté le 6 septembre 2015)
  13. « Exposition - Poussin et Dieu - Musée du Louvre - Paris », sur www.louvre.fr (consulté le 6 septembre 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Marcello Boldrini, Mattei, Rome, Colombo, 1969
  • (it) Marcello Colitti, Energia e sviluppo in Italia, Bari, De Donato, 1979
  • (en) Paul H. Frankel, Oil and Power Policy, New York - Washington, Praeger, 1966
  • (it) Nico Perrone, Enrico Mattei, Bologna, Il mulino, 2001 (ISBN 88-15-07913-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]