Bataille de Rossignol

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Bataille de Rossignol
Informations générales
Date
Lieu Rossignol en Belgique
Issue victoire allemande
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Général Lefèvre
Général Raffenel
Général von Weber
Général Chales de Beaulieu
Forces en présence
16 000 hommes 32 000 hommes
Pertes
11 900 hommes[1] 3 500 hommes

Première Guerre mondiale

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Coordonnées 49° 43′ 01″ nord, 5° 28′ 59″ est

Géolocalisation sur la carte : Province de Luxembourg

(Voir situation sur carte : Province de Luxembourg)
Bataille de Rossignol

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Bataille de Rossignol

La bataille de Rossignol, fait partie d'un ensemble beaucoup plus important connu sous le nom de « surprise de Neufchâteau »[réf. nécessaire], une des composantes de la bataille des Frontières. Elle a lieu le 22 août 1914 autour du village de Rossignol, en Gaume (l'extrémité sud-est de la Belgique).

Il s'agit d'une bataille de rencontre entre des unités françaises et allemandes, se concluant par une victoire allemande et par la quasi destruction d'une des divisions du corps colonial français.

Signification stratégique[modifier | modifier le code]

Le combat résulte de la rencontre presque à l'aveugle (brouillard matinal) entre les forces allemandes et les forces françaises, les premières ayant reçu l'ordre de marcher vers le sud dans le cadre du mouvement tournant du plan Schlieffen, les secondes vers le nord comme première étape d'une offensive préparée par le plan XVII.

La IVe armée française a reçu pour ordre de se rendre en une étape sur une ligne Gedinne-Paliseul-Offagne-Bertrix et Florenville. Elle s'avance donc sur plusieurs axes, dont deux confiés au corps colonial, avec en tête :

À sa gauche, la 23e division d'infanterie du 12e corps d'armée avance sur l'axe menant à Léglise par Bellefontaine et Tintigny. À sa droite se trouve le 2e corps d'armée qui progresse vers Virton. En deuxième échelon et en réserve d'armée, la 2e division d'infanterie coloniale qui a reçu comme consigne de ne pas dépasser Jamoigne.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Côté allemand, il s'agit des 11e (commandée par le général von Weber) et 12e divisions d'infanterie (général Chales de Beaulieu) appartenant au 6e corps d'armée (de) (général von Pritzelwitz) de la Ve armée du Kronprinz.

Côté français, c'est essentiellement la 3e division d'infanterie coloniale (général Raffenel), avec la participation tardive et marginale de la 2e division d'infanterie coloniale (général Leblois), deux divisions appartenant au corps colonial (général Lefèvre) et à la IVe armée française (général Langle de Cary).

Déroulement tactique[modifier | modifier le code]

Au matin du , les avant-gardes françaises, après avoir franchi la Semois, remontent en colonne la route au nord de Rossignol et s'engagent dans la forêt de Chiny. Vers h du matin, elles tombent sur des éléments allemands (du 157e régiment d'infanterie) disposées en embuscade de part et d'autre de la route[2]. Les fantassins de la 1re brigade de la 3e division d'infanterie coloniale française et les unités de la 12e division d'infanterie allemande se déploient et s'affrontent alors dans la forêt. Mais côté français, seule cette brigade formant la tête de colonne peut être pleinement engagée, car la troisième brigade coloniale est bloquée plus au sud au pont de Breuvanne par l'artillerie de la 11e division d'infanterie allemande (qui a passé la rivière à Tintigny, plus à l'est)[3].

Une partie de la division française se retrouve donc bloquée autour de Rossignol ; la 1re brigade est rejetée de la forêt vers 15 h et se replie autour et dans le village. Le général de division, Raffenel, meurt pendant l'après-midi, remplacé par le général de brigade Charles Rondony. Une tentative de retraite des restes de la 1re brigade est dispersée par une grêle d'obus et de balles[2]. Après un long pilonnage, l'infanterie allemande donne l'assaut au village de Rossignol en début de soirée : les soldats français survivants sont fait prisonniers, dont les deux généraux de brigade Charles Félix Eugène Montignault et Charles Rondony (tous deux blessés, le second meurt dans la nuit), tandis que les 36 canons de 75 mm du régiment d'artillerie divisionnaire sont pris par les troupes allemandes[3].

Les éléments de la 3e division d'infanterie coloniale qui réussirent à s'échapper furent ceux bloqués à Breuvanne, ainsi que quelques groupes dispersés qui traversèrent les lignes allemandes à la faveur de la nuit. Le drapeau du 1er régiment d'infanterie coloniale est démonté, la soie cachée sous la capote d'un sergent ; celui du 2e régiment a été enterré à la lisière sud d'Orsinfain (hameau à l'est de Rossignol)[2].

Lendemains[modifier | modifier le code]

Les Allemands regroupent en soirée ainsi que le lendemain leurs 5 000 prisonniers à la sortie nord de Rossignol, en un lieu-dit dénommé depuis « Camp de la Misère », jusqu'à leur départ en captivité le 25 août. Les civils furent utilisés pour enterrer les cadavres des humains et des chevaux dans des fosses communes. Ces fosses furent regroupées en 1917 aux frais des communes dans trois cimetières, dont deux subsistent[4],[5].

La retraite de la IVe armée française se poursuit le lendemain, avec, comme instruction de coordination, de rester au niveau de la IIIe et de la Ve armées pour éviter toute menace sur leur flanc. Le 24 août au matin, les restes de la 3e division coloniale française sont regroupés en France à Margut sous les ordres d'un colonel. La 1re brigade (1er et 2e régiments d'infanterie coloniale) ne compte plus à cette date que 400 hommes, au lieu des 6 800 avant le matin du 22[6]. Le même jour, toute la IVe armée retraverse la Chiers. Cette retraite en bon ordre se poursuit jusqu'à la bataille de la Marne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Philippart et Eric Labayle, Rossignol, 22 août 1914 : Journal du commandant Jean Moreau, chef d'état-major de la 3e division coloniale, Editions Anovi, .
  • M. Denolle, La Grande Guerre : vécue - racontée - illustrée par les combattants, t. premier, Paris, Librairie Aristide Quillet, (lire en ligne), p. 61 à 65.
  • Jean-Claude Delhez, La bataille des Frontières : Joffre attaque au centre 22-26 août 1914, Paris, Economica, coll. « Campagnes & stratégies » (no 106), , 198 p. (ISBN 978-2-7178-6588-2).
  • Abbés Jos. Hubert et Jos. Neujean. Le drame de l'invasion allemande dans le Luxembourg belge. Rossignol. Imprimerie Duculot-Roulin, Tamines. 1929. 226 pp.
  • Charles Pugens (lieutenant colonel), « Rossignol : partie 1 », Revue militaire française,‎ , p. 386-402 (lire en ligne).
  • Charles Pugens (lieutenant colonel), « Rossignol : partie 2 », Revue militaire française,‎ , p. 109-129 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]