Papa Merx

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Pierre Merx
Description de l'image Papa Merx (1849-1938).jpg.
Nom de naissance Pierre Louis V. Barthélemy Merx
Alias
Papa Merx
Naissance
Liège
Décès (à 89 ans)
Herstal
Nationalité Belge
Pays de résidence Drapeau de la Belgique Belgique
Activité principale
Doyen des soldats belges de la Première Guerre mondiale
Descendants
deux filles, un fils.

Papa Merx, de son vrai nom Pierre Louis V. Barthélemy Merx, né à Liège, le et mort à Herstal, le (à 89 ans) est un héros national belge de la Première Guerre mondiale. Doyen des volontaires de guerre, il s'engage à 65 ans, en , et combattra en première ligne durant toute la durée du conflit[1],[2].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Pierre Merx naît à Liège, le . Lors de la guerre franco-allemande de 1870, il est sous-officier de cavalerie, il a 21 ans et est premier sergent[1],[2].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de l'invasion allemande, le , il est veuf et vit chez l'une de ses filles, Marie, et son gendre Guillaume. Son unique fils est retenu aux Pays-Bas. Il se présente le jour même au 1er régiment de volontaires: « Il ne sera pas dit qu'il ne s'est trouvé aucun Merx pour défendre la patrie ». Malgré son âge avancé, 65 ans, il est enrôlé[1],[2].

Il se voit proposer une affectation au train, le service de transport de l'armée mais il n'en veut pas. Ce qu'il veut c'est défendre son pays et aller se battre au front aux côtés de ses camarades. « non non, je veux être en première ligne et si je dois avoir des galons, je veux les gagner au feu »[3]. Il rejoint ainsi le 9e régiment de ligne toujours aux avant-postes[1],[2].

Il regagne rapidement ses galons. Le , il est nommé caporal, deux semaines plus tard, le , il est fait chevalier de l'Ordre de Léopold II[Notes 1] à la suite de deux actes de bravoure durant lesquels il vint au secours de deux camarades en fâcheuse posture et mena à bonne fin une mission sous une pluie continue d'obus. Sa légende naît alors. Il reçoit le sobriquet de Papa Merx. Le , il est à nouveau sergent[1],[2].

Il combat au côté du jeune Comte de Flandre, Léopold qui deviendra Léopold III de Belgique. Il lui sauve la vie en le précipitant dans un trou d'obus tandis qu'une formidable explosion ravage l'endroit qu'il occupait au précédent instant. Une amitié indéfectible unira les deux hommes[1],[2].

En 1917, le général Drubbel souhaite lui confier une mission à l'arrière et, celle-ci accomplie, le grade d'adjudant. Il refuse tout net[1].

Papa Merx veut être de tous les combats, de toutes les offensives, le Général Dejaiffe, revenant après-guerre sur les qualités humaines et de soldat de Pierre Merx lui fait dire: « C'est mieux qu'une vieille carcasse comme moi périsse plutôt qu'un jeune gars plein de vie ». En 1918, il signe une renonciation au renvoi dans les foyers pourtant prévue par l'arrêté royal du . Il ne sera ainsi démobilisé que le , il a 70 ans[1],[2].

Après guerre[modifier | modifier le code]

En 1920, le prince Léopold lui rend une visite officielle mais il ne manquera jamais par la suite de venir saluer le vieil homme lors de ses déplacements en région liégeoise. Pierre Merx, Papa Merx, devient le symbole de l'ancien combattant s'étant voué corps et âme au salut de sa patrie[1],[2].

En 1930, le fait est exceptionnel, de son vivant, il voit une rue de Liège rebaptisée: Rue Sergent Merx[Notes 2],[4]. Le roi Albert Ier et la reine Élisabeth vouait une grande amitié au vieux soldat. Le couple le fera mettre à l'honneur à de nombreuses reprises. En le décorant de la croix de guerre italienne, le consul d'Italie lui dit un jour :

« Quand on examine votre vie pendant la guerre, on est frappé de tout ce que vous avez pu faire. Nous vous considérons comme un des plus grands héros de la grande guerre; je vois en vous le héros de la latinité[5]. »

Interrogé sur ses états de service, il répondait simplement : « Je vis avec ma conscience et je m'efforce d'agir de façon à ne rien avoir à me reprocher »[1],[2].

En 1937, il n'accepte pas la loi Van Zeeland qui offre l'amnistie aux collaborateurs belges qui s'étaient compromis lors de la Première Guerre mondiale. Lors d'une commémoration à Liège, il jette ses décorations sur le linceul tricolore recouvrant le monument aux morts. Il est suivi par une multitude de ses anciens compagnons d'armes. Les médailles seront fondues et transformées en couronne mortuaire qui sera déposée au pied du rocher fatidique où Albert Ier avait trouvé la mort à Marche-les-Dames, le [1],[2].

Papa Merx s'éteint le à Herstal, il est inhumé au cimetière de Robermont. Une foule immense est venue assister aux obsèques ainsi que de nombreux officiels[1],[2].

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

Chant composé en l'honneur de Papa Merx

Archives[modifier | modifier le code]

Son dossier militaire est conservé au Musée royal de l'armée et de l'histoire militaire[1].

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis De Look, Un soldat de 65 ans: Pierre Merx, alias Papa Merx, Herstal, Francis De Look, 2002[Notes 3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté royal 2559 du 19 mars 1915.
  2. Dans le quartier Sainte-Walburge
  3. Arrière, arrière petit-fils de Papa Merx

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Union Royale Nationale des Sous-officiers de Réserve de Belgique, Patriot, 2005, p. 20 et sq. [PDF]
  2. a b c d e f g h i j et k La Libre Belgique, Volontaire de guerre à 65 ans, Lily Portugaels, 12 novembre 2012
  3. Alain Leclercq, Les plus grands héros belges de la première guerre, Éditions Jourdan, 2014, 304 p.
  4. Dusart Michel, Sainte-Walburge... De rue en rue, Éditions du CEFAL, Liège, 2008 (ISBN 9782871302728)
  5. "Souvenons-nous" Editeurs Ballez Colmant-Wuillot, Paturages, 1924
  6. a b c d e f g h et i Le courrier de l'armée, 1914-1918, p. 425